{"id":356870,"date":"2025-08-31T18:42:15","date_gmt":"2025-08-31T18:42:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/356870\/"},"modified":"2025-08-31T18:42:15","modified_gmt":"2025-08-31T18:42:15","slug":"wir-schaffen-das-dix-ans-apres-cette-declaration-phare-dangela-merkel-quel-bilan-de-laccueil-des-refugies-en-allemagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/356870\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Wir schaffen das\u00a0\u00bb: dix ans apr\u00e8s cette d\u00e9claration phare d&rsquo;Angela Merkel, quel bilan de l&rsquo;accueil des r\u00e9fugi\u00e9s en Allemagne?"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.lalibre.be\/international\/europe\/2022\/08\/30\/les-naturalisations-de-syriens-saccelerent-en-allemagne-je-voulais-une-vie-normale-jy-suis-parvenue-JGQNWV72RVAX3M7CL5ZCAQRZX4\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\" class=\"ap-StoryInterstitialLink ap-StoryElement ap-StoryElement--mb js-paywall-target\">Les naturalisations de Syriens s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8rent en Allemagne: \u00ab\u00a0Je voulais une vie normale, j&rsquo;y suis parvenue\u00a0\u00bb<\/a>L&rsquo;Allemagne, l&rsquo;eldorado europ\u00e9en<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Comme Hussam, 98 % des r\u00e9fugi\u00e9s arriv\u00e9s en Allemagne entre 2015 et 2019 ont pour projet d&rsquo;y rester et d&rsquo;obtenir la nationalit\u00e9, selon des chiffres de l&rsquo;institut allemand pour la recherche \u00e9conomique (DIW). Le pays est devenu pour beaucoup de ressortissants notamment syriens, afghans et irakiens, un eldorado comme l&rsquo;explique Jochen Oltmer, professeur sp\u00e9cialiste des migrations \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Osnabr\u00fcck. \u00ab\u00a0La migration d\u00e9pend dans une tr\u00e8s large mesure de r\u00e9seaux familiaux, relationnels et amicaux. Et on sait que dans ces r\u00e9seaux, l&rsquo;Allemagne et tout ce qu&rsquo;elle repr\u00e9sente sont vus de fa\u00e7on tr\u00e8s positive\u00a0\u00bb, observe-t-il.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Ce que confirme Hussam : \u00ab\u00a0Quand j&rsquo;ai compris que je ne pourrai pas rentrer dans mon pays, j&rsquo;ai choisi d&rsquo;aller en Allemagne. Je ne connaissais que le nom, je ne savais pas o\u00f9 c&rsquo;\u00e9tait ni ce qui m&rsquo;y attendait. Mais je ne savais pas non plus quoi faire d&rsquo;autre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Au printemps 2015, il s&rsquo;est donc mis en route. Il a ainsi travers\u00e9 un bras de la mer Eg\u00e9e en canot pneumatique pour arriver sur l&rsquo;\u00eele grecque de Chios, avant de partir pour Ath\u00e8nes d&rsquo;o\u00f9 il rejoindra la Mac\u00e9doine du Nord, puis la Serbie. Dans ce pays, il raconte avoir \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0tr\u00e8s mal trait\u00e9\u00a0\u00bb par la police, avoir eu \u00ab\u00a0tr\u00e8s peur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Il a ensuite continu\u00e9 le trajet cach\u00e9 dans la voiture d&rsquo;un passeur pour arriver en Hongrie. L\u00e0, il va acheter un v\u00e9lo \u00e0 300 euros \u00e0 d&rsquo;autres passeurs et prendre la direction de l&rsquo;Autriche, o\u00f9 il prendra un train pour Berlin, sa destination finale o\u00f9 il arrive mi-avril 2015. \u00ab\u00a0J&rsquo;avais choisi Berlin car c&rsquo;est la capitale, c&rsquo;est grand, et plut\u00f4t facile d&rsquo;obtenir l&rsquo;asile.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>D\u00e9cision nationale, cons\u00e9quences locales<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Peu de temps apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;Hussam et au vu de la vague de r\u00e9fugi\u00e9s vers l&rsquo;Europe, la chanceli\u00e8re Angela Merkel va annoncer que son pays ouvre ses fronti\u00e8res. En l&rsquo;espace de quelques mois, pr\u00e8s de 800 000 personnes entrent alors en Allemagne \u2013 notamment via la Bavi\u00e8re, dans le sud du pays.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">De nombreuses petites villes se transforment en points de passage. Notamment la petite bourgade de 3000 \u00e2mes de Neuhaus am Inn, \u00e0 la fronti\u00e8re avec l&rsquo;Autriche. Si le flux de r\u00e9fugi\u00e9s s&rsquo;est aujourd&rsquo;hui tari, \u00ab\u00a0il en arrivait 50 par heure\u00a0\u00bb en septembre 2015, explique le maire Stephan Dorn, qui \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque premier adjoint. \u00ab\u00a0Nous avons g\u00e9r\u00e9 les choses de fa\u00e7on pragmatique, avec une volont\u00e9 constante d&rsquo;aider tant que les gens venaient. Il n&rsquo;y a eu ni grande euphorie ni grand rejet de la part de la population.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Une tente pr\u00eat\u00e9e par une brasserie locale avait \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9e sur le parking d&rsquo;un gymnase, lui aussi r\u00e9quisitionn\u00e9 pour l&rsquo;accueil des r\u00e9fugi\u00e9s. Des volontaires se sont mobilis\u00e9s pour apporter de l&rsquo;eau et des plats chauds.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">\u00c0 environ 150km de l\u00e0, la capitale r\u00e9gionale Munich ouvrait ses portes \u00e0 des dizaines de milliers de personnes. Les sc\u00e8nes de liesse o\u00f9 les Allemands applaudissent les nouveaux arrivants en gare feront le tour du monde. Les mots d&rsquo;Angela Merkel r\u00e9sonnent, l&rsquo;Allemagne \u00e9crit l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Mais sur le terrain, \u00e0 Neuhaus am Inn et ailleurs, on doute d\u00e9j\u00e0 se souvient le maire conservateur, \u00e9lu de la CSU : \u00ab\u00a0Les responsables politiques nationaux ont fait de grandes d\u00e9clarations, puis ont ouvert les fronti\u00e8res. Mais au final, c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 nous, en tant que commune, de veiller \u00e0 ce que les gens aient de quoi manger et boire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dix ans apr\u00e8s, la situation stagne<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Karim a aujourd&rsquo;hui 21 ans. Alors qu&rsquo;il \u00e9tait encore mineur, il a quitt\u00e9 sa Syrie natale pour \u00ab\u00a0aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole en Turquie\u00a0\u00bb o\u00f9 il sera victime de racisme, alors que ce pays accueille d\u00e9j\u00e0 pr\u00e8s de 3 millions de Syriens. Il a donc entrepris de rejoindre l&rsquo;Allemagne o\u00f9 vivent deux de ses oncles. Dot\u00e9 d&rsquo;un faux passeport, il est arriv\u00e9 \u00e0 Berlin le 1er janvier 2024, le jour de ses vingt ans. Sa demande d&rsquo;asile a \u00e9t\u00e9 rapidement accept\u00e9e. \u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, sourit-il, je prends des cours d&rsquo;allemand, et je suis volontaire dans une association d&rsquo;aide aux plus d\u00e9munis\u00a0\u00bb, tout en cherchant un emploi.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">\u00ab\u00a0Si l&rsquo;on regarde les chiffres de plus pr\u00e8s, analyse le chercheur Jochen Oltmer, on constate qu&rsquo;une grande partie des personnes arriv\u00e9es en 2015 ont aujourd&rsquo;hui un emploi r\u00e9mun\u00e9r\u00e9, la plupart \u00e0 temps plein\u00a0\u00bb. Selon une \u00e9tude de l&rsquo;institut allemand du travail, 64 % des r\u00e9fugi\u00e9s en \u00e2ge de travailler arriv\u00e9s en 2015 ont en effet un emploi, un chiffre qui atteint 76 % chez les hommes.<\/p>\n<p>M\u00e9fiance et peurs<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Pourtant, les demandeurs d&rsquo;asile font face au quotidien \u00e0 une m\u00e9fiance grandissante de la population allemande \u00e0 leur \u00e9gard, comme le rappelle le chercheur : \u00ab\u00a0Depuis l&rsquo;automne 2015, un lien est fait entre les politiques migratoires et de s\u00e9curit\u00e9. Et on voit un rejet global de la migration. On oublie les destins individuels de ces gens pour les r\u00e9duire \u00e0 une masse anonyme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">En 2024, le gouvernement de gauche d&rsquo;Olaf Scholz a m\u00eame r\u00e9introduit les contr\u00f4les aux fronti\u00e8res, toujours en place aujourd&rsquo;hui. \u00c0 Neuhaus am Inn en Bavi\u00e8re, le maire regrette d\u00e9sormais d&rsquo;\u00eatre s\u00e9par\u00e9 de la ville voisine autrichienne de Sch\u00e4rding, situ\u00e9e simplement de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un pont, avec laquelle il partage une culture, une histoire et un dialecte. Mais il soutient la politique de son gouvernement : \u00ab\u00a0Toute personne ayant un motif valable doit pouvoir obtenir l&rsquo;asile chez nous, comme les r\u00e9fugi\u00e9s de guerre. Mais pour prot\u00e9ger ce droit en Allemagne comme en Europe, il faut alors dire stop aux abus.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.lalibre.be\/international\/europe\/2025\/02\/22\/en-allemagne-face-a-lextreme-droite-le-desarroi-des-partis-du-centre-NZLQ4WBNMFBV3BFLUHWWWYT7KE\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\" class=\"ap-StoryInterstitialLink ap-StoryElement ap-StoryElement--mb\">En Allemagne, face \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame droite, le d\u00e9sarroi des partis du centre<\/a>L&rsquo;Allemagne y est-elle arriv\u00e9e ?<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Hussam, qui travaille d\u00e9sormais \u00e0 Berlin pour la soci\u00e9t\u00e9 ferroviaire allemande Deutsche Bahn, voit bien que les regards sur lui ont chang\u00e9 dans la rue en 10 ans. \u00ab\u00a0Je me sens affect\u00e9 par certaines personnes criminelles qui tra\u00eenent dans les rues, et font les titres des journaux. Il faut fixer des limites tr\u00e8s strictes \u00e0 ce genre de personnes. Les punir. Peut-\u00eatre m\u00eame les renvoyer dans leur pays\u00a0\u00bb, dit-il, \u00e0 propos de certains exil\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Un point de vue partag\u00e9 par de tr\u00e8s nombreux Allemands, 41 % souhaitent m\u00eame un renforcement des r\u00e8gles d&rsquo;asile selon un sondage de Statista de janvier 2025.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Quand on lui pose la question de savoir si l&rsquo;Allemagne a tenu la promesse d&rsquo;Angela Merkel, Jochen Oltmer h\u00e9site : \u00ab\u00a0La vraie question, c&rsquo;est &lsquo;qui a r\u00e9ussi quoi ?&rsquo; En 2015, la chanceli\u00e8re faisait r\u00e9f\u00e9rence dans son discours aux L\u00e4nder et aux communes. Elle ne dit donc rien sur les b\u00e9n\u00e9voles et leur importance dans l&rsquo;accueil.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Il regrette surtout que jamais, la question de la r\u00e9ussite des demandeurs d&rsquo;asile ne soit pos\u00e9e : \u00ab\u00a0Dans la plupart des cas, les r\u00e9fugi\u00e9s ont accompli quelque chose, ils ont trouv\u00e9 du travail, ont fond\u00e9 une famille, ont obtenu la nationalit\u00e9 allemande.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Ce qu&rsquo;illustre Karim qui a trouv\u00e9 une nouvelle patrie : \u00a0\u00bb Ici, je me sens comme si j&rsquo;\u00e9tais en Syrie, comme dans mon pays\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les naturalisations de Syriens s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8rent en Allemagne: \u00ab\u00a0Je voulais une vie normale, j&rsquo;y suis parvenue\u00a0\u00bbL&rsquo;Allemagne, l&rsquo;eldorado europ\u00e9en Comme&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":356871,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1587],"tags":[11,672,1804,1805,1803,1777,674,1801,1227,12,1802],"class_list":{"0":"post-356870","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-allemagne","8":"tag-actualites","9":"tag-allemagne","10":"tag-bundesrepublik-deutschland","11":"tag-de","12":"tag-deutschland","13":"tag-eu","14":"tag-europe","15":"tag-germany","16":"tag-horizontal","17":"tag-news","18":"tag-republique-federale-dallemagne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115124852750202710","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/356870","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=356870"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/356870\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/356871"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=356870"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=356870"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=356870"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}