{"id":325878,"date":"2025-08-17T23:45:47","date_gmt":"2025-08-17T23:45:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/325878\/"},"modified":"2025-08-17T23:45:47","modified_gmt":"2025-08-17T23:45:47","slug":"la-tapisserie-de-bayeux-sapprete-a-entreprendre-un-voyage-delicat-jusqua-londres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/325878\/","title":{"rendered":"La tapisserie de Bayeux s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 entreprendre un voyage d\u00e9licat jusqu&rsquo;\u00e0 Londres"},"content":{"rendered":"<p>Depuis des si\u00e8cles, la Tapisserie de Bayeux, chef-d&rsquo;\u0153uvre narratif, suscite \u00e9merveillement et fascination. Avec des d\u00e9tails saisissants et macabres, cette toile brod\u00e9e d&rsquo;une longueur de 70 m\u00e8tres raconte comment l&rsquo;implacable duc normand Guillaume conquit l&rsquo;Angleterre en 1066, remodelant l&rsquo;histoire britannique et europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>La tapisserie de Bayeux, avec ses sc\u00e8nes de chevaliers brandissant leurs \u00e9p\u00e9es dans des combats f\u00e9roces et la c\u00e9l\u00e8bre mort du roi Harold d&rsquo;Angleterre, transperc\u00e9 d&rsquo;une fl\u00e8che dans l&rsquo;\u0153il, sert depuis le XIe si\u00e8cle de parabole \u00e9difiante sur la puissance militaire. La vengeance, la trahison et la complexit\u00e9 des relations vassales, longtemps impr\u00e9gn\u00e9es de sang et de rivalit\u00e9, mais aussi d&rsquo;affection et de coop\u00e9ration, sont les th\u00e8mes centraux de l&rsquo;\u0153uvre.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;anc\u00eatre m\u00e9di\u00e9val des bandes dessin\u00e9es actuelles, command\u00e9 \u00e0 titre de propagande pour le duc de Normandie Guillaume, surnomm\u00e9 \u00able Conqu\u00e9rant\u00bb, apr\u00e8s avoir ravi le tr\u00f4ne d&rsquo;Angleterre au roi Harold, se pr\u00e9pare pour une nouvelle mission narrative.<\/p>\n<p><b>Un retour aux sources<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e prochaine, ce fragile tr\u00e9sor artistique et historique sera d\u00e9licatement transport\u00e9 de son mus\u00e9e de Bayeux, en Normandie, pour \u00eatre expos\u00e9 au British Museum de Londres dans une exposition \u00e0 grand succ\u00e8s, de septembre 2026 \u00e0 juillet 2027.<\/p>\n<p>Sa premi\u00e8re visite au Royaume-Uni depuis pr\u00e8s de 1000 ans t\u00e9moignera du r\u00e9chauffement des relations entre les deux rives de la Manche, qui s&rsquo;\u00e9taient refroidies avec le d\u00e9part houleux du Royaume-Uni de l&rsquo;Union europ\u00e9enne en 2020. Ce pr\u00eat a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 en juillet, lorsque le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Emmanuel Macron est devenu le premier chef d&rsquo;\u00c9tat europ\u00e9en \u00e0 effectuer une visite d&rsquo;\u00c9tat au Royaume-Uni depuis le Brexit.<\/p>\n<p>Antoine Verney, conservateur du mus\u00e9e de Bayeux, affirme que ce voyage transmanche sera en quelque sorte un retour aux sources pour la tapisserie, car plusieurs historiens pensent g\u00e9n\u00e9ralement qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 brod\u00e9e en Angleterre, avec des fils de laine sur une toile de lin, et parce que la victoire de Guillaume \u00e0 la bataille d&rsquo;Hastings a marqu\u00e9 un tournant majeur dans l&rsquo;histoire anglaise, grav\u00e9 dans la m\u00e9moire collective du Royaume-Uni.<\/p>\n<p>\u00abPour les Britanniques, la date \u2013 la seule \u2013 que tous connaissent est 1066\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 M. Verney dans une entrevue \u00e0 l&rsquo;Associated Press.<\/p>\n<p>D\u00e9placer une \u0153uvre d&rsquo;art aussi encombrante \u2013 compos\u00e9e de neuf pi\u00e8ces de lin cousues ensemble et repr\u00e9sentant 626 personnages, 37 b\u00e2timents, 41 navires et 202 chevaux et mules dans un total de 58 sc\u00e8nes \u2013 est d&rsquo;autant plus compliqu\u00e9 par son grand \u00e2ge et l&rsquo;usure du temps.<\/p>\n<p>\u00abIl y a toujours un risque. L&rsquo;objectif est de le calculer aussi soigneusement que possible\u00bb, a expliqu\u00e9 M. Verney, le conservateur.<\/p>\n<p>Consid\u00e9r\u00e9 comme ayant \u00e9t\u00e9 command\u00e9 par l&rsquo;\u00e9v\u00eaque Eudes, demi-fr\u00e8re de Guillaume le Conqu\u00e9rant, pour d\u00e9corer une nouvelle cath\u00e9drale \u00e0 Bayeux en 1077, le tr\u00e9sor y serait rest\u00e9, en grande partie conserv\u00e9 dans un coffre en bois et presque inconnu, pendant sept si\u00e8cles, survivant \u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise, aux incendies et \u00e0 d&rsquo;autres p\u00e9rils.<\/p>\n<p>Depuis lors, on ne conna\u00eet que deux expositions de cette broderie hors de la ville normande: Napol\u00e9on Bonaparte la fit exposer au mus\u00e9e du Louvre \u00e0 Paris de fin 1803 \u00e0 d\u00e9but 1804. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fut de nouveau expos\u00e9e au Louvre fin 1944, apr\u00e8s que les forces alli\u00e9es d\u00e9barqu\u00e9es en Normandie le 6 juin de cette ann\u00e9e-l\u00e0 eurent combattu jusqu&rsquo;\u00e0 Paris et lib\u00e9r\u00e9 la ville.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u0153uvre, vue par plus de 15 millions de visiteurs au mus\u00e9e de Bayeux depuis 1983, \u00abpr\u00e9sente la caract\u00e9ristique unique d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la fois monumentale et tr\u00e8s fragile, a soulign\u00e9 M. Verney. Les fibres textiles ont 900 ans. Elles se sont donc naturellement d\u00e9grad\u00e9es avec le temps. Mais en m\u00eame temps, c&rsquo;est une \u0153uvre qui a d\u00e9j\u00e0 beaucoup voyag\u00e9 et qui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s manipul\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p><b>Un mus\u00e9e r\u00e9nov\u00e9<\/b><\/p>\n<p>Pendant le s\u00e9jour de l&rsquo;\u0153uvre au Royaume-Uni, son mus\u00e9e de Bayeux b\u00e9n\u00e9ficiera d&rsquo;une r\u00e9novation majeure, co\u00fbtant des dizaines de millions d&rsquo;euros. Les portes fermeront aux visiteurs \u00e0 partir du 1er septembre de cette ann\u00e9e, pour une r\u00e9ouverture pr\u00e9vue en octobre 2027. La broderie sera alors r\u00e9install\u00e9e dans un nouveau b\u00e2timent, encastr\u00e9e sur une table inclin\u00e9e de 70 m\u00e8tres de long qui, selon Verney, transformera totalement l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;observation.<\/p>\n<p>On ne sait pas encore exactement comment le tr\u00e9sor sera transport\u00e9 au Royaume-Uni.<\/p>\n<p>\u00abLes \u00e9tudes n\u00e9cessaires \u00e0 son transfert \u00e0 Londres et \u00e0 son exposition au British Museum ne sont pas termin\u00e9es, elles sont en cours de discussion et men\u00e9es entre les deux gouvernements\u00bb, a indiqu\u00e9 M. Verney.<\/p>\n<p>Mais il s&rsquo;est dit confiant quant au fait que le tr\u00e9sor sera entre de bonnes mains.<\/p>\n<p>\u00abComment quelqu&rsquo;un peut-il s&rsquo;imaginer, \u00e0 mon avis, que le British Museum prendra le risque d&rsquo;endommager, durant l&rsquo;exposition, cette \u0153uvre qui constitue un \u00e9l\u00e9ment majeur d&rsquo;un patrimoine commun ? a-t-il demand\u00e9. Je ne crois pas que les Britanniques puissent prendre des risques qui mettraient en p\u00e9ril cet \u00e9l\u00e9ment majeur de l&rsquo;histoire de l&rsquo;art et du patrimoine mondial.\u00bb<\/p>\n<p>___<\/p>\n<p>John Leicester a \u00e9crit depuis Paris.<\/p>\n<p>Nicolas Garriga et John Leicester, The Associated Press<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Depuis des si\u00e8cles, la Tapisserie de Bayeux, chef-d&rsquo;\u0153uvre narratif, suscite \u00e9merveillement et fascination. 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