{"id":346597,"date":"2025-08-27T02:52:13","date_gmt":"2025-08-27T02:52:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/346597\/"},"modified":"2025-08-27T02:52:13","modified_gmt":"2025-08-27T02:52:13","slug":"la-question-sera-de-savoir-quelles-parcelles-conserver-ou-arracher","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/346597\/","title":{"rendered":"La question sera de savoir quelles parcelles conserver ou arracher"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                                    l&rsquo;essentiel<br \/>\n                                                                Chercheur associ\u00e9 \u00e0 l\u2019unit\u00e9 Inrae de Pech Rouge, \u00e0 Gruissan, mais aussi directeur du p\u00f4le vigne et vin de l\u2019Institut Agro de Montpellier, Laurent Torregrosa livre son expertise sur les cons\u00e9quences sur les parcelles viticoles touch\u00e9es par le m\u00e9gafeu des Corbi\u00e8res. Une analyse qui distingue deux temps, celui de l\u2019urgence, li\u00e9 aux vendanges, et du long terme.\n                            <\/p>\n<p class=\"txt-question\"><b>Vous avez visit\u00e9 des parcelles le 19 ao\u00fbt \u00e0 Ribaute, Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, Coustouge et Fontjoncouse. Quelles conclusions en tirez-vous sur l\u2019impact de l\u2019incendie ?<\/b><\/p>\n<p>On peut distinguer trois typologies. Les parcelles qui ont \u00e9t\u00e9 envahies par les flammes : des vignes peu ou mal cultiv\u00e9es ou entretenues en viticulture r\u00e9g\u00e9n\u00e9rative, dans lesquelles le sol \u00e9tait couvert d\u2019un enherbement dess\u00e9ch\u00e9 au moment de l\u2019incendie. En fonction de l\u2019\u00e9paisseur et de la hauteur des adventices (herbes dans les interrangs, Ndlr), ces parcelles sont parmi les plus touch\u00e9es car les ceps ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s \u00e0 deux sources de chaleur : celle des brasiers environnants, et celle des herbes s\u00e8ches de la parcelle en feu.<\/p>\n<p>Ensuite, des parcelles travaill\u00e9es sans adventice, expos\u00e9es en bordure, du fait de la proximit\u00e9 d\u2019une lande ou d\u2019une parcelle enherb\u00e9e adjacente envahie par les flammes : on peut observer un gradient de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9croissante avec l\u2019\u00e9loignement vis-\u00e0-vis de la contrainte thermique en aval du vent porteur au moment de l\u2019incendie. Enfin, les parcelles travaill\u00e9es sans adventice, encaiss\u00e9es en fond de vallon et\/ou entour\u00e9es de larges zones en feu. Ici les d\u00e9g\u00e2ts, qui peuvent aller de l\u00e9g\u00e8res br\u00fblures au feuillage \u00e0 la n\u00e9crose totale de la canop\u00e9e, vont d\u00e9pendre de la quantit\u00e9 de chaleur d\u00e9gag\u00e9e par les landes environnantes et de la dur\u00e9e d\u2019exposition.<\/p>\n<p class=\"txt-question\"><b>Quelle est la cons\u00e9quence pour les vendanges 2025 ?<\/b><\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019urgence \u00e0 court terme, pour les viticulteurs touch\u00e9s : rentrer du vin pour assurer la tr\u00e9sorerie. Une partie des parcelles ne sont pas r\u00e9coltables car les raisins ont \u00e9t\u00e9 fortement passerill\u00e9s (ils ont s\u00e9ch\u00e9 sur pied, Ndlr), mais les viticulteurs vont pouvoir vendanger les parcelles les moins touch\u00e9es dans lesquelles les raisins ont pu poursuivre leur maturation. La probl\u00e9matique des go\u00fbts de fum\u00e9e devra aussi \u00eatre prise en compte, pour vinifier \u00e0 part et analyser les vins issus des parcelles concern\u00e9es et d\u00e9cider de leur destination. La question de la qualit\u00e9 du vin va se poser, on sait qu\u2019il y a des vins qui risquent d\u2019\u00eatre d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"txt-question\"><b>Et pour l\u2019apr\u00e8s-vendanges ?<\/b><\/p>\n<p>Ce sera la grande question, une fois le rush des vendanges pass\u00e9 : la d\u00e9cision d\u2019arracher ou de conserver les parcelles expos\u00e9es. Beaucoup de viticulteurs peuvent se poser la question de l\u2019arrachage sur des parcelles en AOP, des parcelles li\u00e9es \u00e0 de grands vins rouges. Et si on change ces vignes, bien s\u00fbr que \u00e7a va changer le potentiel qualitatif. Les n\u00e9croses des bourgeons et les atteintes des tissus vasculaires doivent permettre de statuer sur l\u2019avenir de la parcelle en fonction de l\u2019intensit\u00e9 et de la distribution des dommages. L\u2019arrachage peut \u00eatre envisag\u00e9 si la proportion de ceps o\u00f9 25 \u00e0 50 % des bourgeons sont n\u00e9cros\u00e9s, o\u00f9 il n\u2019y a pas de repousses, est trop importante. Mais aussi s\u2019il y a des n\u00e9croses syst\u00e9matiques dans le phlo\u00e8me, le tissu qui permet la conduite de la s\u00e8ve.<\/p>\n<p>Mais d\u2019autres facteurs peuvent entrer en compte : la dimension patrimoniale, l\u2019aspect paysager et esth\u00e9tique, la question de la biodiversit\u00e9, ou encore une dimension sentimentale. En cas de conservation de la parcelle, il faudra d\u00e9finir des pratiques culturales, et notamment la taille \u00e0 mettre en \u0153uvre pour assurer la p\u00e9rennit\u00e9 des ceps et leur retour en production.<\/p>\n<p class=\"txt-question\"><b>Vous menez des programmes de recherche sur la tol\u00e9rance de la vigne \u00e0 la s\u00e9cheresse et au r\u00e9chauffement climatique, avez publi\u00e9 dans The New Phytologist sur la sensibilit\u00e9 des vari\u00e9t\u00e9s de vigne \u00e0 l\u2019\u00e9chaudage des feuilles. Comment r\u00e9fl\u00e9chir sur l\u2019impact du r\u00e9chauffement climatique ?<\/b><\/p>\n<p>Ce qui se passe depuis plusieurs ann\u00e9es dans la Sonoma Valley, dans la Napa Valley, les r\u00e9gions viticoles de Californie, \u00e9tait pr\u00e9figurateur de ce qui a frapp\u00e9 les Corbi\u00e8res. Ce n\u2019est malheureusement pas \u00e9tonnant que nous soyons touch\u00e9s \u00e0 notre tour, avec une combinaison de s\u00e9cheresse extr\u00eame et de canicule. En Californie, la question des go\u00fbts de fum\u00e9e est d\u2019ailleurs tr\u00e8s document\u00e9e, pour des vignobles expos\u00e9s \u00e0 des incendies r\u00e9currents. Ces risques accrus posent aussi la question de la protection, avec des incendies qui, au-del\u00e0 de quelques milliers d\u2019hectares, deviennent impossibles \u00e0 contr\u00f4ler dans un premier temps.<\/p>\n<p class=\"txt-question\"><b>Ces sujets posent aussi des questions sur l\u2019avenir de la viticulture.<\/b><\/p>\n<p>La cartographie du potentiel des vignobles a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e dans les ann\u00e9es 1990. On cherchait des parcelles peu fertiles, o\u00f9 la r\u00e9tention d\u2019eau \u00e9tait faible. Mais aujourd\u2019hui, on se retrouve avec des parcelles qui ont une maturation bloqu\u00e9e par manque d\u2019eau, en raison de pr\u00e9cipitations qui ont chut\u00e9. Tout cela pose des enjeux \u00e9conomiques, avec des parcelles autrefois jug\u00e9es de grande valeur qui ne sont plus forc\u00e9ment favorables \u00e0 la production. C\u2019est une \u00e9volution que l\u2019on peut comparer \u00e0 celle de la recherche de vins forts en alcool il y a 20 ou 30 ans ; aujourd\u2019hui, c\u2019est tout l\u2019inverse. Il faut peut-\u00eatre r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 r\u00e9investir des parcelles qui avaient \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es, ou n\u00e9glig\u00e9es, vers L\u00e9zignan, Ferrals, sur les bords d\u2019Orbieu. Ce serait aussi un atout pour assurer la production en volumes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"l&rsquo;essentiel Chercheur associ\u00e9 \u00e0 l\u2019unit\u00e9 Inrae de Pech Rouge, \u00e0 Gruissan, mais aussi directeur du p\u00f4le vigne et&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":346598,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9599],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,2208,12,2680,25],"class_list":{"0":"post-346597","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-montpellier","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-montpellier","15":"tag-news","16":"tag-occitanie","17":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115098467944874335","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/346597","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=346597"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/346597\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/346598"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=346597"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=346597"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=346597"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}