{"id":372982,"date":"2025-09-07T12:52:13","date_gmt":"2025-09-07T12:52:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/372982\/"},"modified":"2025-09-07T12:52:13","modified_gmt":"2025-09-07T12:52:13","slug":"exit-8-de-genki-kawamura-un-labyrinthe-cauchemardesque-inspire-dun-jeu-video-rts-ch","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/372982\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Exit 8\u00a0\u00bb de Genki Kawamura, un labyrinthe cauchemardesque inspir\u00e9 d&rsquo;un jeu vid\u00e9o &#8211; rts.ch"},"content":{"rendered":"<p>Adaptation d&rsquo;un jeu vid\u00e9o culte, \u00ab\u00a0Exit 8\u00a0\u00bb de Genki Kawamura pi\u00e8ge son h\u00e9ros dans les couloirs d&rsquo;un m\u00e9tro japonais. Plus qu&rsquo;un exercice de style ludique, le film sorti le 3 septembre offre une m\u00e9taphore virtuose d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui tourne en rond.\u00a0<\/p>\n<p>En mati\u00e8re d&rsquo;adaptations de jeux vid\u00e9o au cin\u00e9ma, on est habitu\u00e9 au pire (\u00ab\u00a0Super Mario Bros\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Street Fighter\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Mortal Kombat\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Sonic\u00a0\u00bb), au passable (\u00ab\u00a0Lara Croft\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Resident Evil\u00a0\u00bb), plus rarement au bon (\u00ab\u00a0Silent Hill\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Five Night&rsquo;s at Freddy&rsquo;s\u00a0\u00bb). \u00ab\u00a0Exit 8\u00a0\u00bb s&rsquo;inscrit dans la derni\u00e8re cat\u00e9gorie en transposant, de mani\u00e8re totalement cin\u00e9matographique, le concept minimaliste du jeu dont il s&rsquo;inspire avec talent.<\/p>\n<p>Une boucle en forme de purgatoire<\/p>\n<p>Le d\u00e9but du film de Genki Kawamura \u00e9pouse l&rsquo;un des tics r\u00e9currents du jeu vid\u00e9o, ramen\u00e9 toutefois \u00e0 un degr\u00e9 de banalit\u00e9 \u00e9tonnant. Un long plan-s\u00e9quence en point de vue subjectif introduit le h\u00e9ros, un homme sans qualit\u00e9s qui \u00e9coute le \u00ab\u00a0Bolero\u00a0\u00bb de Ravel dans une rame de m\u00e9tro bond\u00e9e. Plus loin, une jeune m\u00e8re tente de calmer son b\u00e9b\u00e9 qui hurle jusqu&rsquo;\u00e0 provoquer l&rsquo;ire d&rsquo;un employ\u00e9 de bureau, d\u00e9versant toute sa col\u00e8re sur la pauvre femme. Le h\u00e9ros ne r\u00e9agit pas \u00e0 la sc\u00e8ne, d&rsquo;une violence \u00e0 la fois quotidienne et monstrueuse, avant de quitter le m\u00e9tro et de recevoir un appel de sa compagne qui lui annonce qu&rsquo;elle est enceinte.<\/p>\n<p>Incapable de s&rsquo;engager, il raccroche, s&rsquo;enfonce dans un couloir, croise un homme qui marche, puis se rend compte qu&rsquo;il tourne en rond, revenant sans cesse dans le m\u00eame d\u00e9dale. Asthmatique, il se rend compte qu&rsquo;il doit d\u00e9tecter, dans le d\u00e9cor qu&rsquo;il traverse, des anomalies (un n\u00e9on qui clignote, un son inhabituel, une diff\u00e9rence sur une affiche). S&rsquo;il en voit une, il doit faire demi-tour. S&rsquo;il n&rsquo;en per\u00e7oit aucune, il continue. S&rsquo;il se trompe, il est renvoy\u00e9 au niveau 0, le but \u00e9tant d&rsquo;atteindre le niveau 8 pour esp\u00e9rer sortir de cette boucle spatio-temporelle en forme de purgatoire.<\/p>\n<p>Contenu externe<\/p>\n<p> Ce contenu externe ne peut pas \u00eatre affich\u00e9 car il est susceptible de collecter des donn\u00e9es personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la cat\u00e9gorie <strong>R\u00e9seaux sociaux<\/strong>. <\/p>\n<p> Accepter Plus d&rsquo;info <\/p>\n<p>    Un formidable terrain de jeu<\/p>\n<p>Ce qui n&rsquo;aurait pu \u00eatre qu&rsquo;un pur exercice de style, un escape game sans enjeu, donne lieu ici \u00e0 un film anxiog\u00e8ne et remarquable, plus port\u00e9 par le suspense et l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 que par l&rsquo;horreur pure (m\u00eame si une sc\u00e8ne cite explicitement le \u00ab\u00a0Shining\u00a0\u00bb de Stanley Kubrick). En reprenant le motif boucl\u00e9 sur lui-m\u00eame du 8 de son titre, l&rsquo;air r\u00e9p\u00e9titif du \u00ab\u00a0Bolero\u00a0\u00bb de Ravel et les illusions d&rsquo;optique de l&rsquo;artiste Maurits Cornelis Escher (l\u00e0 aussi directement cit\u00e9 sur l&rsquo;une des affiches placard\u00e9es sur un mur du couloir de m\u00e9tro), \u00ab\u00a0Exit 8\u00a0\u00bb s&rsquo;affirme comme un formidable terrain de jeu o\u00f9, comme le h\u00e9ros, on se retrouve \u00e0 scruter fr\u00e9n\u00e9tiquement les erreurs dans l&rsquo;image qui nous est montr\u00e9e.<\/p>\n<p>Et d\u00e8s que le concept s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 tourner en rond, le cin\u00e9aste change de personnage, passe de L&rsquo;homme perdu \u00e0 L&rsquo;homme qui marche, puis \u00e0 L&rsquo;enfant, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de trois chapitres qui relancent l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du r\u00e9cit sans jamais d\u00e9voiler l&rsquo;exacte nature des liens qui unissent ces trois figures.<\/p>\n<p>La peur de la paternit\u00e9<\/p>\n<p>Encore fallait-il insuffler un peu de sens et de pertinence \u00e0 cette boucle lancinante. Si l&rsquo;on saisit assez vite la r\u00e9currence de la question de la paternit\u00e9, et surtout de la peur de la paternit\u00e9, on peut \u00e9galement d\u00e9celer, dans le parcours cyclique qui constitue l&rsquo;ensemble du film, une expression du conformisme d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re, prisonni\u00e8re de son incapacit\u00e9 \u00e0 percevoir ses anomalies, entendez ses dysfonctionnements. En r\u00e9sulte un grand huit psychologique et existentiel d&rsquo;une virtuosit\u00e9 assez vertigineuse.<\/p>\n<p>Note: 4\/5<\/p>\n<p class=\"sources\">Rafael Wolf\/ld<\/p>\n<p class=\"article-footnote\">\u00ab\u00a0Exit 8\u00a0\u00bb de Genki Kawamura, avec Kazunari Ninomiya, Yamato K\u00f4chi, Naru Asanuma. A voir dans les salles romandes depuis le 3 septembre 2025.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Adaptation d&rsquo;un jeu vid\u00e9o culte, \u00ab\u00a0Exit 8\u00a0\u00bb de Genki Kawamura pi\u00e8ge son h\u00e9ros dans les couloirs d&rsquo;un m\u00e9tro&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":372983,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1354],"tags":[1693,650,58,59,50716,2081,1346,1011,27,50717,336,330,1036,1393,1360,1969,50718],"class_list":{"0":"post-372982","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-films","8":"tag-arts-et-divertissement","9":"tag-cinema","10":"tag-divertissement","11":"tag-entertainment","12":"tag-exit-assistance-au-suicide","13":"tag-film","14":"tag-films","15":"tag-fr","16":"tag-france","17":"tag-genki-kawamura","18":"tag-jeu-video","19":"tag-jeux","20":"tag-jeux-video","21":"tag-loisirs","22":"tag-movies","23":"tag-style","24":"tag-vie-quotidienne-et-loisirs"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115163112896964005","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/372982","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=372982"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/372982\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/372983"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=372982"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=372982"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=372982"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}