{"id":368543,"date":"2025-09-05T16:13:14","date_gmt":"2025-09-05T16:13:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/368543\/"},"modified":"2025-09-05T16:13:14","modified_gmt":"2025-09-05T16:13:14","slug":"comment-la-crise-politique-et-budgetaire-francaise-est-percue-aux-quatre-coins-de-leurope","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/368543\/","title":{"rendered":"Comment la crise politique et budg\u00e9taire fran\u00e7aise est per\u00e7ue aux quatre coins de l\u2019Europe\u00a0"},"content":{"rendered":"<p>Les capitales europ\u00e9ennes auront sans doute un \u0153il riv\u00e9 sur Paris, lundi 8 septembre en fin d\u2019apr\u00e8s-midi, alors que l\u2019Assembl\u00e9e nationale devrait selon toute vraisemblance voter contre la confiance demand\u00e9e par le Premier ministre Fran\u00e7ois Bayrou sur la situation budg\u00e9taire, et faire chuter son gouvernement, \u00e0 peine 9 mois apr\u00e8s le vote de la motion de censure du gouvernement de Michel Barnier.\u202f\u00a0<\/p>\n<p>Une crise politique qui est observ\u00e9e avec inqui\u00e9tude chez le voisin belge. Pour l\u2019eurod\u00e9put\u00e9 belge Beno\u00eet Cassart, membre du groupe centriste Renew au Parlement europ\u00e9en, le blocage fran\u00e7ais s\u2019explique car \u00ab\u202fles partis extr\u00e9mistes prennent trop de place d\u00e9sormais. En Belgique, les extr\u00eames sont moins populaires et les partis de centre-gauche et de centre-droit arrivent quasiment toujours \u00e0 s\u2019entendre pour former des coalitions que ce soit au niveau f\u00e9d\u00e9ral ou r\u00e9gional.\u202f\u00bb Ces derniers mois, un nouveau gouvernement f\u00e9d\u00e9ral s\u2019est form\u00e9 \u00e0 partir d\u2019une coalition alliant la droite radicale flamande du NV-A, les centristes wallons et les sociaux-d\u00e9mocrates flamands.\u202f\u00a0<\/p>\n<p>La faute au scrutin majoritaire fran\u00e7ais ?<\/p>\n<p>\u00ab\u202fCela prend du temps, mais on arrive \u00e0 former des compromis\u202f\u00bb, analyse Beno\u00eet Cassart. Il est vrai qu\u2019en 2020, la Belgique a form\u00e9 un gouvernement apr\u00e8s deux ans de concertation et de crise politique\u2026\u202f Pour l\u2019eurod\u00e9put\u00e9 wallon, les causes de la paralysie fran\u00e7aise r\u00e9sident dans son mode d\u2019\u00e9lection des d\u00e9put\u00e9s au scrutin majoritaire, alors que la majorit\u00e9 des autres pays europ\u00e9ens \u00e9lisent leurs parlementaires \u00e0 la proportionnelle. \u00ab\u202fLe syst\u00e8me fran\u00e7ais cr\u00e9e des majorit\u00e9s domin\u00e9es par un seul parti alors que notre syst\u00e8me proportionnel oblige les partis au compromis et ne cr\u00e9e pas de bouleversement politique majeur.\u202f\u00bb Rappelons que la mise en place de la proportionnelle en France est souhait\u00e9e par Fran\u00e7ois Bayrou mais il n\u2019aura sans doute pas le temps de la mettre en \u0153uvre\u2026\u202f\u00a0<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Allemagne, on s\u2019\u00e9tonne de ce blocage fran\u00e7ais. \u00ab\u202fPourquoi le PS et les LR, lorsqu\u2019ils sont dans leurs groupes politiques au Parlement europ\u00e9en, (Sociaux-d\u00e9mocrates et Parti populaire europ\u00e9en) forment des majorit\u00e9s et arrivent \u00e0 b\u00e2tir des compromis, et quand ils sont en France ils se diabolisent ?\u202f\u00bb, se demande Daniel Freund, eurod\u00e9put\u00e9 allemand \u00e9cologiste. \u00ab\u202fEn Allemagne, la droite de la CSU et les sociaux-d\u00e9mocrates du SPD ont beaucoup de diff\u00e9rences mais arrivent \u00e0 trouver des points d\u2019entente\u202f\u00bb, explique l\u2019\u00e9lu Vert. \u00ab\u202fLes Allemands n\u2019ont toujours pas compris la dissolution d\u00e9cid\u00e9e par Emmanuel Macron l\u2019an dernier apr\u00e8s les \u00e9lections europ\u00e9ennes et qui a abouti \u00e0 la situation politique qu\u2019on conna\u00eet.\u202f\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u202fLa France ne peut se permettre une crise budg\u00e9taire\u202f\u00bb, s\u2019agace la droite allemande<\/p>\n<p>La droite conservatrice allemande se montre tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re concernant vis-\u00e0-vis des responsables fran\u00e7ais, en pointant la mauvaise situation budg\u00e9taire de la France qui pourrait \u00eatre aggrav\u00e9e par ce blocage politique. \u00ab\u202fS\u2019il y a un pays europ\u00e9en qui ne peut pas se permettre une crise budg\u00e9taire, c\u2019est la France\u202f\u00bb, a r\u00e9agi Markus Ferber, eurod\u00e9put\u00e9 de la CSU. \u00ab\u202fNi la France, ni l\u2019Europe ne peuvent fonctionner avec davantage d\u2019incertitude. La France a cess\u00e9 depuis longtemps d\u2019\u00eatre un pilier de stabilit\u00e9 pour la zone euro. Si la France glisse de la crise politique vers la crise de la dette, il y aura des cons\u00e9quences pour toute la zone euro.\u202f\u00bb\u202f\u00a0<\/p>\n<p>La mont\u00e9e de l\u2019extr\u00eame droite en France est comparable \u00e0 celle du Portugal<\/p>\n<p>Au Portugal, \u00ab\u202fon observe avec beaucoup de pr\u00e9occupation ce qui se passe en France car ce pays a un r\u00f4le d\u00e9terminant pour l\u2019avenir de l\u2019Europe\u202f\u00bb, explique Francisco Assis, eurod\u00e9put\u00e9 portugais socialiste. \u00ab\u202fIl y a une forme de crise constante, politique, sociale et culturelle avec un discours sur le d\u00e9clin de la France qui gagne du terrain, alors que ce n\u2019est pas une r\u00e9alit\u00e9.\u202f\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0L\u2019\u00e9lu portugais compare la mont\u00e9e du Rassemblement national dans l\u2019opinion \u00e0 celle de Chega, le parti d\u2019extr\u00eame droite portugaise. \u00ab\u202fAu Portugal, l\u2019extr\u00eame droite est devenue aussi le deuxi\u00e8me parti du pays, entre la droite conservatrice qui gouverne et les socialistes en 3e position.\u202f\u00bb L\u2019actuel gouvernement de centre-droit a vu sa majorit\u00e9 r\u00e9duire aux derni\u00e8res \u00e9lections du printemps et pourrait faire des alliances de circonstances avec l\u2019extr\u00eame droite comme ce f\u00fbt le cas en juillet sur une loi immigration.\u202f\u00a0<\/p>\n<p><b>Une France d\u00e9sormais affaiblie en Europe ?\u202f<\/b>\u00a0<\/p>\n<p>Cette situation politique affaiblit-elle la France au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne ? A coup s\u00fbr, selon Benoit Cassart. \u00ab\u202fUn exemple : sur l\u2019accord commercial avec le Mercosur, la France, premi\u00e8re puissance agricole de l\u2019UE \u00e9tait contre, mais la pr\u00e9sidente de la Commission europ\u00e9enne Ursula von der Leyen a sign\u00e9 cet accord en d\u00e9cembre dernier, au moment de la chute du gouvernement fran\u00e7ais, donc la France ne pouvait pas peser politiquement.\u202f\u00bb\u202f\u00a0<\/p>\n<p>Mais pour le chercheur et historien sp\u00e9cialiste de l\u2019Europe, Sylvain Kahn, interrog\u00e9 dans l\u2019\u00e9mission Ici l\u2019Europe, diffus\u00e9e sur France 24, LCP et tous les samedis \u00e0 16h30 sur Public S\u00e9nat, \u00ab\u202fune vacance du gouvernement fran\u00e7ais n\u2019a pas un fort impact pour le fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne car il y a toujours un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique qui si\u00e8ge au Conseil de l\u2019Union europ\u00e9enne \u00bb. \u00ab\u202fLa France garde m\u00eame une voix majeure aujourd\u2019hui en Europe avec le contexte international\u202f\u00bb, ajoute Christophe Pr\u00e9ault, directeur du site d\u2019information Toute l\u2019Europe. \u00ab\u202fLa France reste le seul pays de l\u2019UE dot\u00e9 de l\u2019arme nucl\u00e9aire et qui si\u00e8ge au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU. L\u2019urgence de la guerre en Ukraine place la France en position de force.\u202f\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Signe qu\u2019une nouvelle chute du gouvernement fran\u00e7ais aurait des r\u00e9percussions au sein de l\u2019Union, de nombreux correspondants europ\u00e9ens seront pr\u00e9sents ce lundi 8 septembre dans la salle des 4 colonnes de l\u2019Assembl\u00e9e nationale pour suivre le r\u00e9sultat de ce vote de confiance. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les capitales europ\u00e9ennes auront sans doute un \u0153il riv\u00e9 sur Paris, lundi 8 septembre en fin d\u2019apr\u00e8s-midi, alors&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":368544,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1586],"tags":[11,1777,674,1011,27,12,25],"class_list":{"0":"post-368543","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-actualites","9":"tag-eu","10":"tag-europe","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-news","14":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115152578411587924","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/368543","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=368543"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/368543\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/368544"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=368543"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=368543"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=368543"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}