{"id":374290,"date":"2025-09-08T02:55:31","date_gmt":"2025-09-08T02:55:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/374290\/"},"modified":"2025-09-08T02:55:31","modified_gmt":"2025-09-08T02:55:31","slug":"une-interview-de-david-kadouch-en-concert-a-marseille-20-sept-toulouse-24sept-jaime-raconter-une-histoire-au-public-en-confrontant-des-oeuvres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/374290\/","title":{"rendered":"\u200bUne interview de David Kadouch [en concert \u00e0 Marseille\/20 sept &#038; Toulouse\/24sept.] \u2013 \u00ab J\u2019aime raconter une histoire au public en confrontant des \u0153uvres. \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>David Kadouch est de ceux qui aiment raconter en musique. Apr\u00e8s les \u00ab\u00a0Musiques de Madame Bovary\u00a0\u00bb, il a offert en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, toujours chez Mirare, un nouvel enregistrement intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Amours interdites\u00a0\u00bb (1) rassemblant des auteurs qui furent contraints souvent de cacher leur homosexualit\u00e9. L\u2019interpr\u00e8te a notamment voulu montrer comment la sexualit\u00e9 d\u2019un compositeur peut \u00ab\u00a0colorer\u00a0\u00bb sa musique. Un album riche en raret\u00e9s et en d\u00e9couvertes o\u00f9 se croisent Poulenc, Tcha\u00efkovsky, Ethel Smyth, Reynaldo Hahn, Wanda Landowska, Karol Szymanowski, et m\u00eame Charles Trenet, arrang\u00e9 par Alexis Weissenberg.<br \/>Concertclassic a rencontr\u00e9 un pianiste d\u00e9couvreur \u2013 et passionn\u00e9 de litt\u00e9rature\u00a0! \u2013 qui, apr\u00e8s un concert Arvo P\u00e4rt \u00e0 Tallin sous la direction d\u2019Olari Elts, le 11 septembre, sera \u00e0 Marseille le 20 septembre avec Pierre G\u00e9nisson dans des pages de Schumann, Brahms, Saint-Sa\u00ebns, De Falla, et au Festival Piano aux Jacobins de Toulouse le 24 septembre, dans le programme \u00ab\u00a0Amours interdites\u00a0\u00bb. O\u00f9 l\u2019on d\u00e9couvre entre autres une compositrice de veine tr\u00e8s romantique nomm\u00e9e &#8230; Landowska\u00a0!<\/strong><br \/>\n\u00a0<br \/>\n\u00a0<br \/>\n<strong>Pourquoi avoir choisi d\u2019ouvrir votre programme par l\u2019\u00ab\u00a0Hommage \u00e0 Edith Piaf\u00a0\u00bb de Poulenc\u00a0?<\/strong><br \/>\n\u00a0<br \/>\nJe voulais avec ce disque \u00e9voquer plusieurs types d\u2019histoires. Il est \u00e9vident que Poulenc n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 la m\u00eame situation, aux m\u00eames tourments que Tcha\u00efkovski, par exemple. Mais dans sa correspondance, on ressent sa souffrance. On la voit s\u2019exprimer \u00e0 travers sa musique, la m\u00e9lancolie qu\u2019elle exprime. J\u2019ai d\u2019ailleurs aussi enregistr\u00e9 la pi\u00e8ce qui porte ce titre.<\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/><strong>\u00ab\u00a0Alexis Weissenberg a publi\u00e9 ses transcriptions de Trenet sous le pseudonyme de \u00ab\u00a0Mister Nobody\u00a0\u00bb car, \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, sortir des sentiers battus de la musique classique n\u2019\u00e9tait pas bien vu.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<br \/><strong>Le disque s\u2019ouvre par l\u2019\u00ab\u00a0Hommage \u00e0 Edith Piaf\u00a0\u00bb, et se termine par Avril \u00e0 Paris<strong> <\/strong>de Charles Trenet, dans l\u2019arrangement d\u2019Alexis Weissenberg, mani\u00e8re de rendre un autre hommage \u00e0 la chanson fran\u00e7aise. Cette transcription est tr\u00e8s belle et po\u00e9tique. Avez-vous connu Weissenberg, interpr\u00e8te tr\u00e8s populaire, notamment via la t\u00e9l\u00e9vision, dans les ann\u00e9es 70\u00a0?<\/strong><br \/>\u00a0<br \/>Je ne l\u2019ai pas connu. J\u2019ai connu sa fille, qui venait aux cours de Dmitri Bashkirov, que je suivais. Elle \u00e9tait fascin\u00e9e par son enseignement. Et j\u2019ai alors abord\u00e9 les enregistrements de son p\u00e8re. Alexis Weissenberg a publi\u00e9 ses transcriptions sous le pseudonyme de \u00ab\u00a0Mister Nobody\u00a0\u00bb, car \u00e0 cette \u00e9poque l\u00e0, sortir des sentiers battus de la musique classique n\u2019\u00e9tait pas bien vu. Je suis tomb\u00e9 amoureux de cet air-l\u00e0, dans cette transcription-l\u00e0. Et c\u2019\u00e9tait effectivement une mani\u00e8re de commencer avec Edith Piaf, dans la m\u00e9lancolie, et de terminer avec cette \u00e9vocation d\u2019avril \u00e0 Paris. Charles Trenet nous parle de joie, et annonce un printemps parisien amoureux.<\/p>\n<p>\n\u00a0<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/david_kadouch_ok_2_.jpg\" width=\"450\" height=\"300\" alt=\"\" title=\"\u00a9 Marco Borggreve\"\/><\/p>\n<p> \u00a9 Marco Borggreve<\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/><strong>\u00ab\u00a0Dmitri Bashkirov \u00e9tait assez dirigiste, mais en m\u00eame temps il nous r\u00e9veillait\u00a0!\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/>\u00a0<br \/><strong>Pouvez-vous, au passage, \u00e9voquer Dmitri Bashkirov\u00a0? Je me souviens d\u2019un concert, il y a quelques ann\u00e9es, au th\u00e9\u00e2tre des Bouffes du Nord, au cours duquel plusieurs de ses \u00e9l\u00e8ves ont jou\u00e9 et, si tous \u00e9taient de formidables pianistes et montraient de riches personnalit\u00e9s, il \u00e9tait impossible de discerner un lien stylistique entre eux.<\/strong><br \/>\u00a0<br \/>C\u2019\u00e9tait un grand ma\u00eetre\u2026 une personnalit\u00e9 sanguine\u00a0 et parfois col\u00e9rique. Mais il avait une mani\u00e8re d\u2019enseigner qui faisait qu\u2019on s\u2019\u00e9panouissait. Il \u00e9tait assez dirigiste, mais en m\u00eame temps il nous r\u00e9veillait\u00a0! Oui, c\u2019\u00e9tait un r\u00e9veil \u00e0 nous-m\u00eames. Je lui en suis tr\u00e8s reconnaissant.<\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/><strong>\u00ab\u00a0Je ne voulais pas commettre d\u2019erreur \u00e0 propos de Tcha\u00efkovski. La Russie a toujours entretenu une sorte de myst\u00e8re \u00e0 propos de sa sexualit\u00e9, y compris actuellement.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/>\u00a0<br \/><strong>On trouve dans votre enregistrement deux transcriptions d\u2019\u0153uvres tr\u00e8s populaires de Tcha\u00efkovski\u00a0: la paraphrase sur la <\/strong><strong>Valse des fleurs<\/strong> <strong>de Percy Grainger, et le <\/strong><strong>Pas de quatre<\/strong><strong> du <\/strong><strong>Lac des cygnes<\/strong><strong> arrang\u00e9 par Earl Wild &#8230;<\/strong><br \/>\u00a0<br \/>Je ne voulais pas commettre d\u2019erreur \u00e0 propos de Tcha\u00efkovski. La Russie a toujours entretenu une sorte de myst\u00e8re \u00e0 propos de sa sexualit\u00e9, y compris actuellement. J\u2019ai donc lu sa correspondance. En particulier ses lettres \u00e0 son fr\u00e8re, \u00e9galement homosexuel. Il lui disait qu\u2019ils devaient combattre leur nature de toutes leurs forces, \u00e0 d\u00e9faut de quoi ils ne seraient jamais heureux. Il parle de leur mariage, comme \u00e9tant une mani\u00e8re de mettre un terme aux on-dit, de faire taire les rumeurs. Il \u00e9tait tr\u00e8s franc avec son fr\u00e8re. Casse-Noisette, \u00e9crit deux ans avant la mort du compositeur, est un retour \u00e0 l\u2019enfance, l\u2019expression \u00e9galement d\u2019une nostalgie. La symbolique de la dualit\u00e9 est pr\u00e9sente dans le Lac des cygnes.<\/p>\n<p>\n\u00a0<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/amours_int_400.jpg\" width=\"400\" height=\"400\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/><strong>\u00ab\u00a0La musique de Wanda Landowska est tr\u00e8s romantique, tr\u00e8s expressionniste, avec beaucoup de couleurs.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/>\u00a0<br \/><strong>Toutes les musiques du disque sont merveilleuses. Il r\u00e9serve de grandes d\u00e9couvertes\u00a0avec des pages d\u2019Ethel Smyth et de Wanda Landowska. Si on conna\u00eet bien s\u00fbr cette derni\u00e8re, comme claveciniste, les \u0153uvres \u2013\u00a0admirables\u00a0! \u2013 que vous interpr\u00e9tez sont une r\u00e9v\u00e9lation. Comment les avez-vous d\u00e9couvertes\u00a0?<\/strong><br \/>\u00a0<br \/>Je travaille beaucoup avec La Cit\u00e9 des Compositrices, l\u2019association cr\u00e9\u00e9e par H\u00e9lo\u00efse Luzzati. Gr\u00e2ce \u00e0 elle, j\u2019ai pu d\u00e9chiffrer nombre de partitions. Je savais que Wanda Landowska composait, car je suis fan du Concerto en r\u00e9 majeur de Haydn dans la version de Martha Argerich \u2013 qui interpr\u00e8te une cadence de Landowska. H\u00e9lo\u00efse Luzzati m\u2019a confi\u00e9 des partitions, et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9bloui\u00a0par des pi\u00e8ces bien diff\u00e9rentes de ce \u00e0 quoi je m\u2019attendais. On a affaire \u00e0 une musique tr\u00e8s romantique, tr\u00e8s expressionniste, avec beaucoup de couleurs.<\/p>\n<p>\u00a0<br \/><strong>Vos derniers disques sont tous des voyages, avec une th\u00e9matique. Avez-vous envie de retourner \u00e0 des enregistrements qui, \u00e0 l\u2019instar de ce que vous avez pu faire avec Schumann dans le pass\u00e9, seraient exclusivement consacr\u00e9s \u00e0 un compositeur ?<\/strong><br \/>\u00a0<br \/>Je ne dirai pas non, car c\u2019est peut \u00eatre ce qui va m\u2019arriver, mais ce que j\u2019aime, c\u2019est faire le travail d\u2019un metteur en sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre, de raconter une histoire au public en confrontant des \u0153uvres.<\/p>\n<p>\n\u00a0<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/david_kadouch_ok_3_.jpg\" width=\"450\" height=\"500\" alt=\"\" title=\"\u00a9\u00a0Marco Borggreve\"\/><\/p>\n<p> \u00a9 Marco Borggreve<\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/><strong>\u00ab\u00a0Les Variations sur un th\u00e8me populaire polonais de Szymanowski sont une sorte de parcours initiatique, une transcendance, une recherche de soi.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/>\u00a0<br \/><strong>Les Variations sur un th\u00e8me populaire polonais op. 10 de Karol Szymanowski constituent la partition plus longue de votre programme. Un chef-d\u2019\u0153uvre rarement interpr\u00e9t\u00e9 par les pianistes fran\u00e7ais &#8230;<\/strong><br \/>\u00a0<br \/>C\u2019est une \u0153uvre d\u2019une grande complexit\u00e9 harmonique,\u00a0tr\u00e8s difficile \u00e0 apprendre par c\u0153ur \u2013\u00a0et, de surcro\u00eet, techniquement tr\u00e8s exigeante. Je l\u2019ai entendue pour la premi\u00e8re fois quand j\u2019avais dix-sept ans, par un ami\u00a0: Denis Kozhukhin. J\u2019ai d\u00fb faire une sorte de transfert, en \u00e9coutant cette composition. Elle commence dans les tr\u00e9fonds de l\u2019\u00e2me et, au fil des variations, progresse vers la lumi\u00e8re, l\u2019identit\u00e9 profonde du compositeur, qui subit des \u00e9preuves. Et en triomphe. C\u2019est une sorte de parcours initiatique, une transcendance, une recherche de soi. L\u2019ouvrage ne figurait pas \u00e0 mon r\u00e9pertoire\u00a0;\u00a0 je l\u2019ai appris pour ce programme.<\/p>\n<p>\n\u00a0<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/dame_ethel_smyth.jpg\" width=\"350\" height=\"350\" alt=\"\" title=\"par John Singer Sargent \u00a9 Widipedia.org\"\/><\/p>\n<p> Dame Ethel Smyth par John Singer Sargent (1901) \u00a9 Wikipedia.org<\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/><strong>\u00ab\u00a0Ethel Smyth \u00e9tait une personnalit\u00e9 incroyable, qui s\u2019est battue pour les droits des femmes, elle a m\u00eame fait de la prison \u2026\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/><strong>Autre grande d\u00e9couverte\u00a0: trois \u0153uvres d\u2019Ethel Smyth \u2026<\/strong><br \/>\u00a0<br \/>Oui, j\u2019ai en particulier trouv\u00e9 une pi\u00e8ce intitul\u00e9e Aus der Jugendzeit (De la jeunesse), o\u00f9 Ethel Smyth codifie les initiales de son amour, Elisabeth Von Herzogenberg, \u00e9pouse de son professeur. A cet \u00e9gard, Herv\u00e9 Lacombe le dit parfaitement, dans le texte qui accompagne le disque (2), \u00ab\u00a0La destinataire de cette musique est symbolis\u00e9e par la quinte Mi-Si, qui est la transcription des ititles E.H. Tout un monde de sentiments, d\u2019amour sans doute, contenu dans deux lettres, qui sont deux notes\u00a0\u00bb.<br \/>Ethel Smyth a, du reste, \u00e9crit une autobiographie fantastique dans laquelle elle \u00e9voque son amour pour Elisabeth Von Herzogenberg. Ethel Smyth \u00e9tait une personnalit\u00e9 incroyable, qui s\u2019est battue pour les droits des femmes, elle a m\u00eame fait de la prison \u2026 Elle s\u2019est amourach\u00e9e de Virginia Woolf, qui l\u2019a rejet\u00e9e\u2026Elle la comparait m\u00eame \u00e0 un vieux crabe\u00a0! J\u2019adore \u00e9galement les deux autres compositions (Nocturne, Pi\u00e8ce en mi majeur) retenues pour ce programme.<\/p>\n<p>\u00a0<br \/><strong>\u00ab\u00a0Quand je lis une phrase qui me bouleverse, je la souligne, je la relis, elle m\u2019impr\u00e8gne comme si c\u2019\u00e9tait un tatouage.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/>\u00a0<br \/><strong>Dans le texte qui accompagnait votre pr\u00e9c\u00e9dent CD, \u00ab\u00a0Les musiques de Madame Bovary\u00a0\u00bb<\/strong>, <strong>vous \u00e9voquez votre amour de la litt\u00e9rature. Et puis, vous aimez parler des musiques consolatrices. Puis-je me permettre une question \u00ab\u00a0pi\u00e8ge\u00a0\u00bb\u00a0? Entre la litt\u00e9rature et la musique, quel est \u00e0 votre sens l\u2019art le plus consolateur\u00a0?<\/strong><br \/>\u00a0<br \/>C\u2019est une belle question. Quand on \u00e9coute de la musique, il y a un aspect consolateur, car on se sent compris, reconnu. Quand on joue de la musique, quelque chose d\u2019autre se met en place. Il y a un aspect cathartique extr\u00eamement fort, qui rel\u00e8ve presque du domaine du sacr\u00e9 quand cela se passe bien. Nous \u00ab\u00a0parlons\u00a0\u00bb, comme si c\u2019\u00e9tait nous-m\u00eames qui nous exprimions, comme si les choses nous arrivaient \u00e0 nous-m\u00eames. Dans la litt\u00e9rature, il y a quelque chose d\u2019un peu plus distanci\u00e9, peut \u00eatre, mais qui reste peut \u00eatre davantage. Quand je lis une phrase qui me bouleverse, je la souligne, je la relis, elle m\u2019impr\u00e8gne comme si c\u2019\u00e9tait un tatouage.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/hahn_1_kkk.jpg\" width=\"400\" height=\"250\" alt=\"\" title=\"\u00a9 DR\"\/><\/p>\n<p> Reynaldo Hahn \u00a9 DR<\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/><strong>\u00ab\u00a0Sous une joliesse apparente, la musique de Reynaldo Hahn dit des choses tr\u00e8s profondes. \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/><strong>Parlons enfin de Reynaldo Hahn, dont vous interpr\u00e9tez, notamment, une version \u00e0 deux mains d\u2019un extrait du Ruban d\u00e9nou\u00e9, originellement \u00e0 deux pianos.<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019aime \u00e9norm\u00e9ment cette \u0153uvre. Et la transcription n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 difficile \u00e0 r\u00e9aliser, tant je l\u2019aime cette musique et la connais bien. Le th\u00e8me d\u2019ouverture (D\u00e9crets indolents du hasard) est tr\u00e8s ent\u00eatant. Il tourne sur lui-m\u00eame. Compos\u00e9 d\u2019une cascade d\u2019accords, d\u2019humeur tr\u00e8s m\u00e9lancolique. Hahn est un compositeur post-romantique qui est rest\u00e9 fid\u00e8le \u00e0 lui-m\u00eame, \u00e0 son courant. Sa musique est d\u2019une tr\u00e8s grande pudeur. Sous une joliesse apparente, elle dit des choses tr\u00e8s profondes. Le clin d\u2019\u0153il \u00e0 la relation qu\u2019entretenait Reynaldo Hahn avec Marcel Proust se trouve dans le portrait d\u2019Anton Van Dyck que j\u2019interpr\u00e8te sur ce disque. Une page inspir\u00e9e par un texte de l&rsquo;\u00e9crivain.<\/p>\n<p>\n\u00a0<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/kadouch_piau.jpg\" width=\"350\" height=\"350\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>\u00a0<br \/><strong>\u00ab\u00a0Sandrine est une artiste exceptionnelle qui me fait entrer dans le monde incroyable du duo chant\/piano.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\n\u00a0<br \/><strong>On vous retrouvera le 23 mars prochain au Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e (2), au c\u00f4t\u00e9 de Sandrine Piau, avec laquelle vous avez d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9 un programme intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Voyage intime\u00a0\u00bb (Alpha). Comment votre collaboration a-t-elle d\u00e9marr\u00e9\u00a0?<\/strong><br \/>\u00a0<br \/>C\u2019\u00e9tait \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un concert londonien, au Wigmore Hall \u2013 la pression \u00e9tait tr\u00e8s forte, je m\u2019en souviens &#8230; En fait c\u2019est une personnalit\u00e9 qui inspire \u00e9norm\u00e9ment. L\u2019\u00e9change avec elle est passionnant\u00a0; j\u2019y prends beaucoup de plaisir et j\u2019apprends beaucoup. Sur la mani\u00e8re dont les mots colorent les notes, etc. Sandrine est une artiste exceptionnelle qui me fait entrer dans le monde incroyable du duo chant\/piano. Nous pr\u00e9parons un deuxi\u00e8me disque.<\/p>\n<p>\u00a0<br \/><strong>Propos recueillis par Fr\u00e9d\u00e9ric Hutman le 7 juillet 2025<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/logoccbreves_6.png\" width=\"80\" height=\"62\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>\n(1) \u00ab\u00a0Amours interdites\u00a0\u00bb &#8211; CD Mirare<\/p>\n<p>(2)\u00a0<a href=\"http:\/\/www.mirare.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/BOOKLET-23P-MIR708.pdf\" style=\"text-align: justify;\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">www.mirare.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/BOOKLET-23P-MIR708.pdf<\/a><\/p>\n<p>(2)\u00a0<a href=\"https:\/\/www.athenee-theatre.com\/saison\/spectacle\/sandrine-piau-david-kadouch.htm\" style=\"text-align: justify;\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">www.athenee-theatre.com\/saison\/spectacle\/sandrine-piau-david-kadouch.htm<\/a><\/p>\n<p>\n<strong>David Kadouch &amp; Pierre G\u00e9nissson<\/strong><br \/>\u0152uvres de Schumann, Brahms, Saint-Sa\u00ebns &amp; De Falla<br \/>20 septembre 2025 \u2013 18h\u00a0<br \/>Marseille &#8211; Palais du Pharo (salle La Major)<br \/><a href=\"http:\/\/www.marseilleconcerts.com\/event-details\/pierre-genisson-et-david-kadouch\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">www.marseilleconcerts.com\/event-details\/pierre-genisson-et-david-kadouch<\/a><\/p>\n<p><strong>En r\u00e9cital au Festival Piano aux Jacobins\u00a0<\/strong><br \/>Programme \u00ab\u00a0Amours interdites\u00a0\u00bb<br \/>24 septembre 2025 &#8211; 20h\u00a0<br \/>Toulouse &#8211; Clo\u00eetre des Jacobins<br \/><a href=\"http:\/\/www.concertclassic.com\/concert\/david-kadouch-46e-festival-international-piano-aux-jacobins\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">www.concertclassic.com\/concert\/david-kadouch-46e-festival-international-piano-aux-jacobins<\/a><\/p>\n<p>\n<strong>Site de David Kadouch<\/strong> :\u00a0<a href=\"http:\/\/www.davidkadouch.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">www.davidkadouch.com\/<\/a><\/p>\n<p>Photo \u00a9 Marco Borggreve<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"David Kadouch est de ceux qui aiment raconter en musique. Apr\u00e8s les \u00ab\u00a0Musiques de Madame Bovary\u00a0\u00bb, il a&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":374291,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2814],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,884,12,882,25],"class_list":{"0":"post-374290","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-marseille","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-marseille","15":"tag-news","16":"tag-provence-alpes-cote-dazur","17":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115166427593186817","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/374290","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=374290"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/374290\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/374291"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=374290"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=374290"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=374290"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}