{"id":363584,"date":"2025-09-03T15:51:17","date_gmt":"2025-09-03T15:51:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/363584\/"},"modified":"2025-09-03T15:51:17","modified_gmt":"2025-09-03T15:51:17","slug":"qui-est-rita-bullwinkel-nouvel-espoir-de-la-litterature-americaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/363584\/","title":{"rendered":"Qui est Rita Bullwinkel, nouvel espoir de la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>Avec \u201cCombats de filles\u201d, l\u2019autrice signe un premier roman percutant qui d\u00e9poussi\u00e8re les th\u00e9matiques du grand roman am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>Quand Rita Bullwinkel arrive dans le lobby de l\u2019h\u00f4tel o\u00f9 nous avons rendez-vous, on remarque imm\u00e9diatement sa d\u00e9marche assur\u00e9e, son sourire chaleureux, sa tenue en crochet \u2013 comme si l\u2019aura hype de San Francisco, o\u00f9 elle vit, la suivait o\u00f9 qu\u2019elle aille. Elle a grandi \u00e0 Redwood City, dans la banlieue de la c\u00e9l\u00e8bre ville californienne. \u201cComme vous le savez, nous explique-t-elle, Donald Trump d\u00e9teste San Francisco, qui repr\u00e9sente selon lui tout ce qui ne va pas dans le pays. On est tr\u00e8s fiers d\u2019\u00eatre la ville qui a vu na\u00eetre le mouvement queer.\u201d <\/p>\n<p>\u00c0 36 ans, Bullwinkel est \u00e0 l\u2019image de son fief de la c\u00f4te ouest\u00a0: la repr\u00e9sentante cool d\u2019une sc\u00e8ne \u00e9mergente et enthousiasmante qui exp\u00e9rimente sur la forme et n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 raconter une Am\u00e9rique caboss\u00e9e, fractur\u00e9e. Avec <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/livres\/pourquoi-il-faut-lire-cavaler-seule-le-nouveau-roman-de-kathryn-scanlan-591197-29-08-2023\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Kathryn Scanlan<\/a> ou Sam Sax (aussi publi\u00e9\u00b7es en France \u00e0 La Crois\u00e9e) l\u2019\u00e9crivaine et \u00e9ditrice de la revue litt\u00e9raire d\u2019avant-garde McSweeney\u2019s Quarterly d\u00e9poussi\u00e8re les th\u00e9matiques du grand roman am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>Portrait de boxeuses<\/p>\n<p>Dans Combats de filles, qui a figur\u00e9 en 2024 dans la liste du Booker Prize et a \u00e9t\u00e9 finaliste du Pulitzer, elle dresse le portrait de huit boxeuses de moins de dix-huit ans le temps de sept matchs qui les opposent \u00e0 Reno, Nevada. Tout y est\u00a0: le portrait d\u2019une Am\u00e9rique fauch\u00e9e qui sillonne le pays pour un tournoi d\u00e9sert\u00e9, les corps d\u00e9j\u00e0 caboss\u00e9s des adolescentes, les relations familiales dysfonctionnelles, les temporalit\u00e9s qui s\u2019entrechoquent entre pass\u00e9, pr\u00e9sent et futur et une forme en fragments tant\u00f4t nerveuse tant\u00f4t r\u00e9flexive. Rita Bullwinkel se d\u00e9sole que, dans son pays,\u00a0on annonce sans cesse la \u201cmort du roman\u201d, qu\u2019on affirme \u201cque c\u2019est une forme d\u2019art d\u00e9mod\u00e9e\u201d. \u201cPour parler du temps, continue-t-elle, il n\u2019y a rien de mieux.\u201d<\/p>\n<p>C\u2019est justement la litt\u00e9rature de ses compatriotes qui lui donne envie de se mettre \u00e0 \u00e9crire des nouvelles \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 18 ans. Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 son enfance \u00e0 d\u00e9vorer la s\u00e9rie des Nancy Drew jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9c\u0153urement, elle d\u00e9couvre au hasard d\u2019un cours optionnel d\u2019\u00e9criture cr\u00e9ative \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 les romans de<a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/livres\/histoire-r%C3%A9versible-lydia-davis-fait-tenir-le-monde-entier-dans-de-tr%C3%A8s-courts-r%C3%A9cits-76919-15-04-2016\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"> Lydia Davis,<\/a> Ben Marcus, <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/livres\/laureat-de-deux-pulitzer-colson-whitehead-raconte-le-racisme-us-179756-08-09-2020\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Colson Whitehead<\/a>, Renee Gladman. Au moment de commencer l\u2019\u00e9criture de Combats de filles, le sujet du sport s\u2019impose \u00e0 elle. \u201cJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 dans mon adolescence co-capitaine d\u2019une \u00e9quipe de Division 1 de water-polo\u201d, explique l\u2019autrice. De son exp\u00e9rience d\u2019athl\u00e8te, elle se souvient de l\u2019\u00e9tat \u201cphysique et \u00e9motionnel\u201d tr\u00e8s particulier dans lesquels les tournois la plongeaient. Elle en rend compte avec une pr\u00e9cision tranchante dans Combats de filles.<\/p>\n<p>Un amour absolu de la fiction<\/p>\n<p>Elle n\u2019a jamais box\u00e9, mais elle voit quelque chose de tr\u00e8s litt\u00e9raire dans ce sport, dans la mani\u00e8re dont \u201cil ressemble \u00e0 un dialogue. Comme personne ne parle, on dirait que les corps entrent en conversation\u201d. Son \u00e9criture capte son dynamisme, son impr\u00e9visibilit\u00e9. Bullwinkel est avant tout une excellente portraitiste, qui r\u00e9ussit \u00e0 dire en quelques phrases pr\u00e9cises la bizarrerie de l\u2019adolescence, pouss\u00e9e \u00e0 son paroxysme sur le ring. <\/p>\n<p>En \u00e9crivant le roman, elle s\u2019est d\u2019ailleurs mise dans la peau de chaque personnage comme dans ces \u201cmises en sc\u00e8ne exp\u00e9rimentales dans lesquelles un acteur joue tous les personnages d\u2019une pi\u00e8ce de Shakespeare\u201d. Dans l\u2019\u00e9criture comme dans le sport, affirme-t-elle, on peut atteindre le runner\u2019s high\u00a0: une impression de sortir de son corps, de flotter. Elle le dit dans un sourire, qui ne laisse aucun doute sur cet amour sinc\u00e8re, presque absolu pour la fiction. Qui d\u00e9borde de chaque page de Combats de filles.<\/p>\n<p><strong>Combats de filles de Rita Bullwinkel, traduit de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis )par H\u00e9l\u00e8ne Cohen, \u00c9ditions La Crois\u00e9e, 208p., 22\u20ac. En librairie.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Avec \u201cCombats de filles\u201d, l\u2019autrice signe un premier roman percutant qui d\u00e9poussi\u00e8re les th\u00e9matiques du grand roman am\u00e9ricain.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":363585,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[1379,58,59,1011,27,1380],"class_list":{"0":"post-363584","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-books","9":"tag-divertissement","10":"tag-entertainment","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-livres"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115141167267260499","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/363584","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=363584"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/363584\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/363585"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=363584"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=363584"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=363584"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}