{"id":324266,"date":"2025-08-17T05:53:13","date_gmt":"2025-08-17T05:53:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/324266\/"},"modified":"2025-08-17T05:53:13","modified_gmt":"2025-08-17T05:53:13","slug":"my-tailor-is-rich-ce-rennais-a-vulgarise-cette-celebre-expression-anglaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/324266\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0My tailor is rich\u00a0\u00bb\u00a0: ce Rennais a vulgaris\u00e9 cette c\u00e9l\u00e8bre expression anglaise"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab My tailor is rich \u00bb. Une petite phrase devenue iconique tant elle repr\u00e9sente la gal\u00e8re de ceux qui commencent \u00e0 apprendre l\u2019anglais. On la retrouve parodi\u00e9e dans Ast\u00e9rix chez les Bretons, Le Gendarme \u00e0 New York et m\u00eame L\u2018\u00a0Exorciste. Ce qu\u2019on sait moins, c\u2019est qu\u2019elle provient d\u2019un ouvrage fondateur des \u00e9ditions Assimil, \u00ab L\u2019anglais sans peine \u00bb (1930), fond\u00e9es par un Rennais, Alphonse Cherel. Avec le succ\u00e8s que l\u2019on conna\u00eet, puisque les m\u00e9thodes Assimil, d\u00e9clin\u00e9es en plusieurs dizaines de langues, existent encore presque un si\u00e8cle plus tard.<\/p>\n<p><a class=\"tlg-kiosque tlg-kiosque-rennes gtm-kiosque-rennes\" href=\"https:\/\/www.lemensuel.com\/rennes\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/MDR_une_complete.png\" alt=\"Couverture Mensuel Rennes\"\/><\/p>\n<p>Le Mensuel de Rennes<\/p>\n<p>Magazine curieux et (im)pertinent !<\/p>\n<p>D\u00e9couvrez<\/a><\/p>\n<p>Alphonse Cherel na\u00eet \u00e0 Rennes le 2 juin 1882. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, l\u2019apprentissage de l\u2019anglais \u00e9tait l\u2019apanage des nantis\u2026 Ou des audacieux. Fils de minotier, Alphonse fait partie de la deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie. Son bac en poche, il part \u00e0 Londres et <a href=\"https:\/\/www.letelegramme.fr\/culture-loisirs\/toutes-les-infos\/spanalphonse-cherelspan-les-langues-sans-peine-1784070.php\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">se fait embaucher comme pr\u00e9cepteur<\/a>. Tandis qu\u2019il apprend l\u2019anglais sur le tas, l\u2019id\u00e9e lui vient de cr\u00e9er un manuel facile d\u2019utilisation pour le grand public.<\/p>\n<p>Polyglotte et accus\u00e9 d\u2019espionnage<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quatre ans d\u2019aventures britanniques, changement de pays. Alphonse est toujours pr\u00e9cepteur, mais cette fois-ci dans une famille berlinoise. Visiblement, le jeune homme ne tient pas en place. En 1909, il rejoint son fr\u00e8re \u00e0 Moscou. Lorsque la Premi\u00e8re Guerre mondiale \u00e9clate, sa connaissance de l\u2019anglais, de l\u2019allemand et du russe lui \u00e9vitent d\u2019\u00eatre envoy\u00e9 \u00e0 la boucherie : il est nomm\u00e9 interpr\u00e8te. Son travail consiste notamment \u00e0 traduire les messages ennemis intercept\u00e9s mais aussi \u00e0 faciliter le dialogue entre l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise et britannique. Mais son don des langues n\u2019est pas qu\u2019une b\u00e9n\u00e9diction. Bless\u00e9 par un coup de canon, il tombe dans le coma et se met \u00e0 d\u00e9lirer. En allemand. Le voil\u00e0 accus\u00e9 d\u2019espionnage ! Il lui faudra bien des explications pour s\u2019innocenter\u2026<\/p>\n<p>\u00c0 la fin de la guerre, notre polyglotte reprend les voyages. Il peaufine sa m\u00e9thode de langue, \u00e0 base d\u2019une s\u00e9rie de le\u00e7ons de 30 minutes par jour, assorties d\u2019astuces de m\u00e9morisation. D\u2019o\u00f9 \u00ab My tailor is rich \u00bb : la phrase est suffisamment transparente pour \u00eatre comprise rapidement par des francophones. En 1929 na\u00eet officiellement l\u2019entreprise Assimil avec le fameux L\u2019Anglais sans peine. Alphonse et son fr\u00e8re travaillent depuis une chambre d\u2019h\u00f4tel du 18e arrondissement. Les livres, \u00e9dit\u00e9s \u00e0 compte d\u2019auteur et \u00e0 cr\u00e9dit, sont stock\u00e9s \u00e0 la cave. La collection s\u2019enrichit de nouvelles langues. C\u2019est un succ\u00e8s.<\/p>\n<p>En 1933, Alphonse passe un cap technologique. Il utilise des disques qui permettent d\u2019entendre la prononciation r\u00e9elle. Quand la guerre \u00e9clate \u00e0 nouveau, les voyages internationaux ne sont plus de mise, et les ventes d\u00e9clinent. La m\u00e9thode d\u2019allemand subit les foudres de l\u2019occupant. Il faut dire qu\u2019elle est agr\u00e9ment\u00e9e de caricatures d\u2019Hitler. Entre-temps, Alphonse est entr\u00e9 dans la R\u00e9sistance. Faute de mettre la main sur lui, les Allemands emprisonnent son fr\u00e8re plusieurs mois. Alphonse Ch\u00e9rel meurt en 1956, apr\u00e8s avoir publi\u00e9 Le Portugais sans peine. Son fils Jean-Loup, puis son petit-fils Yannick, reprendront successivement les r\u00eanes de cette maison d\u2019\u00e9dition iconique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab My tailor is rich \u00bb. 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