{"id":374423,"date":"2025-09-08T04:26:19","date_gmt":"2025-09-08T04:26:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/374423\/"},"modified":"2025-09-08T04:26:19","modified_gmt":"2025-09-08T04:26:19","slug":"lanesthesiste-a-t-il-empoisonne-une-trentaine-de-patients-pour-se-venger-de-ses-collegues","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/374423\/","title":{"rendered":"L\u2019anesth\u00e9siste a-t-il empoisonn\u00e9 une trentaine de patients pour se venger de ses coll\u00e8gues\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>Ce 11 janvier\u00a02017, il n\u2019est pas tout \u00e0 fait 8 heures lorsque <a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/justice\/4079744-20240305-affaire-pechier-lettre-anonyme-proces-attendu-passe-anesthesiste-suspecte-30-empoisonnements\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\" rel=\"nofollow noopener\">Sandra Simard est conduite au bloc op\u00e9ratoire<\/a> de la clinique Saint-Vincent, \u00e0 Besan\u00e7on. Cette m\u00e8re de famille de 36 ans doit se faire op\u00e9rer du dos. L\u2019intervention, qui consiste \u00e0 poser une proth\u00e8se entre les vert\u00e8bres, n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9e comme particuli\u00e8rement risqu\u00e9e. Surtout sur une femme qui ne pr\u00e9sente, par ailleurs, aucun probl\u00e8me de sant\u00e9. Surtout pour un chirurgien exp\u00e9riment\u00e9. Pendant une heure, l\u2019op\u00e9ration se d\u00e9roule sans difficult\u00e9 mais au moment de la recoudre, la patiente fait un arr\u00eat cardiaque. Commence alors une course contre la montre. Elle est mass\u00e9e pendant 45 minutes. Le r\u00e9animateur est rapidement rejoint par deux autres, dont le Dr <a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/societe\/affaire-pechier\/\" class=\"c-link c-link--is-underlined\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Fr\u00e9d\u00e9ric P\u00e9chier<\/a>, consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des meilleurs de l\u2019\u00e9tablissement. C\u2019est lui qui pr\u00e9conise l\u2019administration de glucomate de sodium. Un choix qui ne va pas de soi mais qui permet de maintenir Sandra Simard en vie. Apr\u00e8s cinq jours de coma, elle s\u2019en sort presque miraculeusement.<\/p>\n<p>Huit ans apr\u00e8s, c\u2019est pourtant ce m\u00eame praticien qui compara\u00eet \u00e0 partir de ce lundi devant la cour d\u2019assises de Besan\u00e7on. Le <a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/justice\/4134305-20250117-besancon-suspecte-trentaine-empoisonnements-anesthesiste-pechier-juge-assises\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\" rel=\"nofollow noopener\">Dr Fr\u00e9d\u00e9ric P\u00e9chier est accus\u00e9 d\u2019avoir empoisonn\u00e9 trente patients<\/a> entre\u00a02008 et\u00a02017. Douze sont morts. La plus jeune des victimes d\u00e9c\u00e9d\u00e9e avait 50 ans, une femme venue se faire op\u00e9rer de l\u2019\u00e9paule. Mais il est \u00e9galement soup\u00e7onn\u00e9 de s\u2019en \u00eatre pris \u00e0 des mineurs\u00a0: un petit gar\u00e7on de 4 ans a fait un arr\u00eat cardiaque inexpliqu\u00e9 lors d\u2019une op\u00e9ration des amygdales. Il s\u2019est r\u00e9veill\u00e9 apr\u00e8s deux jours de coma mais garde, selon son p\u00e8re, des s\u00e9quelles. <\/p>\n<p>Des accusations gravissimes \u2013 il encourt la r\u00e9clusion criminelle \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 \u2013 que l\u2019ancien m\u00e9decin de 53 ans a toujours r\u00e9cus\u00e9. \u00ab\u00a0Il n&rsquo; a strictement rien \u00e0 se reprocher, cela fait huit ans qu\u2019il attend de pouvoir enfin prouver son innocence, il esp\u00e8re que ce cauchemar va se terminer\u00a0\u00bb, insiste l\u2019un de ses avocats, Me Lee Takhedmit.<\/p>\n<p>Un taux d\u2019 \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e9nement ind\u00e9sirable grave\u00a0\u00bb sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne<\/p>\n<p>Le drame dont a \u00e9t\u00e9 victime Sandra Simard a \u00e9t\u00e9 le point de d\u00e9part d\u2019une enqu\u00eate tentaculaire qui a dur\u00e9 plus de sept ans. Apr\u00e8s cette matin\u00e9e chaotique, l\u2019\u00e9quipe m\u00e9dicale cherche \u00e0 comprendre ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9. Non seulement parce qu\u2019un tel accident ne \u00ab\u00a0colle\u00a0\u00bb pas avec le profil de la patiente, mais aussi \u2013 et surtout \u2013 parce que depuis de nombreux mois, les \u00ab\u00a0EIG\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire les \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e9nements ind\u00e9sirables graves\u00a0\u00bb s\u2019encha\u00eenent \u00e0 un rythme effrayant. Moins de deux mois avant Sandra Simard, un homme de 73 ans est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 brutalement au cours d\u2019une op\u00e9ration. Deux mois avant, c\u2019\u00e9tait un homme de 66 ans op\u00e9r\u00e9 de la hanche. Entre\u00a02008 et\u00a02017, 69 \u00ab\u00a0EIG\u00a0\u00bb ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s dans l\u2019\u00e9tablissement, soit 7,6 par an contre 3,3 \u00e0 5,5 dans les autres \u00e9tablissements de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Tout le mat\u00e9riel utilis\u00e9 pendant la derni\u00e8re op\u00e9ration est r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 et analys\u00e9. Les r\u00e9sultats sont sans appel\u00a0: l\u2019une des poches contient cent fois la dose normale de potassium, une substance mortelle \u00e0 haute dose. Un signalement est imm\u00e9diatement fait au procureur. \u00ab\u00a0Il est impossible qu\u2019une erreur soit la cause de l\u2019accident. En cons\u00e9quence, il ne peut \u00eatre exclu qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une tentative d\u2019<a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/dossier\/assassinat\" class=\"c-link c-link--is-underlined\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">assassinat<\/a>\u00a0\u00bb, insiste l\u2019agence r\u00e9gionale de sant\u00e9. Les \u00e9quipes ont \u00e0 peine le temps de r\u00e9aliser ce qu\u2019il se passe qu\u2019un nouvel accident se produit dix jours plus tard, le 20\u00a0janvier 2017. Cette fois, c\u2019est un homme de 70 ans, Jean-Claude G., qui pr\u00e9sente un trouble cardiaque pendant une op\u00e9ration b\u00e9nigne de la prostate. L\u2019homme en r\u00e9chappe mais tout le mat\u00e9riel est saisi. Et l\u00e0 encore, du potassium en quantit\u00e9 astronomique est d\u00e9couvert dans l\u2019une des poches qui lui a \u00e9t\u00e9 administr\u00e9e. Pas de doute, le mat\u00e9riel a \u00e9t\u00e9 empoisonn\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quelqu\u2019un s\u2019amuse\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Rapidement, <a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/societe\/4002615-20220927-affaire-pechier-anesthesiste-besancon-soupconne-huit-nouveaux-cas-empoisonnement\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\" rel=\"nofollow noopener\">les soup\u00e7ons s\u2019orientent vers le Dr P\u00e9chier<\/a>. Il est, selon l\u2019accusation, le \u00ab\u00a0d\u00e9nominateur commun\u00a0\u00bb de tous ces \u00e9v\u00e9nements ind\u00e9sirables. Seul l\u2019un de ses patients a \u00e9t\u00e9 directement touch\u00e9 par un EIG \u2013 Jean-Claude G., la derni\u00e8re victime de la liste \u2013, mais l\u2019anesth\u00e9siste-r\u00e9animateur est presque syst\u00e9matiquement le premier \u00e0 accourir d\u00e8s les premiers signes de troubles cardiaques. Si bien qu\u2019il est parfois surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0Zorro\u00a0\u00bb. Ses coll\u00e8gues sont surpris par son efficacit\u00e9\u00a0: \u00e0 chaque fois, il semble avoir le rem\u00e8de appropri\u00e9.<\/p>\n<p>Plus surprenant aux yeux des enqu\u00eateurs, ces drames semblent suivre les fluctuations de sa carri\u00e8re\u00a0: l\u2019essentiel des faits vis\u00e9s par l\u2019enqu\u00eate a eu lieu au sein de la clinique Saint-Vincent mais au premier semestre\u00a02009, le Dr P\u00e9chier est parti travailler dans un autre \u00e9tablissement de la r\u00e9gion\u00a0: la polyclinique de Franche-Comt\u00e9. Pendant cette p\u00e9riode, aucun \u00e9v\u00e9nement ind\u00e9sirable n\u2019est constat\u00e9 \u00e0 Saint-Vincent. Dans la polyclinique, au contraire, trois arr\u00eats cardiaques inexpliqu\u00e9s sont recens\u00e9s en trois mois. L\u2019\u00e9quipe m\u00e9dicale est d\u00e9sempar\u00e9e\u00a0: en huit ans, il n\u2019y en avait jamais eu. Le troisi\u00e8me et dernier accident a lieu la veille du d\u00e9part du Dr P\u00e9chier, qui a d\u00e9cid\u00e9 de retourner dans son ancien \u00e9tablissement apr\u00e8s une brouille avec ses coll\u00e8gues au sujet d\u2019une cotisation.<\/p>\n<p>La victime, Nicole D., 65 ans, a \u00e9t\u00e9 admise \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour une ablation de la v\u00e9sicule biliaire. D\u00e8s les premi\u00e8res minutes, cette femme commence \u00e0 se sentir mal, puis se met \u00e0 hurler\u00a0: \u00ab\u00a0au secours, je vais mourir\u00a0\u00bb. L\u2019\u00e9quipe pense d\u2019abord \u00e0 une crise d\u2019angoisse mais la patiente fait un arr\u00eat cardiaque dont elle r\u00e9chappe apr\u00e8s plusieurs jours de coma. Du potassium \u00e0 dose anormalement \u00e9lev\u00e9e est retrouv\u00e9 dans une des poches. L\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une confusion accidentelle est retenue mais certains praticiens n\u2019y croient pas. \u00ab\u00a0En trente ans que je pousse des seringues, il n\u2019y a jamais eu autant de cas, quelqu\u2019un s\u2019amuse\u00a0\u00bb, confie un des praticiens \u00e0 ses confr\u00e8res.<\/p>\n<p>Selon l\u2019accusation, il voulait s\u2019en prendre \u00e0 des coll\u00e8gues<\/p>\n<p>Quelques semaines apr\u00e8s l\u2019empoisonnement de Jean-Claude G., le Dr P\u00e9chier est plac\u00e9 en garde \u00e0 vue. Dans les couloirs de l\u2019h\u00f4pital Saint-Vincent, le corps m\u00e9dical est sous le choc. D\u2019autant que le mobile avanc\u00e9 par les enqu\u00eateurs est in\u00e9dit\u00a0: il ne s\u2019agit pas d\u2019une affaire d\u2019euthanasie. Selon l\u2019accusation, le Dr P\u00e9chier cherchait \u00e0 r\u00e9gler ses comptes avec des coll\u00e8gues. Les patients n\u2019\u00e9taient qu\u2019un vecteur. Certains m\u00e9decins semblent \u00eatre particuli\u00e8rement vis\u00e9s. L\u2019une a pris sa retraite anticip\u00e9e, \u00ab\u00a0d\u00e9vast\u00e9e\u00a0\u00bb par de multiples EIG en quelques mois, alors qu\u2019elle n\u2019en avait pas connu un seul tout au long de sa carri\u00e8re. Une autre ne s\u2019est \u00ab\u00a0jamais remise\u00a0\u00bb de la mort d\u2019un patient de 53 ans. \u00ab\u00a0\u00c7a lui a bouff\u00e9 neuf ans de sa vie\u00a0\u00bb, a confi\u00e9 son mari.<\/p>\n<p>Des accusations que n\u2019a eu de cesse de r\u00e9futer le principal int\u00e9ress\u00e9. \u00ab\u00a0Cette instruction, c\u2019est la construction d\u2019un r\u00e9cit. Personne ne l\u2019a vu, il n\u2019y a pas de preuve, pas d\u2019ADN, c\u2019est in\u00e9dit\u00a0\u00bb, insiste son conseil. Le Dr P\u00e9chier a toujours d\u00e9nonc\u00e9 une enqu\u00eate \u00e0 charge. Selon la d\u00e9fense, qui compte plaider l\u2019acquittement, la majorit\u00e9 des EIG r\u00e9sultent d\u2019erreurs m\u00e9dicales. Son avocat d\u00e9nonce \u00ab\u00a0un coupable id\u00e9al, cr\u00e9\u00e9 par l\u2019accusation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une ligne de d\u00e9fense que regrette Me Fr\u00e9d\u00e9ric Berna, avocat de nombreuses victimes. \u00ab\u00a0A moins d\u2019un sursaut, on sait qu\u2019on n\u2019aura pas d\u2019explication, pas de remords\u00a0\u00bb, d\u00e9plore-t-il. Et d\u2019ajouter\u00a0: \u00ab\u00a0Mes clients sont dans un entre-deux. Ils attendent ce proc\u00e8s depuis de nombreuses ann\u00e9es, esp\u00e8rent des r\u00e9ponses mais ne se font pas d\u2019illusion. Au contraire, ils redoutent d\u2019\u00eatre confront\u00e9s \u00e0 cet homme qui dit attendre la justice mais est rest\u00e9 silencieux l\u2019essentiel du temps.\u00a0\u00bb Le verdict est attendu le 19\u00a0d\u00e9cembre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Ce 11 janvier\u00a02017, il n\u2019est pas tout \u00e0 fait 8 heures lorsque Sandra Simard est conduite au bloc&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":374424,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[47,11,50850,10112,2718,8026,32328,1011,27,3672,303,12,2694,25],"class_list":{"0":"post-374423","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-actualites","8":"tag-actualite","9":"tag-actualites","10":"tag-affaire-pechier","11":"tag-besancon","12":"tag-bourgogne-franche-comte","13":"tag-doubs","14":"tag-empoisonnement","15":"tag-fr","16":"tag-france","17":"tag-franche-comte","18":"tag-justice","19":"tag-news","20":"tag-proces","21":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115166785252432380","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/374423","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=374423"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/374423\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/374424"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=374423"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=374423"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=374423"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}