{"id":332702,"date":"2025-08-20T23:59:11","date_gmt":"2025-08-20T23:59:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/332702\/"},"modified":"2025-08-20T23:59:11","modified_gmt":"2025-08-20T23:59:11","slug":"giovanni-bartocci-lultra-italien-des-tribunes-de-lus-open","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/332702\/","title":{"rendered":"Giovanni Bartocci, l&rsquo;ultra italien des tribunes de l&rsquo;US Open"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Tous les matins, il enfourche sa Margot, une Harley-Davidson noire clinquante, et fonce dans le Queens depuis l&rsquo;Upper East Side. \u00c7a fait plus de dix ans que \u00e7a dure et Giovanni Bartocci, fid\u00e8le parmi les fid\u00e8les de Flushing Meadows, ne raterait \u00e7a pour rien au monde. \u00ab\u00a0L&rsquo;an pass\u00e9, j&rsquo;y suis all\u00e9 vingt et un jours d&rsquo;affil\u00e9e.\u00a0\u00bb Romain de naissance, new-yorkais d&rsquo;adoption, le restaurateur italien de 46\u00a0ans est l&rsquo;ultra du tennis de la Botte \u00e0 l&rsquo;US Open.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">\u00ab\u00a0Je vais voir le plus de matches possible. S&rsquo;ils sont plusieurs Italiens \u00e0 jouer en m\u00eame temps, je vais soutenir celui qui a le moins de chances de gagner.\u00a0\u00bb C&rsquo;est comme cela que Fabio Fognini l&rsquo;avait pris en grippe en 2017, trop favori pour recevoir son soutien face \u00e0 son compatriote Stefano Travaglia. \u00ab\u00a0J&rsquo;aime quand c&rsquo;est dur, explique-t-il. La souffrance apporte une plus grande satisfaction.\u00a0\u00bb Parole de \u00ab\u00a0Laziale\u00a0\u00bb, abonn\u00e9 de longue date et m\u00eame \u00e0 distance d&rsquo;une Lazio Rome \u00ab\u00a0affreusement nulle\u00a0\u00bb pour laquelle il a plus d&rsquo;une fois \u00e9reint\u00e9 sa voix. \u00ab\u00a0Je faisais tous les d\u00e9placements, \u00e0 crier non-stop pendant quatre-vingt-dix minutes&#8230; J&rsquo;\u00e9tais un fou furieux\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Habit\u00e9 par le dicton de son grand-p\u00e8re, \u00ab\u00a0fais les choses \u00e0 100\u00a0% ou ne les fais pas\u00a0\u00bb, Bartocci ne passe pas inaper\u00e7u dans le monde polic\u00e9 du tennis, o\u00f9 l&rsquo;on applaudit g\u00e9n\u00e9ralement du bout des doigts. En tribunes, on ne voit que lui, sa bouille hirsute et son \u00e9paisse tignasse rang\u00e9e en chignon. Sa barbe \u00e9paisse grignote ses joues, des bagues habillent ses dix doigts et les tatouages qui recouvrent ses bras de boxeur rappellent son pass\u00e9 amateur sur un ring, apr\u00e8s qu&rsquo;il eut compris que son revers \u00e0 une main \u00ab\u00a0d\u00e9gueulasse\u00a0\u00bb ne le m\u00e8nerait nulle part. \u00ab\u00a0Pour moi, le tennis est une fa\u00e7on polie de faire de la boxe, image-t-il. C&rsquo;est du un-contre-un. En boxe, on prend des coups, mais un combat au Championnat du monde, c&rsquo;est trente-six minutes quand un match de tennis peut durer cinq heures. Sur le court comme sur un ring, tu es seul avec tes propres d\u00e9mons.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Quote__content\" data-v-6808232a=\"\">\u00ab\u00a0Au d\u00e9but, j&rsquo;\u00e9tais un ultra de la Lazio dans un stade de tennis. J&rsquo;ai d\u00fb m&rsquo;adapter aux moeurs de ce sport\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Pour aider ses compatriotes \u00e0 surmonter les leurs, Bartocci fait ce qu&rsquo;il fait le mieux\u00a0: du bruit. Il crie, applaudit, se l\u00e8ve, serre le poing, agite une serviette, chante parfois. Agace, aussi. \u00ab\u00a0Au d\u00e9but, j&rsquo;\u00e9tais un ultra de la Lazio dans un stade de tennis, sourit-il, d\u00e9voilant un piercing sous sa l\u00e8vre sup\u00e9rieure. J&rsquo;ai d\u00fb m&rsquo;adapter aux moeurs de ce sport, arr\u00eater d&rsquo;applaudir les doubles fautes ou les fautes directes des adversaires. \u00catre bruyant mais courtois. En fait, le seul qui me d\u00e9teste vraiment est un Fran\u00e7ais\u00a0: Monsieur (Corentin) Moutet\u00a0! C&rsquo;\u00e9tait en 2021, il avait battu Travaglia et jouait contre (Matteo) Berrettini que j&rsquo;encourageais en tribunes. Il me regardait, \u00e9nerv\u00e9. Il m&rsquo;a lanc\u00e9\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0On dirait un cochon\u00a0!\u00a0\u00bb On s&rsquo;est pris la t\u00eate plusieurs fois et l&rsquo;arbitre a fini par intervenir\u00a0: \u00ab\u00a0S&rsquo;il vous pla\u00eet, Monsieur Moutet, Monsieur Bartocci&#8230;\u00a0\u00bb Je me suis dit\u00a0: mais bordel, comment il sait qui je suis\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Bartocci s&rsquo;\u00e9tait fait conna\u00eetre en 2019, lorsqu&rsquo;il avait pass\u00e9 la quinzaine \u00e0 hurler dans le box de Berrettini jusqu&rsquo;\u00e0 sa demi-finale perdue contre Rafael Nadal. Deux ans plus t\u00f4t, le joueur italien avait d\u00een\u00e9 une premi\u00e8re fois dans son restaurant, Via Della Pace, avant de revenir apr\u00e8s chaque victoire. Les deux hommes avaient rapidement nou\u00e9 une amiti\u00e9 forte, au point que Bartocci est devenu la mascotte du clan. \u00ab\u00a0Vincenzo Santopadre (ancien entra\u00eeneur de Berrettini) me donnait une bouteille d&rsquo;eau et une serviette avant chaque match parce qu&rsquo;il savait que j&rsquo;allais m&rsquo;agiter et transpirer tellement je stresse en tribunes. Et tous les ans, avec Matteo, on choisissait notre chanson de la quinzaine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">En 2019, c&rsquo;\u00e9tait Ora Che Fai\u00a0? (Maintenant, tu vas faire quoi\u00a0?) de Salmo. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, Bartocci portait toujours le m\u00eame tee-shirt noir, sur lequel \u00e9tait \u00e9crit en jaune\u00a0: \u00ab\u00a0Carbonara\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait une fa\u00e7on de dire \u00e0 Matteo, qui ne mangeait que de la pasta in bianco (p\u00e2tes \u00e0 l&rsquo;huile d&rsquo;olive) et un steak quand il venait au restaurant pendant le tournoi\u00a0: continue de gagner, ton plat de carbonara t&rsquo;attendra apr\u00e8s la quinzaine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Quote__content\" data-v-6808232a=\"\">\u00ab\u00a0Ma seule fa\u00e7on de les aider \u00e0 repr\u00e9senter l&rsquo;Italie le mieux possible, c&rsquo;est de leur transmettre mon \u00e9nergie\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">En 2020, pendant l&rsquo;\u00e9dition sans spectateur de l&rsquo;US Open en plein Covid-19, Bartocci n&rsquo;avait pas abandonn\u00e9 son r\u00f4le de premier supporter. Il \u00e9tait all\u00e9 dans le parc derri\u00e8re le court 17 o\u00f9 Berrettini affrontait Casper Ruud au troisi\u00e8me tour. \u00ab\u00a0J&rsquo;avais mon m\u00e9gaphone et, \u00e0 chaque fois que l&rsquo;arbitre annon\u00e7ait un point gagn\u00e9 par Matteo, je gueulais.\u00a0\u00bb Cette ann\u00e9e, le 52e mondial n&rsquo;est pas \u00e0 New York, bless\u00e9 et forfait, mais Bartocci continue de mouiller le maillot pour ses compatriotes. \u00ab\u00a0Ma seule fa\u00e7on de les aider \u00e0 repr\u00e9senter l&rsquo;Italie le mieux possible, c&rsquo;est de leur transmettre mon \u00e9nergie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Le soir venu, il remonte sur sa b\u00e9cane et file \u00ab\u00a0en vingt-deux minutes chrono\u00a0\u00bb \u00e0 East Village, o\u00f9 Via Della Pace a trouv\u00e9 sa nouvelle adresse apr\u00e8s deux incendies ravageurs en 2020. Le lieu, bruyant et convivial, lui ressemble. On y diffuse des matches de football ou de tennis et les victoires italiennes sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9es en chanson au m\u00e9gaphone. Bartocci y sert parfois des spaghetti cacio e pepe (au fromage et au poivre) \u00e0 Lorenzo Musetti, mais \u00e9vite de parler \u00ab\u00a0Calcio\u00a0\u00bb avec Flavio Cobolli, grand fan de l&rsquo;AS Rome. Quand Lorenzo Sonego entre, il balance dans la sono l&rsquo;une des chansons du joueur-chanteur, qui a d\u00e9j\u00e0 sorti plusieurs titres. \u00ab\u00a0On veut qu&rsquo;ils se sentent comme \u00e0 la maison, pose-t-il. C&rsquo;est un petit bout d&rsquo;Italie \u00e0 New York.\u00a0\u00bb Et \u00e0 Flushing Meadows.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Tous les matins, il enfourche sa Margot, une Harley-Davidson noire clinquante, et fonce dans le Queens depuis l&rsquo;Upper&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":332703,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1415],"tags":[1011,27,60,1467],"class_list":{"0":"post-332702","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-tennis","8":"tag-fr","9":"tag-france","10":"tag-sports","11":"tag-tennis"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115063813773503809","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/332702","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=332702"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/332702\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/332703"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=332702"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=332702"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=332702"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}