{"id":355331,"date":"2025-08-30T23:27:36","date_gmt":"2025-08-30T23:27:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/355331\/"},"modified":"2025-08-30T23:27:36","modified_gmt":"2025-08-30T23:27:36","slug":"georges-de-la-tour-prince-des-tenebres-de-retour-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/355331\/","title":{"rendered":"Georges de La Tour, prince des t\u00e9n\u00e8bres, de retour \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<p class=\"field_LQ2154C\" style=\"text-align: justify;\">Alors que le sur\u00e9clairage des villes et l\u2019omnipr\u00e9sence de l\u2019<a href=\"https:\/\/www.connaissancedesarts.com\/arts-expositions\/joan-jonas-la-sorciere-electronique-la-tate-modern-de-londres-11100026\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">\u00e9lectronique<\/a> irradiant nos int\u00e9rieurs ont battu en br\u00e8che les t\u00e9n\u00e8bres, la \u00ab vraie \u00bb nuit semble s\u2019\u00eatre r\u00e9fugi\u00e9e dans les \u0153uvres de <a href=\"https:\/\/www.musee-jacquemart-andre.com\/fr\/georges-tour-realisme-et-spiritualite\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Georges de La Tour<\/a> (1593-1652). Une nuit dont on croirait palper l\u2019\u00e9pais velours. Dans ce noir insondable, la modeste lueur d\u2019une chandelle convoque le divin. Ma\u00eetre des effets lumineux, l\u2019artiste a fait de ses sc\u00e8nes nocturnes d\u00e9chir\u00e9es par l\u2019incandescence d\u2019une flamme solitaire son plus grand titre de gloire.<\/p>\n<p class=\"entry-related__title\"><strong>\u00c0 regarder aussi : <\/strong><\/p>\n<p>\t\tUn art du renoncement<\/p>\n<p class=\"field_LQ2154C\" style=\"text-align: justify;\">Ces compositions sont au c\u0153ur de l\u2019exposition de Jacquemart-Andr\u00e9, \u00e0 commencer par ce chef-d\u2019\u0153uvre, Le Nouveau-n\u00e9. C\u2019est aussi le tableau le plus populaire du peintre. Pour tout d\u00e9cor, un fond sombre sur lequel se d\u00e9tachent deux femmes humblement v\u00eatues contemplant un nourrisson endormi. Petite momie serr\u00e9e dans ses langes, celui-ci est pourtant bien vivant, avec sa bouche entrouverte, sa joue pleine et rose. Une chandelle invisible l\u2019\u00e9claire, projetant \u00e9galement une vive lumi\u00e8re sur le corsage de la femme de gauche. De sa main droite lev\u00e9e, celle-ci couvre la flamme, dans un geste simple et sublime qui semble envelopper l\u2019enfant d\u2019une b\u00e9n\u00e9diction protectrice. C\u2019est le miracle d\u2019une petite vie nouvelle. Quelle simplicit\u00e9 ! L\u2019art de La Tour est un art du renoncement. Ce grand d\u00e9pouillement va de pair avec une pr\u00e9dilection pour la repr\u00e9sentation des humbles. Adieu soieries, bijoux \u00e9tincelants, adieu riches tapis, mobilier sculpt\u00e9 ! Seuls quelques tr\u00e8s rares objets ont ici droit de cit\u00e9. M\u00eame ses compositions diurnes les plus \u00ab mondaines \u00bb comme Le Tricheur \u00e0 l\u2019as de carreau\u00a0ou La Diseuse de bonne aventure\u00a0(absentes de l\u2019exposition) conservent une retenue bourgeoise, loin de toute flamboyance baroque.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" width=\"653\" height=\"878\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-204404\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"Georges de La Tour, &lt;i&gt;La Femme \u00e0 la puce&lt;\/i&gt;, v. 1632-1635, huile sur toile, 121 x 89 cm, d\u00e9tail, Nancy, Mus\u00e9e Lorrain-Palais Des Ducs De Lorraine. \u00a9Thomas Clot.\" class=\"size-medium wp-image-204404\" data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/cdasept25_evenement_puce-tt-width-653-height-878-fill-0-crop-0-bgcolor-eeeeee.jpg\"\/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-204404\" class=\"wp-caption-text\">Georges de La Tour, La Femme \u00e0 la puce, v. 1632-1635, huile sur toile, 121 x 89 cm, d\u00e9tail, Nancy, Mus\u00e9e Lorrain-Palais Des Ducs De Lorraine. \u00a9Thomas Clot.<\/p>\n<p>Vraie nuit, faux jour<\/p>\n<p class=\"field_LQ2154C\" style=\"text-align: justify;\">La Tour n\u2019a pas invent\u00e9 le genre pictural des \u00ab Nuits \u00bb. Magistralement codifi\u00e9 par l\u2019Italien <a href=\"https:\/\/www.connaissancedesarts.com\/artistes\/caravage\/la-flagellation-du-christ-du-caravage-un-chef-doeuvre-surgi-des-tenebres-11183547\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Caravage<\/a> (1571-1610), ce \u00ab t\u00e9n\u00e9brisme \u00bb dramatique qui noie dans l\u2019ombre les figures pour n\u2019en \u00e9clairer vivement que certaines parties a \u00e9t\u00e9 propag\u00e9 par les nombreux \u00e9mules europ\u00e9ens de ce dernier, parmi lesquels le N\u00e9erlandais Gerrit Van Honthorst, \u00ab Gherardo della Notte \u00bb. La Tour participe de ce courant qu\u2019un autre grand Lorrain, Jacques Callot, a audacieusement traduit en gravure dans Le Brelan\u00a0ou Le B\u00e9n\u00e9dicit\u00e9, laissant au papier blanc le soin de repr\u00e9senter les zones \u00e9clair\u00e9es. Non seulement La Tour n\u2019a pas \u00ab invent\u00e9 \u00bb la nuit, mais il a peint \u00e9galement le jour. Aust\u00e8res, ses sc\u00e8nes diurnes pr\u00e9sentent un fond sombre et abstrait, tels les Ap\u00f4tres destin\u00e9s \u00e0 la cath\u00e9drale d\u2019Albi, aujourd\u2019hui diss\u00e9min\u00e9s dans le monde, le Saint Thomas\u00a0du Louvre ou l\u2019admirable Vieille Femme\u00a0de San Francisco.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" width=\"653\" height=\"999\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-204401\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"Georges de La Tour, &lt;i&gt;Saint Gr\u00e9goire&lt;\/i&gt;, 1620-1640, huile sur toile, 102 x 67 cm, Lisbonne, Museu nacional de Arte antiga. \u00a9Mmp, E.P.E.\/ADF, Lu\u00edsa Oliveira, 2022.\" class=\"size-medium wp-image-204401\" data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/cdasept25_evenement_gregoire-tt-width-653-height-999-fill-0-crop-0-bgcolor-eeeeee.jpg\"\/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-204401\" class=\"wp-caption-text\">Georges de La Tour, Saint Gr\u00e9goire, 1620-1640, huile sur toile, 102 x 67 cm, Lisbonne, Museu nacional de Arte antiga. \u00a9Mmp, E.P.E.\/ADF, Lu\u00edsa Oliveira, 2022.<\/p>\n<p class=\"field_LQ2154C\" style=\"text-align: justify;\">Les \u00ab jours \u00bb de La Tour sont presque aussi sombres que ses nuits\u2026 On serait parfois en mal de les d\u00e9partager, si la pr\u00e9sence d\u2019une flamme ne distinguait la \u00ab vraie \u00bb nuit du faux jour. On pensait g\u00e9n\u00e9ralement que les sc\u00e8nes diurnes pr\u00e9c\u00e9daient les <a href=\"https:\/\/www.connaissancedesarts.com\/artistes\/edvard-munch\/munch-a-paris-lexposition-qui-vous-emporte-entre-terreurs-nocturnes-et-eblouissement-solaire-11176846\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">nocturnes<\/a> dans la chronologie, jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019envo\u00fbtante Collecte des imp\u00f4ts\u00a0du mus\u00e9e de Lviv (Ukraine) ne bouleverse la donne. Non seulement cette \u0153uvre est dat\u00e9e du d\u00e9but de sa carri\u00e8re, mais les analyses ont montr\u00e9 qu\u2019elle est peinte sur un fond clair, contrairement \u00e0 la plupart des nocturnes ex\u00e9cut\u00e9s sur pr\u00e9paration rouge sombre ! Le peintre \u00e0 la chandelle tentait-il d\u2019enfumer les futurs historiens de l\u2019art ?<\/p>\n<p>\t\t\t\tUn La Tour dans le grenier ?\u00a0<\/p>\n<p>\t\t\tMais o\u00f9 sont donc pass\u00e9s le Denier de C\u00e9sar avec le Christ [\u2026] \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du Temple entour\u00e9 par une foule de pr\u00eatres et de disciples, ou cette Dame en habit de satin blanc devant un miroir\u00a0? La liste des tableaux perdus de Georges de La Tour fait r\u00eaver les historiens de l\u2019art. On br\u00fble de red\u00e9couvrir, dans le grenier d\u2019un ch\u00e2teau ou de quelque couvent, au fond d\u2019une r\u00e9serve de mus\u00e9e, un chef-d\u2019\u0153uvre in\u00e9dit du ma\u00eetre. Pourquoi pas un portrait, voire un paysage ? Sur les quatre \u00e0 cinq cents tableaux qu\u2019il dut peindre, on ne conna\u00eet qu\u2019une quarantaine d&rsquo;originaux. Il est donc permis de r\u00eaver ! Parmi les r\u00e9centes d\u00e9couvertes figurent le Saint Gr\u00e9goire\u00a0du mus\u00e9e de Lisbonne et un impressionnant Saint Jacques\u00a0attribu\u00e9 \u00e0 l\u2019atelier du peintre, vendu 512 000 \u20ac par Tajan \u00e0 Paris en 2023. J. C.\n\t\t<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" width=\"653\" height=\"751\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-204400\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"Georges de La Tour, &lt;i&gt;Le Fumeur, 1646, huile sur toile, 70,8 x 61,5 cm, d\u00e9tail, Tokyo Fuji Art Museum. \u00a9DnPartcom.\" class=\"size-medium wp-image-204400\" data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/cdasept25_evenement_fumeur-tt-width-653-height-751-fill-0-crop-0-bgcolor-eeeeee.jpeg\"\/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-204400\" class=\"wp-caption-text\">Georges de La Tour, Le Fumeur, 1646, huile sur toile, 70,8 x 61,5 cm, d\u00e9tail, Tokyo Fuji Art Museum. \u00a9DnPartcom.<\/p>\n<p>Divin myst\u00e8re<\/p>\n<p class=\"field_LQ2154C\" style=\"text-align: justify;\">Port\u00e9es \u00e0 un degr\u00e9 de perfection supr\u00eame, les \u00ab Nuits \u00bb ont permis \u00e0 l\u2019artiste de transfigurer les figures les plus humbles et d\u2019introduire un soup\u00e7on de myst\u00e8re divin dans les sc\u00e8nes les plus prosa\u00efques. \u00ab Georges de La Tour \u00e9lut la vie quotidienne la plus simple, la plongea et la simplifia encore dans la nuit, pour la rev\u00eatir du \u201c reflet de grandeur \u201d qu\u2019est la luisance, la couche de lumi\u00e8re. Qui est la source m\u00eame des aur\u00e9oles et des nimbes qui sacrent \u00bb, note l\u2019\u00e9crivain Pascal Quignard (Georges de La Tour, \u00e9d. Flohic, 1991). Il cite \u00e0 son propos le grand mystique espagnol Jean de la Croix, auteur du po\u00e8me La Nuit obscure,\u00a0mais aussi le cardinal de B\u00e9rulle, l\u2019abb\u00e9 de Saint-Cyran qui contribua \u00e0 r\u00e9pandre la doctrine jans\u00e9niste, ou leur contemporain le moraliste Jacques Esprit. La Tour s\u2019inscrit dans ce courant de spiritualit\u00e9 pure et aust\u00e8re marqu\u00e9 par la Contre-R\u00e9forme. Ses \u00ab Nuits \u00bb \u00e9l\u00e8vent l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" width=\"653\" height=\"743\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-204405\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"Georges de La Tour, &lt;i&gt;Saint Thomas&lt;i&gt;, v. 1634-1638, huile sur toile, 70 x 62 cm, Paris, mus\u00e9e du Louvre. \u00a9Josse\/Bridgeman Images.\" class=\"size-medium wp-image-204405\" data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/cdasept25_evenement_thomas-tt-width-653-height-743-fill-0-crop-0-bgcolor-eeeeee.jpg\"\/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-204405\" class=\"wp-caption-text\">Georges de La Tour, Saint Thomas, v. 1634-1638, huile sur toile, 70 x 62 cm, Paris, mus\u00e9e du Louvre. \u00a9Josse\/Bridgeman Images.<\/p>\n<p class=\"field_LQ2154C\" style=\"text-align: justify;\">Autre chef-d\u2019\u0153uvre de l\u2019exposition, la\u00a0Madeleine p\u00e9nitente\u00a0(Washington) en t\u00e9moigne puissamment.\u00a0 En grande partie masqu\u00e9e par le cr\u00e2ne que la sainte touche de la main, comme pour consolider sa foi, la flamme s\u2019incline vers la gauche, sugg\u00e9rant un long soupir.\u00a0D\u00e9coup\u00e9, de m\u00eame que la main, dans un puissant contrejour, le cr\u00e2ne se refl\u00e8te dans le miroir. La nuit a envahi presque tout le tableau, laissant la p\u00e9cheresse repentie dans le silence de sa m\u00e9ditation. Peint dans une gamme r\u00e9duite de rouge et de brun, le Saint J\u00e9r\u00f4me lisant\u00a0attribu\u00e9 \u00e0 l\u2019atelier de La Tour (Nancy) se construit autour du spectaculaire effet lumineux produit par la lettre r\u00e9tro-\u00e9clair\u00e9e, qui rend presque noire la main qui la tient. Avec\u00a0Saint Jean-Baptiste dans le d\u00e9sert,\u00a0red\u00e9couvert en 1993, l\u2019asc\u00e8se et le d\u00e9pouillement sont \u00e0 leur comble. La source lumineuse qui caresse l\u2019\u00e9paule et le genou du saint est invisible (pas de chandelle dans le d\u00e9sert !), la stylisation des formes pouss\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame, tout comme le renoncement \u00e0 la couleur. C\u2019est un pur instant de m\u00e9ditation. Une telle ma\u00eetrise a incit\u00e9 les sp\u00e9cialistes \u00e0 dater ce tableau des derni\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019artiste.<\/p>\n<p>Dans les limbes<\/p>\n<p class=\"field_LQ2154C\" style=\"text-align: justify;\">Faudrait-il \u00e9galement compter Le Nouveau-n\u00e9\u00a0parmi ces tableaux de pi\u00e9t\u00e9 ? Car bien s\u00fbr \u00ab on se demande s\u2019il s\u2019agit seulement de deux femmes et d\u2019un b\u00e9b\u00e9, ou de la Vierge Marie, sainte Anne et l\u2019enfant J\u00e9sus, remarque Gail Feigenbaum, commissaire de l\u2019exposition avec Pierre Curie. Seule la lumi\u00e8re sugg\u00e8re la saintet\u00e9 des personnages. La Tour aime rester dans les limbes de l\u2019ambigu\u00eft\u00e9, il situe le divin dans le monde \u00bb. Or, dans le monde, les saints ne portent pas plus d\u2019aur\u00e9ole que les anges n\u2019ont d\u2019ailes ! Au sein de l\u2019exposition, seul l\u2019admirable Saint J\u00e9r\u00f4me p\u00e9nitent (Grenoble), repr\u00e9sentation saisissante d\u2019un corps vieilli d\u00e9form\u00e9 par les mortifications, est pourvu d\u2019attributs religieux. Devant de tels sommets, on s\u2019\u00e9tonne que les rares documents d\u2019archives \u00e9clairant le personnage de La Tour d\u00e9peignent un homme d\u00e9testable, un bourgeois avide, imbu de ses privil\u00e8ges, dont les chiens d\u00e9truisent les r\u00e9coltes des pauvres gens. La force mystique de ses grands chefs-d\u2019\u0153uvre laissait esp\u00e9rer mieux !<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" width=\"653\" height=\"949\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-204402\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"Georges de La Tour, &lt;i&gt;Saint J\u00e9r\u00f4me p\u00e9nitent&lt;\/i&gt;, v. 1630, huile sur toile, 152 x 109 cm, Stockholm, Nationalmuseum. \u00a9Josse\/Bridgeman Images.\" class=\"size-medium wp-image-204402\" data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/cdasept25_evenement_jerome-tt-width-653-height-949-fill-0-crop-0-bgcolor-eeeeee.jpg\"\/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-204402\" class=\"wp-caption-text\">Georges de La Tour, Saint J\u00e9r\u00f4me p\u00e9nitent, v. 1630, huile sur toile, 152 x 109 cm, Stockholm, Nationalmuseum. \u00a9Josse\/Bridgeman Images.<\/p>\n<p class=\"field_LQ2154C\" style=\"text-align: justify;\">Curieusement, la nuit n\u2019enveloppe pas seulement des sujets religieux. La Fillette au brasero\u00a0et Le Fumeur\u00a0aux joues gonfl\u00e9es ravivent tous deux une flamme de leur souffle. Comble du trivial par son sujet, la spectaculaire Femme \u00e0 la puce\u00a0exalte toutes les s\u00e9ductions du genre. Quant \u00e0 La Collecte des imp\u00f4ts\u00a0dont la grande qualit\u00e9 picturale est magnifi\u00e9e par le bel \u00e9tat de conservation, elle jouit du m\u00eame \u00e9clairage que le\u00a0Reniement de saint Pierre. L\u2019artiste met donc les m\u00eames moyens plastiques, la m\u00eame gravit\u00e9, pour traiter un \u00e9pisode de la vie quotidienne que pour aborder un sujet de l\u2019\u00c9vangile. La nuit se vendait bien, ce qui n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 son g\u00e9nie. Il faut bien vivre ! Cependant, certains ont vu dans\u00a0La Collecte des imp\u00f4ts\u00a0un \u00ab Judas percevant le prix de sa trahison \u00bb, de m\u00eame qu\u2019une s\u00e9duisante lecture de la\u00a0Femme \u00e0 la puce\u00a0a d\u00e9cel\u00e9 sous sa main l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de la croix d\u2019un rosaire. L\u2019ambigu\u00eft\u00e9, encore et toujours !<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" width=\"653\" height=\"980\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-201639\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"Georges de La Tour, Job raill\u00e9 par sa femme, vers 1630, huile sur toile, 147,5 x 97 cm, Epinal, mus\u00e9e d\u00e9partemental d\u2019art ancien et contemporain \u00a9 Mus\u00e9e d\u00e9partemental d\u2019art ancien et contemporain, \u00c9pinal, clich\u00e9 Claude Philippot\" class=\"size-medium wp-image-201639\" data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/cda25_actu_annonce_la_tour_job-tt-width-653-height-980-fill-0-crop-0-bgcolor-eeeeee.jpg\"\/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-201639\" class=\"wp-caption-text\">Georges de La Tour, Job raill\u00e9 par sa femme, vers 1630, huile sur toile, 147,5 x 97 cm, Epinal, mus\u00e9e d\u00e9partemental d\u2019art ancien et contemporain \u00a9 Mus\u00e9e d\u00e9partemental d\u2019art ancien et contemporain, \u00c9pinal, clich\u00e9 Claude Philippot<\/p>\n<p>Zones d\u2019ombre<\/p>\n<p class=\"field_LQ2154C\" style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 les tr\u00e9sors d\u2019\u00e9rudition d\u00e9ploy\u00e9s par plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de sp\u00e9cialistes, la biographie de l\u2019artiste reste elle-m\u00eame un domaine obscur\u00a0travers\u00e9 par quelques brillants \u00e9clairs. N\u00e9 \u00e0 Vic, dans l\u2019\u00e9v\u00each\u00e9 de Metz, La Tour\u00a0fit l\u2019essentiel de sa carri\u00e8re en Lorraine. Install\u00e9 \u00e0 Lun\u00e9ville en 1618, il b\u00e9n\u00e9ficia d\u2019achats du duc de Lorraine. Mais devenu \u00ab peintre ordinaire \u00bb de Louis XIII, il compta aussi parmi ses clients d\u2019influents personnages du royaume de France, \u00e0 commencer par Richelieu. Il meurt jeune, en pleine gloire, et tr\u00e8s vite son nom est effac\u00e9 de l\u2019Histoire. Parmi les \u00e9nigmes tenaces qui subsistent figure l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un s\u00e9jour en Italie, entre 1610 et 1616. Alors \u00e0 l\u2019apog\u00e9e de son rayonnement, Rome attire trois autres grands artistes lorrains, le graveur Jacques Callot, les peintres Claude Deruet et Jean Le Clerc.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" width=\"653\" height=\"453\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-204403\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"Georges de La Tour, &lt;i&gt;Les Joueurs de d\u00e9s&lt;\/i&gt;, v. 1650-1651, huile sur toile, 92,5 x 130,5 cm \u00a9Stockton-on-Tees, Preston Park Museum and Grounds\/Simon Hill-Scirebr\u00f6c.\" class=\"size-medium wp-image-204403\" data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/cdasept25_evenement_joueurs-tt-width-653-height-453-fill-0-crop-0-bgcolor-eeeeee.jpg\"\/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-204403\" class=\"wp-caption-text\">Georges de La Tour, Les Joueurs de d\u00e9s, v. 1650-1651, huile sur toile, 92,5 x 130,5 cm \u00a9Stockton-on-Tees, Preston Park Museum and Grounds\/Simon Hill-Scirebr\u00f6c.<\/p>\n<p class=\"field_LQ2154C\" style=\"text-align: justify;\">Mais comme le souligne l\u2019exposition, les rapports de La Tour avec les <a href=\"https:\/\/www.connaissancedesarts.com\/arts-expositions\/paris\/la-finlande-a-paris-edelfelt-et-gallen-kallela-font-rayonner-la-peinture-venue-du-nord-11172968\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">\u00e9coles du Nord<\/a> sont \u00e9galement d\u00e9cisifs. Faut-il pour autant en d\u00e9duire un voyage nordique ? Red\u00e9couvert en 1863, La Tour ne fut pleinement r\u00e9tabli dans son statut de grand peintre du XVIIe que dans la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle. C\u2019est l\u2019une des plus belles reconqu\u00eates de l\u2019histoire de l\u2019art. S\u2019il est bel et bien ce \u00ab dieu de la peinture pure \u00bb qu\u2019acclamait Andr\u00e9 Fermigier dans \u00ab Le Nouvel Observateur \u00bb lors de la premi\u00e8re r\u00e9trospective qui marqua la reconnaissance de l\u2019artiste en 1972, il subsiste bien des ombres au tableau. Ne dit-on pas que les voies du Seigneur sont imp\u00e9n\u00e9trables ? Comme les t\u00e9n\u00e8bres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Alors que le sur\u00e9clairage des villes et l\u2019omnipr\u00e9sence de l\u2019\u00e9lectronique irradiant nos int\u00e9rieurs ont battu en br\u00e8che les&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":355332,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1358],"tags":[1348,1384,1385,1386,58,59,1011,27],"class_list":{"0":"post-355331","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-arts","9":"tag-arts-and-design","10":"tag-arts-et-design","11":"tag-design","12":"tag-divertissement","13":"tag-entertainment","14":"tag-fr","15":"tag-france"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115120311073932946","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/355331","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=355331"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/355331\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/355332"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=355331"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=355331"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=355331"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}