{"id":316199,"date":"2025-08-13T12:00:11","date_gmt":"2025-08-13T12:00:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/316199\/"},"modified":"2025-08-13T12:00:11","modified_gmt":"2025-08-13T12:00:11","slug":"livres-de-nos-maisons-daphne-du-maurier-romanciere-de-la-transmission","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/316199\/","title":{"rendered":"[LIVRES DE NOS MAISONS] Daphn\u00e9 du Maurier, romanci\u00e8re de la transmission"},"content":{"rendered":"<p><strong> Dans les biblioth\u00e8ques de nos maisons de famille tra\u00eenent des livres d\u00e9laiss\u00e9s. Leurs auteurs furent c\u00e9l\u00e8bres, peut-\u00eatre\u2026 Leur gloire a pass\u00e9. Cet \u00e9t\u00e9,\u00a0BV\u00a0vous propose de d\u00e9couvrir quelques-uns de ces \u00e9crivains ou de ces livres.<\/strong><\/p>\n<p>Daphn\u00e9 du Maurier n\u2019est pas \u00e0 proprement parl\u00e9 \u00ab\u00a0oubli\u00e9e\u00a0\u00bb mais on n\u2019en garde aujourd\u2019hui que l\u2019image qui pla\u00eet le mieux \u00e0 notre soci\u00e9t\u00e9. Dans une biographie publi\u00e9e en 2015, Manderley for ever, Tatiana de Rosnay n\u2019omet pas d\u2019\u00e9voquer sa potentielle bisexualit\u00e9. Rebecca, personnage principal de son roman \u00e9ponyme, est \u00e9rig\u00e9e par certains en h\u00e9ro\u00efne LGBT, et on ne retient plus que ses \u0153uvres adapt\u00e9es au cin\u00e9ma comme Ma cousine Rachel, Rebecca ou encore Les Oiseaux. Pourtant, ceux qui ont lu la plupart de ses \u0153uvres savent que l\u2019auteur britannique, n\u00e9e en 1907 et morte en 1989, mari\u00e9e \u00e0 un officier et m\u00e8re de trois enfants, ne peut \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 cette image qui satisfait nos contemporains.<\/p>\n<p>Lire Daphn\u00e9 du Maurier, c\u2019est franchir le seuil d\u2019une vieille maison&#8230;<\/p>\n<p>O\u00f9 chaque meuble, chaque odeur, chaque objet a \u00e9t\u00e9 choisi, senti, touch\u00e9 par d\u2019autres mains avant nous. Il y a dans tous les romans de Daphn\u00e9 du Maurier une maison qui entend encore la voix des absents, un paysage qui porte la m\u00e9moire des g\u00e9n\u00e9rations, un visage qui en rappelle d\u2019autres qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. On connait l\u2019auteur pour ses intrigues sombres comme Rebecca, Les Oiseaux ou L\u2019auberge de la Jama\u00efque mais ce qui transpire dans ses r\u00e9cits c\u2019est la transmission, comme une force invisible qui traverse le temps et fa\u00e7onne les destins.<br \/>Son premier roman, paru en France en 1950, et qui rencontra un certain succ\u00e8s, donne le ton d\u00e8s le commencement comme le r\u00e9sumait son titre initial\u00a0: La Cha\u00eene d\u2019amour. Rebaptis\u00e9 L\u2019Amour dans l\u2019\u00e2me, le r\u00e9cit d\u00e9crit le lien entre quatre g\u00e9n\u00e9rations qui s\u2019\u00e9talent sur un si\u00e8cle dans un port sur la c\u00f4te des Cornouailles. La mer devient un personnage, un bien qui se transmet et coule dans le sang des protagonistes qui se succ\u00e8dent. Janet Coombe, l\u2019h\u00e9ro\u00efne et la m\u00e8re du d\u00e9but du r\u00e9cit sent ce lien : \u00ab Quelque chose au-del\u00e0 d\u2019elle-m\u00eame, un esprit ou une volont\u00e9, lui avait \u00e9t\u00e9 transmis par ceux qui l\u2019avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e, la liant \u00e0 la mer et aux navires \u00bb. Tout comme dans L\u2019auberge de la Jama\u00efque d\u2019ailleurs, o\u00f9 la lande de Cornouailles n\u2019est pas qu\u2019un d\u00e9cor mais un personnage qui impose ses lois sur ceux qui l\u2019occupent et se le transmettent.<\/p>\n<p>L\u2019individu n\u2019\u00e9chappe pas au pass\u00e9 de ses anc\u00eatres<\/p>\n<p>L\u2019h\u00e9ritage n\u2019est pas seulement mat\u00e9riel, c\u2019est un \u00e9lan, une vocation, une part d\u2019identit\u00e9 re\u00e7ue et port\u00e9e : \u00ab Le m\u00eame sang qui avait coul\u00e9 dans leurs veines coulait d\u00e9sormais dans les siennes, et il semblait qu\u2019avec lui venaient leur d\u00e9sir, leur courage et leurs c\u0153urs impatients \u00bb. Daphn\u00e9 du Maurier reprend l\u2019histoire de ses anc\u00eatres fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019\u00e9poque r\u00e9volutionnaire dans Les souffleurs de verre. Elle y \u00e9voque le lien entre une m\u00e8re et sa fille : \u00ab Les fils, m\u00eame s\u2019ils vivaient sous le m\u00eame toit, avaient leurs propres pr\u00e9occupations\u2026 mais une fille\u2026 restait toujours partie de la m\u00e8re, [\u2026] les douleurs de la fille \u00e9taient celles que la m\u00e8re avait elle-m\u00eame connues. \u00bb Dans Le bouc \u00e9missaire, John, un Anglais solitaire, se voit pi\u00e9g\u00e9 par Jean de Gu\u00e9 et forc\u00e9 de prendre sa place et avec elle sa famille, son rang, et ses devoirs : une autre fa\u00e7on de voir la lign\u00e9e, l\u2019individu comme fruit du renouvellement des g\u00e9n\u00e9rations, comme maillon d\u2019une cha\u00eene de transmission que Zola ne renierait pas. Tout comme chez le naturaliste fran\u00e7ais, l\u2019individu n\u2019\u00e9chappe pas au pass\u00e9 de ses anc\u00eatres, mais aujourd\u2019hui, cette fa\u00e7on de penser l\u2019homme comme le produit d\u2019un pass\u00e9, comme le maillon d\u2019une chaine, comme l\u2019h\u00e9ritier des g\u00e9n\u00e9rations ant\u00e9rieures n\u2019est pas \u00e0 la mode : du pass\u00e9, il faut faire table rase, l\u2019homme ne doit vivre plus que pour lui et par lui.<\/p>\n<p>Issue d\u2019une famille d\u2019artistes et de com\u00e9diens, Daphn\u00e9 du Maurier a grandi dans une atmosph\u00e8re o\u00f9 l\u2019h\u00e9ritage n\u2019est pas qu\u2019un mot, il se vit et il se transmet : il est partout dans ses \u0153uvres. Sang, souvenir, passions, blessures, attachements, obsessions, inqui\u00e9tudes, au-del\u00e0 des manoirs embrum\u00e9s et des h\u00e9ro\u00efnes tourment\u00e9es, l\u2019\u00e9crivain britannique tisse tout au long de son \u0153uvre une fresque : celle des liens familiaux. Daphn\u00e9e aurait pu comme Janet, un des maillons de la cha\u00eene d\u2019amour\u00a0qui \u00ab sentait le poids de leur pass\u00e9 derri\u00e8re elle, non comme un fardeau mais comme une main soutenant ses pas \u00bb, le r\u00e9sumer en \u00ab\u00a0famille oblige\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les ouvrages de Daphn\u00e9 du Maurier ont tous \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9s en Livre de Poche et on les trouve assez facilement sur Internet.<\/p>\n<p>                    <a href=\"#\" rel=\"nofollow\" onclick=\"window.print(); pfTrackEvent('[LIVRES DE NOS MAISONS] Daphn\u00e9 du Maurier, romanci\u00e8re de la transmission'); return false;\" title=\"Printer Friendly, PDF &amp; Email\"><br \/>\n                    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/printfriendly-icon-sm.png\" alt=\"Print Friendly, PDF &amp; Email\" class=\"pf-button-img\" style=\"width: 17px;height: 17px;\"\/>Imprimer, enregistrer en PDF cet article<br \/>\n                    <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans les biblioth\u00e8ques de nos maisons de famille tra\u00eenent des livres d\u00e9laiss\u00e9s. Leurs auteurs furent c\u00e9l\u00e8bres, peut-\u00eatre\u2026 Leur&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":316200,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[1379,58,59,1011,27,1380],"class_list":{"0":"post-316199","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-books","9":"tag-divertissement","10":"tag-entertainment","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-livres"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115021350472659960","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/316199","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=316199"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/316199\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/316200"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=316199"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=316199"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=316199"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}