{"id":342194,"date":"2025-08-25T06:21:17","date_gmt":"2025-08-25T06:21:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/342194\/"},"modified":"2025-08-25T06:21:17","modified_gmt":"2025-08-25T06:21:17","slug":"tendre-loreille-vers-les-voix-oubliees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/342194\/","title":{"rendered":"tendre l\u2019oreille vers les voix oubli\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p><strong>Portraits nomades de Marc Pichelin et Troubs donne \u00e0 entendre et \u00e0 voir les voix oubli\u00e9es. Ce livre illustr\u00e9, n\u00e9 d\u2019une immersion de quatre ans dans un centre d\u2019h\u00e9bergement d\u2019urgence, m\u00eale croquis du r\u00e9el et paroles brutes, dans un geste de reconnaissance pour les vies caboss\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p>En 2018, Marc Pichelin et Troubs d\u00e9couvrent par hasard Les Chalets, un centre d\u2019h\u00e9bergement d\u2019urgence \u00e0 P\u00e9rigueux. Touch\u00e9s par les r\u00e9cits des r\u00e9sidents, ils y reviennent r\u00e9guli\u00e8rement pour <strong>\u00e9changer, \u00e9couter, dessiner<\/strong>. Lorsque le centre d\u00e9m\u00e9nage en 2020, ils poursuivent leur immersion dans la nouvelle structure g\u00e9r\u00e9e par l\u2019association La Halte 24.<\/p>\n<p>Pendant quatre ans, jusqu\u2019en d\u00e9cembre 2024, ils partagent le quotidien du lieu, c\u00f4toient les \u00e9quipes m\u00e9dico-sociales, recueillent des r\u00e9cits de vie et croquent des visages. <strong>Portraits Nomades <\/strong>na\u00eet de cette exp\u00e9rience : un <strong>livre de terrain, \u00e0 la fois carnet d\u2019\u00e9coute et geste artistique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Deux auteurs engag\u00e9s \u00e0 hauteur d\u2019humain<\/strong><\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Marc_Pichelin\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Marc Pichelin<\/a>, n\u00e9 en 1967, est musicien, cr\u00e9ateur sonore, sc\u00e9nariste et \u00e9diteur<\/strong>. Il vit et travaille \u00e0 P\u00e9rigueux, o\u00f9 il d\u00e9veloppe depuis plus de trente ans une \u0153uvre tourn\u00e9e vers la po\u00e9sie du r\u00e9el. Fondateur de la compagnie Ou\u00efe\/Dire, cofondateur des Requins Marteaux, il m\u00eale son, bande dessin\u00e9e et documentaire dans une d\u00e9marche exigeante.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Troubs\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Troubs <\/a>(Jean-Marc Troubet), n\u00e9 en 1969, est un auteur de bande dessin\u00e9e voyageur, form\u00e9 aux Beaux-Arts. <\/strong>Install\u00e9 en Dordogne, il part avec ses carnets croquer le monde : de la vall\u00e9e de la Roya aux centres pour sans-abris. Son trait, empreint de douceur, cherche \u00e0 capter l\u2019instant plus qu\u2019\u00e0 l\u2019embellir. Tous deux placent l\u2019humain au c\u0153ur de leur travail, avec pudeur, engagement et tendresse.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" data-lazyloaded=\"1\" decoding=\"async\" width=\"250\" height=\"250\" data-id=\"232689\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Critique-portraits-nomades-2.jpg\" alt=\"Critique-portraits-nomades\" class=\"wp-image-232689\"  data-\/>@Guinot Robert<img loading=\"lazy\" data-lazyloaded=\"1\" decoding=\"async\" width=\"445\" height=\"438\" data-id=\"232690\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Critique-portraits-nomades-3.webp.webp\" alt=\"Critique-portraits-nomades\" class=\"wp-image-232690\"  data-\/><strong>Des dessins croqu\u00e9s sur le vif et des mots qui claquent<\/strong><\/p>\n<p><strong>Troubs <\/strong>dessine comme on respire : <strong>vite, sinc\u00e8rement, sans effet de style<\/strong>. Son trait noir et blanc, vif et minimaliste, capte la posture, le regard, le silence entre les mots. \u00c0 chaque page, un visage, un d\u00e9cor, une sc\u00e8ne de vie. Il ne cherche pas la beaut\u00e9, mais la v\u00e9rit\u00e9 nue. De son c\u00f4t\u00e9, <strong>Marc Pichelin<\/strong> note, enregistre, restitue. Son <strong>\u00e9criture, brute et s\u00e8che<\/strong>, oscille entre carnet de terrain et journal de bord. Il retranscrit les phrases telles qu\u2019elles tombent, avec parfois des \u00e9clats de violence, souvent des bribes d\u2019humour. Une parole vive, sans ornement, qui laisse la place \u00e0 ceux qui la prennent rarement.<\/p>\n<p><strong>Une mati\u00e8re forte mais un fil qui se perd<\/strong><\/p>\n<p>Si le fond est <strong>profond\u00e9ment humain<\/strong>, la forme, elle, vacille. Le livre, construit comme un journal de bord entre octobre 2020 et d\u00e9cembre 2024, avance sans vraie progression. Les pages s\u2019encha\u00eenent comme autant de fragments : un visage, un souvenir, un \u00e9change, une anecdote. On d\u00e9couvre des travailleurs sociaux d\u00e9vou\u00e9s, des r\u00e9sidents qui tentent de survivre, des histoires bris\u00e9es. Mais l\u2019absence de structure narrative ou d\u2019\u00e9volution rend la lecture parfois monotone. Faute de ligne directrice, le lecteur peine \u00e0 s\u2019ancrer, \u00e0 suivre un fil, \u00e0 ressentir une dynamique.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" data-lazyloaded=\"1\" decoding=\"async\" width=\"346\" height=\"516\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Critique-portraits-nomades-4-346x516.jpeg\" alt=\"Critique-portraits-nomades\" class=\"wp-image-232691\" style=\"width:328px;height:auto\"  data-\/>@\u00c9ditions Ou\u00efe\/Dire<strong>Un sujet essentiel, au c\u0153ur de notre soci\u00e9t\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ses limites formelles, <strong>Portraits Nomades<\/strong> aborde un <strong>sujet br\u00fblant d\u2019actualit\u00e9<\/strong> : la <a href=\"https:\/\/linfotoutcourt.com\/avignon-2023-iphigenie-a-splott\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">pr\u00e9carit\u00e9<\/a> invisible, celle des sans-abris, des migrants, des malades chroniques, des jeunes caboss\u00e9s. En France, pr\u00e8s de <strong>200 000 personnes<\/strong> sont h\u00e9berg\u00e9es chaque nuit dans plus de <strong>3 000 centres d\u2019urgence<\/strong>, dont <strong>90 % <\/strong>des places sont occup\u00e9es. Un tiers des h\u00e9berg\u00e9s sont des mineurs,<strong> 81 %<\/strong> sont \u00e9trangers, et <strong>28 %<\/strong> des adultes h\u00e9berg\u00e9s travaillent malgr\u00e9 tout. La dur\u00e9e moyenne d\u2019un h\u00e9bergement d\u2019urgence est de <strong>18 mois<\/strong>, bien loin de l\u2019urgence suppos\u00e9e. Derri\u00e8re ces chiffres, il y a <strong>des visages<\/strong>. Le livre leur rend leur humanit\u00e9, leur voix, leur droit d\u2019\u00eatre regard\u00e9s autrement.<\/p>\n<p><strong>Un livre imparfait mais n\u00e9cessaire<\/strong><\/p>\n<p><strong>Portraits Nomades<\/strong> n\u2019est pas un r\u00e9cit classique, ni une bande dessin\u00e9e lin\u00e9aire. C\u2019est une <strong>\u0153uvre \u00e0 part<\/strong>, sensible, brute, qui se lit comme un <strong><a href=\"https:\/\/linfotoutcourt.com\/critique-interieur-nuit-dans-les-coulisses-de-leffondrement\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">t\u00e9moignage silencieux<\/a><\/strong>. On aurait aim\u00e9 plus de structure, plus de souffle narratif. Mais il faut saluer l\u2019intention, la pr\u00e9sence, l\u2019engagement de ceux qui ont pris le temps d\u2019\u00e9couter. Et cette simple phrase de la directrice de La Halte 24 <strong>r\u00e9sonne comme un manifeste<\/strong> :<\/p>\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Il n\u2019y a pas d\u2019attente. Vous \u00eates l\u00e0, dans l\u2019instant, avec la personne qui accepte de se livrer autrement. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Marc Pichelin et Troubs \u2013\u00a0<strong><strong><strong>Portraits nomades<\/strong><\/strong><\/strong>, \u00e9ditions Ou\u00efe\/Dire, 264 pages, parution le 22 ao\u00fbt 2025.<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" data-lazyloaded=\"1\" decoding=\"async\" width=\"363\" height=\"516\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Critique-portraits-nomades-5-363x516.jpg\" alt=\"Critique-portraits-nomades\" class=\"wp-image-232692\" style=\"width:333px;height:auto\"  data-\/>@\u00c9ditions Ou\u00efe\/Dire<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Portraits nomades de Marc Pichelin et Troubs donne \u00e0 entendre et \u00e0 voir les voix oubli\u00e9es. Ce livre&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":342195,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[1379,58,59,1011,27,1380,1479],"class_list":{"0":"post-342194","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-books","9":"tag-divertissement","10":"tag-entertainment","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-livres","14":"tag-romans"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115087965733731328","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/342194","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=342194"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/342194\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/342195"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=342194"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=342194"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=342194"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}