{"id":387006,"date":"2025-09-13T04:47:14","date_gmt":"2025-09-13T04:47:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/387006\/"},"modified":"2025-09-13T04:47:14","modified_gmt":"2025-09-13T04:47:14","slug":"les-plus-beaux-projets-de-larchitecte-carlo-scarpa-a-venise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/387006\/","title":{"rendered":"Les plus beaux projets de l&rsquo;architecte Carlo Scarpa \u00e0 Venise"},"content":{"rendered":"<p><strong>Cet article est paru dans le num\u00e9ro 101 d&rsquo;AD, en juin 2011.<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Venise en 1906, disparu au Japon, \u00e0 Sendai, en 1978, <a href=\"https:\/\/www.admagazine.fr\/article\/carlo-scarpa-architecture-emblematique\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Carlo Scarpa<\/a>, V\u00e9nitien grand teint, accomplira une immense part de sa longue carri\u00e8re sur la Lagune. Tropisme et splendeurs historiques : c&rsquo;est pour avoir, tout jeune dipl\u00f4m\u00e9 d&rsquo;architecture, os\u00e9 injecter de la modernit\u00e9 dans les \u00e9difices historiques de la S\u00e9r\u00e9nissime, ainsi de la Ca&rsquo; Foscari, qu&rsquo;il se vit fustig\u00e9 par les \u00e9diles du cru. Et qu&rsquo;en 1927, il s&rsquo;isola chez l&rsquo;ami Paolo Venini, ancien avocat ayant renonc\u00e9 au barreau pour se fondre dans le verre. Ce refuge vaudra pour r\u00e9volution stylistique radicale et soufflera \u00e0 pleins poumons le renom de Venini dans le monde entier.<\/p>\n<p>Fondation Querini Stampalia. Initi\u00e9e en 1869 par le comte Giovanni Querini Stampalia, ultime repr\u00e9sentant d&rsquo;une des plus anciennes familles v\u00e9nitiennes, cette fondation en pr\u00e9serve le patrimoine immobilier et artistique dans un palais du XVIe si\u00e8cle. Carlo Scarpa y a construit, entre 1959 et 1963, un pont de bois, fer et cuivre enjambant le canal; il y a restaur\u00e9 les espaces tr\u00e8s endommag\u00e9s du rez-de-chauss\u00e9e, souvent envahis par l&rsquo;eau, et am\u00e9nag\u00e9 un jardin int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>\u00a9 Olivier Amsellem<\/p>\n<p>Fondation Querini Stampalia. Initi\u00e9e en 1869 par le comte Giovanni Querini Stampalia, ultime repr\u00e9sentant d&rsquo;une des plus anciennes familles v\u00e9nitiennes, cette fondation en pr\u00e9serve le patrimoine immobilier et artistique dans un palais du XVIe si\u00e8cle. Carlo Scarpa y a construit, entre 1959 et 1963, un pont de bois, fer et cuivre enjambant le canal; il y a restaur\u00e9 les espaces tr\u00e8s endommag\u00e9s du rez-de-chauss\u00e9e, souvent envahis par l&rsquo;eau, et am\u00e9nag\u00e9 un jardin int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>\u00a9 Olivier Amsellem<\/p>\n<p>Commencer par la fin<\/p>\n<p>Si elles restent matricielles, les quelques pi\u00e8ces de mobilier dessin\u00e9es longtemps apr\u00e8s, notamment pour l&rsquo;autre ami Dino Gavina, \u00e0 Bologne, installent certes <a href=\"https:\/\/www.admagazine.fr\/advisitesprivees\/article\/face-mer-appartement-inspire-carlo-scarpa\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Carlo Scarpa<\/a> dans la dimension primordiale d&rsquo;un designer on disait alors progettista-, mais r\u00e9tif \u00e0 la grande s\u00e9rie, c&rsquo;est son architecture qui forme \u0153uvre \u00e0 part enti\u00e8re, ici pr\u00e9texte \u00e0 une fl\u00e2nerie v\u00e9n\u00e9to-v\u00e9nitienne \u00e0 ciel presque ouvert. Le mieux serait de commencer cette balade par la fin : son tombeau, r\u00e9alis\u00e9 par son fils, Tobia Scarpa, et enclav\u00e9 dans l&rsquo;enceinte du cimeti\u00e8re de la famille Brion (les fondateurs de la firme Brion-Vega), dont lui-m\u00eame a con\u00e7u les c\u00e9l\u00e9brissimes s\u00e9pultures. C&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des terres tr\u00e9visanes, tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 San Vito d&rsquo;Altivole, qu&rsquo;il a sign\u00e9 ce mausol\u00e9e saisissant, comprenant bassins, jardins, portes s&rsquo;ouvrant avec force contrepoids et poulies, perspectives uniques, recueillement. Un chef-d&rsquo;\u0153uvre sous influence: celle de l&rsquo;immense <a href=\"https:\/\/www.admagazine.fr\/article\/maisons-frank-lloyd-wright\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Frank Lloyd Wright<\/a>, rencontr\u00e9 \u00e0 Venise en 1951 et \u00e0 qui Scarpa consacra une exposition posthume majeure \u00e0 Milan en 1960.<\/p>\n<p>JARDIN DE LA FONDATION QUERINI STAMPALIA. Le jardin est ferm\u00e9 par un mur en b\u00e9ton d\u00e9cor\u00e9 d&rsquo;une frise en c\u00e9ramique sign\u00e9e de l&rsquo;artiste Mario De Luigi, grand ami de Scarpa. Un petit ruisseau y suit un chemin labyrinthique et sonore, de bassins en cascades.<\/p>\n<p>\u00a9 Olivier Amsellem<\/p>\n<p>L&rsquo;exposition est un exercice inspir\u00e9 pour Scarpa le sc\u00e9nographe. Son travail sur celles vou\u00e9es \u00e0 Paul Klee ou \u00e0 Giorgio Morandi est rest\u00e9 dans les m\u00e9moires. Celui accompli plus durablement pour les mus\u00e9es de V\u00e9rone ou de Tr\u00e9vise est \u00e0 red\u00e9couvrir. Nulle surprise alors que la <a href=\"https:\/\/www.admagazine.fr\/adactualites\/galerie\/venise-biennale-2022\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Biennale de Venise<\/a> fut son terrain de jeux. Il y b\u00e2tit le Pavillon du Venezuela, et celui, plus prosa\u00efque, de la billetterie, dans l&rsquo;enceinte des Giardini. Entre r\u00e9sidences priv\u00e9es pour belles familles v\u00e9nitiennes &#8211; Casa Bellotto, Casa Pelizzari, Casa Balboni&#8230;- et logis collectifs-r\u00e9sidences \u00e0 Vicenza o\u00f9 il tenait son agence-studio, camping Fusina \u00e0 Venise, Carlo Scarpa aura fait montre de sa ma\u00eetrise du mat\u00e9riau, de l&rsquo;artisanat, de la main de l&rsquo;homme, de la belle ouvrage con\u00e7ue jusqu&rsquo;\u00e0 la m\u00e9taphysique.<\/p>\n<p>FONDATION QUERINI STAMPALIA (D\u00c9TAIL). Dans la grande salle d&rsquo;exposition, une porte se d\u00e9coupe dans la surface en travertin du mur, divis\u00e9e horizontalement par un profil\u00e9 en laiton.<\/p>\n<p>\u00a9 Olivier Amsellem<\/p>\n<p>ENTR\u00c9E DU COUVENT DES TOLENTINI, Institut universitaire d&rsquo;architecture de Venise. Carlo Scarpa fut le recteur de l&rsquo;institut, fond\u00e9 en 1926. En 1976, il m\u00e8ne un premier volet de travaux de restructuration qui met au jour quelques vestiges dont un portail en pierre d&rsquo;Istrie. L&rsquo;architecte en a con\u00e7u une m\u00e9taphore de p\u00e9n\u00e9tration des lieux (r\u00e9alis\u00e9e apr\u00e8s sa mort).<\/p>\n<p>\u00a9 Olivier Amsellem<\/p>\n<p>Fulgurances et vestiges<\/p>\n<p>Au fil de l&rsquo;eau, la balade \u00ab scarpiana \u00bb enjambe les canaux, p\u00e9n\u00e8tre les murs s\u00e9culaires et d\u00e9voile quelques fulgurances comme la Fondation Querini Stampalia, l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Architecture, la Galerie de l&rsquo;Acad\u00e9mie et, tout r\u00e9cemment rouvert au public apr\u00e8s restauration, le mythique show-room Olivetti, sous les vo\u00fbtes des Procuratie Vecchie, piazza San Marco. Voulu par Adriano Olivetti pour exposer ses machines \u00e0 \u00e9crire, \u00e0 calculer et des \u0153uvres d&rsquo;art, cet espace con\u00e7u par Scarpa en 1957 ferma ses portes en 1997 avant de devenir, in\u00e9vitable destin v\u00e9nitien, un magasin de souvenirs. Le voici rendu \u00e0 son concept originel, mus\u00e9e de lui-m\u00eame. Trotter ensuite vers le mus\u00e9e Correr, ins\u00e9r\u00e9 dans un palais d&rsquo;apparat : Scarpa y r\u00e9alisa ce qui est tenu \u00e0 juste titre pour un chef-d&rsquo;\u0153uvre. Traverser le Grand Canal et filer ensuite Campo della Carit\u00e0, \u00e0 Dorsoduro, explorer la Galerie de l&rsquo;Acad\u00e9mie, ex-\u00e9glise mus\u00e9ographi\u00e9e, non sans exemplarit\u00e9, par Scarpa, aux prises et \u00e0 son aise avec une prodigieuse collection de Tiepolo, Tintoret, V\u00e9ron\u00e8se&#8230; On en sort sans voix. Le paradoxe de cette \u00e9chapp\u00e9e Scarpa v\u00e9nitienne consiste aussi en quelques vestiges : au c\u0153ur du sestiere de San Polo, la s\u00e9culaire orf\u00e8vrerie Sfriso dont Scarpa avait r\u00e9alis\u00e9 le d\u00e9cor en 1932 a ferm\u00e9 voil\u00e0 peu. Quant \u00e0 sa propre maison, situ\u00e9e Rio Marin, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la menuiserie de Capovilla &#8211; Scarpa r\u00e9alisa la tombe de la famille au cimeti\u00e8re San Michele-, elle ne pr\u00e9sente aucun autre int\u00e9r\u00eat que celui de savoir qu&rsquo;il v\u00e9cut ici m\u00eame, car n&rsquo;y subsiste plus aucune trace de son passage&#8230;<\/p>\n<p>Chapelle du cimeti\u00e8re Brion \u00e0 San Vito d&rsquo;Altivole (Tr\u00e9vise). Jouxtant le cimeti\u00e8re communal, ce site hors du commun fut command\u00e9 \u00e0 Scarpa par la famille Brion, en 1968. Construction-paysage-manifeste \u00e0 la fois d\u00e9routant et fascinant, cet exercice de b\u00e9ton anguleux se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 Frank Lloyd Wright mais parle aussi un langage inca. Chapelle, autel, pavillon de m\u00e9ditation priv\u00e9, tombes sarcophages: les rites fun\u00e9raires sont ici r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9s sur le mode tangible du repos \u00e9ternel avec, comme suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e2me, l&rsquo;eau source de vie.<\/p>\n<p>\u00a9 Olivier Amsellem<\/p>\n<p>Chapelle du cimeti\u00e8re Brion \u00e0 San Vito d&rsquo;Altivole (Tr\u00e9vise). Jouxtant le cimeti\u00e8re communal, ce site hors du commun fut command\u00e9 \u00e0 Scarpa par la famille Brion, en 1968. Construction-paysage-manifeste \u00e0 la fois d\u00e9routant et fascinant, cet exercice de b\u00e9ton anguleux se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 Frank Lloyd Wright mais parle aussi un langage inca. Chapelle, autel, pavillon de m\u00e9ditation priv\u00e9, tombes sarcophages: les rites fun\u00e9raires sont ici r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9s sur le mode tangible du repos \u00e9ternel avec, comme suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e2me, l&rsquo;eau source de vie.<\/p>\n<p>\u00a9 Olivier Amsellem<\/p>\n<p><strong>Cet article est paru dans le num\u00e9ro 101 d&rsquo;AD, en juin 2011.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Cet article est paru dans le num\u00e9ro 101 d&rsquo;AD, en juin 2011. 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