{"id":311847,"date":"2025-08-11T15:09:11","date_gmt":"2025-08-11T15:09:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/311847\/"},"modified":"2025-08-11T15:09:11","modified_gmt":"2025-08-11T15:09:11","slug":"je-suis-un-toulonnais-de-souche-devenu-patron-de-2-500-employes-au-quebec-lincroyable-parcours-de-bertil-fabre-un-enfant-du-faron","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/311847\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Je suis un Toulonnais de souche\u2026 devenu patron de 2.500 employ\u00e9s au Qu\u00e9bec\u00a0\u00bb: l\u2019incroyable parcours de Bertil Fabre, un enfant du Faron"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Je suis un Toulonnais de souche\u00a0\u00bb, se pr\u00e9sente Bertil Fabre, ancre marine tatou\u00e9e sur le bras. N\u00e9 en 1970 au pied du <strong>Faron<\/strong>, son nom de famille est bien connu en bord de rade. \u00ab\u00a0Mon grand-p\u00e8re Henri Fabre \u00e9tait le premier adjoint de la ville de Toulon*. Et mon papa \u00e9tait \u201cl\u2019opticien \u00e0 ne pas perdre de vue\u201d sur la place de la Libert\u00e9.\u00a0\u00bb En sport \u00e9tude tennis avec Fabrice Santoro, le jeune Bertil doit passer son baccalaur\u00e9at A2 (litt\u00e9raire) au<strong> lyc\u00e9e Dumont d\u2019Urville<\/strong>. Mais \u00e0 No\u00ebl, un de ses cousins vivant au Canada lui lance une invitation. \u00ab\u00a0Deux mois plus tard, j\u2019avais un billet d\u2019avion pour aller passer une semaine \u00e0 Montr\u00e9al.\u00a0\u00bb Lui qui n\u2019avait quitt\u00e9 le Faron et le Mourillon qu\u2019une seule fois pour aller \u00e0 Paris, se retrouve de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le premier jour \u00e0 l\u2019\u00e9cole, j\u2019ai eu un choc culturel\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je suis arriv\u00e9 en f\u00e9vrier. Il y avait un m\u00e8tre de neige. Je sors de la voiture et je me dis: c\u2019est quoi cette ville ensevelie sous la neige o\u00f9 les gens font la queue devant les bars un dimanche soir!\u00a0\u00bb Une ville jeune o\u00f9 les gens sortent m\u00eame en hiver, l\u2019envie d\u2019ailleurs commence \u00e0 germer dans l\u2019esprit du jeune Toulonnais\u2026 \u00ab\u00a0Je suis pass\u00e9 devant une \u00e9cole h\u00f4teli\u00e8re et j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 m\u2019inscrire.\u00a0\u00bb De retour dans la rade, il informe ses parents: \u00ab\u00a0Je veux \u00e9tudier \u00e0 Montr\u00e9al\u00a0\u00bb. Une fois le bac en poche, il part faire sa rentr\u00e9e l\u00e0-bas. \u00ab\u00a0Normalement, quand on est issu d\u2019une famille toulonnaise, on ne quitte pas Toulon\u2026 Mais mes parents ont \u00e9t\u00e9 extraordinaires, ils ont cru en moi et vu que c\u2019\u00e9tait une opportunit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le premier jour \u00e0 l\u2019\u00e9cole, j\u2019ai eu un choc culturel.\u00a0\u00bb La p\u00e9dagogie, l\u2019accent qu\u00e9b\u00e9cois, le syst\u00e8me \u00e9ducatif. Au Canada, tout est diff\u00e9rent. Ses professeurs croient en lui. \u00ab\u00a0J\u2019ai eu mon dipl\u00f4me de service de table au bout d\u2019un an et je me suis r\u00e9inscrit pour poursuivre mes \u00e9tudes.\u00a0\u00bb \u00c0 la fin de sa formation, le groupe h\u00f4telier canadien Delta l\u2019accepte en stage. Du m\u00e9nage dans les chambres \u00e0 la d\u00e9coupe des carottes en cuisine\u2026 Il apprend le m\u00e9tier. \u00ab\u00a0J\u2019ai attrap\u00e9 la piq\u00fbre de l\u2019h\u00f4tellerie.\u00a0\u00bb Le \u00ab\u00a0frenchie\u00a0\u00bb a de l\u2019ambition et r\u00eave de devenir directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019h\u00f4tel.<\/p>\n<p>En attendant, il d\u00e9bute comme superviseur de l\u2019entretien m\u00e9nager. Quelques mois plus tard, on lui propose un poste en Floride. Le \u00ab\u00a0petit Toulonnais\u00a0\u00bb s\u2019envole pour Miami. Les scores de satisfaction des clients du Sheraton explosent. On lui demande de rester. Entre-temps, le Varois s\u2019est mari\u00e9 avec une Qu\u00e9b\u00e9coise, enceinte de leur premier enfant. \u00ab\u00a0Ma femme allait accoucher, j\u2019ai refus\u00e9 le poste et je suis rentr\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al, pour travailler \u00e0 la r\u00e9ception puis comme auditeur de nuit d\u2019un h\u00f4tel de 456 chambres.\u00a0\u00bb Il gravit les \u00e9chelons. \u00ab\u00a0Les gens me formaient puis leur poste se lib\u00e9rait, donc je prenais leur succession.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mal du pays en 1998<\/p>\n<p>Sauf qu\u2019en 1998, le mal du pays le guette. \u00ab\u00a0Je m\u2019ennuyais de la France, de Toulon et de ma famille. Ma femme accepte. On prend le chat, notre enfant de quatre ans et on vient habiter chez mes parents \u00e0 Toulon.\u00a0\u00bb Il fait la tourn\u00e9e des \u00e9tablissements de la C\u00f4te d\u2019Azur avec des CV sous le bras. Mais la r\u00e9ponse est invariablement la m\u00eame: \u00ab\u00a0Nous vous remercions pour votre int\u00e9r\u00eat\u2026\u00a0\u00bb Mais aucun poste n\u2019est disponible. Il postule alors dans les grands h\u00f4tels parisiens et le Hilton lui ouvre les portes. \u00ab\u00a0Une exp\u00e9rience extraordinaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 Paris sa conjointe ne trouve pas d\u2019emploi, le Qu\u00e9bec lui manque\u2026 Et la vie est ch\u00e8re dans la capitale fran\u00e7aise. \u00ab\u00a0J\u2019\u00e9tais revenu en France pour me rapprocher de ma famille, mais je ne les voyais jamais.\u00a0\u00bb Dix mois plus tard, retour chez les cousins d\u2019Am\u00e9rique. Bertil Fabre occupe alors le poste directeur adjoint de l\u2019entretien m\u00e9nager dans un h\u00f4tel de 1.000 chambres, le plus grand de Montr\u00e9al. Tous les deux ou trois ans, il change de poste \u00ab\u00a0pour \u00e9voluer\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 42 ans, fort de vingt ans d\u2019exp\u00e9rience, il r\u00e9alise enfin son r\u00eave:<strong> devenir directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019h\u00f4tel Delta<\/strong> o\u00f9 il a effectu\u00e9 son premier stage. Il g\u00e8re alors 300 employ\u00e9s pour un chiffre d\u2019affaires de 40 millions de dollars. Cinq ans plus tard, le g\u00e9ant h\u00f4telier am\u00e9ricain Marriott a rachet\u00e9 Delta et l\u2019ascension continue. Le Toulonnais est nomm\u00e9 \u00e0 l<strong>a t\u00eate du Sheraton Montr\u00e9al<\/strong>, puis, depuis le <strong>1er janvier 2025, directeur r\u00e9gional du groupe pour le Qu\u00e9bec<\/strong>. Il g\u00e8re d\u00e9sormais 5 h\u00f4tels et 2.500 employ\u00e9s. Et devient le pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration des grands h\u00f4tels de Montr\u00e9al. \u00ab\u00a0Je participe activement \u00e0 la vie \u00e9conomique locale et j\u2019aime \u00e7a.\u00a0\u00bb La prochaine \u00e9tape? \u00ab\u00a0Ce serait de prendre tout l\u2019est du Canada, soit une trentaine d\u2019h\u00f4tels.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce bourreau de travail s\u2019accorde aussi quelques plaisirs et des moments de d\u00e9tente. \u00ab\u00a0Je vais faire du ski de fond dans un parc \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de chez moi, en plein centre d\u2019une agglom\u00e9ration de 4,5 millions d\u2019habitants, c\u2019est inimaginable!\u00a0\u00bb Sa famille vit dans le vieux quartier Rosemont. Avec sa femme, qui tient deux boutiques dans le vieux Montr\u00e9al, ils appr\u00e9cient les activit\u00e9s de plein air. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s le travail, on peut aller skier ou faire du snowboard \u00e0 35 minutes dans de petites montagnes autour de Montr\u00e9al\u00a0\u00bb. Et il pratique toujours le tennis en comp\u00e9tition.\u00a0\u00bb Je suis encore class\u00e9 au Canada, dans les cinquante ans et plus maintenant\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ses enfants \u00ab\u00a0Franco Qu\u00e9b\u00e9cois\u00a0\u00bb, Benjamin 30 ans, et H\u00e9lo\u00efse 25 ans, vivent sur la rive sud de Montr\u00e9al et travaillent eux aussi dans l\u2019h\u00f4tellerie-restauration. \u00ab\u00a0Ils sont n\u00e9s \u00e0 Montr\u00e9al mais passent tous leurs \u00e9t\u00e9s \u00e0 Toulon depuis qu\u2019ils sont enfants. Ils aiment cette r\u00e9gion et se pensent Fran\u00e7ais, mais ils ont l\u2019accent qu\u00e9b\u00e9cois et une mentalit\u00e9 de Nord-Am\u00e9ricains.\u00a0\u00bb Une \u00e9ducation multiculturelle ax\u00e9e sur l\u2019apprentissage de l\u2019autonomie, tr\u00e8s jeune. \u00ab\u00a0Ma fille \u00e9tait caissi\u00e8re d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de quatorze ans!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette ville qui est aussi une \u00eele, \u00ab\u00a0comme un petit New York\u00a0\u00bb, et qu\u2019il appelle d\u00e9sormais \u00ab\u00a0ma ville\u00a0\u00bb, le Toulonnais de naissance en est tomb\u00e9 amoureux. \u00ab\u00a0Je suis passionn\u00e9 par sa diversit\u00e9, j\u2019aime sa saisonnalit\u00e9, et je comprends ses d\u00e9fauts aussi.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Les Qu\u00e9b\u00e9cois sont extr\u00eamement ouverts et accueillants mais par contre cela prend du temps \u00e0 s\u2019int\u00e9grer\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise-t-il. Son r\u00eave ultime? \u00ab\u00a0Pourquoi pas, un jour, devenir pr\u00e9sident de Tourisme Montr\u00e9al et repr\u00e9senter cette ville magnifique \u00e0 travers le monde entier.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>*Premier adjoint \u00e0 l\u2019urbanisme en 1985 sous Maurice Arreckx.<\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.varmatin.com\/temoignage\/Image+TOUXXQ900_RG_TOULON_MOURILLON-eGMCjczk.jpg?vh=074ca6&amp;ci_seal=24dc4367b7\" alt=\"\"\/><br \/>\n        La rue Lamalgue au Mourillon.  <strong>Photo doc V.-M..<\/strong> <\/p>\n<p>            \u00c7a reste entre nous: coups de c\u0153ur et petits secrets<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qui vous manque depuis que vous avez quitt\u00e9 la r\u00e9gion?<\/strong><\/p>\n<p>La famille bien s\u00fbr. Voir les parents vieillir, c\u2019est difficile aussi quand on est loin. Et m\u00eame si on est entour\u00e9s d\u2019eau \u00e0 Montr\u00e9al et que les lacs sont fabuleux, la plage me manque. En revanche l\u2019hiver ne me manque pas \u00e0 Toulon car j\u2019aime l\u2019hiver montr\u00e9alais, c\u2019est vivant, surtout quand tu es jeune.<\/p>\n<p><strong>Quelle ressemblance pouvez-vous trouver entre notre r\u00e9gion toulonnaise et votre terre d\u2019adoption?<\/strong><\/p>\n<p>La ressemblance entre Montr\u00e9al et Toulon, c\u2019est la petite vie de quartier. Ce qui est g\u00e9nial c\u2019est qu\u2019on peut se retrouver, comme au Mourillon, avec la boulangerie et le caf\u00e9. Ce c\u00f4t\u00e9 humain me pla\u00eet beaucoup dans une grande ville.<\/p>\n<p><strong>Si vous deviez amener un peu de Canada en France?<\/strong><\/p>\n<p>La convivialit\u00e9. L\u2019accueil. Au Canada on rentre dans les magasins et on demande : comment allez-vous ? Et c\u2019est sinc\u00e8re ! En France je pense qu\u2019on a perdu cela. Les gens sont stress\u00e9s alors qu\u2019ils ont le plus bel endroit du monde.<\/p>\n<p><strong>Et si vous deviez ramener un peu de France au Canada?<\/strong><\/p>\n<p>Prendre le temps. Au Canada \u00e7a fait des ann\u00e9es que je ne me suis pas assis pour prendre un caf\u00e9. Je le commande sur mon t\u00e9l\u00e9phone, je passe le prendre, je marche et je vais travailler. On ne prend pas le temps de se poser entre midi et deux. On est toujours au taquet. Mais je pense que \u00e7a n\u2019arrivera jamais. Car m\u00eame si on parle fran\u00e7ais au Canada, on a quand m\u00eame la mentalit\u00e9 am\u00e9ricaine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab\u00a0Je suis un Toulonnais de souche\u00a0\u00bb, se pr\u00e9sente Bertil Fabre, ancre marine tatou\u00e9e sur le bras. 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