{"id":367165,"date":"2025-09-05T02:51:17","date_gmt":"2025-09-05T02:51:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/367165\/"},"modified":"2025-09-05T02:51:17","modified_gmt":"2025-09-05T02:51:17","slug":"dou-viennent-reellement-les-citrons-du-pays-nicois-des-soupcons-de-fraudes-planent-sur-la-plaine-du-var","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/367165\/","title":{"rendered":"D&rsquo;o\u00f9 viennent r\u00e9ellement les citrons du pays ni\u00e7ois? Des soup\u00e7ons de fraudes planent sur la plaine du Var"},"content":{"rendered":"<p>Des citrons du pays ni\u00e7ois en plein mois d\u2019ao\u00fbt chez un mara\u00eecher d\u2019Auxerre? Des palettes d\u2019agrumes azur\u00e9ens qui arrivent \u00e0 Rungis ou \u00e0 Lyon-Corbas au mois de juillet ? Des transporteurs qui arrosent l\u2019Hexagone de centaines de tonnes de citrons de la C\u00f4te d\u2019Azur quand la saison bat son plein? Des professionnels du secteur s\u2019\u00e9tonnent de r\u00e9guli\u00e8rement voir des \u00ab\u00a0citrons du pays ni\u00e7ois\u00a0\u00bb sur les march\u00e9s de France et de Navarre \u00e0 n\u2019importe quelle p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e, alors que les r\u00e9coltes se concentrent de novembre\/d\u00e9cembre \u00e0 mars\/avril. Et dans des quantit\u00e9s qui d\u00e9passeraient largement les capacit\u00e9s de production de la C\u00f4te d\u2019Azur, m\u00eame en pleine saison.<\/p>\n<p>10 euros le kilo dans les \u00e9piceries fines parisiennes<\/p>\n<p>Il faut dire que le citron ni\u00e7ois \u2013 ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment du pays ni\u00e7ois \u2013 attise les convoitises. <a href=\"https:\/\/www.nicematin.com\/vie-locale\/citrons-labellises-igp-le-prix-de-la-qualite-981100\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">S\u2019il ne dispose pas d\u2019IGP (indication g\u00e9ographique prot\u00e9g\u00e9e) comme son cousin de Menton,<\/a> il en serait produit entre 400 et 800 tonnes par saison selon les ann\u00e9es. Loin devant le citron de Menton (moins de 100 tonnes en 2024), mais beaucoup moins que dans les ann\u00e9es 90. Vendu en moyenne 4 euros par les producteurs locaux aux grossistes, il s\u2019arrache \u00e0 10 euros le kilo dans les \u00e9piceries fines parisiennes.<\/p>\n<p>Les deux plus gros producteurs du d\u00e9partement, Garnier et Marinelli, sont install\u00e9s dans la fertile plaine du Var, \u00e0 cheval entre Saint-Laurent-du-Var et La Gaude. Autrefois copains comme cochons, les deux hommes sont aujourd\u2019hui en guerre ouverte. Henri Garnier, le r\u00e9gional de l\u2019\u00e9tape, la soixantaine pass\u00e9e, dit compter 4 hectares avec 1.800 citronniers en bio. \u00ab\u00a0Je fais 120t. par saison en moyenne, 150t. si c\u2019est une bonne saison\u00a0\u00bb, d\u00e9taille-t-il.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il n\u2019y a rien \u00e0 raconter\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Giuliano Marinelli, un Italien arriv\u00e9 dans les ann\u00e9es 2000 sur la C\u00f4te d\u2019Azur, affirme avoir six hectares de citronniers, pour 6.000 arbres \u00ab\u00a0plant\u00e9s en intensif\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire tr\u00e8s rapproch\u00e9s. Dont \u00ab\u00a02.100 ayant atteint l\u2019\u00e2ge adulte\u00a0\u00bb. Production annuelle? \u00ab\u00a0130t. en moyenne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019histoire pourrait s\u2019arr\u00eater l\u00e0. Sauf que dans le milieu tr\u00e8s ferm\u00e9 de l\u2019agrume, des rumeurs circulent. Des semi-remorques de citrons arriveraient r\u00e9guli\u00e8rement du sud de l\u2019Italie pour gagner la plaine du Var en pleine nuit, via Turin et Vintimille, et repartiraient dans la foul\u00e9e \u00e0 Rungis, aur\u00e9ol\u00e9s d\u2019une \u00e9tiquette \u00ab\u00a0citron du pays de Nice\u00a0\u00bb. \u00c9tiquette qui a le super-pouvoir de tripler ou quadrupler la valeur de l\u2019agrume transalpine: c\u2019est la francisation. Et cette pratique durerait depuis de nombreuses ann\u00e9es. Pire: la mafia serait impliqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Circulez, il n\u2019y a rien \u00e0 voir&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La question qu\u2019il faut se poser, c\u2019est pourquoi trouve-t-on autant de citrons du pays ni\u00e7ois en France, alors qu\u2019il n\u2019y a que 25-30 producteurs dans le d\u00e9partement, dit une source bien implant\u00e9e dans le milieu de l\u2019agrume, sous couvert d\u2019anonymat. Et la r\u00e9ponse, tout le monde la conna\u00eet&#8230; Mais on ne veut pas avoir d\u2019emmerdes, on ne veut pas qu\u2019un beau jour, sa plantation se fasse \u201cgriller\u00a0\u00bb. C\u2019est un syst\u00e8me mafieux. C\u2019est l\u2019omerta. Mais c\u2019est \u00e0 l\u2019administration de bouger, pas aux agriculteurs. La r\u00e9pression des fraudes doit faire son travail. \u00bb<\/p>\n<p>Qu\u2019en pense la Chambre d\u2019Agriculture des Alpes-Maritimes? Pas grand-chose. \u00ab\u00a0Pourquoi vous voulez \u00e9crire sur le citron du pays ni\u00e7ois, il n\u2019y a rien \u00e0 raconter\u00a0\u00bb, r\u00e9pond finalement \u2013 apr\u00e8s plusieurs tentatives d\u2019appels infructueuses \u2013 Michel Dessus, le pr\u00e9sident, pas franchement bavard sur le sujet. La francisation? \u00ab\u00a0Ah&#8230; il faut voir avec la r\u00e9pression des fraudes, c\u2019est pas nous qui nous occupons de \u00e7a. Mais c\u2019est s\u00fbr qu\u2019aujourd\u2019hui, il n\u2019y a quasiment plus de contr\u00f4les \u00e0 la fronti\u00e8re. Avant, ils passaient m\u00eame v\u00e9rifier dans le MIN (1), mais c\u2019est termin\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La r\u00e9pression des fraudes? Pas plus loquace. \u00ab\u00a0Dans les Alpes-Maritimes, plusieurs contr\u00f4les ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sur l\u2019IGP \u201cCitron de Menton\u00a0\u00bb et ont donn\u00e9 lieu \u00e0 des proc\u00e9dures judiciaires sur lesquelles nous ne pouvons communiquer \u00bb, r\u00e9pondent les services de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>Circulez, il n\u2019y a rien \u00e0 voir. Comme chez ce producteur historique de la plaine du Var, crois\u00e9 \u00e0 l\u2019improviste \u00e0 La Gaude, qui n\u2019a pas vraiment envie de s\u2019\u00e9taler dans la presse. \u00ab\u00a0Vous voulez \u00e9crire sur les citrons ni\u00e7ois? Mais tout est merveilleux, que voulez-vous que je dise d\u2019autre\u00a0\u00bb, l\u00e2che-t-il, le sourire en coin, en s\u2019esquivant. \u00ab\u00a0Allez, bon courage.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un autre acteur du secteur, pr\u00e9f\u00e9rant lui aussi garder l\u2019anonymat, raconte: \u00ab\u00a0C\u2019est vrai que les quantit\u00e9s semblent \u00e9normes. La francisation? Je sais pas, \u00e7a existe un peu partout&#8230; Ici, certains sont dans la comp\u00e9tition, c\u2019est \u00e0 qui sera le plus gros producteur. Il y a trop d\u2019histoires, trop d\u2019embrouilles, trop de ranc\u0153urs. Moi je fais ma petite production tout seul, je pr\u00e9f\u00e8re rester \u00e0 l\u2019\u00e9cart de tout \u00e7a.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le parrain de la Baronne\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Giuliano Marinelli, 49 ans, look de rider affranchi, commercialise ses citrons sous la marque Eden Azur, \u00ab\u00a0principalement au MIN de Rungis via le grossiste Laparra\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il sait que les rumeurs de francisation le visent et s\u2019en d\u00e9fend vigoureusement. Il prend donc le temps de r\u00e9pondre aux questions. Dans son bureau \u00e0 La Gaude, il garde un \u0153il sur ses plantations via des \u00e9crans g\u00e9ants: des cam\u00e9ras de surveillance sont dispos\u00e9es un peu partout dans ses champs.<\/p>\n<p>Les bruits qui courent sur lui? Du racisme et de la jalousie, balaye-t-il. \u00ab\u00a0Quand j\u2019ai voulu m\u2019installer dans les ann\u00e9es 2000, on m\u2019a coll\u00e9 deux surnoms: l\u2019Italien et le parrain de la Baronne, l\u2019Italien qui prend des terres que d\u2019autres convoitaient, mais n\u2019avaient pas le courage de prendre, raconte-t-il. Car quand je suis arriv\u00e9 ici, il y avait des Tch\u00e9tch\u00e8nes qui squattaient. Et j\u2019ai tout vir\u00e9 manu militari.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La mafia ? Il l\u2019a fui, assure-t-il. \u00ab\u00a0L\u2019ignorance est vraiment une mauvaise b\u00eate. Vous savez, je suis n\u00e9 en Sicile et j\u2019ai grandi un peu comme j\u2019ai pu entre les Pouilles et la Calabre, dans un milieu o\u00f9 les contrebandiers de cigarettes vous d\u00e9capitaient juste parce que vous aviez crois\u00e9 leur route. \u00e0 17 ans, je suis parti volontaire dans l\u2019arm\u00e9e un peu malgr\u00e9 moi, car j\u2019\u00e9tais dans un milieu pas tr\u00e8s clean. C\u2019\u00e9tait soit \u00e7a, soit la t\u00f4le. Je me suis retrouv\u00e9 dans les commandos. J\u2019\u00e9tais \u00e0 Pristina en 1995. J\u2019ai dit bonjour \u00e0 la mort tr\u00e8s jeune.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00c0 30 ans, je conduisais une Lamborghini\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les grosses cylindr\u00e9es qu\u2019il conduit et qui font jaser? Il ne s\u2019en cache pas. \u00ab\u00a0Mes fonds, on sait d\u2019o\u00f9 ils viennent: je fais des emprunts au Cr\u00e9dit Agricole. \u00c0 30 ans, je conduisais une Lamborghini, mais j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 travailler bien avant. Dans l\u2019arm\u00e9e, je gagnais d\u00e9j\u00e0 bien ma vie. Apr\u00e8s j\u2019ai eu des entreprises en Italie, dans la viande, l\u2019agriculture&#8230; Je suis arriv\u00e9 en France en 1999, et j\u2019ai tr\u00e8s vite rachet\u00e9 une discoth\u00e8que \u00e0 Golfe-Juan que j\u2019ai revendue bien plus cher peu de temps apr\u00e8s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Citrons, cl\u00e9mentines, citrons caviar, yuzu, combava&#8230; Aujourd\u2019hui, il assure faire un million d\u2019euros de chiffre d\u2019affaires, Sa fiert\u00e9? Les 6.000m2 de citrons caviar. \u00ab\u00a0Beaucoup ont essay\u00e9 de me copier, mais ils se sont tous plant\u00e9s\u00a0\u00bb, jubile-t-il.<\/p>\n<p>Dans son t\u00e9l\u00e9phone, des photos de lui avec Paul Bocuse, \u00ab\u00a0rencontr\u00e9 en 2005, et qui appr\u00e9ciait particuli\u00e8rement mes citrons, c\u2019\u00e9tait ma plus belle carte de visite\u00a0\u00bb. Ou avec le prince Albert II de Monaco, \u00e0 qui il livrerait de temps \u00e0 autre un panier d\u2019agrumes. \u00ab\u00a0Beaucoup de gens ont dit qu\u2019il fallait se m\u00e9fier de moi, et j\u2019ai subi plusieurs contr\u00f4les de la r\u00e9pression des fraudes, mais ils n\u2019ont jamais rien trouv\u00e9 \u00e0 redire. On a m\u00eame essay\u00e9 d\u2019empoisonner mes arbres\u00a0\u00bb, s\u2019irrite-t-il.<\/p>\n<p>Des citrons hors saison, il assure en produire \u00ab\u00a0deux tonnes par semaine\u00a0\u00bb en moyenne. \u00ab\u00a0Sauf entre mi-juillet et fin ao\u00fbt, o\u00f9 l\u00e0, c\u2019est quasi rien, 500kg par semaine environ\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Le pic de production, c\u2019est entre fin novembre et avril-mai, d\u00e9taille-t-il. Apr\u00e8s, c\u2019est de la sp\u00e9culation. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on ramasse des fruits \u00e0 droite \u00e0 gauche. Il faut 400 arbres pour faire une tonne, et il n\u2019y a pas forc\u00e9ment la client\u00e8le pour. Car c\u2019est des citrons qui sont m\u00fbrs, mais qui restent verts et durs, qu\u2019on appelle non d\u00e9verdis. Allez expliquer \u00e7a&#8230; C\u2019est pour une client\u00e8le de connaisseurs principalement, car ils restent tr\u00e8s bons.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La francisation? \u00ab\u00a0Pas rentable\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour \u00e9taler au maximum ses r\u00e9coltes, il explique cr\u00e9er des hybrides \u00e0 l\u2019aide de diff\u00e9rentes vari\u00e9t\u00e9s. \u00ab\u00a0Sur mes 6.000 citronniers, j\u2019ai 9 variantes. Bien s\u00fbr, j\u2019ai toujours un pic en janvier\/f\u00e9vrier, mais comme \u00e7a, j\u2019arrive \u00e0 espacer un peu plus mes r\u00e9coltes.\u00a0\u00bb Avec des citronniers plant\u00e9s en rangs serr\u00e9s. \u00ab\u00a0Je loue le m\u00e8tre carr\u00e9 de terrain une fortune, donc le but, c\u2019\u00e9tait d\u2019avoir une plantation rentable rapidement. Je peux pas m\u2019amuser, comme font certains rentiers, \u00e0 mettre 500 arbres par hectares. Tous les mois, j\u2019ai 13.000 euros de loyers \u00e0 payer. Donc il faut que je sois productif, et que l\u2019argent sorte.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La francisation? \u00c7a serait difficilement rentable pour les agrumes, assure-t-il. \u00ab\u00a0Un citron sicilien digne de ce nom, c\u2019est 2,50 euros le kg. Avec le transport et la distribution, si on le revend 4 euros le kilo, c\u2019est pas rentable\u00a0\u00bb, balaye-t-il. \u00ab\u00a0La v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est que j\u2019ai mis face \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 certaines personnes d\u2019ici qui ont h\u00e9rit\u00e9 de terres, de patrimoines. Ils m\u2019ont vu arriver, et monter en puissance en quelques ann\u00e9es. Et \u00e7a, \u00e7a pla\u00eet pas par ici. Donc c\u2019est plus facile de dire que je triche, alors que j\u2019ai juste la f\u00e2cheuse tendance \u00e0 \u00eatre bon en affaire et dans mon travail. Si \u00eatre plus intelligent que les autres c\u2019est tricher, alors oui, je triche.\u00a0\u00bb Dans quelques ann\u00e9es, il pr\u00e9voit m\u00eame de faire 500t. par saison, \u00ab\u00a0quand les arbres auront grandi.\u00a0\u00bb n<\/p>\n<p>1. March\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eat national, le march\u00e9 de gros r\u00e9serv\u00e9 aux professionnels. Henri Garnier et Giuliano Marinelli vendent tous les deux \u00e0 diff\u00e9rents MIN de France, dont le plus gros, Rungis, tandis que les petits producteurs vendent sur les march\u00e9s.<\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.nicematin.com\/economie\/protec\/DATA_ART_16181767-d8XFhsq7.jpg?vh=59abdc&amp;ci_seal=f3366dfca9\" alt=\"\"\/><br \/>\n        Giuliano Marinelli, install\u00e9 \u00e0 La Gaude, commercialise ses agrumes sous la marque Eden Azur. <\/p>\n<p>            \u00ab\u00a0On peut avoir quelques fruits en \u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Maurice Tamonte, ancien chef de service de la chambre d\u2019agriculture des Alpes-Maritimes sp\u00e9cialiste des agrumes, est aujourd\u2019hui \u00e0 la retraite. Il est consid\u00e9r\u00e9 par la profession comme la \u00ab\u00a0Bible\u00a0\u00bb du citron.<\/p>\n<p><strong>Les citronniers du pays ni\u00e7ois sont tous des 4 saisons?<\/strong><\/p>\n<p>Le citronnier est automatiquement 4 saisons. En fait, \u00e7a n\u2019existe pas vraiment, 4 saisons. Le terme, c\u2019est remontant. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019une floraison peut remonter \u00e0 n\u2019importe quelle \u00e9poque de l\u2019ann\u00e9e, selon le stress que prend l\u2019arbre.<\/p>\n<p><strong>Quand se d\u00e9roule la r\u00e9colte dans le pays ni\u00e7ois?<\/strong><\/p>\n<p>Grosso modo, la r\u00e9colte commence fin novembre d\u00e9but d\u00e9cembre, et se termine fin mars\/d\u00e9but avril, comme tous les citronniers de la C\u00f4te d\u2019Azur, peu importe l\u2019esp\u00e8ce. Sous nos climats, on a une floraison de printemps, la floraison classique, entra\u00eenant une production hivernale. Et on a des remont\u00e9es de fleurs automnales apr\u00e8s les premi\u00e8res pluies du 15 ao\u00fbt \/ d\u00e9but septembre. C\u2019est la floraison d\u2019automne, qui va donner des fruits au printemps, voire au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9. C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019on peut parfois avoir quelques fruits en \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Comment expliquez-vous qu\u2019il y ait des citrons du pays ni\u00e7ois \u00e0 vendre \u00e0 Rungis en plein \u00e9t\u00e9?<\/strong><\/p>\n<p>Je vous pose la question. Il peut bien s\u00fbr y avoir des fruits de la r\u00e9colte du printemps qui sont rest\u00e9s sur les branches, et qui peuvent survivre un ou deux mois sur l\u2019arbre. Quelques centaines de kilos c\u2019est possible, mais pas plus.<\/p>\n<p><strong>Pourtant, on trouve des citrons italiens pendant l\u2019\u00e9t\u00e9&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Les Italiens, depuis des lustres, sont capables de faire du citron en \u00e9t\u00e9. Ils font stresser une plantation en la mettant au sec. Et apr\u00e8s quelques mois, ils l\u2019inondent. Si c\u2019est bien g\u00e9r\u00e9, des fruits sortent. Des Verdelli, des citrons de contre-saison qui restent verts, mais qui sont m\u00fbrs. Car le citron jauni quand les temp\u00e9ratures baissent. Ainsi, ils d\u00e9calent la production, mais \u00e7a se fait un an sur deux ou trois, parce que la plantation est mise minable, elle souffre \u00e9norm\u00e9ment, et doit r\u00e9cup\u00e9rer. Donc ils tournent avec plusieurs parcelles.<\/p>\n<p><strong>\u00c7a ne serait pas possible \u00e0 Nice?<\/strong><\/p>\n<p>Dans le sud de l\u2019Italie, ils ont des phases s\u00e8ches beaucoup plus importantes que chez nous, donc ils peuvent cr\u00e9er le stress facilement. Nous, si on prend des pluies interm\u00e9diaires, c\u2019est beaucoup plus difficile de cr\u00e9er le ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p><strong>Quelle est la particularit\u00e9 du citron de la C\u00f4te d\u2019Azur?<\/strong><\/p>\n<p>Les substances organoleptiques(1) sont diff\u00e9rentes. On est dans la zone la plus \u00e9loign\u00e9e de l\u2019\u00e9quateur au niveau mondial, presque sur le 45e parall\u00e8le. Toutes les autres productions d\u2019agrumes en plein air sont entre le 20 et 35e parall\u00e8le. La climatologie lui permet de cro\u00eetre en hiver sans \u00eatre gel\u00e9. Les ar\u00f4mes sont exacerb\u00e9s par les diff\u00e9rences de temp\u00e9ratures entre la journ\u00e9e et la nuit. Le citron azur\u00e9en, qui subit un stress permanent en automne, est au maximum de ses ar\u00f4mes. Il est tr\u00e8s expressif. n<\/p>\n<p>1. Qui affecte les sens, particuli\u00e8rement le go\u00fbt et l\u2019odorat.<\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.nicematin.com\/economie\/protec\/DATA_ART_16181776-MRtpms62.jpg?vh=53dfbe&amp;ci_seal=1ca4f37067\" alt=\"\"\/><br \/>\n        Henri Garnier, install\u00e9 \u00e0 Saint-Laurent-du-Var, vend ses citrons sous la marque Les Vergers Ni\u00e7ois. <\/p>\n<p>            \u00ab\u00a0C\u2019est compliqu\u00e9 de d\u00e9nicher les fraudes\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>St\u00e9phane Constantin est directeur de l\u2019\u2019association pour la promotion du citron de Menton, qui b\u00e9n\u00e9ficie du label IGP depuis 2016.<\/p>\n<p><strong>Etes-vous concern\u00e9 par la francisation \u00e0 Menton?<\/strong><\/p>\n<p>Il faut d\u2019abord savoir que la francisation est strictement interdite, la r\u00e9pression des fraudes est tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re la-dessus, et \u00e7a fini souvent au tribunal. \u00e0 Menton, on n\u2019est pas vraiment touch\u00e9. \u00c7a ne veut pas dire que \u00e7a n\u2019existe pas, mais on n\u2019a pas de gros dossier. On a plut\u00f4t des petites fraudes. R\u00e9cemment, on a d\u2019ailleurs fait intervenir la r\u00e9pression des fraudes \u00e0 Rungis pour des citrons vendus abusivement sous le nom \u2018\u2018citron du pays mentonnais\u2019\u2019.<\/p>\n<p><strong>Et sur le citron du pays de Nice ?<\/strong><\/p>\n<p>On n\u2019a pas vraiment d\u2019informations. Mais comme il n\u2019y a pas de label, il n\u2019y a pas vraiment de tra\u00e7abilit\u00e9, et c\u2019est compliqu\u00e9 de d\u00e9nicher les fraudes. Mais on sait que certains sont dans le collimateur de la r\u00e9pression des fraudes et des douanes. Le probl\u00e8me, c\u2019est qu\u2019ils ont peu d\u2019effectif, et les dossiers sont tr\u00e8s compliqu\u00e9s et demandent beaucoup de suivi.<\/p>\n<p><strong>Quel serait la solution?<\/strong><\/p>\n<p>Je ne veux pas leur dire quoi faire. Il faudrait d\u00e9j\u00e0 peut-\u00eatre que les producteurs du pays ni\u00e7ois se regroupent pour d\u00e9fendre leur produit, \u00e7a serait un bon d\u00e9but. L\u00e0, c\u2019est le consommateur qui en p\u00e2ti.t Par exemple, on utilise souvent les zestes, et si les citrons ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s mais que ce n\u2018est pas indiqu\u00e9, \u00e7a peut \u00eatre dangereux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Des citrons du pays ni\u00e7ois en plein mois d\u2019ao\u00fbt chez un mara\u00eecher d\u2019Auxerre? 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