{"id":337761,"date":"2025-08-23T04:47:13","date_gmt":"2025-08-23T04:47:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/337761\/"},"modified":"2025-08-23T04:47:13","modified_gmt":"2025-08-23T04:47:13","slug":"critique-du-film-on-ira-mourire-dans-la-dignite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/337761\/","title":{"rendered":"Critique du film \u00abOn ira\u00bb : Mourir(e) dans la dignit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Il ne suffit pas toujours d\u2019avoir une bonne histoire pour faire un bon film. Mais c\u2019est le cas du premier long m\u00e9trage d\u2019Enya Baroux (la fille du com\u00e9dien et r\u00e9alisateur Olivier Baroux), \ufeffOn ira, qui nous entra\u00eene dans un quiproquo o\u00f9 se jouent et se d\u00e9jouent les malaises li\u00e9s \u00e0 la mort. Un film familial qui \u00e9meut aux larmes.<\/p>\n<p>Marie (H\u00e9l\u00e8ne Vincent), 80\u00a0ans, souhaite partir en Suisse pour obtenir le suicide assist\u00e9, apr\u00e8s avoir appris que son cancer du sein a r\u00e9cidiv\u00e9. Seul son auxiliaire \u00e0 domicile, Rudy, est au courant de son plan. Plut\u00f4t que d\u2019annoncer sa mort imminente \u00e0 son fils, Bruno, et \u00e0 sa petite-fille, Anna, elle invente un h\u00e9ritage \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer en Suisse, afin de les convaincre de partir tous ensemble en autocaravane (ou \u00ab\u00a0camping-car\u00a0\u00bb, comme disent les Fran\u00e7ais).<\/p>\n<p>On ira est un film sur la mort dans la dignit\u00e9, mais aussi et surtout sur l\u2019incommunicabilit\u00e9 au sein d\u2019une famille. Durant ce voyage, qui est le dernier pour Marie, Rudy (qui conduit le v\u00e9hicule) agit comme un traducteur, comme un liant, pour ces diff\u00e9rents personnages qui ont tous des secrets et qui ne parviennent pas \u00e0 se livrer tel qu\u2019ils sont. Bruno, fils irresponsable et immature, se compla\u00eet dans ce r\u00f4le de l\u2019enfant matern\u00e9, tandis qu\u2019Anna, en crise d\u2019adolescence, montre une sagesse et une sensibilit\u00e9 plus aiguis\u00e9e. Le film capte ainsi, avec beaucoup de justesse, le moment o\u00f9 les r\u00f4les familiaux se renversent et o\u00f9 les g\u00e9n\u00e9rations apprennent, bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, \u00e0 se livrer avec sinc\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Tous ces personnages ont une chose en commun, c\u2019est qu\u2019ils sont profond\u00e9ment attachants. Il faut dire que l\u2019excellente direction d\u2019acteurs y joue pour beaucoup. Au c\u0153ur du film, H\u00e9l\u00e8ne Vincent nous touche droit au c\u0153ur avec un jeu empreint d\u2019une grande tendresse, mais aussi d\u2019une d\u00e9termination \u00e0 accomplir ses derni\u00e8res volont\u00e9s (elle rappelle la douceur d\u2019une Andr\u00e9e Lachapelle). Quant \u00e0 Pierre Lottin (Rudy), il incarne avec humour et bienveillance un homme simple, discret mais essentiel, qui permet \u00e0 l\u2019histoire de tenir debout.<\/p>\n<p>La joie de vivre<\/p>\n<p>Si le sujet du film est grave, le traitement ne l\u2019est pas. La r\u00e9alisatrice r\u00e9ussit \u00e0 nous happer d\u00e8s les premi\u00e8res images dans ce film joyeux et dr\u00f4le. Elle campe les personnages rapidement, sans effort. On accepte d\u2019embl\u00e9e le pari et on la suit jusqu\u2019\u00e0 la fin, port\u00e9e par un excellent rythme. L\u2019\u00e9motion arrive au d\u00e9tour de sc\u00e8nes comiques, sans que ce soit appuy\u00e9. C\u2019est une des forces de ce premier film d\u2019Enya Baroux\u00a0: faire rire de ce dont on a le plus peur et laisser surgir les larmes presque \u00e0 notre insu.<\/p>\n<p>La direction photo est tr\u00e8s lumineuse, comme le film d\u2019ailleurs. Des cadres d\u00e9gag\u00e9s, des plans forts (comme celui de Marie qui essaie sa derni\u00e8re robe). Ces moments de complicit\u00e9 et de joie au sein de la famille donnent \u00e0 ce road-movie une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 inattendue. La r\u00e9alisatrice pr\u00e9f\u00e8re la simplicit\u00e9 \u00e0 l\u2019esbroufe, et c\u2019est ce qui rend le film d\u2019autant plus touchant\u00a0: une mise en sc\u00e8ne qui ne cherche pas \u00e0 briller, mais \u00e0 faire confiance \u00e0 ses personnages.<\/p>\n<p>La r\u00e9alisation opte pour un style assez convenu. On assume le pathos, avec la magnifique bande sonore originale con\u00e7ue pour violoncelles par Dom La Nena. Une morale avec quelques le\u00e7ons sur le sens de la vie, amen\u00e9e par le culte de Bruno pour Mohamed Ali. Beaucoup de fils sont tenus jusqu\u2019\u00e0 la fin, ce qui est honorable. Or, On ira ne r\u00e9invente pas la roue \u2014 on pense notamment \u00e0 Little Miss Sunshine et \u00e0 d\u2019autres films du m\u00eame genre. Mais c\u2019est simple, bien fait, bien amen\u00e9. Et cela va droit \u00e0 l\u2019essentiel.<\/p>\n<p>                On ira<\/p>\n<p>\u2605\u2605\u2605 1\/2<\/p>\n<p class=\"credit-oeuvre-texte\">Com\u00e9die dramatique \u00e9crite par Enya Baroux, Martin Darondeau et Philippe Barri\u00e8re et r\u00e9alis\u00e9e par Enya Baroux. Avec H\u00e9l\u00e8ne Vincent, Pierre Lottin et David Ayala. France, 2025, 97 minutes. En salle.<\/p>\n<p>\n    \u00c0 voir en vid\u00e9o<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Il ne suffit pas toujours d\u2019avoir une bonne histoire pour faire un bon film. 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