{"id":380691,"date":"2025-09-10T16:44:11","date_gmt":"2025-09-10T16:44:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/380691\/"},"modified":"2025-09-10T16:44:11","modified_gmt":"2025-09-10T16:44:11","slug":"chikungunya-grippe-aviaire-quel-est-le-risque-en-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/380691\/","title":{"rendered":"Chikungunya, grippe aviaire\u2026 Quel est le risque en France ?"},"content":{"rendered":"<p>Alors que le nombre de cas de chikungunya atteint un niveau in\u00e9dit en France, d\u2019autres zoonoses inqui\u00e8tent les autorit\u00e9s sanitaires qui multiplient les mesures de pr\u00e9vention sur le sol fran\u00e7ais, ont indiqu\u00e9 plusieurs sp\u00e9cialistes \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un point presse organis\u00e9 le 4 septembre par l\u2019ANRS.<\/p>\n<p>Plus de 300 cas autochtones de chikungunya dans l\u2019hexagone, un record<\/p>\n<p>Depuis d\u00e9but 2025, pr\u00e8s d\u2019un millier de cas import\u00e9s de La R\u00e9union et plus de 300 cas autochtones ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s en France m\u00e9tropolitaine, une situation qualifi\u00e9e d\u2019in\u00e9dite depuis l\u2019\u00e9pid\u00e9mie survenue en Italie en 1990, a soulign\u00e9 Anna Bella-Failloux, directrice du laboratoire Arbovirus Les arboviroses sont des maladies virales dues \u00e0 des arbovirus transmis obligatoirement par un vecteur arthropode (moustique, moucheron piqueur, tique) \u00e0 des h\u00f4tes vert\u00e9br\u00e9s (mammif\u00e8res, oiseaux), d\u2019o\u00f9 leur nom adapt\u00e9 de l\u2019anglais : ARthropod-BOrne virus. et insectes vecteurs de l\u2019Institut Pasteur. En cause, la tr\u00e8s grosse \u00e9pid\u00e9mie qui s\u00e9vit \u00e0 La R\u00e9union, avec plus de 200 000 contaminations, et l\u2019adaptation du moustique-tigre, vecteur du virus, \u00e0 notre climat. \u00ab Le moustique-tigre est d\u00e9sormais pr\u00e9sent dans 96 d\u00e9partements de l\u2019Hexagone, a rappel\u00e9 la sp\u00e9cialiste. Et des cas de <a href=\"https:\/\/vih.org\/maladies-emergentes\/20230818\/le-chikungunya\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">chikungunya<\/a> ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s dans des r\u00e9gions jusqu\u2019alors \u00e9pargn\u00e9es comme la Nouvelle Aquitaine, Grand-Est et la Bourgogne-Franche-Comt\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Pour la chercheuse, la particularit\u00e9 du virus est la rapidit\u00e9 avec laquelle il atteint les glandes salivaires d\u2019un moustique infect\u00e9 : 4 \u00e0 7 jours contre 15 \u00e0 21 jours pour les virus de la dengue et du zika. Une rapidit\u00e9 qui limite la fen\u00eatre de tirs dont on dispose pour lutter contre la transmission.<\/p>\n<p>\u00c0 ce jour, la lutte contre le moustique-tigre repose sur deux approches :<\/p>\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>L\u2019approche directe consiste \u00e0 tuer les insectes adultes \u00e0 l\u2019aide de la deltam\u00e9thrine. \u00ab Seule mol\u00e9cule insecticide autoris\u00e9e \u00bb, la deltam\u00e9thrine infecte le syst\u00e8me nerveux des insectes mais pas celui de l\u2019Homme, a expliqu\u00e9 Anna Bella-Failloux. \u00ab En th\u00e9orie, il n\u2019y a pas de risque pour l\u2019Homme \u00bb, assure l\u2019experte, sans exclure que l\u2019utilisation de doses tr\u00e8s importantes pourrait exposer \u00e0 des risques.<\/li>\n<li>Utilis\u00e9e entre deux \u00e9pid\u00e9mies, l\u2019approche indirecte s\u2019appuie sur deux techniques qui ont chacune fait leurs preuves : la technique de l\u00e2chage de m\u00e2les st\u00e9riles a fait chuter le nombre d\u2019insectes \u00e0 Brive-la-Gaillarde notamment, tandis que celle qui consiste \u00e0 inoculer au moustique-tigre la bact\u00e9rie Wolbachia pour emp\u00eacher la multiplication du virus s\u2019est traduite par l\u2019absence de cas autochtones en Nouvelle-Cal\u00e9donie depuis 2019, ann\u00e9e o\u00f9 l\u2019essai a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9. \u00ab Utilis\u00e9es \u00e0 grande \u00e9chelle au Br\u00e9sil, ces approches fonctionnent tr\u00e8s bien, a insist\u00e9 la directrice du laboratoire Arbovirus et insectes vecteurs de l\u2019Institut Pasteur. Malheureusement, leur co\u00fbt est \u00e9lev\u00e9 et nous manquons d\u2019experts, notamment pour \u00e9lever les moustiques-tigres n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019application de la premi\u00e8re m\u00e9thode \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<p><a\/>H5N1, une menace \u00e0 ne pas sous-estimer<\/p>\n<p>Depuis la d\u00e9couverte des premiers cas de<a href=\"https:\/\/vih.org\/maladies-emergentes\/20230720\/la-grippe-aviaire\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> <\/a><a href=\"https:\/\/vih.org\/maladies-emergentes\/20230720\/la-grippe-aviaire\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">grippe aviaire H5N1<\/a> \u00e0 Hong Kong en 1997, \u00ab plus d\u2019un millier de cas humains, dont un tiers mortel, ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s, principalement en Asie du Sud-Est et en \u00c9gypte \u00bb, a rappel\u00e9 S\u00e9bastien Soubies, chercheur \u00e0 l\u2019INRAE. Tous les virus H5N1 qui circulent actuellement sont des descendants de la souche hongkongaise. \u00ab En 2020-2021, l\u2019un d\u2019entre eux a diffus\u00e9 avec une ampleur ext\u00eame en Europe, en Asie et aux \u00c9tats-Unis \u00bb. Outre les animaux d\u2019\u00e9levage, cette souche a contamin\u00e9 de nombreux mammif\u00e8res sauvages (renards, ours, \u00e9l\u00e9phants de mer), mais aussi des animaux domestiques (chats, chiens, bovins). \u00ab Cette adaptation du virus aux diff\u00e9rentes esp\u00e8ces animales est une premi\u00e8re \u00e9tape avant son adaptation \u00e0 l\u2019Homme \u00bb, a mis en garde l\u2019expert.<\/p>\n<p>Plus r\u00e9cemment, en mars 2024, H5N1 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9 dans des troupeaux de bovins laitiers. \u00ab Le virus a contamin\u00e9 le lait et a diffus\u00e9 de troupeaux en troupeaux, en infectant 1078 dans 17 \u00c9tats am\u00e9ricains \u00bb. Environ 70 hommes, tous travaillant sur les exploitations laiti\u00e8res contamin\u00e9es, ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 infect\u00e9s. \u00ab Dans la majorit\u00e9 des cas, il s\u2019agit d\u2019infections peu s\u00e9v\u00e8res mais un d\u00e9c\u00e8s a tout de m\u00eame \u00e9t\u00e9 d\u00e9plor\u00e9 \u00bb. Des traces d\u2019anticorps ont par ailleurs \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es chez 3 des 150 v\u00e9t\u00e9rinaires test\u00e9s. Si un taux \u00e9lev\u00e9 de virus a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9 dans le lait des vaches infect\u00e9es, aucun cas d\u2019infection directe par la consommation de lait n\u2019a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9. \u00ab La pasteurisation suffit \u00e0 inactiver le virus \u00bb, a assur\u00e9 S\u00e9bastien Soubies. N\u00e9anmoins, a nuanc\u00e9 le chercheur, \u00ab si aucune transmission interhumaine n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e, les fortes capacit\u00e9s \u00e9volutives et la hausse du nombre de cas humains depuis 5 ans justifient la mise en \u0153uvre de mesures de contr\u00f4le tr\u00e8s importantes et une surveillance tr\u00e8s rapproch\u00e9e dans le cadre d\u2019une strat\u00e9gie One Health \u00bb.<\/p>\n<p>Vaccination des canards d\u2019\u00e9levage pour r\u00e9duire l\u2019exposition des professionnels au virus, surveillance des animaux de compagnie et des mammif\u00e8res pr\u00e9sents dans les exploitations, surveillance environnementale afin de d\u00e9tecter la pr\u00e9sence du virus dans les \u00e9tangs, les lacs et les eaux us\u00e9es\u2026 Autant de m\u00e9thodes appliqu\u00e9es en France qui visent \u00e0 limiter au maximum le risque que le virus H5N1 rentre dans la cha\u00eene de consommation humaine.<\/p>\n<p><a\/>Fi\u00e8vre h\u00e9morragique Crim\u00e9e-Congo : mieux comprendre la situation<\/p>\n<p>Moins connue du grand public, la<a href=\"https:\/\/vih.org\/maladies-emergentes\/20240402\/fievre-hemorragique-de-crimee-congo\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> <\/a><a href=\"https:\/\/vih.org\/maladies-emergentes\/20240402\/fievre-hemorragique-de-crimee-congo\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">fi\u00e8vre h\u00e9morragique Crim\u00e9e-Congo<\/a> (FHCC) est une zoonose virale qui se transmet via certaines esp\u00e8ces de tiques infect\u00e9es, Hyalomma marginatum. L\u2019homme peut \u00eatre infect\u00e9 par la morsure d\u2019une tique infect\u00e9e ou via un contact \u00e9troit avec le sang ou les fluides corporels d\u2019un animal ou d\u2019un \u00eatre humain infect\u00e9. \u00ab Il n\u2019existe pas de cas humain en France \u00bb, a rassur\u00e9 d\u2019embl\u00e9e Rapha\u00eblle Metras, chercheuse en \u00e9pid\u00e9miologie des zoonoses (Sorbonne Universit\u00e9). En revanche, 66 cas humains ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s en Europe depuis 2013, plus pr\u00e9cis\u00e9ment en Bulgarie, en Gr\u00e8ce, en Espagne et au Portugal. \u00ab En 2025, 5 cas ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s : 2 en Gr\u00e8ce et 3 en Espagne \u00bb, a indiqu\u00e9 la chercheuse. Et de pr\u00e9ciser : \u00ab La FHCC est asymptomatique dans 70 \u00e0 90 % des cas, mais peut entra\u00eener des formes h\u00e9morragiques dans 5 \u00e0 40 % des cas \u00bb. Selon des estimations de l\u2019OMS, l\u2019infection serait pr\u00e9sente dans 30 pays et provoquerait entre 10 000 et 15 000 infections par an.<\/p>\n<p>Et en France, quel est le risque ? \u00ab Il existe mais sa probabilit\u00e9 reste \u00e0 estimer \u00bb. Des travaux sont en cours \u00e0<a href=\"https:\/\/eabioscope.universita.corsica\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> <\/a><a href=\"https:\/\/eabioscope.universita.corsica\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019unit\u00e9 des virus \u00e9mergents de l\u2019universit\u00e9 de Corte<\/a> en Corse, o\u00f9 la pr\u00e9sence de tiques Hyalomma marginatum a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e, comme dans tous les d\u00e9partements du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en (Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales, Aude, H\u00e9rault, Gard, Bouches-du-Rh\u00f4ne, Var, Alpes-Maritimes), ainsi qu\u2019en Dr\u00f4me et en Ard\u00e8che. \u00ab Les travaux portant sur les \u00e9chantillons collect\u00e9s en 2023 et 2024 sur des ovins, bovins, caprins et chevaux contamin\u00e9s en Corse ont permis de mettre en \u00e9vidence la pr\u00e9sence d\u2019anticorps anti-FHCC \u00e0 des taux certes tr\u00e8s faibles mais n\u00e9anmoins existants \u00bb. Des signaux d\u2019alerte qui incitent \u00e0 la plus grande vigilance. \u00ab Il est n\u00e9cessaire de comprendre et de documenter cette situation \u00e9pid\u00e9miologique \u00e0 la fois dans le temps et dans l\u2019espace. Nous devons mener des \u00e9tudes \u00e0 plus grande \u00e9chelle chez l\u2019Homme et comprendre l\u2019\u00e9volution de la contamination chez les animaux \u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est tout l\u2019objet du projet ARCHE. Lanc\u00e9 le 1er Octobre 2024 pour une dur\u00e9e de 5 ans, ce projet, bas\u00e9 sur une approche \u00ab\u00a0One Health\u00a0\u00bb, est coordonn\u00e9 par l\u2019UR BIOSCOPE G\u00e9nomique M\u00e9tabolique du G\u00e9noscope (INSERM \u2013 Universit\u00e9 de Corse Pascal Paoli), sous la direction d\u2019Alessandra Falchi, et financ\u00e9 par l\u2019Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du Programme de recherche ANR France 2030 PEPR PREZODE* (Preventing Zoonotic Diseases Emergence). Son but : mod\u00e9liser les processus \u00e9pid\u00e9miques, \u00e9valuer les sc\u00e9narios possibles et proposer des strat\u00e9gies de pr\u00e9vention adapt\u00e9es, afin de fournir des informations utiles aux autorit\u00e9s sanitaires et d\u2019am\u00e9liorer la gestion des risques sanitaires li\u00e9s au CCHFV. D\u2019ici l\u00e0, les seuls moyens de se pr\u00e9munir reste de porter des v\u00eatements longs pour \u00e9viter de se faire piquer par des tiques infect\u00e9es.<\/p>\n<p>* Le PEPR PREZODE a pour objectif de renforcer la production de connaissances et le d\u00e9veloppement d\u2019outils pertinents pour d\u00e9finir des strat\u00e9gies innovantes de r\u00e9duction des risques et de d\u00e9tection pr\u00e9coce des \u00e9mergences.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Alors que le nombre de cas de chikungunya atteint un niveau in\u00e9dit en France, d\u2019autres zoonoses inqui\u00e8tent les&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":380692,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[11,1011,27,12,25],"class_list":{"0":"post-380691","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-france","8":"tag-actualites","9":"tag-fr","10":"tag-france","11":"tag-news","12":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115181012165663834","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/380691","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=380691"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/380691\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/380692"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=380691"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=380691"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=380691"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}