{"id":321920,"date":"2025-08-16T01:25:19","date_gmt":"2025-08-16T01:25:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/321920\/"},"modified":"2025-08-16T01:25:19","modified_gmt":"2025-08-16T01:25:19","slug":"gare-aux-brulures-sur-des-trottoirs-surchauffes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/321920\/","title":{"rendered":"gare aux br\u00fblures sur des trottoirs surchauff\u00e9s"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"article__paragraph  \"><strong>C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un homme de 56 ans<\/strong>, souffrant d\u2019alcoolisme, qui est adress\u00e9 \u00e0 un centre de traitement des br\u00fbl\u00e9s pour une prise en charge de br\u00fblures aux pieds. Il a march\u00e9 pieds nus sur l\u2019asphalte pendant une minute alors qu\u2019il \u00e9tait en \u00e9tat d\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9. Cela s\u2019est pass\u00e9 un jour o\u00f9 la ville de Seattle subissait les effets d\u2019un d\u00f4me de chaleur, responsable d\u2019une canicule durant laquelle les temp\u00e9ratures maximales de l&rsquo;air ont atteint 42 \u00b0C, soit environ 21 \u00b0C au-dessus des moyennes historiques.<\/p>\n<p>                         <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/41123d5_upload-1-44yykaxbz5kw-pavement-burns-brui-lure-trottoir.png\" alt=\"Marcher pieds nus sur l\u2019asphalte br\u00fblant. \"   width=\"664\" height=\"443\"\/>    Marcher pieds nus sur l\u2019asphalte br\u00fblant.  WIKIMEDIA COMMONS                    <\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Adress\u00e9 aux urgences, ce patient ressent une douleur intense. Il pr\u00e9sente des <a href=\"https:\/\/www.nejm.org\/cms\/10.1056\/NEJMicm2413012\/asset\/6b426eb3-f59a-4386-b3c3-dd56c1b68562\/assets\/images\/large\/nejmicm2413012_f1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">cloques ouvertes avec suintement et une rougeur (\u00e9ryth\u00e8me) sur la plante des deux pieds, la face plantaire des orteils du pied droit et sur le talon du pied gauche. Une cloque intacte est \u00e9galement pr\u00e9sente sur le talon droit<\/a>. Le diagnostic est sans appel\u00a0: br\u00fblures du second degr\u00e9 caus\u00e9es par la chauss\u00e9e br\u00fblante.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Ce quinquag\u00e9naire a re\u00e7u un traitement analg\u00e9sique, un nettoyage d\u2019une plaie pour en retirer tous les tissus ab\u00eem\u00e9s et n\u00e9cros\u00e9s (d\u00e9bridement), un traitement antibiotique (bacitracine) et un pansement mousse antimicrobien. Lors d\u2019une visite de suivi \u00e0 18\u00a0jours, ses br\u00fblures avaient gu\u00e9ri sans complications.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Ce cas clinique est survenu lors de la canicule de juin-juillet 2021 dans l\u2019Ouest de l\u2019Am\u00e9rique du Nord. Il a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans l\u2019hebdomadaire m\u00e9dical am\u00e9ricain The New England Journal of Medicine en avril 2025.<\/p>\n<p>              Certains individus sont plus \u00e0 risque de br\u00fblures sur un sol br\u00fblant              <\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Les sujets les plus \u00e0 risque de ce type de br\u00fblure sont ceux qui restent allong\u00e9s sur le troitoir (sans-abri), marchent pieds nus sur une chauss\u00e9e br\u00fblante, chutent accidentellement ou apr\u00e8s une syncope, ou encore ceux qui s\u2019effondrent sur le sol surchauff\u00e9 lors d\u2019une crise d\u2019\u00e9pilepsie ou apr\u00e8s prise d\u2019alcool ou de drogue. Parmi les autres facteurs de risque figure la neuropathie p\u00e9riph\u00e9rique diab\u00e9tique s\u00e9v\u00e8re, qui peut emp\u00eacher un patient de ressentir la br\u00fblure en marchant sur un trottoir tr\u00e8s chaud.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Les br\u00fblures qui se produisent \u00e0 la suite d\u2019un contact avec un sol surchauff\u00e9 entra\u00eenent une hospitalisation plus longue, un recours plus fr\u00e9quent \u00e0 la chirurgie et un co\u00fbt plus \u00e9lev\u00e9 par surface br\u00fbl\u00e9e, comparativement \u00e0 des br\u00fblures de taille \u00e9quivalente caus\u00e9es par un liquide bouillant ou par une flamme.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Les br\u00fblures de trottoirs sont plus profondes que ne le laisse supposer leur aspect initial et qu\u2019elles continuent \u00e0 s\u2019aggraver pendant l\u2019hospitalisation. Cette \u00e9volution est probablement li\u00e9e \u00e0 la pression prolong\u00e9e exerc\u00e9e sur les plaies en position allong\u00e9e, celles-ci se situant souvent sur des points d\u2019appui.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Par ailleurs, des \u00e9tudes ont mis en \u00e9vidence qu\u2019un \u00e9tat de conscience alt\u00e9r\u00e9, tel que celui observ\u00e9 lors d\u2019un coup de chaleur, est associ\u00e9 \u00e0 un moins bon pronostic chez les patients pr\u00e9sentant ce type de br\u00fblure, avec un risque accru de mortalit\u00e9 \u00e0 30 jours.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Les premi\u00e8res descriptions des \u00ab\u00a0br\u00fblures de la chauss\u00e9e\u00a0\u00bb (pavement burns, en anglais) remontent \u00e0 1970, tandis qu\u2019une analyse d\u00e9taill\u00e9e de leur survenue date de 1995. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, ces observations cliniques avaient \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es par des \u00e9quipes de centres de traitement des grands br\u00fbl\u00e9s en Arizona. Depuis, ce type de br\u00fblures a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 dans des r\u00e9gions et pays connus pour leurs climats chauds, comme l\u2019Arizona et le Nouveau-Mexique, ainsi qu\u2019en Isra\u00ebl.<\/p>\n<p>              \u00c0 une temp\u00e9rature ambiante de 40\u00b0C, l\u2019asphalte peut d\u00e9passer 66 \u00b0C              <\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Une \u00ab\u00a0br\u00fblure de trottoir\u00a0\u00bb est un type particulier de br\u00fblure caus\u00e9 par un contact prolong\u00e9 avec une surface expos\u00e9e au soleil lors de fortes temp\u00e9ratures ambiantes. Ces surfaces peuvent \u00eatre de l\u2019asphalte, du b\u00e9ton, de la brique, du m\u00e9tal ou tout autre rev\u00eatement expos\u00e9 en continu \u00e0 la lumi\u00e8re directe du soleil. Dans des conditions d\u00e9sertiques, o\u00f9 le soleil brille presque sans interruption et o\u00f9 les temp\u00e9ratures estivales sont \u00e9lev\u00e9es, le sol peut atteindre une chaleur suffisante pour provoquer des br\u00fblures de contact.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">En 2022, des chirurgiens de la facult\u00e9 de m\u00e9decine de Las Vegas ont montr\u00e9 qu\u2019\u00e0 une temp\u00e9rature ambiante de 38 \u00b0C, l\u2019asphalte peut atteindre 55 \u00b0C. \u00c0 40 \u00b0C, il peut d\u00e9passer 66 \u00b0C et \u00eatre suffisamment chaud pour provoquer des br\u00fblures du deuxi\u00e8me degr\u00e9 en moins de 35 secondes.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Ces m\u00e9decins avaient pr\u00e9c\u00e9demment rapport\u00e9 que les admissions hospitali\u00e8res pour des br\u00fblures de trottoir augmentent lorsque la temp\u00e9rature ambiante d\u00e9passe 35 \u00b0C et croissent de fa\u00e7on exponentielle \u00e0 mesure que la chaleur ambiante augmente.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Cette m\u00eame \u00e9quipe avait par ailleurs observ\u00e9 que les patients pr\u00e9sentant une hyperthermie document\u00e9e au moment de leur admission avaient une mortalit\u00e9 hospitali\u00e8re \u00e0 30 jours significativement plus \u00e9lev\u00e9e, un nombre accru de jours en soins intensifs, davantage d\u2019interventions chirurgicales et un pourcentage de surface corporelle br\u00fbl\u00e9e plus important. Ainsi, les patients hyperthermiques pr\u00e9sentaient une mortalit\u00e9 hospitali\u00e8re \u00e0 30 jours de 30 %, contre 1,3 % dans le groupe \u00e0 temp\u00e9rature corporelle normale. La surface corporelle br\u00fbl\u00e9e moyenne \u00e9tait de 10 % dans le groupe hyperthermique, contre 4,6 % dans le groupe \u00e0 temp\u00e9rature normale.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Publi\u00e9e en 2023 dans le Journal of Burn Care and Research, une \u00e9tude men\u00e9e par cette m\u00eame \u00e9quipe de Las Vegas a \u00e9t\u00e9 conduite pour identifier les types de chauss\u00e9es atteignant les temp\u00e9ratures les plus \u00e9lev\u00e9es dans un climat d\u00e9sertique chaud, mesurer la temp\u00e9rature maximale des surfaces couramment expos\u00e9es au soleil avec lesquelles les patients peuvent entrer en contact, et d\u00e9terminer le moment de la journ\u00e9e o\u00f9 le risque de br\u00fblure est le plus \u00e9lev\u00e9. Les relev\u00e9s de temp\u00e9rature ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s le 6\u00a0ao\u00fbt 2020 \u00e0 14 h, lorsque la temp\u00e9rature ambiante \u00e9tait de 48,9 \u00b0C et l\u2019irradiation solaire de 940 W\/m\u00b2, ce qui correspond \u00e0 une intensit\u00e9 thermique et lumineuse tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, proche du maximum que l\u2019on peut recevoir \u00e0 midi par ciel parfaitement d\u00e9gag\u00e9.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">La temp\u00e9rature maximale enregistr\u00e9e a \u00e9t\u00e9 de 76,7 \u00b0C sur la roche poreuse, suivie de 74,4 \u00b0C sur l\u2019asphalte, 66,7 \u00b0C sur la brique, 62,2 \u00b0C sur le b\u00e9ton, 62,2 \u00b0C sur le m\u00e9tal et 61,7 \u00b0C sur le sable. La temp\u00e9rature maximale sur tous les mat\u00e9riaux n\u2019a \u00e9t\u00e9 atteinte qu\u2019apr\u00e8s une dur\u00e9e d\u2019exposition \u00e0 la chaleur ambiante de 13 \u00e0 14 heures. Elle a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e en milieu d\u2019apr\u00e8s-midi\u00a0: entre 13 h et 16 h pour le sable, la roche poreuse et le m\u00e9tal, et entre 14 h et 16 h pour l\u2019asphalte, la brique et le b\u00e9ton.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">\u00c0 l\u2019ombre, aucun de ces mat\u00e9riaux n\u2019a atteint le seuil d\u2019environ 43,3 \u00b0C, n\u00e9cessaire pour provoquer une br\u00fblure. Dans ce cas, les temp\u00e9ratures maximales \u00e9taient nettement plus basses, comprises entre 40,0 \u00b0C et 42,2 \u00b0C.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Paul Chestovich et ses coll\u00e8gues (Las Vegas) soulignent que \u00ab\u00a0toutes les surfaces peuvent provoquer des br\u00fblures au second ou au troisi\u00e8me degr\u00e9 (selon la dur\u00e9e de contact) en pr\u00e9sence d\u2019une temp\u00e9rature ambiante \u00e9lev\u00e9e ou d\u2019un ensoleillement intense, mais c\u2019est la combinaison des deux qui entra\u00eene des temp\u00e9ratures de surface suffisamment \u00e9lev\u00e9es pour causer des br\u00fblures de contact\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Ces auteurs font remarquer qu\u2019en fin de journ\u00e9e, la plus faible intensit\u00e9 solaire s\u2019accompagne paradoxalement de temp\u00e9ratures de surface encore \u00e9lev\u00e9es, en raison de la capacit\u00e9 des mat\u00e9riaux \u00e0 absorber et stocker la chaleur tout au long de la journ\u00e9e. \u00ab\u00a0Dans un climat d\u00e9sertique, on peut constater ce ph\u00e9nom\u00e8ne en ressentant la chaleur qui se d\u00e9gage du sol et des surfaces dures bien apr\u00e8s le coucher du soleil. Les surfaces expos\u00e9es au soleil ne retrouvaient pas leur temp\u00e9rature initiale avant 9 \u00e0 11 heures apr\u00e8s le pic, ce qui signifie qu\u2019un risque persiste longtemps apr\u00e8s les heures les plus chaudes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>              Des cas de \u00ab\u00a0br\u00fblures de la chauss\u00e9e\u00a0\u00bb au Royaume-Uni              <\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">En 2023, des infirmi\u00e8res et infirmiers du Queen Elizabeth Hospital de Birmingham ont rapport\u00e9 dans le British Paramedic Journal les premiers cas de br\u00fblures de contact sur la chauss\u00e9e signal\u00e9s au Royaume-Uni. Les deux cas d\u00e9crits sont survenus en zone urbaine le 19 juillet 2022, la journ\u00e9e la plus chaude jamais enregistr\u00e9e au Royaume-Uni. Ce jour-l\u00e0, la temp\u00e9rature maximale a d\u00e9pass\u00e9 40 \u00b0C \u00e0 plusieurs endroits du pays. Ces deux patients avaient des comorbidit\u00e9s importantes, susceptibles d\u2019avoir contribu\u00e9 \u00e0 la survenue d\u2019un coup de chaleur et aux l\u00e9sions cutan\u00e9es qui ont suivi.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Le premier cas concerne un homme de 66 ans atteint de maladie de Parkinson, d\u2019hypertension, de diab\u00e8te de type 2 et ayant d\u00e9j\u00e0 subi un AVC. Il a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 inconscient alors qu\u2019il \u00e9tait passager dans une voiture. Sur les conseils de l\u2019op\u00e9rateur du service d\u2019urgence, ses proches l\u2019ont plac\u00e9 en position lat\u00e9rale de s\u00e9curit\u00e9 (d\u00e9cubitus lat\u00e9ral droit) sur le rev\u00eatement en asphalte d\u2019un parking. Le patient est rest\u00e9 au sol environ 15 minutes, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019ambulance.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Ce contact prolong\u00e9 avec un sol surchauff\u00e9 en pleine canicule lui a provoqu\u00e9 des br\u00fblures sur environ 5 % de la surface corporelle totale. Ce patient pr\u00e9sentait des br\u00fblures du deuxi\u00e8me degr\u00e9 au cuir chevelu occipital, au coude droit, au coude gauche et \u00e0 la fesse droite, une br\u00fblure du troisi\u00e8me degr\u00e9 de la jambe droite (1 %) et une br\u00fblure dermique profonde du flanc droit (1 %).<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Certaines br\u00fblures \u00e9taient profondes et ont n\u00e9cessit\u00e9, pr\u00e8s d\u2019un mois plus tard, une greffe de peau. Une semaine apr\u00e8s l\u2019intervention, il a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 une prise de greffe compl\u00e8te. La perte de connaissance a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e \u00e0 un coup de chaleur, aggrav\u00e9 par sa maladie de Parkinson.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Le deuxi\u00e8me cas est celui d\u2019une femme de 58 ans victime d\u2019un coup de chaleur pr\u00e8s de chez elle et qui s\u2019est effondr\u00e9e sur la chauss\u00e9e en pleine canicule. Les images d\u2019une cam\u00e9ra de surveillance ont montr\u00e9 qu\u2019elle y est rest\u00e9e environ 45 minutes avant l\u2019arriv\u00e9e des secours. Elle a pr\u00e9sent\u00e9 des br\u00fblures des deux avant-bras, des deux mains et du genou gauche, repr\u00e9sentant environ 2 % de sa surface corporelle totale. Les plaies ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9brid\u00e9es et recouvertes de pansements gras durant son s\u00e9jour \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Dix jours plus tard, elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9admise pour une greffe de peau mince. Le contr\u00f4le, effectu\u00e9 quatre jours apr\u00e8s l\u2019intervention, a montr\u00e9 une prise de greffe compl\u00e8te.<\/p>\n<p>              Former les professionnels de sant\u00e9 au risque des br\u00fblures de trottoirs              <\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Les auteurs soulignent le besoin d\u2019information, tant des professionnels de sant\u00e9 que du grand public, afin de pr\u00e9venir les br\u00fblures par contact avec un sol surchauff\u00e9. \u00ab\u00a0Cela concerne en particulier les personnes pratiquant les premiers secours, qui peuvent \u00eatre amen\u00e9es \u00e0 placer un patient en position lat\u00e9rale de s\u00e9curit\u00e9 sur un trottoir ou une chauss\u00e9e. Nous sugg\u00e9rons que les \u00e9quipes pr\u00e9hospitali\u00e8res et les secouristes soient avertis du risque de br\u00fblures par contact avec le sol en cas de forte chaleur et qu\u2019ils prennent des pr\u00e9cautions afin d\u2019\u00e9viter tout contact direct de la peau avec ce type de surface. Cela peut passer, par exemple, par le placement du patient \u00e0 l\u2019ombre ou sur une surface protectrice\u00a0\u00bb, soulignent Emma Whiting et ses coll\u00e8gues de Birmingham.<\/p>\n<p>              Sensibiliser les parents de jeunes enfants              <\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">La sensibilisation concerne aussi les parents de jeunes enfants, qui peuvent les laisser jouer ou marcher pieds nus ou sans chaussures adapt\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Publi\u00e9e en 2021, une \u00e9tude conduite par des m\u00e9decins de la facult\u00e9 de m\u00e9decine de Las Vegas (Nevada) a recens\u00e9 les cas de br\u00fblures de trottoir survenus entre janvier 2014 et d\u00e9cembre 2019. La temp\u00e9rature ambiante maximale au moment des blessures \u00e9tait de 38,9 \u00b0C. Dans les trois quarts des cas, elle atteignait 37,2 \u00b0C. La majorit\u00e9 (80 %) survenait durant l\u2019\u00e9t\u00e9 (de juin \u00e0 ao\u00fbt).<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Cette \u00e9tude p\u00e9diatrique r\u00e9trospective a port\u00e9 sur 45 jeunes patients. Deux tranches d\u2019\u00e2ge se distinguaient nettement\u00a0: les enfants de 3 ans ou moins (89 % des cas) et les adolescents de 14 ans ou plus (11 %). La quasi-totalit\u00e9 (97 %) des br\u00fblures plantaires bilat\u00e9rales concernaient des enfants de 3 ans ou moins. Tous pr\u00e9sentaient des br\u00fblures du 2\u1d49 degr\u00e9. Un patient avait en outre une br\u00fblure du 3\u1d49 degr\u00e9. La surface corporelle br\u00fbl\u00e9e moyenne \u00e9tait de 2,5 %.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">La principale cause \u00e9tait la marche pieds nus sur un trottoir surchauff\u00e9 (69 %), suivie d\u2019une chute sur le trottoir (13 %), d\u2019une crise d\u2019\u00e9pilepsie (2 %) et d\u2019autres causes (16\u00a0%). Les br\u00fblures touchaient surtout la plante des deux pieds (65 %), les jambes (22 %), la paume des mains (4 %) et les bras (9 %).<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Toutes les br\u00fblures ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es en ambulatoire et uniquement par soins locaux, sans recours \u00e0 la chirurgie. Le d\u00e9lai moyen pour atteindre 95\u00a0% de cicatrisation \u00e9tait de 10\u00a0jours.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Il ressort de cette \u00e9tude que les br\u00fblures par contact avec le trottoir chez l\u2019enfant sont beaucoup moins s\u00e9v\u00e8res que chez l\u2019adulte. En outre, contrairement aux adultes dont les br\u00fblures touchent diverses parties du corps, pr\u00e8s des deux tiers des enfants ont \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9s aux plantes des pieds.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Ces br\u00fblures concernent surtout de tr\u00e8s jeunes enfants marchant sans surveillance et sans chaussures adapt\u00e9es sur le trottoir. D\u00e8s qu\u2019ils ressentent la douleur, ils se dirigent rapidement vers une surface plus fra\u00eeche ou un proche les entend crier et leur porte secours. Ces circonstances diff\u00e8rent de celles rencontr\u00e9es chez les adultes, souvent br\u00fbl\u00e9s apr\u00e8s une exposition prolong\u00e9e sur un trottoir br\u00fblant, en lien avec une neuropathie diab\u00e9tique ou une incapacit\u00e9 physique \u00e0 se relever.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \">Enfin, plusieurs \u00e9tudes r\u00e9centes indiquent que l\u2019on peut s\u2019attendre, au cours des prochaines ann\u00e9es, \u00e0 une augmentation du nombre de br\u00fblures de contact avec un sol br\u00fblant. \u00ab\u00a0En raison du r\u00e9chauffement climatique, nous pr\u00e9voyons une augmentation de l&rsquo;incidence des \u00e9pisodes de chaleur extr\u00eame, et donc des br\u00fblures de trottoir\u00a0\u00bb, concluaient il y a deux ans les auteurs de l\u2019\u00e9tude men\u00e9e \u00e0 Birmingham.<\/p>\n<p class=\"article__paragraph  \"><strong>Pour en savoir plus\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p class=\"catcher__desc\">Hess JJ. <a href=\"https:\/\/www.nejm.org\/doi\/10.1056\/NEJMicm2413012\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">Pavement Burns<\/a>. N Engl J Med. 2025 Apr 24\u00a0;392(16)\u00a0:e40. doi\u00a0: 10.1056\/NEJMicm2413012<\/p>\n<p class=\"catcher__desc\">Whiting E, Karia CT, Tullie S, et al. <a href=\"https:\/\/pmc.ncbi.nlm.nih.gov\/articles\/PMC10690489\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">Climate change and pavement burns in the United Kingdom\u00a0: a case report of two patients<\/a>. Br Paramed J. 2023 Dec 1\u00a0;8(3)\u00a0:37-41. doi\u00a0: 10.29045\/14784726.2023.12.8.3.37<\/p>\n<p class=\"catcher__desc\">Chestovich PJ, Saroukhanoff RZ, Moujaes SF, et al. <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/jbcr\/article\/44\/2\/438\/6717844\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">Temperature Profiles of Sunlight-Exposed Surfaces in a Desert Climate\u00a0: Determining the Risk for Pavement Burns<\/a>. J Burn Care Res. 2023 Mar 2\u00a0;44(2)\u00a0:438-445. doi\u00a0: 10.1093\/jbcr\/irac136<\/p>\n<p class=\"catcher__desc\">Laarakker AS, Rich A, Wu E. <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/jbcr\/article-abstract\/43\/1\/281\/6343402\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">Pavement Burns in New Mexico\u00a0: Our Experiences, Treatments, and Outcomes<\/a>. J Burn Care Res. 2022 Jan 5\u00a0;43(1)\u00a0:281-286. doi\u00a0: 10.1093\/jbcr\/irab154<\/p>\n<p class=\"catcher__desc\">Saquib S, Carroll J, Flores C, Chestovich P. <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/jbcr\/article-abstract\/42\/5\/865\/6279081\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">Management of Pediatric Pavement Burns<\/a>. J Burn Care Res. 2021 Sep 30\u00a0;42(5)\u00a0:865-869. doi\u00a0: 10.1093\/jbcr\/irab084<\/p>\n<p class=\"catcher__desc\">Eisenberg M, Chestovich P, Saquib SF. <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/jbcr\/article-abstract\/41\/5\/951\/5842211\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">Pavement Burns Treated at a Desert Burn Center: Analysis of Mechanisms and Outcomes<\/a>. J Burn Care Res. 2020 Sep 23\u00a0;41(5)\u00a0:951-955. doi\u00a0: 10.1093\/jbcr\/iraa080<\/p>\n<p class=\"catcher__desc\">Kowal-Vern A, Matthews MR, Richey KN, et al. <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/burnstrauma\/article\/doi\/10.1186\/s41038-019-0169-9\/5685933\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">\u00ab\u00a0Streets of Fire\u00a0\u00bb revisited: contact burns<\/a>. Burns Trauma. 2019 Oct 29\u00a0;7\u00a0:32. doi\u00a0: 10.1186\/s41038-019-0169-9<\/p>\n<p class=\"catcher__desc\">Vega J, Chestovich P, Saquib S, Fraser D. <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/jbcr\/article-abstract\/40\/4\/422\/5425552\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">A 5-Year Review of Pavement Burns From a Desert Burn Center<\/a>. J Burn Care Res. 2019 Jun 21\u00a0;40(4)\u00a0:422-426. doi\u00a0: 10.1093\/jbcr\/irz049<\/p>\n<p class=\"catcher__desc\">Silver AG, Dunford GM, Zamboni WA, Baynosa RC. <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/jbcr\/article-abstract\/36\/1\/e7\/4568897\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">Acute pavement burns\u00a0: a unique subset of burn injuries\u00a0: a five-year review of resource use and cost impact<\/a>. J Burn Care Res. 2015 Jan-Feb\u00a0;36(1)\u00a0:e7-e11. doi\u00a0: 10.1097\/BCR.0000000000000162<\/p>\n<p class=\"catcher__desc\">Sinha M, Salness R, Foster KN, et al. <a href=\"https:\/\/journals.lww.com\/jtrauma\/abstract\/2006\/10000\/accidental_foot_burns_in_children_from_contact.33.aspx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">Accidental foot burns in children from contact with naturally heated surfaces during summer months\u00a0: experience from a regional burn center<\/a>. J Trauma. 2006 Oct\u00a0;61(4)\u00a0:975-8. doi\u00a0: 10.1097\/01.ta.0000229810.36074.36<\/p>\n<p class=\"catcher__desc\">Harrington WZ, Strohschein BL, Reedy D, et al. <a href=\"https:\/\/www.annemergmed.com\/article\/S0196-0644(95)70005-6\/abstract\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">Pavement temperature and burns\u00a0: streets of fire<\/a>. Ann Emerg Med. 1995 Nov\u00a0;26(5)\u00a0:563-8. doi\u00a0: 10.1016\/s0196-0644(95)70005-6<\/p>\n<p class=\"catcher__desc\">Berens JJ. <a href=\"https:\/\/jamanetwork.com\/journals\/jama\/article-abstract\/358496\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\" title=\"Nouvelle fen\u00eatre\">Thermal contact burns from streets and highways<\/a>. JAMA. 1970 Dec 14\u00a0;214(11)\u00a0:2025-7. doi\u00a0:10.1001\/jama.1970.03180110035007<\/p>\n<p class=\"article__author-container\"> <a class=\"article__author-link\" href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/signataires\/marc-gozlan\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"> Marc Gozlan<\/a>  <\/p>\n<p>                  <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/syndication\/\" class=\"reuse__content\" title=\"R\u00e9utiliser ce contenu\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">R\u00e9utiliser ce contenu<\/a>      <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un homme de 56 ans, souffrant d\u2019alcoolisme, qui est adress\u00e9 \u00e0 un centre de traitement des&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":321921,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[1011,27,72,71],"class_list":{"0":"post-321920","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sante","8":"tag-fr","9":"tag-france","10":"tag-health","11":"tag-sante"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115035840498514064","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/321920","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=321920"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/321920\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/321921"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=321920"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=321920"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=321920"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}