{"id":36007,"date":"2025-04-19T08:08:14","date_gmt":"2025-04-19T08:08:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/36007\/"},"modified":"2025-04-19T08:08:14","modified_gmt":"2025-04-19T08:08:14","slug":"la-mortalite-infantile-ne-cesse-daugmenter-en-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/36007\/","title":{"rendered":"la mortalit\u00e9 infantile ne cesse d\u2019augmenter en France"},"content":{"rendered":"<p>Un enfant sur 250 meurt avant l\u2019\u00e2ge de 1 an en France. Tel est le constat <a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/8547061\" rel=\"nofollow noopener\">du dernier rapport de l\u2019Insee sur la mortalit\u00e9 infantile<\/a>. En 2024, 2.700 enfants de moins de 1 an sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s en France, soit 4,1 d\u00e9c\u00e8s pour 1.000 enfants (4,1 \u2030) n\u00e9s vivants. Avec les progr\u00e8s permis par la m\u00e9decine, la mortalit\u00e9 infantile en France ne devrait pas \u00eatre aussi forte, constatent les professionnels de sant\u00e9. Mais elle progresse\u00a0: depuis 2011, le taux a l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9, passant de 3,5 \u2030 \u00e0 4,1 \u2030 en 2024. Depuis 2015, ce taux est m\u00eame sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne de l\u2019Union europ\u00e9enne, qui \u00e9tait de 3,3\u202f\u2030 en 2023 selon les derni\u00e8res donn\u00e9es de l\u2019Insee, contre 4\u202f\u2030 en France cette m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p>Comment expliquer ce d\u00e9clin en France\u00a0? \u00ab\u00a0On ne peut pas fournir d\u2019explications claires parce qu\u2019on a un manque de donn\u00e9es \u00e0 analyser, avance Pr Delphine Mitanchez, pr\u00e9sidente de la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de m\u00e9decine p\u00e9rinatale (SFMP) et chef du service de n\u00e9onatologie \u00e0 Tours. Chacun y va de ses hypoth\u00e8ses. Il existe probablement plusieurs facteurs mais on ne peut pas, comme le dit tr\u00e8s bien la Cour des comptes, formellement les identifier, ni les hi\u00e9rarchiser.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019urgence d\u2019\u00e9tablir un registre de donn\u00e9es<\/p>\n<p>Tout comme<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.ccomptes.fr\/fr\/publications\/la-politique-de-perinatalite\" rel=\"nofollow noopener\"> la Cour des comptes, qui a publi\u00e9 un rapport en mai\u00a02024 sur la politique de p\u00e9rinatalit\u00e9<\/a>, le SFMP et tous les professionnels du secteur r\u00e9clament, d\u2019apr\u00e8s Delphine Mitanchez \u00ab\u00a0la cr\u00e9ation d\u2019un registre de naissances\u00a0\u00bb permettant d\u2019avoir les donn\u00e9es (organisation des soins, crit\u00e8res sociaux\u2026) qui pourraient expliquer cette mortalit\u00e9. Un appel entendu puisque la ministre de la Sant\u00e9, Christine Vautrin, a annonc\u00e9, le 7\u00a0avril 2025, avoir demand\u00e9 \u00e0 ses services de s\u2019atteler \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un tel registre. \u00ab\u00a0C\u2019est tr\u00e8s bien, c\u2019est une premi\u00e8re \u00e9tape, mais il nous faudrait un calendrier pr\u00e9cis de son d\u00e9ploiement, et surtout en urgence\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve Pr Delphine Mitanchez.<\/p>\n<p>Car les professionnels de sant\u00e9 alertent depuis longtemps. <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2023\/03\/04\/il-est-imperatif-de-repenser-et-de-reorganiser-notre-systeme-de-soin-perinatal_6164133_3232.html\" rel=\"nofollow noopener\">En 2023, une tribune avait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans le quotidien Le Monde<\/a>, initi\u00e9e par la SFMP et sign\u00e9e par d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s savantes m\u00e9dicales. \u00ab\u00a0Mais on est inaudibles, regrette Delphine Mitanchez. On a le sentiment que la sant\u00e9 de l\u2019enfant n\u2019est pas une priorit\u00e9 des politiques gouvernementales. On constate une relative indiff\u00e9rence. On ne voit pas tellement de mesures concr\u00e8tes \u00e0 la suite des <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/sante.gouv.fr\/actualites\/presse\/communiques-de-presse\/article\/assises-de-la-pediatrie-et-de-la-sante-de-l-enfant\" rel=\"nofollow noopener\">Assises de la p\u00e9diatrie<\/a> qui ont eu lieu en 2024. On constate aussi l\u2019essoufflement de <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/sante.gouv.fr\/prevention-en-sante\/sante-des-populations\/1000jours\/#:~:text=Les%201000%20premiers%20jours%20est,en%20faire%20une%20politique%20prioritaire.\" rel=\"nofollow noopener\">la politique des mille jours<\/a> (1) puisqu\u2019on ne voit plus arriver les cr\u00e9dits.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On a le sentiment que la sant\u00e9 de l\u2019enfant n\u2019est pas une priorit\u00e9 des politiques gouvernementales.<\/p>\n<p><strong>Pr Delphine Mitanchez, pr\u00e9sidente de la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de m\u00e9decine p\u00e9rinatale (SFMP) et chef du service de n\u00e9onatologie \u00e0 Tours<\/strong><\/p>\n<p>Dans cette tribune, les auteurs avancent comme explication le manque de professionnels, d\u00fb \u00e0 la d\u00e9gradation des conditions de travail. Pour Delphine Mitanchez, il ne s\u2019agit pas, \u00e0 l\u2019inverse, de pointer du doigt la fermeture de petites maternit\u00e9s et l\u2019existence des grandes maternit\u00e9s \u00ab\u00a0qu\u2019on appelle les usines \u00e0 b\u00e9b\u00e9s\u00a0\u00bb. Elle rappelle que \u00ab\u00a0les petites maternit\u00e9s ont ferm\u00e9 parce qu\u2019elles n\u2019assuraient pas la s\u00e9curit\u00e9 de la m\u00e8re et de l\u2019enfant et ces \u201c\u00a0usines \u00e0 b\u00e9b\u00e9s\u00a0\u201d sont des plateaux techniques avec des professionnels comp\u00e9tents et encadr\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle prend l\u2019exemple de la Su\u00e8de et de la Finlande, qui ont mis en place des \u00ab\u00a0politiques de r\u00e9duction drastique des maternit\u00e9s\u00a0\u00bb et qui ont pourtant un taux de mortalit\u00e9 deux fois moins \u00e9lev\u00e9 qu\u2019en France. \u00ab\u00a0Dans les pays du nord de l\u2019Europe, il y a une sage-femme pour une femme qui accouche. En France, on n\u2019a pas ce ratio-l\u00e0\u00a0\u00bb, souligne la pr\u00e9sidente de la SFMP. En outre, lorsqu\u2019une maternit\u00e9 ferme, les accouchements vont \u00eatre report\u00e9s dans une structure voisine, \u00ab\u00a0sans que l\u2019on prenne en consid\u00e9ration cette augmentation d\u2019activit\u00e9 pour l\u2019\u00e9tablissement qui accueillera les femmes, et sans renfort de personnel. Ce qui pose de nouveau un probl\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb, pointe Pr Mitanchez.<\/p>\n<p>Recommandations<\/p>\n<p>Fin 2024, la SFMP a diffus\u00e9 des recommandations aupr\u00e8s des politiques, notamment celle de \u00ab\u00a0regrouper les plateaux techniques, avec des professionnels assez nombreux pour assurer un suivi 24\u00a0h sur 24\u00a0h, et qui seraient accessibles aux parents en une heure maximum de leur domicile. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, on souhaite maintenir des plateaux de proximit\u00e9 pour le suivi ant\u00e9natal, mais aussi postnatal des femmes et des enfants\u00a0\u00bb (2), liste\u00a0Pr Delphine Mitanchez. Parmi les propositions, la SFMP insiste sur la mise en place de moyens de transport efficaces, ou encore d\u2019h\u00f4tels maternels.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9sumer, d\u2019apr\u00e8s\u00a0Pr Delphine Mitanchez, \u00ab\u00a0ce n\u2019est pas un probl\u00e8me de fermeture de maternit\u00e9s, c\u2019est un probl\u00e8me de l\u2019organisation globale, territoriale, des soins et de l\u2019acc\u00e8s aux soins.\u00a0\u00bb Depuis 1998, date de publication des d\u00e9crets qui organisent le secteur de la p\u00e9rinatalit\u00e9 en France, \u00ab\u00a0les choses ont chang\u00e9. On demande aussi leur r\u00e9vision\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La publication en mars\u00a02025 d\u2019un livre, 4.1, le scandale des accouchements en France, par les journalistes Anthony Cortes et S\u00e9bastien Leurquin, a permis de mettre un coup de projecteur sur la mortalit\u00e9 infantile. \u00ab\u00a0Bien que l\u2019on ne partage pas toute l\u2019analyse des auteurs, avec qui on s\u2019est entretenu, je suis tr\u00e8s contente qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 car il a pu faire le buzz et pourrait faire bouger les lignes, avance Pr Delphine Mitanchez.\u00a0On a l\u2019impression qu\u2019il n\u2019y a pas de volont\u00e9 politique et que l\u2019on paye cher la note des changements de gouvernements.\u00a0\u00bb Comme cette volont\u00e9 de l\u2019ancienne premi\u00e8re ministre, \u00c9lisabeth Borne, de vouloir faire de l\u2019enfance une priorit\u00e9 de son quinquennat, qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 suivie d\u2019effets apr\u00e8s les changements de gouvernements.<\/p>\n<p>(1) En 2021, le gouvernement fran\u00e7ais avait fix\u00e9 la politique des mille jours, de la grossesse aux 2\u00a0ans r\u00e9volus de l\u2019enfant, afin d\u2019accompagner les parents dans cette p\u00e9riode cruciale.<\/p>\n<p>(2) Pour Delphine Mitanchez, la France manque de structures permettant un suivi post-natal, afin de pr\u00e9venir le suicide maternel, qui est la premi\u00e8re cause de mortalit\u00e9 maternelle en p\u00e9riode p\u00e9rinatale.<\/p>\n<p>Une proposition de loi pour un moratoire sur la fermeture des maternit\u00e9s<\/p>\n<p>Un rapport de l\u2019Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine a jug\u00e9, en 2023, \u00ab\u00a0illusoire de soutenir\u00a0\u00bb les maternit\u00e9s r\u00e9alisant moins de 1.000 accouchements par an. \u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas la position de la SFMP, pour Pr Delphine Mitanchez. On consid\u00e8re qu\u2019il faut engager une analyse territoriale de chaque \u00e9tablissement, car il existe des maternit\u00e9s qui pratiquent peu d\u2019accouchements mais qui assurent quand m\u00eame la s\u00e9curit\u00e9 de la m\u00e8re et de l\u2019enfant et qui sont indispensables \u00e0 leur territoire.\u00a0\u00bb C\u2019est pourquoi la SFMP approuve la proposition de loi d\u00e9pos\u00e9e par le d\u00e9put\u00e9 Paul-Andr\u00e9 Colombani (Liot), demandant un moratoire sur les fermetures de maternit\u00e9s. L\u2019id\u00e9e\u00a0: donner le temps de mener \u00ab\u00a0une \u00e9valuation fine et territorialis\u00e9e des \u00e9tablissements menac\u00e9s\u00a0\u00bb et \u00e9viter de fermer des \u00e9tablissements encore accessibles dans des territoires recul\u00e9s et garantissant une s\u00e9curit\u00e9 suffisante. Ce que demande, effectivement, la SFMP.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Un enfant sur 250 meurt avant l\u2019\u00e2ge de 1 an en France. 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