{"id":377334,"date":"2025-09-09T09:02:20","date_gmt":"2025-09-09T09:02:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/377334\/"},"modified":"2025-09-09T09:02:20","modified_gmt":"2025-09-09T09:02:20","slug":"sylvie-fanchon-a-lhonneur-a-la-galerie-maubert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/377334\/","title":{"rendered":"Sylvie Fanchon \u00e0 l\u2019honneur \u00e0 la Galerie Maubert"},"content":{"rendered":"<p class=\"pf0\"><strong>Pour sa premi\u00e8re exposition posthume, Sylvie Fanchon revient au c\u0153ur de l\u2019actualit\u00e9 artistique. Expensive rappelle avec ironie la radicalit\u00e9 de son \u0153uvre. Et elle invite \u00e0 reconsid\u00e9rer son h\u00e9ritage dans le paysage de la peinture contemporaine.<\/strong><\/p>\n<p class=\"pf0\">La rentr\u00e9e parisienne 2025 s\u2019ouvre sur un hommage d\u2019envergure \u00e0 Sylvie Fanchon, figure essentielle de la peinture fran\u00e7aise contemporaine. La Galerie Maubert pr\u00e9sente Expensive, la premi\u00e8re exposition posthume de l\u2019artiste disparue en 2023. Le titre, emprunt\u00e9 \u00e0 une \u0153uvre in\u00e9dite, condense l\u2019esprit de son travail : un humour mordant, mais aussi une critique de la valeur artistique. Et la d\u00e9fiance assum\u00e9e de l\u2019artiste face \u00e0 toute sacralisation du tableau. Ce choix n\u2019a rien d\u2019anecdotique. Il manifeste la fid\u00e9lit\u00e9 de Fanchon \u00e0 une d\u00e9marche qui, depuis les ann\u00e9es 1990, s\u2019est construite sur une \u00e9conomie formelle radicale, ainsi qu\u2019une ironie qui est devenue sa marque de fabrique.<\/p>\n<p class=\"pf0\">D\u00e8s l\u2019entr\u00e9e, la toile Expensive impose son paradoxe. Le mot, trac\u00e9 au pochoir, bave sous les coulures d\u2019acrylique orange, comme si l\u2019artiste prenait plaisir \u00e0 brouiller la forme avec la mati\u00e8re. Loin d\u2019\u00eatre un geste d\u00e9sinvolte, il s\u2019agit d\u2019un refus assum\u00e9 de la perfection lisse. Fanchon tourne en d\u00e9rision le tableau comme objet de culte. Et ainsi, elle met en \u00e9vidence l\u2019absurdit\u00e9 des crit\u00e8res qui r\u00e9gissent l\u2019art en lui accordant une valeur trop arbitraire. L\u2019ironie, souvent teint\u00e9e d\u2019autod\u00e9rision, reste l\u2019une des cl\u00e9s de lecture de son \u0153uvre. Au lieu d\u2019exalter le g\u00e9nie de l\u2019artiste, elle souligne son caract\u00e8re toujours provisoire, forc\u00e9ment pr\u00e9caire.<\/p>\n<p class=\"pf0\">Le parcours con\u00e7u par Kathy Alliou traverse plus de trois d\u00e9cennies de cr\u00e9ation. On y retrouve les Architectures des ann\u00e9es 1990 mais aussi les s\u00e9ries r\u00e9centes comme The Purpose of Art. Ce choix vise \u00e0 \u00e9viter la simple r\u00e9trospective. Il r\u00e9v\u00e8le au contraire les \u00e9l\u00e9ments qui ont irrigu\u00e9 la r\u00e9flexion de Fanchon tout au long de son parcours d\u2019artiste. Autant de cl\u00e9s d\u2019entr\u00e9e qui permettent de mieux appr\u00e9hender la logique de soustraction dans son \u0153uvre. Plut\u00f4t que de rivaliser avec le r\u00e9el, la peinture assume son statut de surface. Et elle cherche \u00e0 d\u00e9jouer les formes de la repr\u00e9sentation. Les personnages emprunt\u00e9s aux cartoons (de Snoopy \u00e0 Bip Bip et Coyote) en sont d\u2019ailleurs l\u2019un des exemples les plus ludiques.<\/p>\n<p class=\"pf0\">La richesse de l\u2019exposition tient aussi au fait qu\u2019elle d\u00e9montre bien le virage pris dans les \u0153uvres tardives. Sylvie Fanchon y assume le d\u00e9sordre : des frottages au chiffon, bavures de scotch et des traces visibles. Les gestes ne sont plus invisibles, et ils deviennent au contraire partie prenante du tableau. Comme un rappel que l\u2019accident fait aussi partie de la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p class=\"pf0\">Enfin, la force de l\u2019exposition tient aussi au dialogue posthume orchestr\u00e9 avec deux autres artistes. Marcel Broodthaers, compagnon d\u2019art, y occupe une place centrale. Sa d\u00e9finition provocatrice de l\u2019art comme activit\u00e9 \u00ab\u00a0apolitique, inutile et peu morale\u00a0\u00bb r\u00e9sonne avec la posture de Fanchon, elle qui a toujours voulu \u00e9chapper aux injonctions id\u00e9ologiques et marchandes. Quant \u00e0 Cathy Berberian, sa performance vocale Stripsody (enregistr\u00e9e en 1966) r\u00e9sonne comme une bande-son jubilatoire. Ses onomatop\u00e9es de cartoons prolongent le go\u00fbt de Fanchon pour les figures de la pop culture. Une exposition posthume, oui. Mais Expensive refuse ouvertement de verser dans un hommage empes\u00e9 qui aurait \u00e9t\u00e9 \u00e0 contre-courant de l\u2019\u0153uvre de Sylvie Fanchon.<\/p>\n<p class=\"pf0\">Exposition Expensive \u00e0 voir \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.galeriemaubert.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">la Galerie Maubert<\/a> jusqu\u2019au 31 octobre 2025.<\/p>\n<p>Similaire<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Pour sa premi\u00e8re exposition posthume, Sylvie Fanchon revient au c\u0153ur de l\u2019actualit\u00e9 artistique. 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