{"id":357031,"date":"2025-08-31T20:37:16","date_gmt":"2025-08-31T20:37:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/357031\/"},"modified":"2025-08-31T20:37:16","modified_gmt":"2025-08-31T20:37:16","slug":"reminiscence-critique-inoubliable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/357031\/","title":{"rendered":"Reminiscence : critique inoubliable"},"content":{"rendered":"<p>        m\u00e9moires programm\u00c9es<\/p>\n<p>L\u2019ironie mordante de la r\u00e9ception critique de <strong>Reminiscence<\/strong> n\u2019aura \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 personne. Tout entier articul\u00e9 autour du concept de souvenir, le h\u00e9ros \u00e9tant charg\u00e9 de faire revivre \u00e0 ses clients les moments importants de leur vie, de gr\u00e9 ou de force, le long-m\u00e9trage ne sera pourtant pas m\u00e9morable. En effet, <strong>Lisa Joy y r\u00e9cite les codes du polar high tech<\/strong>, avec d\u00e9cors v\u00e9tustes, personnages brutaux et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, retournements de situation moraux, principes technologiques addictifs, femmes fatales et pass\u00e9s sombres. L\u2019intrigue se d\u00e9roule sans \u00e9clat mais sans ennui, sans folie mais sans fausse note.<\/p>\n<p><strong>Reminiscence<\/strong> est de ces films faibles en scories, l\u00e9ch\u00e9s, techniquement irr\u00e9prochables\u2026 <strong>et de fait parfaitement anonymes<\/strong>. Paul Cameron, r\u00e9alisateur sur un \u00e9pisode de\u00a0<strong>Westworld <\/strong>(s\u00e9rie qui a fait conna\u00eetre la cin\u00e9aste) mais surtout en charge de la photographie de quelques r\u00e9f\u00e9rences esth\u00e9tiques absolues comme <strong>Collat\u00e9ral\u00a0<\/strong>ou <strong>Man on Fire<\/strong>, met judicieusement en valeur les rues inond\u00e9es dans lesquelles se morfondent des protagonistes fragiles, sans pour autant c\u00e9der \u00e0 la r\u00e9f\u00e9rence facile aux classiques du genre.<\/p>\n<p class=\"text-center\"><a href=\"https:\/\/www.ecranlarge.com\/content\/uploads\/2021\/08\/reminiscence-photo-hugh-jackman-1392935.jpg\" data-height=\"670\" data-width=\"1600\" data-lightbox=\"article-images\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"photo, Hugh Jackman\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/reminiscence-photo-hugh-jackman-1392935-630x264.jpg\" width=\"630\" height=\"264\"\/><\/a>Creuser les souvenirs des autres\u2026 et les siens<\/p>\n<p>La bande originale de\u00a0Ramin Djawadi\u00a0reste tr\u00e8s discr\u00e8te, mais n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 s\u2019autoriser quelques audaces, en prolongeant par exemple le rythme d\u2019un juke-box cass\u00e9. <strong>La mise en sc\u00e8ne de Joy parvient \u00e0 conf\u00e9rer \u00e0 son r\u00e9cit une certaine ampleur<\/strong>, y compris lors des quelques mano a mano qui pars\u00e8ment ces presque 2 heures, \u00e9tonnamment fluides et m\u00eame parfois plut\u00f4t inventifs.<\/p>\n<p><strong>Quant au casting, il est irr\u00e9prochable<\/strong>. Hugh Jackman est \u00e9videmment \u00e0 l\u2019aise dans le r\u00f4le d\u2019un v\u00e9t\u00e9ran m\u00e9lancolique, hant\u00e9 par sa fugace aventure amoureuse. Rebecca Ferguson, avec son talent habituel, incarne \u00e0 la perfection la femme fatale trop belle pour \u00eatre vraie.\u00a0Thandiwe Newton apporte un contrepoint physique et psychologique au h\u00e9ros, tandis que Cliff Curtis, rompu \u00e0 l\u2019exercice, r\u00e9v\u00e8le les stigmates de la pourriture d\u2019un monde avec dext\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Difficile de ne pas se lancer dans un exercice d\u2019\u00e9num\u00e9ration. C\u2019est l\u2019\u00e9vidence\u00a0: tout le monde est \u00e0 sa place. Sauf qu\u2019\u00e0 force de classicisme,\u00a0<strong>le sc\u00e9nario finit par sembler tr\u00e8s m\u00e9canique<\/strong>. Et si rien n\u2019est fonci\u00e8rement irritant, la somme des parties n\u2019inspire pas grand-chose. On se laisse donc porter, innocemment, par cette histoire, persuad\u00e9s de l\u2019avoir d\u00e9j\u00e0 entendue plusieurs centaines de fois. L\u2019exp\u00e9rience a beau ne pas \u00eatre d\u00e9sagr\u00e9able, elle s\u2019oublie \u00e0 peu pr\u00e8s aussi vite qu\u2019une news Ecran Large \u00e0 propos de la derni\u00e8re r\u00e9v\u00e9lation de Kevin Feige.<\/p>\n<p class=\"text-center\"><a href=\"https:\/\/www.ecranlarge.com\/content\/uploads\/2021\/08\/reminiscence-photo-hugh-jackman-rebecca-ferguson-1392932.jpg\" data-height=\"1067\" data-width=\"1600\" data-lightbox=\"article-images\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"photo, Hugh Jackman, Rebecca Ferguson\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/reminiscence-photo-hugh-jackman-rebecca-ferguson-1392932-630x420.jpg\" width=\"630\" height=\"420\"\/><\/a>Amour toujours<\/p>\n<p>Au bord du gouffre<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre n\u2019est ce pas dans la narration qu\u2019il faut traquer les qualit\u00e9s de ce <strong>Reminiscence<\/strong>. Car en filigrane, derri\u00e8re les rebondissements \u00e9cul\u00e9s d\u2019un polar confortable, se cache la description d\u2019<strong>un monde perp\u00e9tuellement au bord de l\u2019engloutissement<\/strong>. Bien s\u00fbr, l\u2019id\u00e9e d\u2019un futur proche victime de la mont\u00e9e des eaux n\u2019est pas d\u2019une grande originalit\u00e9, aussi bien au cin\u00e9ma qu\u2019en bande dessin\u00e9e. N\u00e9anmoins, la mani\u00e8re dont cet arri\u00e8re-plan, surlign\u00e9 par une direction artistique tr\u00e8s jolie, irradie, a quelque chose de fascinant, d\u2019autant qu\u2019il se superpose \u00e0 toutes les strates du long-m\u00e9trage.<\/p>\n<p>L\u2019ouverture, long travelling avant num\u00e9rique, prend \u00e0 rebours nos attentes vis-\u00e0-vis d\u2019une proposition de science-fiction proche (le \u00ab\u00a0near future\u00a0\u00bb). Plut\u00f4t que de partir du pr\u00e9sent pour r\u00e9v\u00e9ler le d\u00e9cr\u00e9pissage de la civilisation, elle d\u00e9bute encore plus loin dans le futur, et remonte jusqu\u2019au temps de l\u2019action, r\u00e9v\u00e9lant d\u00e8s ce premier plan le destin de l\u2019univers pr\u00e9sent\u00e9.<\/p>\n<p class=\"text-center\"><a href=\"https:\/\/www.ecranlarge.com\/content\/uploads\/2021\/08\/reminiscence-photo-1392937.jpg\" data-height=\"670\" data-width=\"1600\" data-lightbox=\"article-images\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"photo\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/reminiscence-photo-1392937-630x264.jpg\" width=\"630\" height=\"264\"\/><\/a>Smoke on the water<\/p>\n<p>Pass\u00e9 \u00e0 peine quelques secondes, le r\u00e9cit existe d\u00e9j\u00e0 dans la perspective d\u2019un an\u00e9antissement progressif, in\u00e9luctable. C\u2019est un avant, pas un apr\u00e8s. Les \u00e9v\u00e8nements qui nous s\u00e9parent de cette \u00e9poque les pieds dans l\u2019eau ne seront jamais montr\u00e9s, seulement racont\u00e9s. L\u2019apocalypse \u00e0 laquelle ce monde se pr\u00e9pare doucement n\u2019est pas soudaine, elle est plus vicieuse encore. <strong>Elle\u00a0engloutit, les corps et les esprits.<\/strong><\/p>\n<p>Chacun est donc au bord de la noyade. Les souvenirs \u00e9ternels dans lesquels propose de d\u00e9river Nick, ne sont qu\u2019une mar\u00e9e suppl\u00e9mentaire, emportant les nostalgiques. Menac\u00e9s par l\u2019engloutissement du futur, ils pr\u00e9f\u00e8rent se laisser engloutir par le pass\u00e9. Pour le reste, il y a la drogue, l\u2019alcool ou bien s\u00fbr l\u2019amour, qui enl\u00e8ve notre h\u00e9ros comme une vague terrassante. C\u2019est lorsqu\u2019il d\u00e9cide de faire sombrer ses personnages, parfois au sens propre (le plan du piano qui tombe a des allures de peinture) que le film se d\u00e9fend le mieux. Et quand ils touchent le fond, <strong>il peut enfin se d\u00e9p\u00eatrer, le temps d\u2019une sc\u00e8ne ou deux, de son classicisme<\/strong>, par exemple au d\u00e9tour d\u2019un d\u00e9ferlement de cruaut\u00e9 peu concevable.<\/p>\n<p class=\"text-center\"><a href=\"https:\/\/www.ecranlarge.com\/content\/uploads\/2021\/08\/reminiscence-photo-hugh-jackman-1392938.jpg\" data-height=\"1067\" data-width=\"1600\" data-lightbox=\"article-images\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"photo, Hugh Jackman\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/reminiscence-photo-hugh-jackman-1392938-630x420.jpg\" width=\"630\" height=\"420\"\/><\/a>Vestiges engloutis<\/p>\n<p>On est loin d\u2019une r\u00e9volution, certes. Mais \u00e0 une \u00e8re hollywoodienne o\u00f9 le futur proche est un peu devenu le pr\u00e9texte sc\u00e9naristique par excellence, du moins depuis que Tony Stark a fait des hologrammes les instruments ultimes de l\u2019explication foireuse, voir un produit de studio accorder autant d\u2019importance \u00e0 un traitement beaucoup plus int\u00e9ressant de la science-fiction fait du bien, quand bien m\u00eame le r\u00e9sultat s\u2019oublie vite. Une force de proposition qui n\u2019emp\u00eachera malheureusement pas cet intrus perdu dans un \u00e9t\u00e9 plein \u00e0 craquer de blockbusters douteux de sombrer rapidement. L\u00e0 encore, l\u2019ironie est mordante. <strong>Et un peu triste<\/strong>.<\/p>\n<p class=\"text-center\"><a href=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/reminiscence-affiche-1380865.jpg\" data-height=\"852\" data-width=\"560\" data-lightbox=\"article-images\"><img decoding=\"async\" alt=\"affiche\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/reminiscence-affiche-1380865.jpg\"\/><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"m\u00e9moires programm\u00c9es L\u2019ironie mordante de la r\u00e9ception critique de Reminiscence n\u2019aura \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 personne. 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