{"id":348098,"date":"2025-08-27T17:28:10","date_gmt":"2025-08-27T17:28:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/348098\/"},"modified":"2025-08-27T17:28:10","modified_gmt":"2025-08-27T17:28:10","slug":"bustes-de-staline-objets-a-la-gloire-de-lurss-comment-la-russie-fait-revivre-son-passe-sovietique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/348098\/","title":{"rendered":"Bustes de Staline, objets \u00e0 la gloire de l&rsquo;URSS&#8230; Comment la Russie fait revivre son pass\u00e9 sovi\u00e9tique"},"content":{"rendered":"<p>Symbole de puissance et de grandeur pour les nostalgiques du pass\u00e9 sovi\u00e9tique, l&rsquo;URSS et ses symboles investissent de nouveau la soci\u00e9t\u00e9 russe. Une tendance accentu\u00e9e par la guerre en Ukraine et qui s&rsquo;accompagne d&rsquo;une r\u00e9\u00e9criture de l&rsquo;histoire et d&rsquo;un effacement des crimes les plus sombres du communisme.<\/p>\n<p>Station de m\u00e9tro Taganskaya au sud-est de Moscou. Le 15 mai dernier, un monument \u00e0 la gloire de l&rsquo;un des dictateurs les plus sanguinaires de ces derniers si\u00e8cles refait surface. Une statue de <a href=\"https:\/\/www.europe1.fr\/international\/staline-est-a-la-fois-un-tyran-et-un-dirigeant-sage-pour-plus-de-la-moitie-des-russes-2702845\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Joseph Staline<\/a> (1878-1953) situ\u00e9e dans un couloir reliant deux lignes au pied de laquelle hommes, femmes et enfants viennent d\u00e9poser des gerbes de fleurs. Une image qui a de quoi faire fr\u00e9mir en Europe occidentale mais qui, dans la Russie de 2025, tourne \u00e0 la banalit\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>    La suite apr\u00e8s cette publicit\u00e9<\/p>\n<p>    La suite apr\u00e8s cette publicit\u00e9<\/p>\n<p>Aux quatre coins du pays, des bustes du dirigeant communiste sont \u00e0 nouveau \u00e9rig\u00e9s. Des produits d\u00e9riv\u00e9s \u00e0 la gloire de l&rsquo;ancienne Union sovi\u00e9tique s&rsquo;arrachent comme des petits pains et le personnage de Tchebourachka, petit animal aux grands yeux noirs et aux grandes oreilles rondes n\u00e9 durant l&rsquo;\u00e9poque sovi\u00e9tique, est aujourd&rsquo;hui utilis\u00e9 comme arme de propagande de l&rsquo;arm\u00e9e russe en Ukraine. Si l&rsquo;URSS a officiellement disparu le 25 d\u00e9cembre 1991, elle est loin d&rsquo;avoir quitt\u00e9 tous les esprits en <a href=\"https:\/\/www.europe1.fr\/dossiers\/russie\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Russie<\/a>. En tout cas pas celui de <a href=\"https:\/\/www.europe1.fr\/international\/le-chef-de-la-diplomatie-russe-emet-des-doutes-sur-le-choix-du-vatican-comme-lieu-de-pourparlers-avec-lukraine-753678\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Sergue\u00ef Lavrov<\/a>, ministre russe des Affaires \u00e9trang\u00e8res, abrorant, lors de son d\u00e9placement en Alaska pour <a href=\"https:\/\/www.europe1.fr\/international\/en-direct-rencontre-trump-poutine-en-alaska-les-dernieres-informations-avant-le-sommet-tres-attendu-769141\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le sommet Trump-Poutine<\/a> le 15 ao\u00fbt, un sweat-shirt portant l&rsquo;inscription \u00ab\u00a0CCCP\u00a0\u00bb, soit \u00ab\u00a0URSS\u00a0\u00bb en alphabet cyrillique.\u00a0<\/p>\n<p>Une valorisation de tout ce qui renvoie \u00e0 la grandeur de la Russie<\/p>\n<p>Cette \u00ab\u00a0sovi\u00e9to-nostalgie\u00a0\u00bb, comme le nomme Carole Grimaud,\u00a0enseignante \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paul-Val\u00e9ry de Montpellier et sp\u00e9cialiste de la Russie, ne date cependant pas d&rsquo;hier. \u00ab\u00a0C&rsquo;est quelque chose qui a au moins 15 ans d\u00e9sormais. On a effectivement une mont\u00e9e d&rsquo;une valorisation, dans les discours officiels, de l&rsquo;\u00e9poque sovi\u00e9tique dans son ensemble mais surtout de tout ce qui renvoie \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de la grandeur de la Russie\u00a0\u00bb, confirme Anna Colin-Lebedev,\u00a0ma\u00eetresse de conf\u00e9rences en science politique \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 Paris-Nanterre. Au point que Staline est r\u00e9guli\u00e8rement cit\u00e9 en premier \u00e0 la question \u00ab\u00a0Quel est le plus grand homme de tous les temps et de tous les peuples ?\u00a0\u00bb devant&#8230; Vladimir Poutine.\u00a0<\/p>\n<p>    La suite apr\u00e8s cette publicit\u00e9<\/p>\n<p>    La suite apr\u00e8s cette publicit\u00e9<\/p>\n<p>L&rsquo;actuel homme fort du Kremlin n&rsquo;est pas \u00e9tranger \u00e0 cette tendance. Le pr\u00e9sident russe a largement contribu\u00e9 \u00e0 attiser cette glorification du pass\u00e9 sovi\u00e9tique de son pays. En 2005, il d\u00e9clarait m\u00eame que l&rsquo;effondrement de l&rsquo;URSS \u00e9tait \u00ab\u00a0la plus grande catastrophe du si\u00e8cle\u00a0\u00bb. De grandes diff\u00e9rences id\u00e9ologiques existent pourtant entre la Russie de Vladimir Poutine et celle de l&rsquo;\u00e9poque sovi\u00e9tique. Mais l&rsquo;URSS renvoie au ma\u00eetre du Kremlin une image qui lui est ch\u00e8re : celle d&rsquo;une Russie forte, puissante, crainte et dot\u00e9e d&rsquo;une place importante sur la sc\u00e8ne internationale. \u00ab\u00a0L&rsquo;influence, la peur et le respect qu&rsquo;elle inspirait, la victoire dans la Seconde Guerre mondiale qui, en Russie, est attribu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;URSS et o\u00f9 l&rsquo;on minimise le r\u00f4le des autres alli\u00e9s&#8230;\u00a0\u00bb, \u00e9num\u00e8re Anna Colin-Lebedev.\u00a0<\/p>\n<p>Le contexte de la guerre en Ukraine<\/p>\n<p>Pour Moscou, cette sacralisation d&rsquo;un glorieux pass\u00e9 est aussi une mani\u00e8re de masquer ses propres \u00e9checs. \u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, il n&rsquo;y a pas de projet positif d&rsquo;avenir en Russie autre que la confrontation avec l&rsquo;Occident. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;image de la Russie de demain, mais uniquement celle de la Russie sovi\u00e9tique d&rsquo;hier. C&rsquo;est une sorte de r\u00e9action \u00e0 ce que la Russie n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 faire : construire un pays prosp\u00e8re, avec un certain niveau de d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb, poursuit la sp\u00e9cialiste.\u00a0<\/p>\n<p>    La suite apr\u00e8s cette publicit\u00e9<\/p>\n<p>    La suite apr\u00e8s cette publicit\u00e9<\/p>\n<p>Pour Carole Grimaud, les <a href=\"https:\/\/www.europe1.fr\/international\/guerre-en-ukraine-le-royaume-uni-impose-de-nouvelles-sanctions-contre-la-flotte-fantome-russe-759824\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">sanctions occidentales<\/a> dirig\u00e9es contre Moscou ont \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 accentuer cette tendance. \u00ab\u00a0Comme les sanctions ont bloqu\u00e9 tous les produits \u00e9trangers, le Russe moyen, qui s&rsquo;\u00e9quipait avec des marques \u00e9trang\u00e8res, ne le peut plus. Une forme de nationalisme \u00e9conomique s&rsquo;est donc d\u00e9velopp\u00e9 et s&rsquo;accompagne d&rsquo;un retour \u00e0 une p\u00e9riode &#8211; celle de l&rsquo;URSS &#8211; o\u00f9 le pays n&rsquo;importait rien de l&rsquo;\u00e9tranger\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et le contexte de la guerre en Ukraine, dont <a href=\"https:\/\/www.europe1.fr\/emissions\/Au-coeur-de-l-histoire\/ukraine-un-an-de-guerre-historiquement-la-russie-ne-peut-pas-accepter-la-bascule-de-lukraine-vers-leurope-68891\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">la responsabilit\u00e9 est imput\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Otan par Vladimir Poutine<\/a>, est ind\u00e9niablement un catalyseur de cette nostalgie du pass\u00e9 glorieux. \u00ab\u00a0Plus l&rsquo;id\u00e9ologie que le pouvoir met en place porte sur la conflictualit\u00e9 avec l&rsquo;Occident, l&rsquo;influence internationale, la confrontation, plus on va valoriser l&rsquo;Union sovi\u00e9tique\u00a0\u00bb, explique Anna Colin-Lebedev.\u00a0<\/p>\n<p>    La suite apr\u00e8s cette publicit\u00e9<\/p>\n<p>Histoire r\u00e9\u00e9crite<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, impossible d&rsquo;y parvenir sans proc\u00e9der \u00e0 une intense r\u00e9\u00e9criture de l&rsquo;histoire. \u00ab\u00a0Il a fallu passer sous le tapis tous les crimes commis sous l&rsquo;URSS et tous les crimes du communisme. On passe sous silence les purges de Staline et la r\u00e9volution bolch\u00e9vique de 1917 est compl\u00e8tement r\u00e9\u00e9crite. M\u00eame chose pour la d\u00e9cennie noire post-URSS, on n&rsquo;en parle plus. Tout est extr\u00eamement encadr\u00e9 sur cette p\u00e9riode-l\u00e0\u00a0\u00bb, remarque Carole Grimaud. Les manuels d&rsquo;histoire sont r\u00e9vis\u00e9s en profondeur pour gommer toute critique \u00e0 l&rsquo;endroit de l&rsquo;ex-Union sovi\u00e9tique et y supprimer les pages sombres pour n&rsquo;en garder que les dimensions positives. \u00ab\u00a0Derri\u00e8re tout cela, il y a l&rsquo;id\u00e9e, non pas de dire que les r\u00e9pressions n&rsquo;ont pas exist\u00e9, mais que la grandeur a un co\u00fbt. Certes, il y avait des victimes humaines, mais ce n&rsquo;est pas grave car nous avions la grandeur. C&rsquo;est ce message qui est v\u00e9hicul\u00e9\u00a0\u00bb, poursuit\u00a0Anna Colin-Lebedev.<\/p>\n<p>Aupr\u00e8s de la population, ce message n&rsquo;a pas de r\u00e9elles difficult\u00e9s \u00e0 infuser. \u00ab\u00a0Les gens connaissent tr\u00e8s mal leur histoire. Le niveau d&rsquo;\u00e9ducation ne cesse de baisser et les historiens sont musel\u00e9s\u00a0\u00bb, indique l&rsquo;experte. En Russie, il n&rsquo;est pas rare que les familles m\u00e9connaissent \u00e9galement leur propre histoire et n&rsquo;aient donc jamais eu vent des crimes dont leurs a\u00efeux ont pu \u00eatre victime \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque sovi\u00e9tique. Quant \u00e0 l&rsquo;opinion publique, elle est assez difficile \u00e0 cerner. \u00ab\u00a0Les Russes savent tr\u00e8s bien que pour continuer \u00e0 vivre leur vie, ils ont besoin d&rsquo;adh\u00e9rer et de donner la bonne r\u00e9ponse \u00e0 toutes les questions qu&rsquo;on leur pose. Il est donc tr\u00e8s difficile de faire la distinction entre conviction et adaptation\u00a0\u00bb. Dans le contexte actuel, il est donc pr\u00e9f\u00e9rable de ne pas clamer haut et fort son antipathie pour le pass\u00e9 sovi\u00e9tique de la Russie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Symbole de puissance et de grandeur pour les nostalgiques du pass\u00e9 sovi\u00e9tique, l&rsquo;URSS et ses symboles investissent de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":348099,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1591],"tags":[11,1887,12,1885,1886,132],"class_list":{"0":"post-348098","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-russie","8":"tag-actualites","9":"tag-federation-de-russie","10":"tag-news","11":"tag-russia","12":"tag-russian-federation","13":"tag-russie"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115101912568526402","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/348098","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=348098"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/348098\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/348099"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=348098"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=348098"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=348098"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}