{"id":328088,"date":"2025-08-18T23:15:12","date_gmt":"2025-08-18T23:15:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/328088\/"},"modified":"2025-08-18T23:15:12","modified_gmt":"2025-08-18T23:15:12","slug":"lauteur%c2%b7e-le%c2%b7a-plus-censure%c2%b7e-aux-etats-unis-refuse-de-se-taire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/328088\/","title":{"rendered":"L\u2019auteur\u00b7e le\u00b7a plus censur\u00e9\u00b7e aux \u00c9tats-Unis refuse de se taire"},"content":{"rendered":"<p><strong>Quand le s\u00e9nateur r\u00e9publicain John Kennedy, de Louisiane, a lu \u00e0 voix haute un passage cru du livre\u00a0All Boys Aren\u2019t Blue: A Memoir-Manifesto\u00a0lors d\u2019une audience du comit\u00e9 judiciaire du S\u00e9nat en 2023 \u2014 en d\u00e9roulant les phrases sur le lubrifiant et le sexe avec son accent du Sud, oscillant entre le th\u00e9\u00e2tre et le m\u00e9pris \u2014 il croyait peut-\u00eatre humilier George M. Johnson. Mais Johnson, auteur\u00b7e de l\u2019un des livres les plus censur\u00e9s d\u2019Am\u00e9rique, y a vu tout autre chose, nous apprend une entrevue publi\u00e9 dans la plus r\u00e9cente \u00e9dition du magazine LGBTQ+\u00a0The Advocate.<\/strong><\/p>\n<p>Publi\u00e9 en 2020,\u00a0All Boys Aren\u2019t Blue\u00a0se voulait d\u00e8s le d\u00e9part plus qu\u2019un simple m\u00e9moire. C\u2019\u00e9tait, comme le dit son sous-titre, un manifeste. \u00ab Je savais que c\u2019\u00e9tait un livre sp\u00e9cial \u00bb, raconte Johnson au journaliste de The Advocate. \u00ab Mais je n\u2019aurais jamais pu pr\u00e9dire qu\u2019il deviendrait le centre d\u2019une conversation nationale sur la censure, l\u2019\u00e9ducation et l\u2019effacement des v\u00e9rit\u00e9s queer noires. \u00bb<\/p>\n<p>Johnson reconna\u00eet que cette mise en spectacle les a affect\u00e9\u00b7e. \u00ab Mais \u00e7a a aussi permis au livre d\u2019atteindre des publics qu\u2019il n\u2019aurait jamais rejoints autrement. Quelqu\u2019un, quelque part, a vu cet extrait, a command\u00e9 le livre et a d\u00e9couvert une histoire dont iel ignorait avoir besoin. \u00bb<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sister par la m\u00e9moire et l\u2019histoire<\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9action a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diate et f\u00e9roce. Mais Johnson n\u2019a pas recul\u00e9. En septembre dernier, iel publiait\u00a0Flamboyants, une c\u00e9l\u00e9bration vibrante des figures noires queer de l\u2019histoire, trop souvent r\u00e9duites \u00e0 une facette d\u2019elles-m\u00eames \u2014 voire effac\u00e9es compl\u00e8tement. \u00ab C\u2019\u00e9tait excitant, parce que j\u2019ai pu me trouver mes propres h\u00e9ros \u00bb, explique Johnson dans cette entrevue. \u00ab Des personnes dont je n\u2019avais jamais entendu parler en grandissant, parce que leur identit\u00e9 queer avait \u00e9t\u00e9 effac\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<p>Flamboyants\u00a0s\u2019enracine dans l\u2019h\u00e9ritage riche et radical de la Harlem Renaissance, une p\u00e9riode que les manuels scolaires ont aplatie et d\u00e9pouill\u00e9e de son \u00e9clat queer. \u00ab Les personnes noires queer ont fa\u00e7onn\u00e9 la Harlem Renaissance \u00bb, insiste Johnson. \u00ab Elles \u00e9taient dans la musique, dans la mode, dans la litt\u00e9rature, mais l\u2019histoire a gomm\u00e9 cet aspect. \u00bb<\/p>\n<p>De Josephine Baker \u00e0 Gladys Bentley, de Langston Hughes \u00e0 Jimmy Daniels,\u00a0Flamboyants\u00a0honore ce que Johnson appelle \u00ab nos Avengers \u00bb \u2014 une lign\u00e9e de lumi\u00e8res noires queer trop puissantes pour \u00eatre ignor\u00e9es. Daniels, artiste de cabaret et acteur de la sc\u00e8ne culturelle du Harlem, a particuli\u00e8rement marqu\u00e9 Johnson.<\/p>\n<p><strong>Du Harlem Renaissance au Met Gala<\/strong><\/p>\n<p>Voir certains de ces h\u00e9ritages r\u00e9imagin\u00e9s r\u00e9cemment, au Met Gala de mai dernier plac\u00e9 sous le th\u00e8me\u00a0Superfine: Tailoring Black Style\u00a0\u2014 des d\u00e9tails comme le smoking de Bentley ou les boucles de Baker \u2014 a \u00e9t\u00e9 un moment de confirmation. \u00ab C\u2019\u00e9tait comme un cercle qui se refermait \u00bb, dit Johnson. \u00ab Et j\u2019ai le privil\u00e8ge d\u2019aider les gens \u00e0 comprendre ce qu\u2019ils regardent. \u00bb<\/p>\n<p>Ce sentiment de filiation, de m\u00e9moire retrouv\u00e9e et de futurs r\u00e9invent\u00e9s, est au c\u0153ur du travail de Johnson. \u00ab \u00c7a ne sert \u00e0 rien de raconter le pass\u00e9 si on ne peut pas le relier au pr\u00e9sent \u00bb, souligne-t-iel. \u00ab Et \u00e7a ne sert pas non plus de parler d\u2019aujourd\u2019hui si on n\u2019offre pas une vision pour la suite. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Transformer le d\u00e9sespoir en moteur<\/strong><\/p>\n<p>Johnson n\u2019est pas na\u00eff\u00b7ve face au moment que nous traversons. En tant qu\u2019auteur\u00b7e non binaire, iel a vu en direct l\u2019administration Trump et ses alli\u00e9s tenter d\u2019effacer toute reconnaissance des personnes non binaires et transgenres. Mais pour Johnson, le d\u00e9sespoir n\u2019est pas une fin : c\u2019est un carburant. \u00ab L\u2019espoir peut \u00eatre passif. Le d\u00e9sespoir force l\u2019action \u00bb, affirme-t-iel. \u00ab Stonewall n\u2019est pas arriv\u00e9 parce que les gens esp\u00e9raient que \u00e7a s\u2019am\u00e9liore. C\u2019est arriv\u00e9 parce qu\u2019ils savaient que \u00e7a ne s\u2019am\u00e9liorerait pas \u2014 \u00e0 moins qu\u2019ils ne fassent quelque chose. \u00bb<\/p>\n<p>Avec cette philosophie, Johnson continue d\u2019\u00e9crire. Pour se souvenir. Pour revendiquer. Pour r\u00e9parer. Parce que peu importe combien de l\u00e9gislateurs tentent de les faire taire, iel n\u2019ira nulle part.<br \/>\u00ab Ils peuvent interdire le livre \u00bb, conclut Johnson. \u00ab Mais ils ne peuvent pas interdire l\u2019histoire. Et ils ne peuvent certainement pas nous interdire, nous. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Quand le s\u00e9nateur r\u00e9publicain John Kennedy, de Louisiane, a lu \u00e0 voix haute un passage cru du livre\u00a0All&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":328089,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[46502,1379,58,46503,59,1011,27,46504,1380],"class_list":{"0":"post-328088","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-auteur-autrice","9":"tag-books","10":"tag-divertissement","11":"tag-ecrivain-e","12":"tag-entertainment","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-george-m-johnson","16":"tag-livres"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115052316222795553","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/328088","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=328088"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/328088\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/328089"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=328088"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=328088"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=328088"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}