{"id":316548,"date":"2025-08-13T15:29:11","date_gmt":"2025-08-13T15:29:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/316548\/"},"modified":"2025-08-13T15:29:11","modified_gmt":"2025-08-13T15:29:11","slug":"le-dernier-ballet-de-peterson","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/316548\/","title":{"rendered":"le dernier ballet de Peterson"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Trois ans apr\u00e8s l&rsquo;exploit de Vittorio Brambilla, l&rsquo;Autriche fut \u00e0 nouveau frapp\u00e9e par les caprices du temps. Lesquelles provoqu\u00e8rent une sacr\u00e9e confusion, y compris pendant l&rsquo;interruption de l&rsquo;\u00e9preuve&#8230;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis 1975, la physionomie du plateau avait bien \u00e9volu\u00e9. Lotus venait d&rsquo;imposer son fameux effet de sol revenu r\u00e9cemment \u00e0 la mode en Formule 1. Ainsi Mario Andretti et Ronnie Peterson eurent souvent la vie facile durant cette saison. Surtout le premier, pilote N\u00b01 de Lotus par contrat, for\u00e7ant le second \u00e0 assurer un doubl\u00e9 plut\u00f4t que de v\u00e9ritablement concurrencer l&rsquo;Am\u00e9ricain. Mais l&rsquo;annonce d&rsquo;une averse pouvait lui venir en aide, son adresse dans ces conditions \u00e9tait reconnue de tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;eut cependant pas besoin de Miss M\u00e9t\u00e9o pour signer la pole devant son leader suppos\u00e9. La surprise vint de la Renault de Jean-Pierre Jabouille, troisi\u00e8me. Certes, l&rsquo;altitude \u00e9touffant les moteurs atmosph\u00e9riques avantageait clairement son moulin turbocompress\u00e9 mais la \u00ab th\u00e9i\u00e8re jaune \u00bb fit son chemin sans grosse alerte technique pour une fois, offrant une premi\u00e8re illustration du plein potentiel de cette technologie. Un an apr\u00e8s avoir subi les quolibets moqueurs des britanniques, on commen\u00e7ait doucement \u00e0 suspecter le bienfond\u00e9 de cette entreprise de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la Manche, au point qu&rsquo;Autosport y consacra son \u00e9ditorial dans le num\u00e9ro suivant le Grand Prix. Le magazine pr\u00e9dit notamment, et avec raison, un futur succ\u00e8s en 1979 pour la R\u00e9gie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A noter qu&rsquo;une s\u00e9ance d&rsquo;essais fut interrompue \u00e0 cause de&#8230;parachutistes atterrissant sur le circuit !<\/p>\n<p>Une des plus belles grilles de l&rsquo;histoire<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors qu&rsquo;une des grilles les plus glorieuses de l&rsquo;histoire prenait forme \u2013 treize vainqueurs \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, vingt-et-un apr\u00e8s coup ! \u2013 les premi\u00e8res gouttes commen\u00e7aient \u00e0 humidifier le beau trac\u00e9 de l&rsquo;Osterreichring. Mais pas assez pour que les pilotes se s\u00e9parent de leurs slicks imm\u00e9diatement, d&rsquo;autant que toutes les portions du circuit ne furent pas touch\u00e9es en m\u00eame temps. Une situation qui exposa les monoplaces \u00e0 de nombreuses glissades au bout de quelques minutes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une des victimes fut Jody Scheckter qui \u00e9choua sa Wolf dans&#8230;la Lotus abandonn\u00e9e de Mario Andretti, \u00e9limin\u00e9e d\u00e8s le premier tour ! Les joies des temps o\u00f9 on laissait les voitures hors course tra\u00eener dans les \u00e9chappatoires&#8230; On d\u00e9nota \u00e9galement Hans-Joachim Stuck (Shadow) accrochant la Ferrari de Reutemann o\u00f9 l&rsquo;Arrows de Riccardo Patrese manquant d&#8217;emporter des rivaux dans son ballet improvis\u00e9. Didier Pironi fit de m\u00eame lorsqu&rsquo;il rectifia la moustache de sa Tyrrell dans le rail, puisqu&rsquo;il se remit dans le bon chemin sous le nez de Niki Lauda. Sans compter d&rsquo;autres erreurs non capt\u00e9es par la r\u00e9alisation locale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec les disparit\u00e9s c\u00f4t\u00e9 vitesse entre ceux ralentissant en cons\u00e9quence et ceux bravant les \u00e9l\u00e9ments, il est incroyable qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas eu plus de d\u00e9g\u00e2ts. Guettant une averse trop importante, la direction de course interrompit ce qui \u00e9tait devenu une \u00e9preuve de patinage artistique. Notons qu&rsquo;un des premiers \u2013 et seuls vu le timing de l&rsquo;interruption \u2013 \u00e0 avoir opt\u00e9 pour des pneus pluie fut Gilles Villeneuve. Celui qui \u00e9tait encore consid\u00e9r\u00e9 comme un joyeux illumin\u00e9 \u00e0 ce stade pr\u00e9coce de sa carri\u00e8re s&rsquo;av\u00e9ra un des plus pr\u00e9cautionneux ce jour-l\u00e0.<\/p>\n<p>Confusion g\u00e9n\u00e9rale<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre \u00e9l\u00e9ment incongru : le leader Ronnie Peterson sortit de la piste juste apr\u00e8s l&rsquo;officialisation de l&rsquo;interruption, tel Brambilla trois ans plus t\u00f4t ! Mais comme le classement retenu \u00e9tait celui en cours deux tours plus t\u00f4t, le Su\u00e9dois restait officiellement en t\u00eate de file devant son ex-\u00e9quipier Patrick Depailler (Tyrrell), qui avait gagn\u00e9 dix places dans le premier tour. Une double chance pour Ronnie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet Peterson fut pouss\u00e9 par les commissaires pour repartir. Or il fallait revenir aux stands par ses propres moyens pour \u00eatre \u00e9ligible \u00e0 la \u00ab deuxi\u00e8me manche \u00bb du Grand Prix. Le classement final allait \u00eatre \u00e9tabli par l&rsquo;addition des temps et \u00e9carts des deux parties de course.<br \/>Sauf qu&rsquo;avec l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un premier classement fix\u00e9 avant son erreur, celle-ci devint nulle et non avenue et Peterson prit part \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve sans \u00eatre inqui\u00e9t\u00e9. Autre \u00e9l\u00e9ment t\u00e9moignant d&rsquo;une \u00e9poque trop rel\u00e2ch\u00e9e : le Su\u00e9dois rejoignit son stand apr\u00e8s cette poussette&#8230; sans son casque !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Carlos Reutemann ne fut pas aussi verni. Lui aussi aid\u00e9 par les commissaires pour reprendre la piste, il fut finalement disqualifi\u00e9&#8230; apr\u00e8s une vingtaine de tours. La direction de course ne s&rsquo;\u00e9tait pas rendue compte de l&rsquo;infraction imm\u00e9diatement tant la confusion r\u00e9gnait apr\u00e8s le drapeau rouge. Et comme Carlos avait \u00e9chou\u00e9 dans les broussailles autrichiennes deux tours avant le drapeau rouge, il passa sa seconde manche virtuellement parmi les premiers mais officiellement avec deux boucles de retard sur tout le monde&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pire encore, Riccardo Patrese vit sa monoplace remorqu\u00e9e durant l&rsquo;interruption, \u00e0 priori pour \u00eatre \u00e9vacu\u00e9e des d\u00e9gagements, donc mise hors course. Sauf que son \u00e9quipe parvint \u00e0 la r\u00e9cup\u00e9rer en toute discr\u00e9tion afin de l&rsquo;aligner au second d\u00e9part ! Entre \u00e7a et leur premier mod\u00e8le plagi\u00e9 sur la Shadow (qui venait d&rsquo;\u00eatre d\u00e9clar\u00e9 ill\u00e9gal), Arrows ne se distinguait pas de fa\u00e7on positive pour ses d\u00e9buts. Et c&rsquo;\u00e9tait sans compter sur le pilotage erratique de son pilote d\u00e9j\u00e0 fustig\u00e9 par ses pairs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici, la direction de course n&rsquo;eut m\u00eame pas le temps de l&rsquo;exclure : Patrese finit dans le rail d\u00e8s le deuxi\u00e8me d\u00e9part apr\u00e8s avoir voulu \u00e9viter la Brabham de John Watson, qui avait cal\u00e9.<\/p>\n<p>A la poursuite (vaine) de Lotus<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un deuxi\u00e8me d\u00e9part o\u00f9 la pluie avait stopp\u00e9 mais tout le monde partit en pneus pluie. Ce qui n&#8217;emp\u00eacha pas les erreurs de Patrick Tambay (McLaren), Alan Jones (Williams) et James Hunt (McLaren) d\u00e8s le premier tour de cette seconde course ! Peterson d\u00e9montra lui une fois de plus son habilet\u00e9 en d\u00e9passant Depailler \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur du virage Bosch pour reprendre le commandement perdu au second d\u00e9marrage. Plus personne n&rsquo;allait le contester, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;ironie de Denis Jenkinson dans son contre-rendu \u00ab la course \u00e9tait lanc\u00e9e, si tent\u00e9 que l&rsquo;on puisse qualifier la poursuite de la Lotus rescap\u00e9e comme une course\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec la piste s\u00e9chante, l&rsquo;enjeu \u00e9tait de savoir qui chausserait les slicks au bon moment et quels pilotes parviendraient \u00e0 conserver les gommes \u00ab pluie \u00bb en \u00e9tat. Reutemann s&rsquo;av\u00e9ra excellent dans le second exercice en remontant \u2013 virtuellement \u2013 tout le peloton, bien aid\u00e9 par des Michelin ad\u00e9quats dans ces conditions. Mais il allait trop insister avec, encha\u00eener les petites erreurs avant de subir l&rsquo;exclusion \u00e9voqu\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment. Un pilote de pointe \u00e9limin\u00e9 de plus : Lauda sortit \u00e9galement de la piste et Watson \u00e9tait retard\u00e9 depuis le d\u00e9part.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, des seconds couteaux inattendus parvinrent \u00e0 se distinguer comme Stuck en bataille pour le podium avec une modeste Shadow ou le d\u00e9butant Derek Daly longtemps quatri\u00e8me sur Ensign. Les deux h\u00e9las se laiss\u00e8rent \u00e9galement pi\u00e9ger par l&rsquo;exigeant Osterreichring, le second finissant disqualifi\u00e9 apr\u00e8s avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;une aide ext\u00e9rieure pour repartir. Avec un tel nombre d&rsquo;erreurs, rien d&rsquo;\u00e9tonnant de ne compter qu&rsquo;onze voitures \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e et neuf class\u00e9es. Clay Regazzoni (Shadow) et Keke Rosberg (Wolf) avaient accumul\u00e9 trop de retard.<\/p>\n<p>Derni\u00e8re victoire de Peterson<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peterson remporta donc sa dixi\u00e8me et derni\u00e8re victoire, non sans signer le hat-trick puisqu&rsquo;il combina victoire, pole et meilleur tour. Pas \u00e9tonnant que beaucoup d&rsquo;observateurs consid\u00e9r\u00e8rent ce Grand Prix comme son plus bel exploit. Johnny Rives de L&rsquo;Equipe lui attribua un parfait 10\/10 dans son carnet de notes d&rsquo;apr\u00e8s-course, une raret\u00e9 de la part du journaliste. <a href=\"https:\/\/franceracing.fr\/f1\/300e-grand-prix-afrique-du-sud-1978-jusquau-bout-du-suspens\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Comme \u00e0 Kyalami lors d&rsquo;une \u00e9preuve aussi anim\u00e9e<\/a>, Depailler fut son dauphin et Villeneuve monta sur son premier podium. Gilles \u00e9tait parvenu \u00e0 maintenir ses pneus pluie en \u00e9tat durant vingt tours, soit plus que tous les autres. Le Canadien commen\u00e7ait doucement \u00e0 convaincre les observateurs. A noter que le h\u00e9ros maladroit de 1975, Vittorio Brambilla, marqua le dernier point de sa carri\u00e8re ici.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une course au final bien anim\u00e9e gr\u00e2ce aux conditions, \u00e0 laquelle Colin Chapman resta pourtant insensible. \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas ce que j&rsquo;appellerais une vraie course automobile\u00a0\u00bb fut son commentaire apr\u00e8s coup. Autosport lui embo\u00eeta le pas dans son r\u00e9sum\u00e9 d&rsquo;\u00e9poque, qualifiant le Grand Prix de \u00ab\u00a0l\u00e9g\u00e8re d\u00e9ception\u00a0\u00bb. Comme quoi, m\u00eame les glorieuses seventies pouvaient parfois laisser froid les observateurs et acteurs du milieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le suspens pour le titre mondial \u00e9tait certes non-existant du fait du statut de N\u00b02 de Peterson, mais ce dernier avait d\u00e9montr\u00e9 une fois de plus qu&rsquo;il m\u00e9ritait bien mieux que ce r\u00f4le ingrat. H\u00e9las, le destin lui r\u00e9serva un bien plus funeste sort \u00e0 Monza&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Trois ans apr\u00e8s l&rsquo;exploit de Vittorio Brambilla, l&rsquo;Autriche fut \u00e0 nouveau frapp\u00e9e par les caprices du temps. 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