{"id":34723,"date":"2025-04-18T19:09:21","date_gmt":"2025-04-18T19:09:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/34723\/"},"modified":"2025-04-18T19:09:21","modified_gmt":"2025-04-18T19:09:21","slug":"comment-la-scene-techno-a-conquis-le-nord-de-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/34723\/","title":{"rendered":"Comment la sc\u00e8ne techno a conquis le Nord de Paris"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Nous sommes les seuls en Europe \u00e0 avoir ouvert un club pendant le Covid, et \u00e7a a march\u00e9.\u00a0\u00bb Un petit sourire taquin fend le visage glabre et ridul\u00e9 d\u2019Arnaud Perrine, 51 ans, multi-entrepreneur de la f\u00eate \u00e0 Paris, quand il raconte l\u2019ouverture du Kilom\u00e8tre25 \u2013 ou KM25. Inaugur\u00e9 en juin 2021, <strong>l\u2019open air de 2.000 m\u00e8tres carr\u00e9s, cach\u00e9 sous le p\u00e9riph\u00e9rique, \u00e0 la fronti\u00e8re entre Paris (75) et Pantin (93), fait partie des plus grands lieux de teuf techno du continent<\/strong>. Juste en dessous, l\u2019auto-entrepreneur a r\u00e9cidiv\u00e9 en janvier dernier avec l\u2019ouverture d\u2019une seconde adresse, le Mia Mao\u00a0: 3.000 m\u00e8tres carr\u00e9s cette fois dans une ancienne halle industrielle de La Villette reconvertis en dancefloor. Ce dernier donne \u2013 enfin\u00a0! \u2013 sur le Jardin 21, un bar qui propose des soir\u00e9es au grand air, \u00e9galement exploit\u00e9 par le quinquag\u00e9naire et ouvert en 2019.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_29.jpg\" class=\"img-responsive\" alt=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_29.jpg\"\/><\/p>\n<p class=\"credit\">\n            Arnaud Perrine, entrepreneur de la f\u00eate \u00e0 Paris, a ouvert le KM25, le Jardin 21 et le Mia Mao. \/<br \/>\n          Cr\u00e9dits : Louisa Ben        <\/p>\n<p>Si Arnaud Perrine a pari\u00e9 sur le 19e arrondissement, c\u2019est que le quartier concentre d\u00e9j\u00e0 un certain nombre de spots pour sortir. Une centaine de m\u00e8tres plus loin se trouve le Glazart, un des premiers clubs techno parisiens ouvert dans les ann\u00e9es 1990. Un kilom\u00e8tre apr\u00e8s, il y a les deux tiers-lieux associatifs et festifs\u00a0: la Fawa et la Station Gare des Mines. La plupart de ces endroits ont h\u00e9rit\u00e9 du dispositif Zone d\u2019urgence temporaire (ZUT), port\u00e9 par le parc de la Villette et <a href=\"https:\/\/www.technopol.net\/evenement-technopol\/zut\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">des associations<\/a>, et soutenu par le minist\u00e8re de la Culture. Cette ZUT a eu pour vocation de \u00ab\u00a0sauver la f\u00eate\u00a0\u00bb entre le 18 juin et le 26 septembre 2021, \u00e0 la sortie de la pand\u00e9mie. La Ville de Paris a particip\u00e9, de pr\u00e8s ou de loin, \u00e0 la mise \u00e0 disposition de certains de ces lieux ou aux financements de r\u00e9habilitations. <strong>La mairie a accompagn\u00e9 en tout une vingtaine de spots culturels et festifs du Nord-Est parisien<\/strong> \u2013 dont pr\u00e8s de la moiti\u00e9 apr\u00e8s 2020. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du p\u00e9riph\u2019, en Seine-Saint-Denis \u2013 mais toujours dans ce m\u00eame secteur du bassin de la Villette et du canal de l\u2019Ourcq \u2013 se trouve aussi le Nexus, un club hard techno ouvert en 2021.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_7.jpg\" class=\"img-responsive\" alt=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_7.jpg\"\/><\/p>\n<p class=\"credit\">\n            La Station Gare des Mines est un repaire de la techno parisienne. \/<br \/>\n          Cr\u00e9dits : Louisa Ben        <\/p>\n<p>\u00ab Ici, il y a de la place\u00a0\u00bb, confirme Fr\u00e9d\u00e9ric Hocquard, adjoint \u00e0 la nuit de la maire de Paris, Anne Hidalgo (Parti socialiste). Pour lui, le 19e est carr\u00e9ment \u00ab\u00a0un terrain de jeu\u00a0\u00bb. Mais si, comme Le Parisien <a href=\"https:\/\/www.leparisien.fr\/seine-saint-denis-93\/pantin-93500\/paris-na-plus-rien-a-envier-a-berlin-a-la-villette-la-musique-electro-se-vit-sept-jours-sur-sept-11-06-2024-ORD5UH2JPJCXDNWDIALS6PHXQA.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le titrait en juin<\/a>, \u00ab Paris n\u2019a plus rien \u00e0 envier \u00e0 Berlin \u00bb, <strong>cette concentration de lieux op\u00e8re dans la zone la plus pauvre de la capitale<\/strong>\u00a0: dans ce quartier, <a href=\"https:\/\/urlr.me\/TkDWSy\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">25\u00a0% des personnes vivent sous le seuil de pauvret\u00e9<\/a>. Ce qu\u2019analyse Myrtille Picaud, sociologue et chercheuse au CNRS, auteure de l\u2019ouvrage <a href=\"https:\/\/www.puv-editions.fr\/ouvrage\/mettre-la-ville-en-musique-paris-berlin\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Mettre la ville en musique<\/a> (Paris-Berlin)\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab Cette concentration particuli\u00e8re dans le Nord-Est [de Paris] s\u2019explique notamment par la pr\u00e9sence d\u2019espaces industriels ou d\u2019artisanat reconvertis. Ce n\u2019est pas dans les beaux quartiers qu\u2019on trouverait ces lieux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Investissements municipaux<\/p>\n<p>400.000 euros. C\u2019est le beau cadeau de la Ville de Paris pour r\u00e9aliser les travaux du tout nouveau Mia Mao, inaugur\u00e9 le 17 janvier. Le club, qui a co\u00fbt\u00e9 8 millions d\u2019euros, peut accueillir pr\u00e8s de 1.000 personnes et dispose d\u2019un des meilleurs sound systems de la capitale (d\u2019une valeur de 3 millions d\u2019euros). Il se d\u00e9finit comme <strong>un \u00ab\u00a0temple de la techno\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019image des grands clubs berlinois ou londoniens<\/strong>. Un joli coup d\u2019Arnaud Perrine, qui a lanc\u00e9 les premi\u00e8res soir\u00e9es du Glazart en 1998, un club parisien culte, situ\u00e9 porte de la Villette.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_24.jpg\" class=\"img-responsive\" alt=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_24.jpg\"\/><\/p>\n<p class=\"credit\">\n            A partir des ann\u00e9es 1980, le Nord-Est de Paris industriel s&rsquo;est transform\u00e9 en lieu de teuf. \/<br \/>\n          Cr\u00e9dits : Louisa Ben        <\/p>\n<p>Cela fait des ann\u00e9es que le territoire conna\u00eet des transformations, avec les investissements de la ville de Paris. Les premi\u00e8res s\u2019op\u00e8rent d\u00e8s les ann\u00e9es 1980 avec <strong>la fermeture des fameuses halles aux cuirs de la Villette<\/strong> \u2013 dont une accueille aujourd\u2019hui le Mia Mao \u2013 qui \u00e9taient des abattoirs. De ce grand chantier, la zone a vu na\u00eetre le Z\u00e9nith, les 26 Folies, dont la salle de concert du Trabendo, le Centre national de la Musique et, derni\u00e8re construction majeure, la Philharmonie de Paris, inaugur\u00e9e en 2015, qui met \u00e0 l\u2019honneur la musique classique et actuelle. La chercheuse Myrtille Picaud commente\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab Cette politique d\u2019urbanisme transitoire permet aux pouvoirs publics de garder la main sur ces espaces au lieu de subir des squats \u2013 qu\u2019ils soient culturels ou sociaux \u2013 tout en continuant le tournant \u201cville de loisirs\u201d pour la classe sup\u00e9rieure.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces espaces ne b\u00e9n\u00e9ficient toutefois pas de grandes subventions \u00e9tatiques culturelles comme pour les lieux de \u00ab\u00a0culture classique\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019Op\u00e9ra de Paris \u2013 financ\u00e9 en majorit\u00e9 par des subventions publiques. S\u2019installer dans ces territoires pr\u00e9caires permet aussi, selon la sociologue, de \u00ab\u00a0<strong>rencontrer moins de r\u00e9sistance des habitants<\/strong>, qui sont moins riches qu\u2019ailleurs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Nouveau public<\/p>\n<p>Ce vendredi apr\u00e8s-midi, Mohamed, 73 ans, profite du parc de la Villette, comme des dizaines de familles du quartier. Lui r\u00e9side dans le quartier depuis 2010\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est si calme ici, on est vraiment tranquille m\u00eame s\u2019il y a plus de jeunes qu\u2019avant.\u00a0\u00bb Un peu plus loin, une maman venue avec ses trois amies racontent s\u2019y ressourcer avec leurs enfants, comme elles avaient l\u2019habitude de le faire avec leurs parents, des d\u00e9cennies plus t\u00f4t. \u00ab\u00a0Il y a beaucoup moins de d\u00e9linquance, de toxicomanes et d\u2019alcooliques, c\u2019est vraiment agr\u00e9able.\u00a0\u00bb <strong>L\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019offre culturelle\u00a0? \u00ab\u00a0C\u2019est surtout pour les personnes qui ont des moyens\u00a0\u00bb<\/strong>, juge Fiona qui vit ici avec son mari et ses deux enfants. \u00ab\u00a0Je ne pense pas que [les personnes pr\u00e9caires] peuvent emmener leurs cinq enfants \u00e0 la Cit\u00e9 des sciences. Le billet est \u00e0 12 euros.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_15.jpg\" class=\"img-responsive\" alt=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_15.jpg\"\/><\/p>\n<p class=\"credit\">\n            Fiona et sa famille habitent aussi le quartier de La Villette. \/<br \/>\n          Cr\u00e9dits : Louisa Ben        <\/p>\n<p>Un peu plus tard dans la soir\u00e9e, Orane, 32 ans et nouvelle habitante du quartier, s\u2019enchante, un verre \u00e0 la main, devant les enceintes de la Station Gare des Mines\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab C\u2019est bien d\u2019\u00eatre \u00e0 10 minutes \u00e0 pied de la maison quand on sort\u00a0!\u00a0\u00bb <\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle habite juste au-dessus du Centquatre \u2013 un espace culturel qui organise des performances, expositions et concerts. \u00ab\u00a0C\u2019est g\u00e9nial\u00a0!\u00a0\u00bb Si le territoire se rajeunit, il fait aussi partie de ceux qui comptent le plus de familles de Paris\u00a0: <strong>13% des familles ont trois enfants ou plus<\/strong>. Un chiffre qui tombe \u00e0 8% pour le reste de la capitale. \u00ab\u00a0On a particip\u00e9 \u00e0 la gentrification du canal\u00a0\u00bb, estime Arnaud Perrine, l\u2019auto-entrepreneur de la f\u00eate\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab On est pass\u00e9 des dealers qui fument avec des pitbulls, \u00e0 des petits chiens \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de joggers en collants vert fluo. On a donc vu un changement de quartier assez important.\u00a0\u00bb <\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette mixit\u00e9 sociale promise a permis \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric Hocquard, l\u2019adjoint \u00e0 la mairie de Paris, de convaincre ses partenaires politiques d\u2019installer des espaces festifs dans le coin\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab Si on a de la vie nocturne, il y a des gens tout le temps. Soit on envoie la police, ce qui ne r\u00e9sout rien, soit on cr\u00e9e de la convivialit\u00e9.\u00a0\u00bb <\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avant d\u2019\u00eatre adjoint \u00e0 la nuit \u00e0 Paris, Hocquard est nomm\u00e9 conseiller par la maire Anne Hidalgo en 2014. Cette m\u00eame \u00e9poque conna\u00eet <strong>une mobilisation des noctambules, d\u00e9but\u00e9e en 2009<\/strong>. Les f\u00eatards regrettaient dans une p\u00e9tition que \u00ab\u00a0la nuit se meurt en silence \u00e0 Paris\u00a0\u00bb. En 2013, ils \u00e9lisent m\u00eame un maire de la nuit. En juin 2024, le collectif se r\u00e9jouit d\u2019un nouveau \u00ab\u00a0party district\u00a0\u00bb. Depuis, Paris injecte un million d\u2019euros par an dans diff\u00e9rents \u00e9tablissements culturels nocturnes et festifs, dont certains en petite couronne.  <\/p>\n<p>Probl\u00e9matiques sociales <\/p>\n<p>Le 19e arrondissement \u2013 le plus pauvre de la capitale \u2013 est connu pour <strong>concentrer une importante partie des probl\u00e9matiques sociales de Paris<\/strong>. On y trouve <a href=\"https:\/\/www.apur.org\/fr\/nos-travaux\/chiffres-logement-social-paris-2022-edition-2023\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le plus de logements sociaux<\/a>. Des <a href=\"https:\/\/france3-regions.francetvinfo.fr\/paris-ile-de-france\/paris\/je-prefere-partir-meme-si-ce-n-est-que-pour-un-mois-une-nouvelle-evacuation-de-migrants-dans-le-quartier-stalingrad-3091417.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">campements d\u2019exil\u00e9s<\/a> s\u2019installent sous le m\u00e9tro Jaur\u00e8s et Stalingrad. Les locaux d\u00e9noncent aussi <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/societe\/article\/2024\/11\/19\/drogues-a-paris-les-usagers-de-crack-n-ont-pas-disparu-avec-les-jeux-olympiques_6401995_3224.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">une importante concentration de toxicomanes<\/a> \u00e0 la rue. De nombreuses associations solidaires pour ce public sont \u00e9galement install\u00e9es dans l\u2019arrondissement.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_25.jpg\" class=\"img-responsive\" alt=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_25.jpg\"\/><\/p>\n<p class=\"credit\">\n            Le 19e arrondissement, le plus pauvre de Paris, a notamment accueilli des campements de personnes exil\u00e9es pendant des ann\u00e9es. \/<br \/>\n          Cr\u00e9dits : Louisa Ben        <\/p>\n<p>Alors des lieux hybrides proposent des alternatives, avec un pied dans la teuf et l\u2019autre dans la solidarit\u00e9. C\u2019est le cas de Fawa, situ\u00e9 \u00e0 la porte la Villette. <strong>Le tiers-lieux ouvre aussi bien ses portes aux associations solidaires du quartier qu\u2019aux afters queers et branch\u00e9s<\/strong>. Ouvert en 2020, apr\u00e8s un appel \u00e0 projet lanc\u00e9 par la Ville de Paris, il prend place dans les locaux anciennement squatt\u00e9s par <a href=\"https:\/\/www.streetpress.com\/sujet\/1475058426-sauvez-le-freegan-pony-grace-au-budget-participatif-de-la-mairie-de-paris\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">P\u00e9ripate \u2013 Freegan Poney<\/a>, un restaurant anti-gaspillage qui cuisinait \u00e0 partir des invendus de Rungis. <\/p>\n<p>\u00c0 deux arr\u00eats de tram de l\u00e0, le tiers-lieux la Station Gare des Mines propose, lui, un accueil de jour pour les jeunes exil\u00e9s. Comme l\u2019explique David George-Fran\u00e7ois, qui a co-cr\u00e9\u00e9 l\u2019endroit\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab En 2017, des campements de milliers d\u2019exil\u00e9s jouxtaient notre lieu. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, ces camps se m\u00e9langent \u00e0 ceux des consommateurs de crack de la Porte d\u2019Aubervilliers. Juliette, une psychologue qui gravite dans le microcosme de la Station, d\u00e9cide alors de lancer <strong>des groupes de paroles musicaux, pour accueillir les jeunes des campements voisins<\/strong>. Huit ans plus tard, le projet attire toujours autant de monde. Ce vendredi de f\u00e9vrier, ils sont des dizaines \u00e0 assister \u00e0 une projection de films entre les murs tagu\u00e9s du tiers-lieu, avant de rejoindre une maisonnette de la Station qui leur est r\u00e9serv\u00e9e\u00a0: l\u2019endroit chaud regroupe des canap\u00e9s, des tables et des activit\u00e9s. \u00ab\u00a0On est les seuls \u00e0 proposer des groupes de paroles\u00a0\u00bb, affirme Juliette qui en a fait une association, Cou Cou Crew.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_23.jpg\" class=\"img-responsive\" alt=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_23.jpg\"\/><\/p>\n<p class=\"credit\">\n            La Station organise des projections de films, adress\u00e9es aux personnes du quartier. \/<br \/>\n          Cr\u00e9dits : Louisa Ben        <\/p>\n<p>Dans la m\u00eame journ\u00e9e, quelques heures plus tard, une cinquantaine de f\u00eatards attendent l\u2019ouverture du club, de bonne humeur et un peu pompettes. Ce soir, c\u2019est Camion Bazar qui fait la programmation. Le couple d\u2019artistes a invit\u00e9 un groupe de punk et deux autres DJ techno, comme eux. Ce sont des habitu\u00e9s des lieux\u00a0: <\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab On se sent plus libres que dans les autres clubs\u00a0: ici, c\u2019est vivant. C\u2019est moins aseptis\u00e9, plus imparfait. Le public est consid\u00e9r\u00e9 comme des \u00eatres vivants qui viennent passer du bon temps. Pas juste comme des portefeuilles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_11.jpg\" class=\"img-responsive\" alt=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_11.jpg\"\/><\/p>\n<p class=\"credit\">\n            Le duo de DJ Camion Bazar, Benedetta et Romain Play. \/<br \/>\n          Cr\u00e9dits : Louisa Ben        <\/p>\n<p><\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_2.jpg\" class=\"img-responsive\" alt=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/technonordparis_2.jpg\"\/><\/p>\n<p class=\"credit\">\n            Une cinquantaine de f\u00eatards attendent l\u2019ouverture du club de la Station Gare des Mines. \/<br \/>\n          Cr\u00e9dits : Louisa Ben        <\/p>\n<p>Ce vendredi soir de f\u00e9vrier, ils sont 700 f\u00eatards \u00e0 danser jusqu\u2019\u00e0 la fermeture, \u00e0 7 heures du matin. <\/p>\n<p>Photos de Louisa Ben, texte d\u2019Elisa Verbeke.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab\u00a0Nous sommes les seuls en Europe \u00e0 avoir ouvert un club pendant le Covid, et \u00e7a a march\u00e9.\u00a0\u00bb&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":34724,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1888],"tags":[47,11,3625,1777,674,1011,27,1922,5180,12,626,316,25,5181,104,5179,5178],"class_list":{"0":"post-34723","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-paris","8":"tag-actualite","9":"tag-actualites","10":"tag-banlieue","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-info","16":"tag-magazine-urbain","17":"tag-news","18":"tag-paris","19":"tag-politique","20":"tag-republique-francaise","21":"tag-site-participatif","22":"tag-societe","23":"tag-street-press","24":"tag-streetpress"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114360547090080704","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34723","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=34723"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34723\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/34724"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=34723"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=34723"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=34723"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}