{"id":376551,"date":"2025-09-09T01:09:15","date_gmt":"2025-09-09T01:09:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/376551\/"},"modified":"2025-09-09T01:09:15","modified_gmt":"2025-09-09T01:09:15","slug":"sante-pourquoi-y-a-t-il-de-plus-en-plus-de-cancer-du-poumon-chez-les-non-fumeurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/376551\/","title":{"rendered":"Sant\u00e9. Pourquoi y a-t-il de plus en plus de cancer du poumon chez les non-fumeurs ?"},"content":{"rendered":"<p>Globalement, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, environ 50 000 nouveaux cas annuels de cancer broncho-pulmonaire sont diagnostiqu\u00e9s en France. En 2020,12,6 % des cancers du poumon concernaient des personnes non-fumeuses, contre 7,2 % seulement en 2000 (\u00e9tude KBP-2020).<\/p>\n<p>En plus d\u2019une progression inqui\u00e9tante, \u00ab\u00a0on constate que 80 \u00e0 90 % de ces cancers du poumon dits \u2018du non-fumeur\u2019 surviennent chez les femmes\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise le Pr Nicolas Girard, oncologue et pneumologue a\u0300 l\u2019Institut Curie (Paris).<\/p>\n<p>Pourquoi une telle importance parmi le sexe f\u00e9minin\u00a0? \u00ab\u00a0Les raisons pr\u00e9cises sont mal connues, mais un r\u00f4le possible des facteurs hormonaux est envisag\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un certain type de tumeurs bronchopulmonaires chez le non-fumeur<\/p>\n<p>Chez les personnes n\u2019ayant jamais fum\u00e9, les cancers du poumon sont le plus souvent ce que les oncologues appellent des ad\u00e9nocarcinomes, c\u2019est-\u00e0-dire des tumeurs qui se d\u00e9veloppent pr\u00e9f\u00e9rentiellement dans les alv\u00e9oles pulmonaires (petites structures o\u00f9 se font les \u00e9changes gazeux), plut\u00f4t que des carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes, qui apparaissent surtout dans les bronches.<\/p>\n<p>De plus, il s\u2019agit dans la majorit\u00e9 des cas de cancers dits \u00ab non \u00e0 petites cellules \u00bb (cat\u00e9gorie de cancers du poumon la plus fr\u00e9quente), associ\u00e9s \u00e0 des mutations g\u00e9n\u00e9tiques sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0En effet, les personnes non-fumeuses pr\u00e9sentent souvent des \u2018alt\u00e9rations\u2019 particuli\u00e8res de certains g\u00e8nes, capables \u00e0 elles seules de transformer une cellule normale en cellule canc\u00e9reuse, explique le Pr Girard.\u00a0C\u2019est notamment le cas de la mutation du g\u00e8ne\u00a0EGFR\u00a0(r\u00e9cepteur du facteur de croissance \u00e9pidermique), la plus courante : elle est retrouv\u00e9e dans environ 50 % des tumeurs pulmonaires chez les non-fumeurs, contre moins de 10 % chez celles rencontr\u00e9es chez les fumeurs. D\u2019autres alt\u00e9rations ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es &#8211; une quinzaine \u00e0 ce stade &#8211; parmi lesquelles la mutation\u00a0ALK, pr\u00e9sente chez pr\u00e8s de 20 % des patients, ou encore\u00a0ROS1, observ\u00e9e chez environ 15 %.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019impact de la pollution de l\u2019air se pr\u00e9cise<\/p>\n<p>La pollution de l&rsquo;air contribue en partie \u00e0 l&rsquo;apparition des cancers du poumon chez les non-fumeurs, comme l&rsquo;ont montr\u00e9 diverses \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques et exp\u00e9rimentales.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Son r\u00f4le peut \u00eatre attribu\u00e9 aux particules fines pr\u00e9sentes dans l&rsquo;air, qui, en raison de leur petite taille (\u2264 2,5 microns, PM2,5), sont capables de p\u00e9n\u00e9trer profond\u00e9ment dans le parenchyme pulmonaire, indique l\u2019oncologue.\u00a0L\u2019inhalation de particules fines (PM2,5) cr\u00e9erait alors un microenvironnement inflammatoire dans le parenchyme pulmonaire (le tissu fonctionnel des poumons, ndlr), favorisant le d\u00e9veloppement du cancer du poumon en stimulant l\u2019expression de mutations d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes dans ce tissu sain, comme les mutations spontan\u00e9es du g\u00e8ne\u00a0EGFR.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une \u00e9tude fran\u00e7aise de 2024 \u00e0 partir de cette fameuse cohorte\u00a0KBP-2020 cit\u00e9e plus haut, a analys\u00e9 ce lien. Pour chaque ville de r\u00e9sidence des 9 000 patients atteints d\u2019un cancer broncho-pulmonaire, un niveau d\u2019exposition aux principaux polluants (particules fines\u00a0PM2,5\u00a0et\u00a0PM10, ozone, dioxyde d\u2019azote et radon) a \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats montrent notamment que les personnes vivant dans des zones fortement pollu\u00e9es ont un risque accru de 50 % de d\u00e9velopper un cancer du poumon avec mutation\u00a0EGFR qui est une mutation bien plus souvent rencontr\u00e9e dans les cancers du poumon du non-fumeur.<\/p>\n<p>Ce niveau de risque est comparable \u00e0 celui du tabagisme passif (mais reste tout de m\u00eame 15 fois plus faible que celui du tabagisme actif).<\/p>\n<p>  L\u2019identification de signatures mutationnelles favoris\u00e9es par la pollution<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude Sherlock-Lung (Universit\u00e9 de Californie- San Diego et National Cancer Institute) parue en juillet dernier dans\u00a0Nature\u00a0confirme l\u2019impact de la pollution, \u00e0 partir des tumeurs pulmonaires de 871 patients n\u2019ayant jamais fum\u00e9, issus de 28 sites dans le monde.<\/p>\n<p>Ils ont mis en \u00e9vidence un lien fort entre d\u2019une part l\u2019exposition \u00e0 la pollution de l\u2019air et, d\u2019autre part, l\u2019augmentation de certaines mutations cl\u00e9s de l\u2019ADN favorisant le d\u00e9veloppement du cancer chez les non-fumeurs (EGFR, KRAS\u2026) mais aussi de signatures mutag\u00e8nes (sortes d\u2019empreintes mol\u00e9culaires des expositions pass\u00e9es) telles SBS4, SBS5\u2026, en particulier celles li\u00e9es au vieillissement et au d\u00e9veloppement de cancers.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La pollution augmente le nombre total de mutations, en particulier dans les voies connues de dommages \u00e0 l&rsquo;ADN. Nous constatons que la pollution atmosph\u00e9rique est associ\u00e9e \u00e0 une augmentation des mutations somatiques, y compris celles qui correspondent aux signatures mutationnelles connues attribu\u00e9es au tabagisme et au vieillissement\u00a0\u00bb, commente Marcos D\u00edaz-Gay, co-auteur principal de l\u2019\u00e9tude (Centre national espagnol de recherche sur le cancer, Madrid).<\/p>\n<p>Les chercheurs ont \u00e9galement observ\u00e9 une relation dose-r\u00e9ponse\u00a0: plus une personne \u00e9tait expos\u00e9e \u00e0 la pollution, plus les mutations \u00e9taient nombreuses au sein de la tumeur.\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude montre aussi que la pollution de l\u2019air acc\u00e9l\u00e8re le raccourcissement des t\u00e9lom\u00e8res, (segments d\u2019ADN aux extr\u00e9mit\u00e9s des chromosomes).<\/p>\n<p>Or, des t\u00e9lom\u00e8res plus courts favorisent la multiplication incontr\u00f4l\u00e9e des cellules et donc l\u2019apparition potentielle de mutations canc\u00e9reuses. Normalement, un g\u00e8ne\u00a0(TP53)\u00a0stoppe ces cellules ou d\u00e9clenche leur mort, mais son action devient inefficace sous l\u2019effet de mutations li\u00e9es \u00e0 une forte exposition \u00e0 la pollution.<\/p>\n<p>A noter\u00a0: Le radon, pr\u00e9sent dans l\u2019environnement ext\u00e9rieur, et l\u2019amiante, sont deux autres facteurs de risque chez les personnes n\u2019ayant jamais fum\u00e9.<\/p>\n<p class=\"note\">Sources\u00a0: Etudes KBP-2020 (CPLF 2022, et 2024)\u00a0; D\u00edaz-Gay, M., Zhang, T., Hoang, P.H.\u00a0et al.\u00a0The mutagenic forces shaping the genomes of lung cancer in never\u00a0smokers.\u00a0Nature\u00a0644, 133\u2013144 (2025)\u00a0; Survie des personnes atteintes de cancer en France m\u00e9tropolitaine 1989-2018 \u2013 Poumon\/Sant\u00e9 publique France d\u00e9cembre 2020\u00a0; Swanton C et al. Lung adenocarcinoma promotion by air pollutants. Nature. 2023 Apr;616(7955):159-167\u00a0; Interview du Pr Girard (2025).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Globalement, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, environ 50 000 nouveaux cas annuels de cancer broncho-pulmonaire sont diagnostiqu\u00e9s en France. 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