{"id":379838,"date":"2025-09-10T08:40:10","date_gmt":"2025-09-10T08:40:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/379838\/"},"modified":"2025-09-10T08:40:10","modified_gmt":"2025-09-10T08:40:10","slug":"le-corbusier-genie-incompris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/379838\/","title":{"rendered":"Le Corbusier, g\u00e9nie incompris"},"content":{"rendered":"<p>Il avait confi\u00e9 \u00e0 sa cousine Jacqueline que, lorsqu&rsquo;il se sentirait \u00e0 bout de forces, il se laisserait mourir en mer. Le Corbusier, qu&rsquo;elle surnommait affectueusement \u00ab le cactus romantique \u00bb, s&rsquo;est noy\u00e9 le 27 ao\u00fbt 1965, au large de Roquebrune-Cap-Martin, sous les yeux de son chien Laki, qui l&rsquo;observait depuis le toit de l&rsquo;asc\u00e9tique cabanon o\u00f9 le ma\u00eetre d&rsquo;oeuvre s&rsquo;\u00e9tait retir\u00e9. Paris Match avait rencontr\u00e9 le vieil architecte trois jours auparavant, et Henry Pessar immortalisa l&rsquo;instant dans une derni\u00e8re photo.<\/p>\n<p>    La suite apr\u00e8s cette publicit\u00e9<\/p>\n<p>Toute sa vie, Le Corbusier fut un esprit incompris. Abondamment insult\u00e9. \u00ab La gloire trouve \u00e0 travers l&rsquo;outrage son supr\u00eame \u00e9clat \u00bb, d\u00e9clara Andr\u00e9 Malraux dans son \u00e9mouvante oraison fun\u00e8bre prononc\u00e9e lors de l&rsquo;hommage national qui lui fut rendu dans la cour carr\u00e9e du Louvre, le 1er septembre 1965. Une d\u00e9l\u00e9gation grecque a apport\u00e9 de la terre de l&rsquo;Acropole. Une autre, venue d&rsquo;Inde, a d\u00e9pos\u00e9 pr\u00e8s de son cercueil un peu d&rsquo;eau du Gange. C&rsquo;est dire combien son art \u00e9tait universel. Pourtant, s&rsquo;il suscita l&rsquo;admiration, cet urbaniste r\u00e9volutionnaire aux id\u00e9es avantgardistes se heurta \u00e0 l&rsquo;incompr\u00e9hension de ses contemporains.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Charles-\u00c9douard Jeanneret-Gris vint au monde le 6 octobre 1887 \u00e0 La Chaux-de-Fonds, en Suisse, dans une aust\u00e8re famille protestante. Sa m\u00e8re, Marie-Charlotte-Am\u00e9lie, professeur de piano, lui pr\u00e9f\u00e8re son fr\u00e8re a\u00een\u00e9, Albert, qui deviendra compositeur. Elle met cependant son cadet au d\u00e9fi, dans une injonction qui va se transformer en proph\u00e9tie : \u00ab Je ferai de toi un g\u00e9nie. \u00bb Un pari difficile. D\u00e9laissant sa formation de graveur-ciseleur, m\u00e9tier qu&rsquo;il juge sans avenir, Charles-\u00c9douard esp\u00e8re briller gr\u00e2ce \u00e0 la peinture. Il va vite d\u00e9chanter. Son professeur de dessin, qui estime qu&rsquo;il n&rsquo;a aucun talent, l&rsquo;oriente vers l&rsquo;architecture. Sa premi\u00e8re r\u00e9alisation en 1906, la villa Fallet, lui vaut, d\u00e9j\u00e0, de vives critiques. Les riverains la jugent \u00ab horrible \u00bb.<\/p>\n<p>En 1909, il d\u00e9couvre le b\u00e9ton arm\u00e9, qui deviendra sa mati\u00e8re de pr\u00e9dilection<\/p>\n<p>En 1909, le d\u00e9corateur Eug\u00e8ne Grasset lui pr\u00e9sente les fr\u00e8res Perret. Ils l&rsquo;initient aux techniques du b\u00e9ton arm\u00e9, qui deviendra sa mati\u00e8re de pr\u00e9dilection. C&rsquo;est en 1911, alors qu&rsquo;il effectue, avec son ami l&rsquo;historien d&rsquo;art August Klipstein, un tour de cinq mois, qu&rsquo;il d\u00e9couvre la puret\u00e9 des ruines de l&rsquo;Acropole. Une r\u00e9v\u00e9lation. D\u00e8s lors, fascin\u00e9 par les lignes classiques et solaires de ce monument antique, il n&rsquo;aura de cesse de s&rsquo;en inspirer pour d\u00e9velopper sa conception d&rsquo;une nouvelle architecture. L&rsquo;ambitieux cr\u00e9ateur, qui essuie pourtant \u00e9chec sur \u00e9chec &#8211; une constante dans sa carri\u00e8re -, s&rsquo;installe rue Jacob, \u00e0 Paris, en 1917. Son cousin Pierre Jeanneret l&rsquo;y rejoint en 1922. Ensemble, ils cr\u00e9ent au 35, rue de S\u00e8vres un atelier devenu un vivier d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves aussi inventifs que talentueux. Le d\u00e9but d&rsquo;une cons\u00e9cration qui fera toujours pol\u00e9mique.<\/p>\n<p>En 1930, le Suisse obtient la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise. Sur son passeport, il appose la profession d&rsquo;homme de lettres. Le 18 d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e, il \u00e9pouse Yvonne Gallis, ancien mannequin d&rsquo;origine mon\u00e9gasque, qui, jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort, en 1957, restera pr\u00e8s de lui. Sur les conseils de son ami le peintre Am\u00e9d\u00e9e Ozenfant, avec qui il finira par se brouiller, il change de nom et adopte comme pseudo \u00ab Le Corbusier \u00bb. Parce qu&rsquo;il aime se d\u00e9guiser, mais aussi pour se forger une armure contre les critiques, il se cr\u00e9e une silhouette au style unique.<\/p>\n<p>    La suite apr\u00e8s cette publicit\u00e9<\/p>\n<p>Lunettes rondes en \u00e9caille, noeud papillon et costume sombre marquent l&rsquo;identit\u00e9 controvers\u00e9e de cet arrogant pr\u00e9tendument autodidacte. Avec son accent suisse tra\u00eenant, Le Corbusier agace. Et ses Cit\u00e9s radieuses font d\u00e9bat, tout comme ses \u00ab unit\u00e9s conformes d&rsquo;habitation \u00bb verticales aux jardins en terrasse, per\u00e7ues comme les cagibis totalitaires produits d&rsquo;une vision \u00ab concentrationnaire \u00bb. N&rsquo;est-ce pas lui qui, en qu\u00eate de grands projets, a dragu\u00e9 Mussolini en lui envoyant son manifeste ? Il ne fera pas mieux sous le r\u00e9gime de Vichy. On lui reproche ses id\u00e9es fascistes et une conception biais\u00e9e de l&rsquo;habitat moderne. Mais cela n&rsquo;enl\u00e8ve rien \u00e0 son g\u00e9nie. Il n&rsquo;aura b\u00e2ti que 79 \u00e9difices, dont 17 sont class\u00e9s, depuis le 17 juillet 2016, au patrimoine mondial de l&rsquo;Unesco. Preuve que son oeuvre, m\u00eame controvers\u00e9e, a engendr\u00e9 moult chefs-d&rsquo;oeuvre incontournables du mouvement moderne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Il avait confi\u00e9 \u00e0 sa cousine Jacqueline que, lorsqu&rsquo;il se sentirait \u00e0 bout de forces, il se laisserait&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":379839,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1358],"tags":[1348,1384,1385,1386,58,59,1011,27],"class_list":{"0":"post-379838","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-arts","9":"tag-arts-and-design","10":"tag-arts-et-design","11":"tag-design","12":"tag-divertissement","13":"tag-entertainment","14":"tag-fr","15":"tag-france"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115179108662220527","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379838","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=379838"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379838\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/379839"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=379838"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=379838"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=379838"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}