{"id":379968,"date":"2025-09-10T09:52:18","date_gmt":"2025-09-10T09:52:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/379968\/"},"modified":"2025-09-10T09:52:18","modified_gmt":"2025-09-10T09:52:18","slug":"la-villefranchoise-michele-nevert-a-choisi-de-parler-de-son-frere-pour-quon-ne-loublie-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/379968\/","title":{"rendered":"La Villefranchoise Mich\u00e8le Nevert a choisi de parler de son fr\u00e8re pour qu\u2019on ne l\u2019oublie pas"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                                Issue d\u2019une vieille famille villefranchoise, Mich\u00e8le Nevert, apr\u00e8s une brillante carri\u00e8re universitaire au Qu\u00e9bec, vient de publier un livre qui fait revivre, dans un r\u00e9cit poignant et remarquablement \u00e9crit, le souvenir de son fr\u00e8re, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de neuf ans.\n                            <\/p>\n<p>C\u2019est une histoire bouleversante que livre la Villefranchoise Mich\u00e8le Nevert \u00e0 travers son ouvrage \u00ab\u00a0L\u2019Envol\u00e9\u00a0\u00bb \u2013 \u00ab\u00a0entre autobiographie, histoire familiale et fiction\u00a0\u00bb \u2013 o\u00f9 elle \u00e9voque, pour la premi\u00e8re fois, la mort de son fr\u00e8re Jean-Claude, disparu tragiquement en 1960, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de neuf ans. Un \u00e9v\u00e9nement qui marque alors la petite fille de sept ans puis l\u2019adulte qu\u2019elle est devenue qui, \u00e0 travers ce r\u00e9cit, se d\u00e9livre d\u2019un trop long silence. \u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019\u00e9poque, ma famille n\u2019a pas trop su comment m\u2019en parler, se souvient-elle. On m\u2019a dit que mon fr\u00e8re avait gagn\u00e9 un concours, qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 choisi pour rejoindre les anges, et aussi intim\u00e9 de ne jamais en parler \u00e0 mes parents.\u00a0\u00bb Un mensonge qui prive soudain l\u2019enfant de tout souvenir, jusqu\u2019\u00e0 ses douze ans o\u00f9 sa \u00ab\u00a0m\u00e9moire recommence \u00e0 fonctionner sans pour autant ramener de souvenirs des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Toute ma vie, je me suis tue\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et un silence pesant o\u00f9 ce fr\u00e8re a\u00een\u00e9, pourtant douloureusement absent, est pr\u00e9sent au quotidien par des allusions de leur m\u00e8re qui ne les explicite jamais. \u00ab\u00a0Une chape de plomb a pes\u00e9 sur ce drame, et toute ma vie, , raconte-t-elle. Toute ma vie, j\u2019ai respect\u00e9 l\u2019injonction qui m\u2019avait \u00e9t\u00e9 faite de me taire\u00a0; je n\u2019ai jamais pos\u00e9 de questions\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et il aura donc fallu attendre le mois d\u2019ao\u00fbt\u00a02025, soit 65 ans apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de son fr\u00e8re, pour que Mich\u00e8le Nevert rompe ce silence \u2013 \u00ab\u00a0Avec le d\u00e9part de maman, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 qu\u2019il allait \u00eatre oubli\u00e9, c\u2019\u00e9tait insupportable\u00a0!\u00a0\u00bb \u2013 \u00e0 travers la publication de \u00ab\u00a0L\u2019Envol\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>        <img decoding=\"async\" class=\"std-img__img responsive-img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/1757497938_792_image.jpg\" alt=\"&quot;L\u2019Envol\u00e9&quot; (240 pages, 21,50\u00a0\u20ac) vient de para\u00eetre au Rouergue.\"\/><\/p>\n<p>                \u00ab\u00a0L\u2019Envol\u00e9\u00a0\u00bb (240 pages, 21,50\u00a0\u20ac) vient de para\u00eetre au Rouergue.<br \/>\n                                    Reproduction L\u2019Aveyronnais<\/p>\n<p>Un r\u00e9cit qui se d\u00e9roule \u00e0 Villefranche-de-Rouergue o\u00f9 l\u2019autrice a vu le jour en 1953 dans une famille bien implant\u00e9e localement puisque son p\u00e8re, Andr\u00e9 navet, qui tenait la droguerie de la rue Marcellin-Fabre, fut le premier pr\u00e9sident du Groupement des commer\u00e7ants et artisans villefranchois (GCAV). Il fut aussi conseiller municipal de 1977 \u00e0 2001. Tout comme le grand-p\u00e8re maternel, herboriste de profession, \u00e9lu de 1948 \u00e0 1953.<\/p>\n<p>La jeune Mich\u00e8le grandit dans la bastide o\u00f9 elle fr\u00e9quente les bancs de l\u2019\u00e9cole Nord avant de poursuivre au coll\u00e8ge et au lyc\u00e9e (autrefois appel\u00e9 la Sup) o\u00f9 elle d\u00e9croche un bac litt\u00e9raire qui lui ouvre les portes de l\u2019universit\u00e9 du Mirail, \u00e0 Toulouse. Elle y \u00e9tudie les lettres modernes, l\u2019histoire de l\u2019art et la linguistique et m\u00eame la psycho-linguistique, s\u2019int\u00e9ressant au langage chez les personnes souffrant de troubles mentaux. Et c\u2019est vers Qu\u00e9bec, province canadienne dont la devise \u00ab\u00a0Je me souviens\u00a0\u00bb renvoie l\u2019Aveyronnaise \u00e0 sa propre histoire, qu\u2019elle s\u2019envolera, en 1978 \u2013 elle a 25 ans \u2013 pour int\u00e9grer un centre de recherche sur les interactions entre cerveau et langage et sur les perturbations du langage, aux c\u00f4t\u00e9s du docteur Andr\u00e9 Roch Lecours, sp\u00e9cialis\u00e9 en neuropathologie. \u00ab\u00a0Ce sont les manipulations du langage qui m\u2019int\u00e9ressent\u00a0\u00bb, dit-elle<\/p>\n<p>Dans la maison de ses parents \u00e0 Villefranche-de-Rouergue<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai pu devenir psychoth\u00e9rapeute aupr\u00e8s de jeunes enfants enferm\u00e9s dans leur monde certainement parce que ma m\u00e9moire \u00e9tait verrouill\u00e9e\u00a0; \u00e7a me rendait sensible \u00e0 leur \u00e9tat, souligne Mich\u00e8le Nevert. Dans mon cas, on parle d\u2019amn\u00e9sie dissociative. Les \u00e9motions sont enfouies mais restent vives et pr\u00e9sentes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Th\u00e9rapeute, professeur et chercheuse, menant une brillante carri\u00e8re universitaire jusqu\u2019\u00e0 sa retraite, elle n\u2019est pas pour autant inactive puisqu\u2019elle reste professeur associ\u00e9e.<\/p>\n<p>Et si elle entend rester au Canada avec son mari Jean-Pierre Boudou, ex-pilote d\u2019avion de lignes et d\u2019h\u00e9licopt\u00e8re, \u00e9galement originaire de Villefranche-de-Rouergue, c\u2019est bien dans cette ville qu\u2019elle aime retourner, dans la maison de ses parents qu\u2019elle a conserv\u00e9e, c\u00f4te du Mas de Bonnet, o\u00f9 tous deux passent plusieurs mois par an. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u00e0 que leurs filles L\u00e9lia et Ala\u00efs, n\u00e9es respectivement en\u00a01988 et\u00a01990 ont pass\u00e9, enfants, toutes leurs vacances d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est la seule fa\u00e7on pour que le lien perdure\u00a0\u00bb, assure Mich\u00e8le Nevert qui est aussi deux fois grand-m\u00e8re et qui a gard\u00e9 des amis d\u2019enfance en Aveyron. \u00ab\u00a0Quand on rentre au Qu\u00e9bec, on ram\u00e8ne toujours de bons produits locaux. Quarante ans d\u2019import-export dans nos valises\u00a0\u00bb, sourit-elle.<\/p>\n<p>Le lancement du livre, organis\u00e9 par librairie La Folle Avoine, aura lieu le jeudi 11\u00a0septembre, \u00e0 18\u00a0heures, \u00e0 l\u2019H\u00f4tel Les Fleurines \u00e0 Villefranche-de-Rouergue.<br \/>Une rencontre avec les lecteurs est \u00e9galement pr\u00e9vue jeudi 17 septembre, de 18h30 \u00e0 19h30, \u00e0 la Maison du Livre, \u00e0 Rodez.<\/p>\n<p>    Amie proche de Raymond Devos<\/p>\n<p>Rencontr\u00e9 dans sa loge \u00e0 l\u2019issue du spectacle qu\u2019il donnait \u00e0 Montr\u00e9al, l\u2019humoriste Raymond Devos deviendra un ami tr\u00e8s proche de Mich\u00e8le Nevert. Trente-cinq ans d\u2019amiti\u00e9, se souvient l\u2019Aveyronnaise qui lui a consacr\u00e9 l\u2019ouvrage \u00ab\u00a0Devos, \u00e0 double titre\u00a0\u00bb, paru en 1994 aux Presses universitaires de France. R\u00e9unis par leur amour des mots, tous deux entretiendront un lien fort.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il disait que j\u2019\u00e9tais celle qui comprenait le mieux son univers. C\u2019\u00e9tait quelqu\u2019un d\u2019important dans ma vie. Qu\u2019est-ce qu\u2019on a pu discuter et rire\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Issue d\u2019une vieille famille villefranchoise, Mich\u00e8le Nevert, apr\u00e8s une brillante carri\u00e8re universitaire au Qu\u00e9bec, vient de publier un&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":379969,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[1379,58,59,1011,27,1380],"class_list":{"0":"post-379968","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-books","9":"tag-divertissement","10":"tag-entertainment","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-livres"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115179392235449014","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379968","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=379968"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379968\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/379969"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=379968"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=379968"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=379968"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}