{"id":348349,"date":"2025-08-27T19:50:20","date_gmt":"2025-08-27T19:50:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/348349\/"},"modified":"2025-08-27T19:50:20","modified_gmt":"2025-08-27T19:50:20","slug":"pourquoi-les-negociations-de-paix-entre-trump-poutine-et-zelensky-senlisent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/348349\/","title":{"rendered":"pourquoi les n\u00e9gociations de paix entre Trump, Poutine et Zelensky s\u2019enlisent"},"content":{"rendered":"<p>            1. Un ballet diplomatique \u00e0 prendre au s\u00e9rieux ?<\/p>\n<p>Un t\u00eate-\u00e0-t\u00eate \u00e9clair entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur une base militaire en Alaska (\u00c9tats-Unis) le 15 ao\u00fbt, Volodymyr Zelensky accompagn\u00e9 du pr\u00e9sident fran\u00e7ais, du chancelier allemand, des Premiers ministres britannique et italien, \u00e0 la Maison-Blanche trois jours plus tard\u2026 Ces s\u00e9quences spectaculaires devant les cam\u00e9ras du monde ne suffisent pas \u00e0 faire une bonne diplomatie. Sur le r\u00e9seau social X, l&rsquo;ex-ambassadeur de France aux \u00c9tats-Unis, G\u00e9rard Araud, se fait critique : \u00abLa diplomatie sans r\u00e9unions pr\u00e9paratoires, sans questions pr\u00e9cises \u00e0 r\u00e9soudre, sans communiqu\u00e9 agr\u00e9\u00e9, sans relev\u00e9 de d\u00e9cisions, conduit le plus souvent \u00e0 un vain bavardage source de tous les malentendus.\u00bb<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;heure, tout se passe comme si les principaux dirigeants mondiaux voulaient donner le change, flatter et convaincre de leur bonne foi un pr\u00e9sident am\u00e9ricain plus narcissique que jamais qui, apr\u00e8s avoir caress\u00e9 l&rsquo;espoir d&rsquo;un Nobel de la paix, avoue d\u00e9sormais miser sur ses efforts pour mettre fin au conflit russo- ukrainien afin d&rsquo;\u00ab aller au paradis si possible \u00bb\u2026 Depuis ces r\u00e9unions au sommet, largement improvis\u00e9es, le scepticisme gagne. Car Moscou continue \u00e0 r\u00e9clamer une Ukraine d\u00e9sarm\u00e9e. Les Europ\u00e9ens s&rsquo;inqui\u00e8tent d&rsquo;une paix trop favorable \u00e0 la Russie (gains territoriaux), ce qui constituerait une prime \u00e0 l&rsquo;agresseur et un encouragement \u00e0 de futures guerres de conqu\u00eate. Donald Trump s&rsquo;agace de ne pas voir les autres se plier \u00e0 sa volont\u00e9 et menace de se retirer du processus. Et les Ukrainiens r\u00e9clament aux Occidentaux des assurances pour leur s\u00e9curit\u00e9 future.<\/p>\n<p>            2. Les \u00abgaranties de s\u00e9curit\u00e9\u00bb pour l&rsquo;Ukraine, c&rsquo;est quoi ?<\/p>\n<p>Dans le cadre d&rsquo;un futur plan de paix, Kiev demande des garanties. Id\u00e9alement, ce serait une adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;Otan, l&rsquo;alliance militaire occidentale. Mais Trump y est oppos\u00e9 : ce serait une \u00abprovocation\u00bb pour Moscou. Trois types d&rsquo;assurances pourraient \u00eatre donn\u00e9es \u00e0 l&rsquo;Ukraine\u00a0: d&rsquo;abord un renforcement de son arm\u00e9e en mat\u00e9riel et munitions, ensuite une implication am\u00e9ricaine qui reste \u00e0 pr\u00e9ciser dans l&rsquo;espace a\u00e9rien (surveillance et renseignement), enfin l&rsquo;envoi de soldats de pays europ\u00e9ens qui seraient stationn\u00e9s en Ukraine, plus symbolique que dissuasif.<\/p>\n<p>Car, pour \u00eatre efficaces, a pr\u00e9venu le colonel Andr\u00e9 W\u00fcstner, un officier allemand, il faudrait que les trois grands europ\u00e9ens (France, Royaume-Uni, Allemagne) puissent d\u00e9ployer 10 000 hommes chacun. Quasi impossible dans l&rsquo;\u00e9tat actuel des troupes, en sous-effectif et en sous-\u00e9quipement. Trump a exclu toute pr\u00e9sence am\u00e9ricaine au sol. De son c\u00f4t\u00e9, Moscou met son veto \u00e0 toute pr\u00e9sence occidentale militaire en Ukraine dont elle continue \u00e0 r\u00e9clamer la d\u00e9militarisation.<\/p>\n<p>            3. Poutine veut-il aujourd&rsquo;hui la paix ?<\/p>\n<p>La semaine derni\u00e8re, son ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Sergue\u00ef Lavrov, a rappel\u00e9 les lignes rouges du Kremlin: il n&rsquo;y aura pas d'\u00a0\u00bbaccord \u00e0 long terme\u00a0\u00bb sans le respect des \u00ab\u00a0int\u00e9r\u00eats de s\u00e9curit\u00e9 de la Russie\u00a0\u00bb et le \u00ab\u00a0plein respect des droits des russophones qui vivent en Ukraine\u00a0\u00bb. Des conditions assez vagues pour justifier tout blocage. Surtout, la Russie de Poutine qui a l\u00e9gitim\u00e9 sa guerre contre l&rsquo;Ukraine, \u00abla petite Russie\u00bb comme on dit \u00e0 Moscou, en niant son droit \u00e0 l&rsquo;existence comme nation ind\u00e9pendante, n&rsquo;a pas, selon les Europ\u00e9ens, chang\u00e9 d&rsquo;objectif ultime: la vassalisation de son voisin.<\/p>\n<p>Poutine est \u00abun pr\u00e9dateur, un ogre \u00e0 nos portes\u00bb qui \u00aba besoin de continuer \u00e0 manger\u00bb pour \u00absa propre survie\u00bb, a jug\u00e9 Emmanuel Macron \u00e0 l&rsquo;issue du sommet de Washington. Pour le pr\u00e9sident finlandais Alexander Stubb, \u00abPoutine est rarement digne de confiance\u00bb. Derri\u00e8re l&rsquo;apparente ouverture diplomatique, le dirigeant russe resterait plus int\u00e9ress\u00e9 \u00ab\u00e0 diviser l&rsquo;Occident qu&rsquo;\u00e0 trouver un accord\u00bb, estime Nate Reynolds, expert sur la Russie au Carnegie Endowment for International Peace. Le but serait d&rsquo;obtenir un retrait de l&rsquo;Am\u00e9rique du dossier ukrainien, \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;accord avec ses alli\u00e9s europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>            5. Volodymyr Zelensky peut-il tenir ?<\/p>\n<p>Au pouvoir depuis six ans, le pr\u00e9sident ukrainien para\u00eet \u00e9puis\u00e9, nerveusement et physiquement, comme en t\u00e9moignent ses tics, son d\u00e9bit saccad\u00e9 et ses traits tir\u00e9s. L&rsquo;union sacr\u00e9e contre l&rsquo;envahisseur qu&rsquo;il a su incarner tient toujours.<\/p>\n<p>Mais cela n&#8217;emp\u00eache ni les contestations, comme l&rsquo;a montr\u00e9, le mois dernier, la mobilisation des Ukrainiens contre sa d\u00e9cision de restreindre la lutte anti- corruption, ni les critiques sur sa conduite des affaires militaires, comme celles entendues l&rsquo;an dernier lorsque le chef de l&rsquo;\u00c9tat a d\u00e9mis de ses fonctions \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;arm\u00e9e le tr\u00e8s populaire g\u00e9n\u00e9ral Valeri Zaloujny, d\u00e9sormais ambassadeur \u00e0 Londres (Royaume-Uni).<\/p>\n<p>            4. Donald Trump peut-il malgr\u00e9 tout r\u00e9ussir son pari de la paix ?<\/p>\n<p>Dans les dossiers compliqu\u00e9s dont les d\u00e9tails l&rsquo;ennuient, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain, qui promettait lors de sa campagne \u00e9lectorale \u00ab\u00a0la paix en vingt-quatre heures\u00a0\u00bb, mise sur une approche personnelle et instinctive. Il s&rsquo;est convaincu, comme il l&rsquo;a confi\u00e9 \u00e0 Emmanuel Macron, que Poutine veut s\u00e9rieusement trouver un accord \u00ab\u00a0pour, si fou que \u00e7a semble, lui [faire plaisir]\u00a0\u00bb. L&rsquo;avenir dira si ce cocktail de cr\u00e9dulit\u00e9, d&rsquo;optimisme et de na\u00efvet\u00e9 peut pr\u00e9valoir sur le scepticisme, notamment europ\u00e9en. Certes, les arguments rationnels militent pour un arr\u00eat des combats en Ukraine : le nombre de victimes est effrayant (250 000 soldats russes morts, soit quinze fois plus que pendant la d\u00e9cennie de guerre en Afghanistan entre 1979 et 1989, 700 000 bless\u00e9s, selon les estimations britanniques) ; l&rsquo;\u00e9conomie russe s&rsquo;est mise au service de la guerre avec un co\u00fbt colossal ; le Kremlin qui avait promis que ses chars d\u00e9fileraient \u00e0 Kiev apr\u00e8s trois jours de combats s&rsquo;est heurt\u00e9 \u00e0 un patriotisme ukrainien sous-estim\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;Ukraine, de son c\u00f4t\u00e9, sait qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas les moyens militaires de reconqu\u00e9rir les territoires perdus et que son seul horizon r\u00e9aliste est de tenir la ligne de front, quoiqu&rsquo;au prix de pertes consid\u00e9rables (60 000 \u00e0 100 000 soldats morts). Mais, \u00e0 la veille de l&rsquo;invasion russe de f\u00e9vrier 2022, les experts faisaient aussi assaut de logique afin d&rsquo;expliquer que jamais Poutine ne se lancerait dans une aventure si folle. \u00ab\u00a0Je ne pense pas possible un accord de paix dans un futur proche\u00a0\u00bb, \u00e9value John Bolton, qui fut conseiller \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de Trump durant son premier mandat. Seule certitude, c&rsquo;est le ma\u00eetre du Kremlin qui d\u00e9cidera en son heure quand mettre un terme \u00e0 la guerre.<\/p>\n<p>            6. Les Europ\u00e9ens, partenaires ou simples figurants ?<\/p>\n<p>La photo fait mal. Ce 18 ao\u00fbt, derri\u00e8re son bureau \u00e0 la Maison-Blanche, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain surplombe les dirigeants europ\u00e9ens align\u00e9s en face sur leur si\u00e8ge tels des mauvais \u00e9l\u00e8ves r\u00e9primand\u00e9s par un principal de coll\u00e8ge. On \u00e9tait loin de \u00abl&rsquo;Europe puissance\u00bb promise par Emmanuel Macron depuis son \u00e9lection. Terrifi\u00e9s \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que Washington coupe tout approvisionnement militaire \u00e0 Kiev ou lui impose par le chantage un plan de paix l\u00e9onin, les Europ\u00e9ens multiplient les concessions \u00e0 Donald Trump. Ils ont ent\u00e9rin\u00e9, au sommet de l&rsquo;Otan, en juin, l&rsquo;augmentation de leurs budgets militaires (r\u00e9clam\u00e9e par Washington), puis ont consenti \u00e0 l&rsquo;imposition de droits de douane am\u00e9ricains de 15 %. Pour obtenir quoi ? L&rsquo;indication vague que les \u00c9tats-Unis \u00ab\u00a0se coordonneraient\u00a0\u00bb avec eux pour assurer la protection de l&rsquo;Ukraine.<\/p>\n<p>Mais Donald Trump a \u00e9t\u00e9 clair : fini le temps des livraisons gratuites d&rsquo;armes am\u00e9ricaines \u00e0 l&rsquo;Ukraine, \u00ab\u00a0c&rsquo;est l&rsquo;Otan qui paiera\u00a0\u00bb la facture, c&rsquo;est-\u00e0-dire largement le Vieux Continent. En r\u00e9alit\u00e9, \u00ab\u00a0ce sommet a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des failles dans le consensus transatlantique et pose une question plus profonde, estime Chris Kremidas-Courtney, chercheuse au European Policy Centre : l&rsquo;ordre international jusqu&rsquo;alors fond\u00e9 sur des r\u00e8gles va-t-il \u00eatre reformat\u00e9 par la coercition ou r\u00e9affirm\u00e9 avec clart\u00e9 et courage ?\u00a0\u00bb Il n&rsquo;est pas s\u00fbr que les Europ\u00e9ens puissent encore d\u00e9fendre un mod\u00e8le r\u00e9gi par le droit et le compromis face \u00e0 une Am\u00e9rique et une Russie qui n&rsquo;ont pas peur d&rsquo;imposer leurs vues par, \u00e0 des degr\u00e9s divers, la force brutale de la loi du plus fort.<\/p>\n<p>            7. Et pendant ce temps, sur le front\u2026<\/p>\n<p>Quelques heures avant le sommet de Washington, les villes ukrainiennes de Kharkiv, Zaporijjia et Soumy ont \u00e9t\u00e9 prises pour cible par l&rsquo;arm\u00e9e russe ; des frappes contre des civils jug\u00e9es \u00abd\u00e9monstratives et cyniques\u00bb par Zelensky. Moscou entend rappeler sa puissance de feu et sa capacit\u00e9 \u00e0 semer la terreur pour peser.<\/p>\n<p>Trois jours plus tard, c&rsquo;\u00e9tait le tour de cit\u00e9s dans l&rsquo;ouest de l&rsquo;Ukraine, loin des combats, d&rsquo;\u00eatre bombard\u00e9es par 574 drones et 40 missiles. Le mois dernier, la Russie a lanc\u00e9 plus de 6000 drones et 198 missiles sur son voisin. Sur le front, le grignotage russe se poursuit mais les lignes fortifi\u00e9es ukrainiennes dans l&rsquo;ouest du Donetsk autour des villes de Sloviansk, Kramatorsk et Kostiantynivka tiennent. Kiev pr\u00e9vient qu&rsquo;une offensive russe majeure est en pr\u00e9paration au sud.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"1. Un ballet diplomatique \u00e0 prendre au s\u00e9rieux ? 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