{"id":343596,"date":"2025-08-25T20:05:11","date_gmt":"2025-08-25T20:05:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/343596\/"},"modified":"2025-08-25T20:05:11","modified_gmt":"2025-08-25T20:05:11","slug":"ce-parasite-qui-brouille-la-memoire-la-decouverte-des-chercheurs-toulousains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/343596\/","title":{"rendered":"ce parasite qui brouille la m\u00e9moire, la d\u00e9couverte des chercheurs toulousains"},"content":{"rendered":"<p>Un parasite omnipr\u00e9sent mais discret. On le surnomme parfois \u00ab\u00a0l&rsquo;invit\u00e9 invisible\u00a0\u00bb. Toxoplasma gondii\u00a0infeste pr\u00e8s d&rsquo;une personne sur trois dans le monde, <strong>et jusqu&rsquo;\u00e0 70 % des habitants d&rsquo;Europe de l&rsquo;Ouest<\/strong>. La plupart du temps, l&rsquo;organisme s&rsquo;en accommode, et l&rsquo;infection passe inaper\u00e7ue. Mais le parasite, lui, ne dispara\u00eet pas : il persiste, nich\u00e9 dans les neurones, <strong>o\u00f9 il installe une inflammation chronique<\/strong>. Depuis des d\u00e9cennies, les scientifiques suspectaient que cette pr\u00e9sence silencieuse n&rsquo;\u00e9tait pas sans cons\u00e9quence sur le cerveau, notamment en provoquant <strong>des troubles cognitifs<\/strong>.<\/p>\n<blockquote><p>Mais le m\u00e9canisme mol\u00e9culaire restait quant \u00e0 lui un myst\u00e8re\u00a0\u00bb, soulignent les auteurs de l&rsquo;\u00e9tude.<\/p><\/blockquote>\n<p>Un myst\u00e8re qui vient enfin d&rsquo;\u00eatre perc\u00e9, gr\u00e2ce au travail <a href=\"https:\/\/lopinion.com\/articles\/sante\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\" target=\"_blank\">de chercheurs toulousains<\/a>.<\/p>\n<p>Une alliance de disciplines pour une perc\u00e9e scientifique<\/p>\n<p>Cette d\u00e9couverte est le fruit d&rsquo;une collaboration entre deux expertises compl\u00e9mentaires : celle d&rsquo;Elsa Suberbielle, <strong>neuroscientifique<\/strong>, et celle de Nicolas Blanchard, <strong>immunologist<\/strong>e. Tous deux travaillent au sein de l&rsquo;Institut toulousain des maladies infectieuses et inflammatoires (unit\u00e9 1291 Inserm\/Universit\u00e9 de Toulouse\/CNRS &#8211; Infinity). <\/p>\n<p>Cette synergie a permis de combiner l&rsquo;analyse fine des m\u00e9canismes c\u00e9r\u00e9braux et la compr\u00e9hension des r\u00e9ponses immunitaires. R\u00e9sultat : une avanc\u00e9e majeure <strong>dans l&rsquo;\u00e9tude des interactions entre infections chroniques et fonctions cognitives<\/strong>. <\/p>\n<p>Le r\u00f4le cl\u00e9 de l&rsquo;inflammation<\/p>\n<p>Les chercheurs rappellent que la neuroinflammation est une piste d\u00e9j\u00e0 bien connue dans d&rsquo;autres maladies. <\/p>\n<blockquote><p>La neuroinflammation, ce processus inflammatoire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du cerveau, est souvent associ\u00e9e \u00e0 de nombreuses maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, ou encore \u00e0 des infections comme le SARS-CoV-2 ou le parasite Toxoplasma gondii.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans le cas pr\u00e9sent, l&rsquo;inflammation lib\u00e8re une mol\u00e9cule particuli\u00e8re : <strong>l&rsquo;interleukine-1<\/strong>. C&rsquo;est elle qui vient bouleverser un \u00e9quilibre insoup\u00e7onn\u00e9 mais fondamental pour la m\u00e9moire. <\/p>\n<p>Quand la m\u00e9moire se joue \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de l&rsquo;ADN<\/p>\n<p>La m\u00e9moire ne repose pas uniquement sur les synapses (la zone de contact qui s&rsquo;\u00e9tablit entre deux neurones) et les circuits neuronaux : elle se construit aussi <strong>au c\u0153ur m\u00eame de l&rsquo;ADN<\/strong>. Les chercheurs toulousains l&rsquo;expliquent : <\/p>\n<blockquote><p>La m\u00e9moire, en particulier la m\u00e9moire spatiale, celle qui nous permet par exemple de nous rappeler o\u00f9 nous avons laiss\u00e9 nos cl\u00e9s ou de retrouver notre chemin, repose sur un \u00e9quilibre d\u00e9licat entre cassures et r\u00e9parations de l\u2019ADN dans les neurones.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce processus surprenant fonctionne comme un <strong>m\u00e9canisme d&rsquo;\u00e9criture et de r\u00e9\u00e9criture<\/strong> permanent dans le cerveau. Mais lorsque l&rsquo;interleukine-1 s&rsquo;en m\u00eale, cet \u00e9quilibre se rompt. <\/p>\n<blockquote><p>R\u00e9sultat, quand cet \u00e9quilibre est rompu, les neurones ne parviennent plus \u00e0 encoder efficacement les informations, et des d\u00e9ficits de la m\u00e9moire apparaissent.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Une porte ouverte \u00e0 de nouvelles approches th\u00e9rapeutiques<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude ne s&rsquo;arr\u00eate pas \u00e0 cette observation, et les chercheurs ont test\u00e9 des <strong>solutions <\/strong>pour contrer ce ph\u00e9nom\u00e8ne. <\/p>\n<blockquote><p>En bloquant cette mol\u00e9cule inflammatoire ou le m\u00e9canisme de d\u00e9tection et de r\u00e9ponse aux cassures de l\u2019ADN dans les neurones, les chercheurs ont r\u00e9ussi \u00e0 pr\u00e9venir les troubles de m\u00e9moire dans leurs mod\u00e8les exp\u00e9rimentaux\u00a0\u00bb, est-il pr\u00e9cis\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>C&rsquo;est un r\u00e9sultat porteur d&rsquo;espoir. Pour la premi\u00e8re fois, il devient alors possible d&rsquo;imaginer des strat\u00e9gies visant \u00e0 prot\u00e9ger la m\u00e9moire, m\u00eame dans un contexte d&rsquo;infection chronique. Et au-del\u00e0 de la toxoplasmose,<strong> les implications de cette d\u00e9couverte sont vastes<\/strong>. <\/p>\n<blockquote><p>Elle est d\u2019autant plus importante que le m\u00e9canisme identifi\u00e9 n\u2019est pas sp\u00e9cifique \u00e0 la toxoplasmose. L\u2019interleukine-1 est \u00e9galement retrouv\u00e9e dans de nombreuses maladies inflammatoires chroniques.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Cela signifie que d&rsquo;autres pathologies, allant de certaines infections virales \u00e0 des \u00e9tats d\u00e9pressifs marqu\u00e9s par l&rsquo;inflammation c\u00e9r\u00e9brale, pourraient partager ce m\u00e9canisme de perturbation de la m\u00e9moire.<\/p>\n<p>D\u00e9passer le cas du parasite<\/p>\n<blockquote><p>Les r\u00e9sultats de cette \u00e9tude pourraient ouvrir la voie \u00e0 des traitements bien au-del\u00e0 de cette infection. Cela pourrait permettre de comprendre et prot\u00e9ger la m\u00e9moire dans divers contextes, qu\u2019ils soient li\u00e9s \u00e0 des infections, \u00e0 des \u00e9tats d\u00e9pressifs ou \u00e0 des maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives\u00a0\u00bb, indiquent les chercheurs.<\/p><\/blockquote>\n<p>Ainsi, la recherche <a href=\"https:\/\/lopinion.com\/\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\" target=\"_blank\">men\u00e9e \u00e0 Toulouse<\/a> pourrait contribuer \u00e0 <strong>mieux appr\u00e9hender les troubles de m\u00e9moire <\/strong>li\u00e9s \u00e0 Alzheimer ou \u00e0 d&rsquo;autres maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives. Elle montre aussi combien les infections, m\u00eame silencieuses, peuvent avoir un impact \u00e0 long terme sur le fonctionnement du cerveau&#8230;<\/p>\n<p>&gt;&gt; \u00c0 LIRE AUSSI : <a href=\"https:\/\/lopinion.com\/articles\/sante\/29949_toulouse-microbiote-intestinal-recherche-vieillissement\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\" target=\"_blank\">Toulouse : le microbiote intestinal au c\u0153ur de la recherche sur le vieillissement<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Un parasite omnipr\u00e9sent mais discret. On le surnomme parfois \u00ab\u00a0l&rsquo;invit\u00e9 invisible\u00a0\u00bb. 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