{"id":338780,"date":"2025-08-23T15:30:13","date_gmt":"2025-08-23T15:30:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/338780\/"},"modified":"2025-08-23T15:30:13","modified_gmt":"2025-08-23T15:30:13","slug":"gildaa-la-melancolie-dune-clown-qui-chante-pour-se-souvenir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/338780\/","title":{"rendered":"Gildaa, la m\u00e9lancolie d\u2019une \u00ab\u00a0clown\u00a0\u00bb qui chante pour se souvenir"},"content":{"rendered":"<p>Gildaa, chanteuse franco-br\u00e9silienne, se produit \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.franceinfo.fr\/culture\/musique\/rock-en-seine\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Rock en Seine<\/a> samedi 23 ao\u00fbt \u00e0 21h15, faisant partie des jeunes talents s\u00e9lectionn\u00e9s dans le cadre du dispositif Club Avant Seine. Ce programme annexe met en lumi\u00e8re quinze artistes \u00e9mergents, fran\u00e7ais et internationaux, issus de la sc\u00e8ne ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p>\u201cC&rsquo;est trop bien ! Je me sens un peu vieille l\u00e0-dedans, mais c&rsquo;est cool\u201d, sourit-elle lorsqu\u2019on la rencontre quelques jours avant sa prestation, aux abords du Grand Palais.\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p>N\u00e9e en 1994 \u00e0 Paris, l\u2019artiste, de son vrai nom Camille Constantin Da Silva, baigne dans la musique depuis son plus jeune \u00e2ge. \u00c0 la maison, on parle, on pense et on vit musique : sa m\u00e8re est une chanteuse br\u00e9silienne et son p\u00e8re, un percussionniste fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>\u201cPetite, ma m\u00e8re organisait de grandes f\u00eates o\u00f9 elle invitait plein de Br\u00e9siliens qui font tous de la musique ou qui sont tous des gens spirituels ou des fous. Moi j&rsquo;ai toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0, \u00e0 \u00e9couter cette musique populaire br\u00e9silienne. C\u2019est des textes tr\u00e8s simples qui racontent des choses de la vie avec une grande m\u00e9lancolie mais avec une harmonie et des arrangements qui donnent envie d&rsquo;\u00eatre joyeux\u201d, se rem\u00e9more celle qui joua du violon pendant dix ann\u00e9es \u00e0 partir de ses six ans, avant de se mettre aux percussions afro-br\u00e9siliennes.\u00a0<\/p>\n<p>Son \u00e9veil musical l\u2019a conduite \u00e0 d\u00e9couvrir des artistes d\u2019horizons diff\u00e9rents, de Ella Fitzgerald \u00e0 Michael Jackson, en passant par Jacques Brel et Etta James. Ce m\u00e9lange de sonorit\u00e9s, de styles et de genres a cr\u00e9\u00e9, quelques ann\u00e9es plus tard, son style unique, \u00e0 la crois\u00e9e de l\u2019\u00e9lectro, du R&amp;B, du jazz, de la soul br\u00e9silienne et de la pop. Ses titres, chant\u00e9s en fran\u00e7ais et en portugais, m\u00e9langent joie et tristesse.\u00a0<\/p>\n<p>Sur sc\u00e8ne, seule ou avec des musiciens, elle se transforme et hypnotise. Une aisance sans doute due \u00e0 son autre parcours, le th\u00e9\u00e2tre. Apr\u00e8s son bac en 2012, elle met de c\u00f4t\u00e9 la musique et int\u00e8gre la classe libre des Cours Florent, avant d\u2019\u00eatre admise au Conservatoire National Sup\u00e9rieur d\u2019Art Dramatique de Paris en 2015. Les planches d\u2019un th\u00e9\u00e2tre, une sc\u00e8ne d\u2019un festival ou d\u2019une salle de concert : peu lui importe, Camille Constantin Da Silva s\u2019exprime partout, pour tout le monde, et touche l\u2019intime des spectateurs.<\/p>\n<p>\u201cQuand on est trois, avec un guitariste et une percussionniste, moi je suis avec les gens, avec le public, d\u00e9crit-elle. Et quand je suis toute seule sur sc\u00e8ne, c\u2019est comme si je reproduisais le petit salon de mon enfance : chaque instrument joue le r\u00f4le d\u2019un invit\u00e9.\u201d Les violons, trombones, koras et udus cr\u00e9ent une symphonie mise en boucle par une loop station (appareil \u00e9lectronique permettant d\u2019enregistrer des boucles musicales en direct).\u00a0<\/p>\n<p>Mais tout \u00e7a, ses inspirations, le th\u00e9\u00e2tre, les f\u00eates familiales durant son enfance, c\u2019est la vie de Camille Constantin Da Silva. Pourtant, celle que nous rencontrons au Grand Palais, c\u2019est un double, un alter-ego : le clown m\u00e9lancolique Gildaa.<\/p>\n<p>Gildaa est n\u00e9e \u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle, mais elle ne fait pas son \u00e2ge. Dans une qu\u00eate perp\u00e9tuelle \u00e0 la recherche de sa m\u00e9moire et de ses origines, elle est un kal\u00e9idoscope qui chante pour se souvenir. \u201cJe suis d\u00e9j\u00e0 venue plein de fois dans la vie, \u00e0 chaque fois lors d\u2019une \u00e9poque diff\u00e9rente et plus ou moins au m\u00eame \u00e2ge, raconte la diva, d\u2019une voix douce et hypnotique. Je reviens toujours parce que j&rsquo;ai oubli\u00e9 quelque chose et \u00e0 chaque fois je ne sais plus ce que c&rsquo;est ; alors la musique, c&rsquo;est juste pour passer le temps, pour me souvenir de ce que j&rsquo;ai oubli\u00e9.\u201d<\/p>\n<p>Elle atterrit dans la vie de Camille un jour o\u00f9 cette derni\u00e8re, souffrant d\u2019une douleur au ventre incurable, se d\u00e9sole d\u2019un \u00e9ni\u00e8me rendez-vous chez le m\u00e9decin. \u201cElle \u00e9tait tr\u00e8s triste et je suis arriv\u00e9e comme \u00e7a, tout \u00e0 coup dans sa t\u00eate, avec des flashs de toute notre histoire depuis trois si\u00e8cles\u201d, relate Gildaa. Une apparition qui a eu lieu lorsque Camille \u00e9tudiait la discipline du clown. \u201cC&rsquo;est une discipline tr\u00e8s difficile parce que \u00e7a demande d&rsquo;aller dans les profondeurs de son \u00e2me avec un abandon presque total et d&rsquo;\u00eatre en grande confiance avec celui ou celle qui nous y am\u00e8ne. Et c&rsquo;est l\u00e0, tout au fond, que je suis arriv\u00e9e et qu&rsquo;on s&rsquo;est rencontr\u00e9 avec Camille. J\u2019ai cri\u00e9 mon nom, sans raison, comme \u00e7a, \u00e0 travers sa bouche.\u201d<\/p>\n<\/p>\n<p>Si la cohabitation se passe bien, la sc\u00e8ne est l\u2019occasion pour Gildaa de prendre le dessus, de pouvoir s\u2019exprimer \u00e0 plein poumon sans que Camille ne lui \u201cfoute un coup de pied au cul. C&rsquo;est un moment o\u00f9 on se permet d&rsquo;\u00e9couter diff\u00e9remment, d&rsquo;\u00e9couter malgr\u00e9 le monde et la distance avec l&rsquo;artiste. D&rsquo;\u00e9couter vraiment avec le fond de son c\u0153ur.\u201d M\u00eame lorsqu&rsquo;elle joue sur de grandes sc\u00e8nes, comme \u00e0 Rock en Seine cette ann\u00e9e, son style intimiste touche les spectateurs. \u201cC\u2019est un vrai challenge d\u2019aller chercher l\u2019intimit\u00e9. Une fois, lors d\u2019un concert avec plein de monde dehors, j\u2019ai alpagu\u00e9 une femme tr\u00e8s tr\u00e8s loin qui s\u2019est tourn\u00e9e vers moi et qui a travers\u00e9 toute la foule. Elle est rest\u00e9e devant et par la suite, on s\u2019est \u00e9crit. Nous avons \u00e9t\u00e9 attir\u00e9es, sans raison.\u201d<\/p>\n<p>Entre septembre et janvier prochain devrait sortir son premier album, sur lequel elle travaille depuis plus de quatre ans, notamment avec sa s\u0153ur, Yndi Da Silva, \u00e9galement compositrice et chanteuse. \u201cDans cet album, il y a les indices de tous les prochains.\u201d Gildaa a d\u00e9j\u00e0 en t\u00eate tout le squelette de sa carri\u00e8re. Chaque album sera une nouvelle pi\u00e8ce de l&rsquo;\u00e9nigme, qui apportera des r\u00e9ponses \u00e0 la qu\u00eate incessante de v\u00e9rit\u00e9 et de lib\u00e9ration. Un voyage guid\u00e9 par son mantra \u201cc\u2019est pas grave\u201d, qu&rsquo;elle r\u00e9p\u00e8te \u00e0 tout bout de \u201cchant\u201d.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Gildaa, chanteuse franco-br\u00e9silienne, se produit \u00e0 Rock en Seine samedi 23 ao\u00fbt \u00e0 21h15, faisant partie des jeunes&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":338781,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1888],"tags":[1111,1928,11,1927,1777,674,1011,27,12,1926,626,1925,25],"class_list":{"0":"post-338780","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-paris","8":"tag-actu","9":"tag-actu-paris","10":"tag-actualites","11":"tag-actualites-paris","12":"tag-eu","13":"tag-europe","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-news","17":"tag-news-paris","18":"tag-paris","19":"tag-paris-news","20":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115078799441166545","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/338780","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=338780"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/338780\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/338781"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=338780"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=338780"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=338780"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}