{"id":365506,"date":"2025-09-04T10:57:22","date_gmt":"2025-09-04T10:57:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/365506\/"},"modified":"2025-09-04T10:57:22","modified_gmt":"2025-09-04T10:57:22","slug":"ces-sept-nouveaux-auteurs-qui-vont-faire-parler-deux-lexpress","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/365506\/","title":{"rendered":"ces sept nouveaux auteurs qui vont faire parler d\u2019eux \u2013 L&rsquo;Express"},"content":{"rendered":"<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   article-body-paragraph--first \">S\u2019il y a un moment dont il faut profiter dans une carri\u00e8re d\u2019auteur, c\u2019est bien celui, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, o\u00f9 l\u2019on est d\u00e9couvert. Les premiers articles, les premi\u00e8res invitations dans les Salons et les m\u00e9dias, les premi\u00e8res listes\u2026 D\u00e8s la fin du printemps, journalistes, libraires et jur\u00e9s ont commenc\u00e9 \u00e0 faire l\u2019\u00e9cr\u00e9mage dans <a href=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/les-dix-vedettes-de-la-rentree-litteraire-ce-quil-faut-lire-absolument-ou-eviter-3VZH4PZJVJEN7FMU2SWXNBKX3A\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/les-dix-vedettes-de-la-rentree-litteraire-ce-quil-faut-lire-absolument-ou-eviter-3VZH4PZJVJEN7FMU2SWXNBKX3A\/\">les piles de nouveaut\u00e9s<\/a>. La rumeur circule\u2026 et se concr\u00e9tise aujourd\u2019hui. On vient d&rsquo;apprendre que le tr\u00e8s prescripteur prix Stanislas (remis \u00e0 un premier roman), qui sera d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Nancy le 13 septembre, couronnera Agn\u00e8s Gruda pour \u00c7a finit quand, toujours ? (Les Equateurs). Paul Gasnier, avec La Collision (Gallimard), commence \u00e0 prendre dans les m\u00e9dias. De notre c\u00f4t\u00e9, nous misons tout sur Mathilda di Matteo pour La Bonne M\u00e8re (L\u2019Iconoclaste). Le bouche-\u00e0-oreille pr\u00eate d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 un beau succ\u00e8s \u00e0 ce livre vivant et color\u00e9. On suivra aussi de pr\u00e8s la r\u00e9ception du r\u00e9cit de Rebeka Warrior, Toutes les vies (Stock), qui pr\u00e9sente le profil parfait pour le prix de Flore (voire pour le M\u00e9dicis). Rendez-vous d\u00e9but novembre pour savoir qui d\u2019elles deux, ou des cinq autres primo-romanciers que nous avons choisis, aura su tirer son \u00e9pingle du jeu.<\/p>\n<p>Mathilda di Matteo : la bombe marseillaise<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Disons-le tout net, ce livre, on l\u2019a aim\u00e9 d\u00e8s ses premi\u00e8res lignes. A peine franchie sa couverture pop, on s\u2019est laiss\u00e9 emporter. Parce qu\u2019elle ne se lit pas, cette voix qui d\u00e9borde d\u00e8s la premi\u00e8re page, elle s\u2019\u00e9coute, sautille, rebondit dans l\u2019encre noire sur fond blanc avec ses mots uppercut et son accent color\u00e9. Cette voix, c\u2019est celle de V\u00e9ro, une m\u00e8re qui regarde sa gosse, sa \u00ab\u00a0g\u00e2t\u00e9e\u00a0\u00bb, sa minotte, Clara, de son pr\u00e9nom, plus tellement gosse, partir \u00e0 Paris faire des \u00e9tudes \u00e0 Sciences Po. Avant m\u00eame de prendre le train \u00e0 Saint-Charles, Clara parle d\u00e9j\u00e0 \u00ab\u00a0pointu\u00a0\u00bb. Elle fr\u00e9quente un \u00ab\u00a0Parisien\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0girafon\u00a0\u00bb (en r\u00e9f\u00e9rence au cou de l\u2019animal) et quand elle revient, \u00ab\u00a0elle veut m\u00eame plus regarder la t\u00e9l\u00e9 parce que c\u2019est en fran\u00e7ais. C\u2019est si mal doubl\u00e9, maman, je sais pas comment tu fais\u00a0\u00bb, reproche-t-elle \u00e0 V\u00e9ro. Clara a besoin de se r\u00e9inventer autrement, loin de V\u00e9ro, cette m\u00e8re pas comme les autres, marseillaise, encombrante, exub\u00e9rante tendance cagole. Tout est trop chez V\u00e9ro : \u00ab\u00a0Certains disent, comme pour contrer son pouvoir, qu\u2019elle est vulgaire. Moi, je dirais qu\u2019elle est solaire. Un soleil de canicule, du genre incendiaire\u00a0\u00bb, r\u00e9sume Clara.<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Mais La Bonne M\u00e8re n\u2019est pas que le r\u00e9cit des hontes qui accompagnent la rencontre de deux milieux sociaux. Mathilda di Matteo y narre aussi l\u2019histoire de deux femmes qui se chamaillent, s\u2019\u00e9loignent, puis se d\u00e9couvrent miroirs. Le m\u00e9pris de classe qu\u2019affronte Clara, la jalousie du \u00ab\u00a0Napolitain\u00a0\u00bb, son p\u00e8re, dont la violence d\u00e9borde et envahit la vie de sa m\u00e8re, l\u2019amour qu\u2019elles se portent et ces hommes qui savent si peu les aimer, bien des choses les rapprochent, bien plus que ce qu\u2019elles imaginaient. Il y a aussi Marseille et sa Bonne M\u00e8re auxquelles, dans les toutes derni\u00e8res lignes, la gouaille de V\u00e9ro rend un hommage dr\u00f4le et touchant. On les relit pour ne pas quitter V\u00e9ro trop vite. <b>Agn\u00e8s Laurent<\/b><\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">La Bonne M\u00e8re, par Mathilda di Matteo. L\u2019Iconoclaste, 368 p., 20,90 \u20ac.<\/p>\n<p><strong class=\"article-body-link-list__item text-gray-800 article-body-link-list__item--one-item\">LIRE AUSSI : <a class=\"article-body-link-list__item-link\" href=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/societe\/comment-ne-pas-faire-un-don-pourquoi-les-marseillais-adorent-leur-bonne-mere-NPQHYUBF6RDU3BIH3A3ENNC6EE\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer nofollow noopener\">\u00ab\u00a0Comment ne pas faire un don ?\u00a0\u00bb : pourquoi les Marseillais adorent leur Bonne M\u00e8re<\/a><\/strong>Rams\u00e8s Kefi : le spleen de Tunis<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">L\u2019\u00e9diteur Philippe Rey a le chic pour d\u00e9nicher et lancer les premiers romans. En 2023, il avait ainsi publi\u00e9 l\u2019excellent <a href=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/nasim-marashi-paul-saint-bris-et-mikhail-chevelev-les-livres-a-ne-pas-manquer-RRBHD246D5FIRASZVXZ4E5R5YU\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/nasim-marashi-paul-saint-bris-et-mikhail-chevelev-les-livres-a-ne-pas-manquer-RRBHD246D5FIRASZVXZ4E5R5YU\/\">L\u2019All\u00e8gement des vernis<\/a> de Paul Saint Bris et <a href=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/eric-chacour-panayotis-pascot-cecile-tlili-les-nouveaux-venus-de-la-scene-litteraire-FPF5ZLAB3JC6PHRXSHLTYS6BHM\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/eric-chacour-panayotis-pascot-cecile-tlili-les-nouveaux-venus-de-la-scene-litteraire-FPF5ZLAB3JC6PHRXSHLTYS6BHM\/\">Ce que je sais de toi<\/a> d\u2019Eric Chacour, vendus respectivement \u00e0 plus de 20 000 et plus de 100 000 exemplaires en grand format. On souhaite un succ\u00e8s comparable au d\u00e9butant de cette ann\u00e9e, Rams\u00e8s Kefi : d\u00e9j\u00e0 soutenu par les libraires, Quatre jours sans ma m\u00e8re est port\u00e9 par une rumeur flatteuse depuis le mois de juin.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/DLWOL3EP6ZDDLJF3RRRBGOSYIM.jpg\" class=\"image-with-legend__cover-img\" alt=\"NE PAS UTILISER&#10;Rams\u00e8s Kefi\" width=\"883\" height=\"0\" loading=\"lazy\"\/><\/p>\n<p class=\"image-with-legend__credits\"> \u00a9  \/ Philippe Matsas \/ Philippe Rey<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">L\u2019action se situe dans une banlieue molle, \u00e0 11 stations de train de Paris. Deux exil\u00e9s tunisiens, H\u00e9di, ancien ma\u00e7on, et son \u00e9pouse Amani, femme de m\u00e9nage \u00e0 la retraite, y tournent en rond. Ils h\u00e9bergent toujours chez eux leur fils de 36 ans, Salmane, qui travaille dans un fast-food et tra\u00eene le soir. Un jour, Amani dispara\u00eet sans laisser d\u2019adresse ni autre explication ni information. Volontiers d\u00e9faitiste, H\u00e9di laisse vite tomber l\u2019affaire et enl\u00e8ve son alliance \u2013 la cause est perdue. D\u00e9boussol\u00e9 dans sa chambre d\u2019enfant (encore tapiss\u00e9e d\u2019un papier peint Schtroumpfs), Salmane ne baisse pas les bras. Il comprend que sa m\u00e8re n\u2019a pu que retourner au pays. Mais pourquoi ? Le lecteur d\u00e9couvrira dans la derni\u00e8re partie quels \u00e9taient ses raisons et secrets\u2026 Avant cela, Kefi nous aura fait faire un tour de son quartier. Si Quatre jours sans ma m\u00e8re est un portrait de femme, c\u2019est aussi un livre sur une petite cit\u00e9 (sept tours HLM), une zone p\u00e9riurbaine \u00e0 la lisi\u00e8re de la ville et de la for\u00eat avec ses personnages truculents, les restes de son argot d\u2019antan, des habitudes qui changent \u2013 le bar PMU fait de la r\u00e9sistance, mais la chicha a remplac\u00e9 la pipe et le pastis. Le ton, dr\u00f4le et po\u00e9tique, rappelle les Chroniques de l\u2019asphalte de Samuel Benchetrit. Avec son pr\u00e9nom de pharaon, Rams\u00e8s Kefi pourrait r\u00e9gner sur les primo-romanciers de cette rentr\u00e9e. <b>Louis-Henri de La Rochefoucauld<\/b><\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Quatre jours sans ma m\u00e8re, par Rams\u00e8s Kefi. Philippe Rey, 203 p., 20 \u20ac.<\/p>\n<p>Rebeka Warrior : zen, restons zen<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Elle s\u2019\u00e9tait r\u00e9v\u00e9l\u00e9e dans la sc\u00e8ne alternative nantaise avec le duo post-situ Sexy Sushi, avant de briller \u00e0 l\u2019international au sein d\u2019un autre tandem de musique \u00e9lectronique, Kompromat. Avec ses tatouages, son cr\u00e2ne ras\u00e9 et sa radicalit\u00e9 de fa\u00e7ade, Rebeka Warrior risque de faire fuir les lecteurs du Figaro. Ce serait f\u00e2cheux, tant son premier livre, Toutes les vies, est un havre de paix int\u00e9rieure (mais aussi d\u2019humour par moments) malgr\u00e9 un sujet difficile.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/GX6QIED4MREJLEJHEOV6HB5ICY.jpg\" class=\"image-with-legend__cover-img\" alt=\"NE PAS UTILISER&#10;Rebeka Warrior 2025\" width=\"883\" height=\"0\" loading=\"lazy\"\/><\/p>\n<p class=\"image-with-legend__credits\"> \u00a9  \/ Marie Rouge \/ Stock<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">La chanteuse y raconte deux saisons en enfer, v\u00e9cues de 2015 \u00e0 2017. On diagnostique \u00e0 sa compagne un cancer du sein. Elles combattent ensemble la maladie, un d\u00e9but de r\u00e9mission les illusionne un temps, avant que des m\u00e9tastases au cerveau ne mettent fin \u00e0 leurs esp\u00e9rances \u2013 et voil\u00e0 que Rebeka Warrior, plus habitu\u00e9e aux clubs berlinois, se retrouve \u00e0 dire adieu \u00e0 la femme de sa vie sous la coupole n\u00e9obyzantine du P\u00e8re-Lachaise. Avant, pendant et apr\u00e8s le deuil, elle aura beaucoup voyag\u00e9, \u00e0 la fois \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et dans son esprit. Si elles ont un look comparable, Rebeka Warrior n\u2019\u00e9crit pas avec le style sec et altier (fa\u00e7on Thomas Bernhard) de <a href=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/avec-offenses-constance-debre-mele-la-pensee-de-bossuet-et-la-langue-de-thomas-bernhard-4QZL6ZO2YJHK7ILHNJ3V2L6MMY\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/avec-offenses-constance-debre-mele-la-pensee-de-bossuet-et-la-langue-de-thomas-bernhard-4QZL6ZO2YJHK7ILHNJ3V2L6MMY\/\">Constance Debr\u00e9<\/a>. Elle s\u2019av\u00e8re plus humble et plus sensible. Trentenaire lorsque le ciel lui tombe sur la t\u00eate, elle cherche d\u2019abord l\u2019abrutissement dans la k\u00e9tamine, ou l\u2019extase dans l\u2019ayahuasca. C\u2019est dans la litt\u00e9rature, la m\u00e9ditation et le bouddhisme zen qu\u2019elle trouvera la lumi\u00e8re. Toutes les vies tient \u00e0 la fois du manuel de survie et de l\u2019essai litt\u00e9raire. Les go\u00fbts de Rebeka Warrior \u00e9voluent pour le meilleur au fur et \u00e0 mesure. Au d\u00e9but, elle cite Sartre (au secours !). Puis elle se ressource en lisant Herv\u00e9 Guibert. Viennent d\u2019autres auteurs, tous \u00ab\u00a0vieux, blancs, cis et morts\u00a0\u00bb : Rousseau, Herman Hesse, Marc Aur\u00e8le et enfin <a href=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/livres-thomas-mann-un-monument-qui-ne-connait-pas-lerosion-du-temps-GWEU3EREVJEJVI5ASG5X5TFQQ4\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/livres-thomas-mann-un-monument-qui-ne-connait-pas-lerosion-du-temps-GWEU3EREVJEJVI5ASG5X5TFQQ4\/\">Thomas Mann<\/a>. Ce tr\u00e8s beau livre n\u2019est en rien une montagne, mais il a quelque chose de magique. <b>L.-H. L. R.<\/b><\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Toutes les vies, par Rebeka Warrior. Stock, 275 p., 20,90 \u20ac.<\/p>\n<p>Pierre Boisson : moi, Christine P.<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/WGTHBLJDORC55KN2MG3RWBWBSE.jpg\" class=\"image-with-legend__cover-img\" alt=\"NE PAS UTILISER&#10;Pierre Boisson\" width=\"883\" height=\"0\" loading=\"lazy\"\/><\/p>\n<p class=\"image-with-legend__credits\"> \u00a9  \/ Astrid di Crollalanza \/ \u00c9ditions du sous-sol<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">C\u2019\u00e9tait \u00e0 lire dans un num\u00e9ro de La Nouvelle Revue fran\u00e7aise paru \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1974. Le vieil acad\u00e9micien Marcel Arland y recommandait deux d\u00e9butantes : Annie Ernaux, qui venait de publier Les Armoires vides chez Gallimard, et Christine Pawlowska, remarqu\u00e9e pour Ecarlate, paru au Mercure de France. Arland leur promettait \u00e0 chacune une brillante carri\u00e8re. Un demi-si\u00e8cle plus tard, le constat est amer : si Ernaux est devenue une ic\u00f4ne (pour le meilleur et pour le pire), tout le monde a oubli\u00e9 Pawlowska (morte dans l\u2019anonymat en 1996). Journaliste \u00e0 Society et coauteur de l\u2019incroyable enqu\u00eate sur Dupont de Ligonn\u00e8s, le journaliste Pierre Boisson a voulu r\u00e9habiliter la disparue.<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Il faut avoir les nerfs solides pour lire Flamme, Volcan, Temp\u00eate, tant la vie de Christine Pawlowska est un cauchemar. Victime d\u2019inceste, elle tente une premi\u00e8re fois de se suicider \u00e0 12 ans. Malgr\u00e9 le succ\u00e8s d\u2019Ecarlate (10 000 exemplaires vendus), elle sombre, notamment \u00e0 cause du p\u00e8re de ses enfants, Gipsy, un repris de justice italien qui lui en fait voir de toutes les couleurs. En 1975, elle tente de le tuer dans son sommeil \u00e0 coups de fer \u00e0 repasser. Elle ne publiera plus rien, renouera avec l\u2019effroyable Gipsy (qui la bat), avant de mourir dans des conditions myst\u00e9rieuses (crise d\u2019asthme ? suicide ? assassinat ?).<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Ce r\u00e9cit a deux d\u00e9fauts : l\u2019auteur fait preuve d\u2019une certaine na\u00efvet\u00e9 dans son analyse de l\u2019histoire litt\u00e9raire r\u00e9cente, et le destin de Christine Pawlowsla est tellement glauque qu\u2019il ferait passer <a href=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/les-dix-vedettes-de-la-rentree-litteraire-ce-quil-faut-lire-absolument-ou-eviter-3VZH4PZJVJEN7FMU2SWXNBKX3A\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/les-dix-vedettes-de-la-rentree-litteraire-ce-quil-faut-lire-absolument-ou-eviter-3VZH4PZJVJEN7FMU2SWXNBKX3A\/\">Nathacha Appanah<\/a> pour un \u00e9crivain du bonheur \u00e0 la Jean d\u2019Ormesson. 200 pages sans aucune lumi\u00e8re, c\u2019est un peu long\u2026 Pierre Boisson confirme en revanche qu\u2019il est un remarquable enqu\u00eateur, et son r\u00e9cit est tr\u00e8s bien construit. S\u2019il s\u2019empare de sujets moins sinistres, nul doute qu\u2019il \u00e9crira d\u2019excellents livres \u00e0 l\u2019avenir. <b>L.-H. L. R.<\/b><\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Flamme, Volcan, Temp\u00eate, par Pierre Boisson. Editions du sous-sol, 216 p., 21 \u20ac.<\/p>\n<p>Julie Brafman : le dernier amant<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">\u00ab\u00a0Qu\u2019on la v\u00e9n\u00e8re ou qu\u2019on voie en elle (comme Philippe Sollers) une \u00ab\u00a0grenouille embagous\u00e9e\u00a0\u00bb, la post\u00e9rit\u00e9 a tranch\u00e9 : toujours tr\u00e8s lue, Marguerite Duras est devenue un mythe durable. La fin de sa vie demeure d\u00e9concertante : pourquoi, de 1980 jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1996, a-t-elle v\u00e9cu avec Yann Andr\u00e9a, un homme de trente-huit ans son cadet qui pr\u00e9f\u00e9rait les gar\u00e7ons ? R\u00e9put\u00e9e pour son homophobie forcen\u00e9e (elle voyait dans la \u00ab\u00a0p\u00e9d\u00e9rastie\u00a0\u00bb une \u00ab\u00a0horreur\u00a0\u00bb), Duras aura connu de bonnes ann\u00e9es aupr\u00e8s d\u2019Andr\u00e9a. A la fois ch\u00e9ri et esclavagis\u00e9 par sa compagne, lui disait qu\u2019elle l\u2019avait peut-\u00eatre choisi par nostalgie pour les boys de l\u2019Indochine de sa jeunesse\u2026<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">\u00ab\u00a0Cette relation, que l\u2019on qualifierait aujourd\u2019hui de \u00ab\u00a0toxique\u00a0\u00bb, est au c\u0153ur de Yann dans la nuit, le premier r\u00e9cit litt\u00e9raire de Julie Brafman. Avec autant de s\u00e9rieux que de d\u00e9licatesse, la journaliste de Lib\u00e9ration est retourn\u00e9e sur les lieux o\u00f9 flottent encore les fant\u00f4mes de ce duo improbable, de la rue Saint-Beno\u00eet \u00e0 Paris jusqu\u2019\u00e0 l\u2019h\u00f4tel des Roches Noires \u00e0 Trouville. Elle a interrog\u00e9 les derniers t\u00e9moins. Alcoolique et caract\u00e9rielle, Duras a visiblement trouv\u00e9 un \u00e9quilibre aupr\u00e8s d\u2019Andr\u00e9a \u2013 c\u2019est pendant leur concubinage, en 1984, qu\u2019elle publie L\u2019Amant. Mais lui, que cherchait-il ? Dandy r\u00e9serv\u00e9, hant\u00e9 par la d\u00e9pression, il semble s\u2019\u00eatre br\u00fbl\u00e9 les ailes aupr\u00e8s d\u2019elle. Ecrivain vell\u00e9itaire, il survivra jusqu\u2019\u00e0 2014 en s\u2019enfon\u00e7ant dans la solitude. Le beau r\u00e9cit de Julie Brafman s\u2019inscrit dans une tendance actuelle, en compl\u00e9tant deux livres aussi passionnants sortis ces derniers mois : <a href=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/rentree-litteraire-les-dix-romans-francais-ou-etrangers-a-lire-absolument-JXEOFYME4NCDTCQGG63C2ATP7E\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/rentree-litteraire-les-dix-romans-francais-ou-etrangers-a-lire-absolument-JXEOFYME4NCDTCQGG63C2ATP7E\/\">Un autre m\u2019attend ailleurs<\/a> de Christophe Bigot (sur l\u2019histoire de Marguerite Yourcenar et Jerry Wilson) et <a href=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/philippe-vilain-ses-verites-sur-sa-liaison-avec-annie-ernaux-elle-ma-presente-comme-un-plouc-HOHKO76ZNZHCTODLWZ2542K5NY\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/philippe-vilain-ses-verites-sur-sa-liaison-avec-annie-ernaux-elle-ma-presente-comme-un-plouc-HOHKO76ZNZHCTODLWZ2542K5NY\/\">Mauvais \u00e9l\u00e8ve<\/a> de Philippe Vilain (sur sa propre liaison avec Annie Ernaux). Coh\u00e9rent au pays de la grande Colette, c\u00e9l\u00e8bre pour son aventure avec son beau-fils Bertrand de Jouvenel\u2026 <b>L.-H. L. R.<\/b><\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Yann dans la nuit, par Julie Brafman. Flammarion, 311 p., 21 \u20ac.<\/p>\n<p>Rapha\u00ebl Sigal : le chagrin et l\u2019oubli<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/2QAMZ5OZCZCX3FZ2JZH54ZFDLY.jpg\" class=\"image-with-legend__cover-img\" alt=\"NE PAS UTILISER&#10;Rapha\u00ebl Sigal\" width=\"883\" height=\"0\" loading=\"lazy\"\/><\/p>\n<p class=\"image-with-legend__credits\"> \u00a9  \/ Laetitia d&rsquo;Aboville \/ Robert Laffont<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Depuis quelques ann\u00e9es, le prix M\u00e9duse lance la rentr\u00e9e litt\u00e9raire en r\u00e9compensant une r\u00e9v\u00e9lation. Apr\u00e8s les succ\u00e8s de <a href=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/rentree-litteraire-les-dix-romans-francais-ou-etrangers-a-lire-absolument-JXEOFYME4NCDTCQGG63C2ATP7E\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/rentree-litteraire-les-dix-romans-francais-ou-etrangers-a-lire-absolument-JXEOFYME4NCDTCQGG63C2ATP7E\/\">Cl\u00e9mentine M\u00e9lois<\/a> et d\u2019Alice Renard, c\u2019est au tour de Rapha\u00ebl Sigal d\u2019\u00eatre prim\u00e9 pour un livre \u00e9tonnant sur les non-dits de la Shoah. Sa G\u00e9ographie de l\u2019oubli n\u2019est ni une fiction, ni une enqu\u00eate. C\u2019est un labyrinthe po\u00e9tique dans les m\u00e9andres de la m\u00e9moire familiale, une m\u00e9ditation sur les silences transmis d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre. Le professeur de litt\u00e9rature \u00e0 Amherst College se concentre sur sa grand-m\u00e8re Suzanne, juive allemande qui a fui le nazisme et a \u00e9t\u00e9 cach\u00e9e chez les bonnes s\u0153urs en France. Une grande m\u00e8re bavarde, mais muette d\u00e8s qu\u2019il \u00e9tait question de son enfance. \u00ab\u00a0La m\u00e9moire est une notion singuli\u00e8re dans une famille juive d\u2019Europe de l\u2019Est, elle arrive toujours accol\u00e9e au devoir. Nous avons le &lsquo;devoir de m\u00e9moire&rsquo;, le devoir de nous souvenir de ce qui nous est arriv\u00e9 il y a une, deux, trois g\u00e9n\u00e9rations. Mais qu\u2019est-il arriv\u00e9 au juste ? Je ne le sais pas exactement, ou alors tr\u00e8s peu. Dans ma famille, ce devoir de m\u00e9moire ressemble davantage \u00e0 un devoir d\u2019oubli. Il a fallu oublier pour pouvoir continuer \u00e0 vivre.\u00a0\u00bb A cet oubli volontaire s\u2019ajoute l\u2019oubli involontaire, puisque Suzanne, dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, a sombr\u00e9 dans la maladie d\u2019Alzheimer. Si certains passages sur la longue et difficile gen\u00e8se du projet litt\u00e9raire peuvent agacer, cette grand-m\u00e8re fantasque, bourgeoise et boh\u00e8me prend peu \u00e0 peu vie. Le livre finit par bouleverser lorsqu\u2019il r\u00e9v\u00e8le les souvenirs consign\u00e9s par Suzanne sur son ordinateur, alors m\u00eame qu\u2019elle perdait la m\u00e9moire et retournait en enfance. On n\u2019oubliera pas cette ultime phrase : \u00ab\u00a0La guerre est finie. Oui, peut-\u00eatre, mais moi, je ne peux pas l\u2019oublier.\u00a0\u00bb <b>Thomas Mahler<\/b><\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">G\u00e9ographie de l\u2019oubli, par Rapha\u00ebl Sigal. Robert Laffont, 144 p., 17 \u20ac.<\/p>\n<p>Anders Lustgarten :<b> <\/b>Thelma et Louise chez les migrants<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/VQMU567NNBE2LFGFYLMHA6FK5Y.jpg\" class=\"image-with-legend__cover-img\" alt=\"NE PAS UTILISER&#10;Anders Lustgarten\" width=\"883\" height=\"0\" loading=\"lazy\"\/><\/p>\n<p class=\"image-with-legend__credits\"> \u00a9  \/ DR \/ Actes Sud<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Evidemment, le titre laisse craindre un sinistre roman o\u00f9 les c\u00e9r\u00e9monies fun\u00e8bres se succ\u00e8dent. Erreur ! Sous cet intitul\u00e9 se cache un road trip d\u00e9lirant fa\u00e7on Thelma et Louise. Un matin, une infirmi\u00e8re anglaise, au lendemain d\u2019une beuverie qu\u2019on devine m\u00e9morable compte tenu de son \u00e9tat, tombe nez \u00e0 nez avec un cadavre sur une plage du sud de l\u2019Angleterre. Intrigu\u00e9e par le comportement du policier appel\u00e9 pour les premi\u00e8res constatations, elle embarque le cadavre et le policier menott\u00e9 dans sa voiture et traverse le pays poursuivie par un autre policier, bien d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 la faire taire\u2026 et \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer le mort, quitte \u00e0 user d\u2019une violence extr\u00eame.<\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Racont\u00e9 ainsi, ce premier texte romanesque du dramaturge britannique Anders Lustgarten peut sembler farfelu, mais il aborde un des th\u00e8mes les plus sensibles en Grande-Bretagne ces derni\u00e8res ann\u00e9es, celui de l\u2019immigration clandestine et des peurs et des fantasmes qu\u2019elle suscite. Trois enterrements est d\u2019abord l\u2019histoire d\u2019Omar et d\u2019Abdi Bile, deux hommes qui tentent de traverser la Manche sur un bateau de fortune. Deux hommes qui, morts ou vifs, vont \u00eatre l\u2019objet d\u2019un affrontement entre deux visages de la soci\u00e9t\u00e9 britannique : ceux qui ne veulent pas d\u2019\u00e9trangers sur leur sol et ceux qui, en d\u00e9pit de leurs propres difficult\u00e9s, refusent que l\u2019on traite d\u2019autres \u00eatres humains comme quantit\u00e9 n\u00e9gligeable. L\u2019auteur, qui a d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9 la question migratoire dans sa pi\u00e8ce Lampedusa, choisit cette fois la forme romanesque et l\u00e9g\u00e8re pour rappeler que les dirigeants ne sont pas les seuls \u00e0 pouvoir agir, que l\u2019action venue des simples citoyens est aussi un moyen de r\u00e9tablir un peu de justice. Un livre pr\u00e9cieux, les \u00e9chos sur les violentes manifestations contre des lieux d\u2019h\u00e9bergement en Grande-Bretagne ces derni\u00e8res semaines montrent qu\u2019il est d\u2019une actualit\u00e9 br\u00fblante. <b>A. L.<\/b><\/p>\n<p class=\"paragraph article-body-paragraph article__item   \">Trois enterrements, par Anders Lustgarten, trad. de l\u2019anglais par Claro. Actes Sud, 326 p., 22,50 \u20ac.<\/p>\n<p>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"S\u2019il y a un moment dont il faut profiter dans une carri\u00e8re d\u2019auteur, c\u2019est bien celui, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, o\u00f9&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":365507,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[1379,251,58,59,1011,27,1380],"class_list":{"0":"post-365506","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-books","9":"tag-culture","10":"tag-divertissement","11":"tag-entertainment","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-livres"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115145673686922413","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/365506","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=365506"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/365506\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/365507"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=365506"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=365506"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=365506"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}