{"id":352682,"date":"2025-08-29T18:06:11","date_gmt":"2025-08-29T18:06:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/352682\/"},"modified":"2025-08-29T18:06:11","modified_gmt":"2025-08-29T18:06:11","slug":"comment-la-vague-migratoire-a-change-lallemagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/352682\/","title":{"rendered":"comment la vague migratoire a chang\u00e9 l&rsquo;Allemagne"},"content":{"rendered":"<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Sur la Sonnenallee, des hommes discutent devant des bars \u00e0 chicha, des femmes en hijab prom\u00e8nent des poussettes devant des p\u00e2tisseries arabes: \u00e0 Berlin, le quartier de Neuk\u00f6lln est devenu le symbole d&rsquo;une Allemagne qui a radicalement chang\u00e9 en dix ans.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Beaucoup sont arriv\u00e9s lors de la vague migratoire de 2015, quand environ un million de personnes parties de Syrie, d&rsquo;Afghanistan ou d&rsquo;Irak ont \u00e9t\u00e9 accueillies en quelques mois dans le pays.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Pour les progressistes, Neuk\u00f6lln est le vibrant embl\u00e8me d&rsquo;une Allemagne moderne et multiculturelle qui a tir\u00e9 les le\u00e7ons de son sombre pass\u00e9 nazi.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Le barbier Moustafa Mohmmad, 26 ans, appr\u00e9cie\u00a0la Sonnenallee, cette \u00ab\u00a0sorte de rue arabe\u00a0\u00bb o\u00f9 il peut go\u00fbter les r\u00e9put\u00e9es sucreries de Damas ou les brochettes d&rsquo;Alep, sa ville natale dont il a fui les ruines.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Mais pour les plus conservateurs, c&rsquo;est le symbole d&rsquo;une int\u00e9gration rat\u00e9e et d&rsquo;un changement brutal qui a divis\u00e9 le pays et contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;essor fulgurant du parti d&rsquo;extr\u00eame droite Alternative pour l&rsquo;Allemagne (AfD), d\u00e9sormais sa deuxi\u00e8me force politique.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0Wir schaffen das\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Nous y arriverons\u00a0\u00bb.\u00a0Le 31 ao\u00fbt marquera les dix ans de la c\u00e9l\u00e8bre sortie d&rsquo;Angela Merkel, au moment o\u00f9 des colonnes d&rsquo;exil\u00e9s traversaient \u00e0 pied les Balkans en direction des pays europ\u00e9ens les plus prosp\u00e8res.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Une r\u00e9ponse positive \u00e0 la plus grande vague de r\u00e9fugi\u00e9s depuis la Seconde Guerre mondiale, provoqu\u00e9e notamment par les conflits en Syrie et en Afghanistan.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Quatre jours plus tard, la chanceli\u00e8re d&rsquo;alors d\u00e9cide de maintenir ouverte la fronti\u00e8re avec l&rsquo;Autriche, permettant l&rsquo;entr\u00e9e d&rsquo;environ un million d&rsquo;entre eux.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Des foules d&rsquo;Allemands accueillent les nouveaux arrivants \u00e0 la gare de Munich avec bouteilles d&rsquo;eau et ours en peluche. Mais l&rsquo;\u00e9lan de compassion ne vas pas durer.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0Aucune phrase ne m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e avec autant de virulence\u00a0\u00bb, \u00e9crira plus tard Angela Merkel. \u00ab\u00a0Aucune phrase n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 aussi polarisante.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">&#8211; Virage migratoire &#8211;<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Une d\u00e9cennie plus tard, l&rsquo;Allemagne a bel et bien chang\u00e9.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Si certains soulignent les effets positifs de la mixit\u00e9, les r\u00e9ussites personnelles de migrants ou l&rsquo;apport indispensable de la main d\u2019\u0153uvre \u00e9trang\u00e8re pour compenser le vieillissement d\u00e9mographique, de nombreuses collectivit\u00e9s ont dit avoir atteint leurs limites d&rsquo;accueil, que ce soit en termes de services publics ou de logements.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">La politique migratoire du gouvernement actuel n&rsquo;a plus rien \u00e0 voir.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Depuis son arriv\u00e9e au pouvoir en mai, le nouveau chancelier Friedrich Merz, pourtant issu du m\u00eame parti chr\u00e9tien-d\u00e9mocrate qu&rsquo;Angela Merkel, la CDU, a durci les contr\u00f4les aux fronti\u00e8res ainsi que les r\u00e8gles du regroupement familial et des naturalisations, et renvoy\u00e9 des criminels afghans dans leur pays, pourtant dirig\u00e9 par les talibans.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Pour le leader conservateur, maintenir une ligne dure sur l&rsquo;immigration est le seul moyen d&rsquo;enrayer la progression de l&rsquo;AfD, boost\u00e9e ces derniers mois par des attaques au couteau et \u00e0 la voiture-b\u00e9lier impliquant des migrants.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Friedrich Merz, \u00e0 qui l&rsquo;on demandait si le pays y \u00ab\u00a0\u00e9tait arriv\u00e9\u00a0\u00bb, a r\u00e9cemment r\u00e9pondu: \u00ab\u00a0Manifestement pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Il est confort\u00e9, selon un sondage de l&rsquo;institut Civey pour Welt-TV publi\u00e9 vendredi, par 71% des Allemands qui consid\u00e8rent l&rsquo;affirmation de l&rsquo;ex-chanceli\u00e8re comme incorrecte dix ans plus tard.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0L&rsquo;Allemagne est un pays d&rsquo;immigration, mais nous devons mieux la contr\u00f4ler et mieux int\u00e9grer les personnes,\u00a0\u00bb a jug\u00e9 Friedrich Merz.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">&#8211; Une vie de \u00ab\u00a0d\u00e9fis\u00a0\u00bb &#8211;<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">V\u00e9ritable obsession nationale, cette \u00ab\u00a0int\u00e9gration r\u00e9ussie\u00a0\u00bb a pour pr\u00e9c\u00e9dents historiques les \u00ab\u00a0travailleurs invit\u00e9s\u00a0\u00bb d&rsquo;Italie, de Gr\u00e8ce et de Turquie dans les ann\u00e9es 1950.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">La Syrienne Malakeh Jazmati, 38 ans, coche la plupart des cases.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Arriv\u00e9e \u00e0 Berlin en 2015, elle a rapidement lanc\u00e9 une entreprise de restauration avec son mari. Deux ans plus tard, elle fournissait une r\u00e9ception d&rsquo;Angela Merkel. En 2018, elle ouvrait un restaurant \u00e0 son nom, d\u00e9sormais l&rsquo;une des adresses syriennes les plus en vogue de la capitale.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0Les Allemands sont ouverts pour essayer quelque chose de nouveau\u00a0\u00bb, dit-elle en pr\u00e9parant du batata harra, une entr\u00e9e \u00e0 base de pommes de terre parsem\u00e9e de graines de grenade.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas facile de vivre loin de son pays natal\u00a0\u00bb, poursuit-elle. C&rsquo;est une existence \u00ab\u00a0pleine de d\u00e9fis&#8230; mais aussi de bonheur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Ses tentatives pour apprendre la langue ont \u00e9t\u00e9 ralenties par sa charge de travail et le fait que l&rsquo;anglais soit une langue v\u00e9hiculaire \u00e0 Berlin.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Mais pour la cheffe, \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e cela signifie \u00ab\u00a0se sentir incluse dans la soci\u00e9t\u00e9: j&rsquo;ai des amis allemands. Je paie mes imp\u00f4ts. J&rsquo;essaie de parler allemand. Et j&rsquo;essaie aussi beaucoup de plats allemands\u00a0\u00bb, dit-elle dans un sourire.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">&#8211; Relier les cultures &#8211;<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">L&rsquo;Allemagne compte d\u00e9sormais plus de 25 millions d&rsquo;habitants avec un \u00ab\u00a0pass\u00e9 migratoire\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire n\u00e9s ou dont les parents sont n\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, soit environ 30% de la population. Dont plus d&rsquo;un million d&rsquo;origine syrienne, une communaut\u00e9 marginale avant 2015.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Des mots arabes comme \u00ab\u00a0yalla\u00a0\u00bb (d\u00e9p\u00eache-toi) ou \u00ab\u00a0habibi\u00a0\u00bb (mon amour) ont int\u00e9gr\u00e9 le vocabulaire courant. En particulier parmi les jeunes, qui pour certains utilisent aussi le terme \u00ab\u00a0talahon\u00a0\u00bb qu&rsquo;on pourrait traduire par \u00ab\u00a0racaille\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Dans les \u00e9tablissements scolaires, les cours d&rsquo;arabe se sont multipli\u00e9s. Du rap au th\u00e9\u00e2tre, une culture orientale contemporaine a trouv\u00e9 en Allemagne un terrain pour s&rsquo;\u00e9panouir.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Pour une performance de danse du ventre dans le quartier berlinois branch\u00e9 de Kreuzberg, l&rsquo;artiste The Darvish a choisi une jupe \u00e0 pompons dor\u00e9s et un fez rouge.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Arriv\u00e9 lui aussi il y a une d\u00e9cennie, ce Syrien, qui s&rsquo;identifie comme non-binaire, veut relier, \u00ab\u00a0avec cette danse traditionnelle, la culture arabe\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0la culture queer\u00a0\u00bb. Devenu une figure de la communaut\u00e9 LGBT berlinoise, il s&rsquo;est notamment produit au mus\u00e9e de Pergame, un des plus visit\u00e9s de Berlin.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Au sein des quelque 2.500 mosqu\u00e9es du pays, jusque-l\u00e0 essentiellement fr\u00e9quent\u00e9es par des Turcs, les communaut\u00e9s se sont diversifi\u00e9es comme \u00e0 Parchim, entre Berlin et Hambourg (nord-est), note l&rsquo;imam syrien Anas Abou Laban, 30 ans.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Dans la mosqu\u00e9e de cette petite ville, l&rsquo;\u00e9tude du Coran se fait maintenant soit en arabe soit en allemand car certains jeunes \u00ab\u00a0comprennent mieux l&rsquo;allemand\u00a0\u00bb que la langue de leurs parents.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">&#8211; Indispensables \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie &#8211;<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Pour les adultes, l&rsquo;int\u00e9gration est pass\u00e9e par le travail. Pour la plupart des Syriens, cela consiste en un emploi peu r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 dans les secteurs en manque de main d\u2019\u0153uvre: transport, logistique, fabrication, alimentation et h\u00f4tellerie, sant\u00e9, BTP&#8230;<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Dans la petite ville de Burladingen (Wurtemberg, sud-ouest), le fabricant de v\u00eatements Trigema a embauch\u00e9 pr\u00e8s de 70 migrants, leur proposant cours d&rsquo;allemand, h\u00e9bergement et accompagnement administratif.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0Les Allemands ne postulent tout simplement plus pour ces postes\u00a0\u00bb, explique la cheffe d&rsquo;entreprise Bonita Grupp.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Pench\u00e9 sur sa machine \u00e0 coudre, Habash Mustafa, 29 ans, arriv\u00e9 de Syrie en 2015 apr\u00e8s avoir travers\u00e9 la mer Eg\u00e9e et les Balkans, a obtenu sa citoyennet\u00e9 allemande il y a quelques mois.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">La premi\u00e8re \u00e9conomie d&rsquo;Europe aura plus que jamais besoin d&rsquo;immigr\u00e9s dans les ann\u00e9es \u00e0 venir selon l&rsquo;Institut allemand d&rsquo;\u00e9tudes \u00e9conomiques (DIW), qui pr\u00e9voit un d\u00e9ficit d&rsquo;environ 768.000 travailleurs en 2028.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Les \u00e9trangers repr\u00e9sentent d\u00e9j\u00e0 15% des professionnels de sant\u00e9, selon la f\u00e9d\u00e9ration hospitali\u00e8re DKG.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Lorsque des figures de la droite allemande ont appel\u00e9 au renvoi des r\u00e9fugi\u00e9s syriens apr\u00e8s la chute de Bachar al-Assad en d\u00e9cembre 2024, le secteur a d\u00e9fendu ses quelque 5.000 m\u00e9decins syriens.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">A l&rsquo;h\u00f4pital de Quedlinbourg, au pied des montagnes du Harz (centre), 37 des 100 m\u00e9decins sont \u00e9trangers. Sans eux, \u00ab\u00a0nous ne pourrions plus fonctionner\u00a0\u00bb, dit le directeur Matthias Voth.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">&#8211; Prestations sociales &#8211;<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">En 2022, pr\u00e8s des deux tiers des r\u00e9fugi\u00e9s arriv\u00e9s en 2015 avaient un emploi, selon l&rsquo;Institut pour la recherche sur l&#8217;emploi (IAB). Mais avec 28% en 2024, leur taux de ch\u00f4mage reste quatre fois plus \u00e9lev\u00e9 que celui de la population totale.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Environ 44% des r\u00e9fugi\u00e9s per\u00e7oivent des prestations sociales, selon l&rsquo;Agence f\u00e9d\u00e9rale pour l&#8217;emploi, ce qui a aliment\u00e9 les ressentiments.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">La plupart des droits sociaux sont \u00e0 la charge des collectivit\u00e9s, qui se disent d\u00e9bord\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Depuis le d\u00e9but de la vague migratoire, la ville au pass\u00e9 sid\u00e9rurgique de Salzgitter (Basse-Saxe, nord) a vu arriver environ 10.000 personnes, l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;un dixi\u00e8me de sa population.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Son maire Frank Klingebiel, du m\u00eame bord politique qu&rsquo;Angela Merkel, l&rsquo;avait avertie que la pression sur les services publics \u00ab\u00a0ne pouvait plus continuer ainsi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Au plus fort de la crise, les arrivants syriens \u00e9taient surtout \u00ab\u00a0des femmes avec des enfants ayant droit \u00e0 des places en cr\u00e8che\u00a0\u00bb, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole ou \u00e0 des cours de langue, retrace-t-il.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Depuis, la ville a re\u00e7u des fonds qu&rsquo;elle a utilis\u00e9s notamment pour trois nouvelles cr\u00e8ches et deux \u00e9coles primaires. Mais aujourd&rsquo;hui encore, avec \u00ab\u00a0quatre \u00e9coles \u00e9l\u00e9mentaires dont la proportion d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers d\u00e9passe les 70%\u00a0\u00bb, les enseignants de Salzgitter font face \u00e0 des d\u00e9fis \u00ab\u00a0exorbitants\u00a0\u00bb, souligne le maire.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">&#8211; \u00ab\u00a0D\u00e9sir de r\u00e9ussite\u00a0\u00bb &#8211;<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Le lyc\u00e9e Kurt-K\u00f6rber de Hambourg (nord) a aussi \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve par la soudainet\u00e9\u00a0\u00bb de la vague de r\u00e9fugi\u00e9s, se souvient son directeur Christian Lenz.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Dans un quartier dont la population est \u00e0 85% d&rsquo;origine \u00e9trang\u00e8re, les jeunes r\u00e9fugi\u00e9s peuvent int\u00e9grer deux classes dites \u00ab\u00a0internationales pr\u00e9paratoires\u00a0\u00bb dans l&rsquo;\u00e9tablissement, afin d&rsquo;avoir une meilleure transition, explique-t-il.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Ces enfants, dont les parents ont fui en Allemagne pour leur offrir un avenir, ont un \u00ab\u00a0fort d\u00e9sir de r\u00e9ussite\u00a0\u00bb, constate Simon Groscurth, directeur de l&rsquo;\u00e9cole Refik-Veseli de Berlin.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Arriv\u00e9e sans parler un mot d&rsquo;allemand, l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve syrienne Hala, 16 ans, le parle maintenant m\u00eame avec ses cousins et confie avoir \u00a0\u00ab\u00a0commenc\u00e9 \u00e0 oublier un peu l&rsquo;arabe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Si les migrants de 2015 ont quitt\u00e9 les centres d&rsquo;h\u00e9bergement d&rsquo;urgence, de nombreux camps subsistent pour les arriv\u00e9es plus r\u00e9centes, notamment d&rsquo;Ukraine.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Environ 1.300 personnes vivent dans des hangars de l&rsquo;ancien a\u00e9roport berlinois de Tempelhof, datant de l&rsquo;\u00e9poque nazie.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Chaque pr\u00e9fabriqu\u00e9 contient quatre lits, des casiers, une table, pour une superficie totale de 12 m\u00e8tres carr\u00e9s. Vivre dans une telle promiscuit\u00e9 n&rsquo;est \u00ab\u00a0pas digne d&rsquo;un \u00eatre humain\u00a0\u00bb, de l&rsquo;aveu du directeur du centre, Robert Ziegler.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Le visage en sueur faute de climatisation, Faruk Polat, 34 ans, Kurde de Turquie qui vit ici depuis deux ans et demi, dit chercher un logement \u00ab\u00a0presque tous les jours en ligne\u00a0\u00bb. En vain.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">M\u00eame lorsque leur demande d&rsquo;asile est accept\u00e9e, ce qui les oblige th\u00e9oriquement \u00e0 partir, les r\u00e9fugi\u00e9s doivent \u00ab\u00a0rester ici plus longtemps\u00a0\u00bb \u00e0 cause d&rsquo;un march\u00e9 du logement \u00ab\u00a0tr\u00e8s tendu\u00a0\u00bb, explique Robert Ziegler.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">&#8211; Essor de l&rsquo;AfD &#8211;<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Ces tensions provoqu\u00e9es par l&rsquo;afflux de migrants\u00a0sur l&rsquo;offre de logements et les services publics font le miel de l&rsquo;AfD, qui a obtenu un score historique de 20,8% aux \u00e9lections l\u00e9gislatives nationales de f\u00e9vrier. Et appelle d\u00e9sormais ouvertement \u00e0 leur \u00ab\u00a0remigration\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">D\u00e8s d\u00e9but 2016, son essor a \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9 par les agressions sexuelles dont 1.200 femmes ont \u00e9t\u00e9 victimes lors de la nuit du Nouvel An, dont la moiti\u00e9 \u00e0 Cologne, selon le rapport final de la police criminelle cit\u00e9 par plusieurs m\u00e9dias.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Les agresseurs avaient \u00e9t\u00e9 pour la plupart d\u00e9crits comme d&rsquo;origine arabe ou nord-africaine.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Un an plus tard, un Tunisien fonce avec un camion sur un march\u00e9 de No\u00ebl \u00e0 Berlin, tuant 13 personnes, en blessant des dizaines d&rsquo;autres.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Ces derniers mois, de nouvelles attaques au couteau ou \u00e0 la voiture-b\u00e9lier, impliquant des demandeurs d&rsquo;asile, ont fait de l&rsquo;immigration un sujet central de la derni\u00e8re campagne l\u00e9gislative.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">L&rsquo;AfD est particuli\u00e8rement forte dans l&rsquo;ex-RDA communiste o\u00f9 elle a remport\u00e9 sa premi\u00e8re \u00e9lection r\u00e9gionale l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re en Thuringe, c\u0153ur historique de l&rsquo;Allemagne mais dont le PIB est un des moins \u00e9lev\u00e9s du pays.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Au march\u00e9 d&rsquo;Arnstadt, pr\u00e8s de la capitale r\u00e9gionale Erfurt, Monika Wassermann estime que le pays a accueilli \u00ab\u00a0trop d&rsquo;immigr\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0Beaucoup sont vraiment d\u00e9test\u00e9s parce qu&rsquo;ils obtiennent tout ce dont ils ont besoin\u00a0\u00bb, tandis que les Allemands \u00ab\u00a0doivent travailler dur pour cela\u00a0\u00bb, dit cette retrait\u00e9e de 66 ans.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Le boucher Ronny Hupf, 42 ans, juge aussi \u00ab\u00a0n\u00e9gativement\u00a0\u00bb la vague migratoire car \u00ab\u00a0le nombre de crimes violents a augment\u00e9 \u00e0 cause des migrants\u00a0\u00bb, assure-t-il.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Notamment sur le march\u00e9, o\u00f9 il dit avoir \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin d&rsquo;agressions. \u00ab\u00a0Il y a 15 ans, cela n&rsquo;existait pas\u00a0\u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">&#8211; Ins\u00e9curit\u00e9 croissante &#8211;<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Les actes de violence ont bien augment\u00e9 de 20% au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, selon les statistiques de la police.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">En 2024, environ 35% des suspects \u00e9taient des ressortissants \u00e9trangers, Syriens en t\u00eate, selon la police criminelle.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Cependant, l&rsquo;id\u00e9e que \u00ab\u00a0nous faisons face \u00e0 une situation d&rsquo;urgence sans pr\u00e9c\u00e9dent et incomparable est une exag\u00e9ration\u00a0\u00bb, estime Frank Neubacher, professeur de criminologie \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Cologne.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Les migrants sont surrepr\u00e9sent\u00e9s parce qu&rsquo;ils sont plus susceptibles d&rsquo;\u00eatre jeunes, de sexe masculin, habitant de grandes villes, autant de facteurs criminog\u00e8nes, souligne-t-il. Ils ont aussi davantage de chances d&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9s par la police.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Cette population est \u00e9galement la cible d&rsquo;agressions: les actes de discrimination et de violences x\u00e9nophobes ont bondi de pr\u00e8s d&rsquo;un tiers en un an pour atteindre environ 19.500 cas en 2024, selon la police criminelle.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Entr\u00e9e de la mosqu\u00e9e de Parchim mur\u00e9e en 2016, Syrien qui retire sa candidature aux \u00e9lections en raison des \u00ab\u00a0menaces\u00a0\u00bb en 2021&#8230; les exemples se sont multipli\u00e9s depuis.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Symbole concret du tour de vis op\u00e9r\u00e9 depuis les ann\u00e9es Merkel, les contr\u00f4les aux fronti\u00e8res instaur\u00e9s fin 2023 par son successeur social-d\u00e9mocrate Olaf Scholz, puis renforc\u00e9s par Friedrich Merz, ont contribu\u00e9 \u00e0 la chute du nombre d&rsquo;arriv\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Au premier semestre 2025, elles ont encore recul\u00e9 de pr\u00e8s de 50%, selon l&rsquo;Office f\u00e9d\u00e9ral des migrations et des r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">&#8211; D\u00e9samour &#8211;<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Un durcissement de la politique migratoire anxiog\u00e8ne pour de nombreux immigr\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Lors d&rsquo;une manifestation devant le Bundestag cet \u00e9t\u00e9, Saeed Saeed, 25 ans, a dit se sentir \u00ab\u00a0ind\u00e9sir\u00e9 dans ce pays\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Lorsqu&rsquo;il est arriv\u00e9 en 2015, ce Syrien \u00e9tait plein d&rsquo;optimisme sur son avenir en Allemagne. Mais depuis, \u00ab\u00a0les choses se compliquent\u00a0\u00bb, regrette cet\u00a0\u00e9tudiant en informatique qui vit \u00e0 Magdebourg, \u00e0 l&rsquo;ouest de Berlin.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Un migrant sur quatre envisage de quitter l&rsquo;Allemagne, les plus susceptibles de partir \u00e9tant les plus qualifi\u00e9s,\u00a0selon une \u00e9tude de l&rsquo;Institut pour la recherche sur l&#8217;emploi publi\u00e9e en janvier.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Raisons du d\u00e9samour: l&rsquo;absence de la famille, la fiscalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e, la bureaucratie ou un sentiment d&rsquo;exclusion li\u00e9 \u00e0 la politique ou la langue.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Depuis d\u00e9cembre et la chute de Bachar al-Assad, environ 4.000 Syriens d&rsquo;Allemagne ont d\u00e9cid\u00e9 de retourner au pays, selon des recherches du groupe audiovisuel public ARD.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">La restauratrice Malakeh Jazmati s&rsquo;est rendue \u00e0 Damas dans la foul\u00e9e mais exclut \u00e0 ca stade tout retour d\u00e9finitif.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0J&rsquo;ai deux enfants\u00a0\u00bb qui grandissent en allemand et \u00ab\u00a0ne connaissent rien de la Syrie\u00a0\u00bb, souligne-t-elle.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Mme Jazmati esp\u00e8re obtenir la citoyennet\u00e9 allemande d\u00e8s que son niveau d&rsquo;allemand sera suffisant pour l&rsquo;examen, \u00e0 l&rsquo;image de son mari qui l&rsquo;a d\u00e9croch\u00e9e en 2024.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Et \u00ab\u00a0m\u00eame si je n&rsquo;ai pas la citoyennet\u00e9 allemande, je fais partie de ce pays\u00a0\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">fec-pyv\/dp\/phs\/dro<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Sur la Sonnenallee, des hommes discutent devant des bars \u00e0 chicha, des femmes en hijab prom\u00e8nent des poussettes&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":352683,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[11,1011,27,4710,14,12,48926,28],"class_list":{"0":"post-352682","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-international","8":"tag-actualites","9":"tag-fr","10":"tag-france","11":"tag-friedrich-merz","12":"tag-international","13":"tag-news","14":"tag-vague-migratoire","15":"tag-world"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115113386602440153","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/352682","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=352682"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/352682\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/352683"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=352682"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=352682"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=352682"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}