{"id":384808,"date":"2025-09-12T08:03:17","date_gmt":"2025-09-12T08:03:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/384808\/"},"modified":"2025-09-12T08:03:17","modified_gmt":"2025-09-12T08:03:17","slug":"le-livre-sur-la-place-est-devenu-le-livre-sur-ma-place-liberation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/384808\/","title":{"rendered":"\u00abLe Livre sur la Place est devenu le livre sur \u201cma\u201d place\u00bb \u2013 Lib\u00e9ration"},"content":{"rendered":"<p>Le livre sur la place<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX sc-bJBgwP faNIPg dnqATq content-text-framed\" color=\"#1A1A1A\">Critiques, interviews, s\u00e9lection&#8230; \u00abLib\u00e9\u00bb vous guide dans les all\u00e9es de la 47e \u00e9dition du Salon du livre de Nancy, grand rendez-vous de la rentr\u00e9e litt\u00e9raire, qui se tient du 12 au 14 septembre.<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">\u00abLorsque je me suis install\u00e9e \u00e0 Nancy et que j\u2019ai visit\u00e9, pour la premi\u00e8re fois, son salon du livre (alors install\u00e9 sur la place Stanislas), ce fut comme si, le temps d\u2019un week-end, j\u2019habitais le palais des contes de f\u00e9es. Des livres partout, et des auteurs en chair et en os, alors que, pour moi, ils \u00e9taient jusque-l\u00e0 des figures inaccessibles. J\u2019\u00e9tais \u00e9tudiante, folle de lecture, passablement d\u00e9sargent\u00e9e, et la t\u00eate nous tournait, \u00e0 mon meilleur ami et moi, devant cette abondance. Au fil des ann\u00e9es, j\u2019ai os\u00e9 venir saluer quelques auteurs que j\u2019admirais : moments pr\u00e9cieux, que je n\u2019ai pas oubli\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">\u00abEn 2005, changement de d\u00e9cor : la place Stanislas entre dans une p\u00e9riode de grands travaux, et le salon d\u00e9m\u00e9nage sur la place voisine, celle o\u00f9 j\u2019habite depuis\u2026 beaucoup trop longtemps \u2013 mais quand on aime, on ne quitte pas. Le livre est sur ma place d\u00e9sormais, au bas de mon escalier. Chaque ann\u00e9e, j\u2019assiste en allant travailler au montage du chapiteau qui dure presque dix jours, au ballet des ouvriers, des camions, au tango des visseuses. Le lieu est surveill\u00e9 par des vigiles la nuit : au petit matin, je m\u2019en vais chercher mon croissant sous l\u2019\u0153il soup\u00e7onneux des agents de s\u00e9curit\u00e9 qui ach\u00e8vent leur ronde. <\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">\u00abEn 2011, je publie mon premier roman. Me voici propuls\u00e9e de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, derri\u00e8re la table, et c\u2019est la panique. D\u00e9fil\u00e9 des coll\u00e8gues, des voisins, des amis, qui ignorent que j\u2019ai publi\u00e9 un livre \u2013 puisque je ne l\u2019ai pas dit. \u00abMais qu\u2019est-ce que tu fais l\u00e0 ?\u00bb Moments de grande solitude, quand les lecteurs d\u2019un romancier c\u00e9l\u00e8bre m\u2019empruntent mon stylo pour signer leur ch\u00e8que (pour ses livres, pas pour le mien) ; lumineuse gentillesse de mon voisin d\u2019un jour, Robert Sol\u00e9 : \u00abSi vous \u00e9crivez encore, un jour, vous aurez plusieurs livres sur la table, et vous verrez, ensuite, ce sera bien plus facile.\u00bb Mais l\u00e0, je voudrais \u00eatre une souris et me terrer dans un trou du plancher. Ou plus \u00e9go\u00efstement : traverser la rue et rentrer chez moi. <\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">\u00abLe \u201clivre sur ma place\u201d, donc. Il y a les ann\u00e9es avec (je suis de salon), les ann\u00e9es sans (je n\u2019y suis pas). Dans un cas comme dans l\u2019autre, m\u00eame protocole : le ravitaillement le jeudi soir, car le quartier sera boucl\u00e9, d\u00e9valis\u00e9 pendant trois jours. Glisser mon badge \u00abR\u00e9sidente\u00bb dans ma poche, m\u2019agacer car les vigiles me fouilleront quand m\u00eame. Si je ne suis pas participante, aller dire bonjour aux amis, m\u2019offrir le luxe d\u2019assister \u00e0 quelques d\u00e9bats, servir de base arri\u00e8re \u00e0 des \u00e9crivains ou \u00e9diteurs \u00e9puis\u00e9s qui viennent parfois faire une pause \u00e0 la maison, le temps d\u2019un caf\u00e9, d\u2019un d\u00e9jeuner, d\u2019un verre tranquille, <a href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/culture\/livres\/toi-dhelene-gestern-lamie-mimi-20250427_ER6ZMTHPWJDZTILUMCSGJ3U52U\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"https:\/\/www.liberation.fr\/culture\/livres\/toi-dhelene-gestern-lamie-mimi-20250427_ER6ZMTHPWJDZTILUMCSGJ3U52U\/\">entre Mimi le chat<\/a> et les \u00e9cureuils du parc. <\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">\u00abSi j\u2019y suis, prendre une grande respiration, observer le ballet des auteurs, \u00e9diteurs, journalistes, lecteurs, avec parfois l\u2019impression d\u2019\u00e9voluer dans un film dont je serais une des figurantes. Le livre sur ma place, c\u2019est une affluence ahurissante, une d\u00e9bauche de volumes, une orgie d\u2019achats digne de plus belles pages de Zola. Et la basse continue de la rumeur de la foule, bourdon qui monte de la place, se propage et r\u00e9sonne jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arri\u00e8re de mon immeuble. <\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">\u00abLe lundi matin la ville est d\u00e9sert\u00e9e, presque groggy (on l\u2019est aussi !) : elle a vu d\u00e9filer 130 000 personnes, un quart de plus que l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de sa population ordinaire. Les ouvriers, eux, sont d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9s, la symphonie des d\u00e9visseuses s\u2019enclenche. En m\u00eame pas quarante-huit heures, la placide carri\u00e8re, construite pour les courses de chevaux, retrouve son hi\u00e9ratisme, sa splendeur bourgeoise. Jeune, cette place, j\u2019allais m\u2019y promener pour en admirer la beaut\u00e9 ; le salon, j\u2019en \u00e9tais spectatrice \u00e9blouie. Aujourd\u2019hui, ses murs m\u2019abritent et les f\u00e9es viennent boire des petits caf\u00e9s \u00e0 la maison. Pourvu que \u00e7a dure.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le livre sur la place Critiques, interviews, s\u00e9lection&#8230; \u00abLib\u00e9\u00bb vous guide dans les all\u00e9es de la 47e \u00e9dition&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":384809,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9635],"tags":[1111,11,10488,1777,674,1011,27,775,1702,12,25],"class_list":{"0":"post-384808","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-nancy","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-cahier-livres","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-grand-est","16":"tag-nancy","17":"tag-news","18":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115190288002675038","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/384808","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=384808"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/384808\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/384809"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=384808"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=384808"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=384808"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}