{"id":373840,"date":"2025-09-07T21:30:24","date_gmt":"2025-09-07T21:30:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/373840\/"},"modified":"2025-09-07T21:30:24","modified_gmt":"2025-09-07T21:30:24","slug":"une-plume-qui-puise-dans-les-racines-de-lest","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/373840\/","title":{"rendered":"une plume qui puise dans les racines de l\u2019Est"},"content":{"rendered":"<p>Scy-Chazelles en automne, en plein confinement. Huit semaines en solitaire \u00e0 regarder les\u00a0premi\u00e8res feuilles tomber, \u00e0 \u00e9crire. Julien Th\u00e8ves, 53 ans, a publi\u00e9 son premier livre, \u00ab\u00a0Pr\u00e9carit\u00e9\u00a0\u00bb en 1999. En octobre\u00a02020, il a \u00e9t\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.republicain-lorrain.fr\/culture-loisirs\/2020\/10\/25\/une-balade-nature-litteraire-et-intergenerationnelle\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">accueilli en Moselle dans le cadre d\u2019une r\u00e9sidence d\u2019auteurs<\/a>.\u00a0Sur les hauteurs de Metz, en pleine pand\u00e9mie, il a amorc\u00e9 l\u2019\u00e9criture de son cinqui\u00e8me livre, \u00ab\u00a0Ils \u00e9taient de l\u2019Est\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>  Sur les traces de sa famille<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Fabienne Jacob, une amie et romanci\u00e8re mosellane m\u2019a parl\u00e9 de la r\u00e9sidence d\u2019auteurs \u00e0 Scy-Chazelles. J\u2019ai h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 postuler, il fallait un projet. Je me suis dit, si je vais en Lorraine alors je partirai sur les traces de ma famille.\u00a0\u00bb\u00a0Sa famille, ses grands-parents. Car si Julien Th\u00e8ves est n\u00e9 \u00e0 Strasbourg, qu\u2019il a v\u00e9cu en Espagne et grandit au Pays basque, ses grands-parents, eux, \u00e9taient de l\u2019Est.\u00a0Enfant, Julien Th\u00e8ves quittait l\u2019oc\u00e9an chaque \u00e9t\u00e9 pour passer deux mois de vacances dans les Vosges et en Moselle, \u00ab\u00a0dans la ville de B\u00a0\u00bb.\u00a0C\u2019est le sujet de son dernier livre. Un r\u00e9cit nourri de d\u00e9tails sensoriels qui ne raconte pas\u00a0l\u2019histoire de ses grands-parents paternels et maternels mais qui convoque le souvenir de ces \u00ab quatre morts qui vivent en lui. \u00bb Un grand-p\u00e8re effac\u00e9 et douanier, un autre flamboyant, photographe et adjoint au maire. Les souvenirs aussi de deux grands-m\u00e8res qui au fil des pages \u00ab\u00a0touillent\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0hument\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0go\u00fbtent\u00a0\u00bb. La m\u00e9moire encore d\u2019un territoire, les for\u00eats des Vosges, un minuscule appartement en Moselle dans une cit\u00e9 dans la ville de B. \u00ab\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.republicain-lorrain.fr\/culture-loisirs\/2020\/11\/29\/julien-theves-la-solitude-a-ete-tres-profitable\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">La solitude pendant ma r\u00e9sidence m\u2019a permis de raviver le souvenir de mes grands-parents<\/a>. Avec ce livre j\u2019ai voulu les retrouver au milieu des lacunes de ma m\u00e9moire. Quand on est enfant, on n\u2019interroge pas les adultes. Mais quand on \u00e9crit, les souvenirs remontent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>  \u00c9crivain de l\u2019intime<\/p>\n<p>La m\u00e9moire, le souvenir, l\u2019exploration des \u00e9motions pass\u00e9es sont des th\u00e8mes r\u00e9currents dans l\u2019\u0153uvre de Julien Th\u00e8ves. En 2018 avec \u00ab\u00a0Le pays d\u2019o\u00f9 l\u2019on ne revient jamais\u00a0\u00bb, roman consacr\u00e9 par le prix Marguerite Duras, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 d\u2019enfance, de famille et de territoire qu\u2019il s\u2019agissait. Pour \u00ab\u00a0Les Rues bleues\u00a0\u00bb , paru en 2020, l\u2019\u00e9crivain racontait Paris au cours des trente derni\u00e8res ann\u00e9es avec, d\u00e9j\u00e0, cet int\u00e9r\u00eat pour le temps qui passe et les d\u00e9tails qui font une \u00e9poque. \u00ab\u00a0J\u2019aime les autobiographies. Je suis client des \u00e9crivains de l\u2019intime. Mais avec le temps je me suis lib\u00e9r\u00e9 du fardeau de la v\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb\u00a0Le plaisir de la lecture de son dernier livre\u00a0doit beaucoup \u00e0 cette subjectivit\u00e9.\u00a0Pendant son exil \u00e0 Scy-Chazelles, Julien Th\u00e8ves a cherch\u00e9 des traces de sa famille aux archives et dans sa m\u00e9moire. Il a invent\u00e9 celles qui manquaient. Le plaisir de la lecture vient aussi de sa plume, musicale \u00e0 souhait. Julien Th\u00e8ves parle comme il \u00e9crit, en respectant les silences, en choisissant chaque mot. Il est \u00e9rudit, sa belle langue le trahit. Mais de ses brillantes \u00e9tudes l\u2019\u00e9crivain dit peu de choses. On rep\u00e8re au fil des r\u00e9ponses aux questions quelques balises, \u00ab\u00a0une pr\u00e9pa Henri-IV et\u00a0un cursus HEC\u00a0\u00bb. Pour le reste, ce qu\u2019il dit de lui a toujours\u00a0quelque chose \u00e0 voir avec l\u2019\u00e9criture\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire par d\u00e9s\u0153uvrement\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0un jour j\u2019ai rencontr\u00e9 l\u2019\u00e9crivain Guillaume Dustan qui m\u2019a permis d\u2019\u00e9crire et de publier chez Balland\u00a0\u00bb\u00a0ou encore \u00ab\u00a0j\u2019\u00e9cris pour Le Monde\u00a0\u00bb.\u00a0Avec \u00ab\u00a0Ils \u00e9taient de l\u2019Est\u00a0\u00bb, la jolie plume est au service d\u2019un sujet universel, l\u2019enfance. Que l\u2019on soit natif de la r\u00e9gion ou d\u2019ailleurs, chacun se reconna\u00eetra dans ces souvenirs de gamins en Lorraine. Chacun se reconna\u00eetra aussi dans cette envie adulte de ramener \u00e0 la surface des morceaux d\u2019histoire personnelle que l\u2019imagination assemble.<\/p>\n<p> \u25b6 \u00ab Ils \u00e9taient de L\u2019Est \u00bb, Julien Th\u00e8ves, \u00e9dition Abstractions.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Scy-Chazelles en automne, en plein confinement. Huit semaines en solitaire \u00e0 regarder les\u00a0premi\u00e8res feuilles tomber, \u00e0 \u00e9crire. 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