{"id":387237,"date":"2025-09-13T06:58:10","date_gmt":"2025-09-13T06:58:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/387237\/"},"modified":"2025-09-13T06:58:10","modified_gmt":"2025-09-13T06:58:10","slug":"a-laube-des-quarts-de-finale-le-constat-dune-discipline-a-trois-quatre-vitesses-liberation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/387237\/","title":{"rendered":"\u00e0 l\u2019aube des quarts de finale, le constat d\u2019une discipline \u00ab\u00e0 trois, quatre vitesses\u00bb \u2013 Lib\u00e9ration"},"content":{"rendered":"<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Ce sera sans doute l\u2019un des quarts de finale les plus accroch\u00e9s du week-end. Ce France-Irlande programm\u00e9 dimanche (14 heures) au Sandy Park d\u2019Exeter pourrait toutefois voir son issue scell\u00e9e d\u00e8s la mi-temps, si l\u2019on se fie aux derni\u00e8res confrontations entre les deux pays. Sept succ\u00e8s de suite pour <a href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/sports\/rugby\/coupe-du-monde-de-rugby-les-bleues-reussissent-leur-entree-en-battant-litalie-24-0-20250823_NGHH2HQ3F5DXTP2MKWG22RP25Y\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.liberation.fr\/sports\/rugby\/coupe-du-monde-de-rugby-les-bleues-reussissent-leur-entree-en-battant-litalie-24-0-20250823_NGHH2HQ3F5DXTP2MKWG22RP25Y\/\">les Bleues<\/a>, dont six roustes de plus de vingt points d\u2019\u00e9cart. Sachant que les Irlandaises ne d\u00e9barquent pas en grande confiance, liquid\u00e9es 0-40 par la Nouvelle-Z\u00e9lande. Une racl\u00e9e, certes, mais loin d\u2019\u00eatre la plus grosse du tournoi. Avant le d\u00e9but des hostilit\u00e9s, le patron de World Rugby, Alan Gilpin, pronostiquait que \u00abcertains matchs seront moins comp\u00e9titifs en raison, dans certains cas, d\u2019une disparit\u00e9 \u00e9vidente d\u2019exp\u00e9rience, de professionnalisme et d\u2019investissement\u00bb. <\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Les phases de poules, rythm\u00e9es par des d\u00e9rouill\u00e9es en s\u00e9rie, lui donnent raison : en 24 matchs, l\u2019\u00e9cart moyen est de 33,9 points. Le diff\u00e9rentiel monte m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 47 unit\u00e9s de moyenne si l\u2019on ne prend en compte que la premi\u00e8re journ\u00e9e, o\u00f9 tout est \u00e0 faire et les s\u00e9lections jouent avec leur \u00e9quipe-type. Des scores pas vraiment surprenants. Cet \u00e9tat de fait a toujours exist\u00e9, depuis l\u2019\u00e9dition inaugurale de 1991. Mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, \u00ables disparit\u00e9s \u00e9taient moins importantes\u00bb, note Serge Collinet, ancien joueur pro reconverti professeur de Staps, et auteur de Conqu\u00e9rantes (\u00e9d. Passiflore). \u00abIl y avait certes des foyers culturels comme l\u2019Angleterre, la Nouvelle-Z\u00e9lande, mais tout le monde \u00e9tait amateur. La professionnalisation a entra\u00een\u00e9 des \u00e9carts encore plus grands.\u00bb <\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Un exemple parmi d\u2019autres : en poules, une \u00e9quipe anglaise bis a ross\u00e9 92-3 les Samoanes. Leur derni\u00e8re confrontation, lors de la Coupe du monde 2014, s\u2019\u00e9tait aussi sold\u00e9e par une racl\u00e9e anglaise, mais dans des proportions moindres : 65-3. En onze ans, les Red Roses se sont structur\u00e9es. Elles ont obtenu le statut professionnel en 2019 et sont r\u00e9tribu\u00e9es \u00e0 100 % par leur f\u00e9d\u00e9ration. Leur championnat domestique, envi\u00e9 du monde entier, s\u2019est structur\u00e9 en 2018. <\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Dans le m\u00eame laps de temps, rien n\u2019a vraiment boug\u00e9 pour les Samoanes. Leur f\u00e9d\u00e9ration verse des indemnit\u00e9s modestes aux joueuses, mais elles n\u2019ont pas de contrats professionnels. Comme lors des \u00e9ditions pr\u00e9c\u00e9dentes, la moiti\u00e9 de la s\u00e9lection doit recourir \u00e0 des collectes de fonds pour pouvoir prendre part au tournoi. <\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">L\u2019ovalie f\u00e9minine mondiale demeure un paysage morcel\u00e9. \u00abC\u2019est un rugby \u00e0 trois, quatre vitesses\u00bb, estime Serge Collinet. En t\u00eate de wagon \u2013 et dans cet ordre \u2013 les Anglaises et les N\u00e9o-Z\u00e9landaises \u00abhyper professionnalis\u00e9es, lib\u00e9r\u00e9es pour la performance, et consacr\u00e9es compl\u00e8tement \u00e0 la comp\u00e9tition\u00bb. Pas un hasard si les deux derni\u00e8res \u00e9ditions ont eu lieu dans ces deux pays. Pas un hasard non plus que Angleterre-Nouvelle-Z\u00e9lande fut l\u2019affiche de cinq des six derni\u00e8res finales de Coupe du monde. \u00abCes pays ont su mettre en place des structures professionnelles en faveur des femmes, et se sont vu r\u00e9compens\u00e9s, quelque part. Les \u201cN\u00e9ozeds\u201d l\u2019ont fait parce que le rugby l\u00e0-bas est une religion. Les Anglaises ont \u00e9t\u00e9 pragmatiques, et ont mis les moyens financiers et humains\u00bb, abonde Serge Collinet. <\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">D\u2019autres comme le Canada et la France ont progressivement mis de l\u2019argent, mais plus tardivement et dans une moindre mesure. Ce qui les placerait dans une deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie. Suivraient ensuite des nations catalogu\u00e9es de la 5e \u00e0 la 12e place mondiale \u2013 l\u2019Afrique du Sud, les Etats-Unis, l\u2019Italie ou encore le Japon \u2013 essentiellement dot\u00e9es de joueuses semi-professionnelles, oblig\u00e9es d\u2019avoir un m\u00e9tier en parall\u00e8le. Viennent enfin des s\u00e9lections de quatri\u00e8me zone, comme le Br\u00e9sil, les Fidji ou les Samoa, compos\u00e9es le plus souvent d\u2019amatrices. Chez les Samoanes, on recense ainsi une gestionnaire immobili\u00e8re, une institutrice, des magasini\u00e8res, une couvreuse, et la liste n\u2019est pas exhaustive.<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Autant de profils dont la pratique du sport est \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re du quotidien d\u2019une joueuse pro. Les charges d\u2019entra\u00eenements, les staffs, le suivi m\u00e9dical n\u2019ont rien \u00e0 voir, donnant lieu \u00e0 des confrontations d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9es. Et laissant craindre des blessures, tant les corps ne sont pas sculpt\u00e9s dans les m\u00eames conditions. Pour l\u2019heure, il n\u2019y a pas encore eu de drames sur les pr\u00e9s britanniques. Le monde du rugby garde encore en m\u00e9moire la terrible blessure de Max Brito chez les hommes lors de l\u2019\u00e9dition 1995. Cet Ivoirien, \u00e9cras\u00e9 sous un regroupement apr\u00e8s un plaquage, a poursuivi sa vie t\u00e9trapl\u00e9gique, jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 2022.<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">\u00ab\u00c7a serait mentir de dire qu\u2019il n\u2019y a pas de risques. Plus le niveau d\u2019\u00e9cart est grand, plus ce facteur risque est important\u00bb, admet S\u00e9bastien Imbert, docteur en Staps, rattach\u00e9 au laboratoire URePSSS (Unit\u00e9 de recherche pluridisciplinaire sport, sant\u00e9, soci\u00e9t\u00e9), intervenant \u00e0 la FFR et auteur d\u2019une th\u00e8se intitul\u00e9e \u00abApproche pluridisciplinaire pour identifier les caract\u00e9ristiques de la haute performance dans le rugby f\u00e9minin \u00e0 quinze et \u00e0 sept\u00bb. Pour Serge Collinet, \u00ab\u00e7a devrait justifier le fait qu\u2019on donne les moyens \u00e0 toutes les nations f\u00e9minines de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une pr\u00e9paration digne de ce nom, afin de pr\u00e9server l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique\u00bb des joueuses. <\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">World Rugby prend en charge les frais de vol et d\u2019h\u00e9bergement de toutes les \u00e9quipes pendant la Coupe du monde. Mais au-del\u00e0 de ces initiatives, la comp\u00e9tition doit acc\u00e9l\u00e9rer la structuration d\u2019une pratique f\u00e9minine en forte croissance : pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des fans dans le monde s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la discipline depuis moins de deux ans, selon un sondage r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019instance internationale. Or pour certains petits territoires historiques comme les Samoas ou les Fidji, o\u00f9 les moyens financiers demeurent trop limit\u00e9s, se d\u00e9velopper reste un luxe. \u00abLa professionnalisation va mettre encore plus en avant ce d\u00e9s\u00e9quilibre financier et malheureusement, il y a peut-\u00eatre des nations qui vont en souffrir parce qu\u2019elles ne pourront pas \u00e9voluer comme les autres\u00bb, estime S\u00e9bastien Imbert. World Rugby envisage de cr\u00e9er un fonds international qui permette aux \u00e9quipes participantes de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un socle commun minimum de r\u00e9mun\u00e9ration. Le dispositif serait bienvenu, m\u00eame s\u2019il doit s\u2019accompagner de projets nationaux. <\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Des avanc\u00e9es existent tout de m\u00eame. Dans le sillage des deux nations du haut, une partie de l\u2019\u00e9tage inf\u00e9rieur s\u2019organise. Le rugby f\u00e9minin tricolore s\u2019est engag\u00e9 dans une structuration r\u00e9elle mais lente. Une s\u00e9rie de r\u00e9formes a eu lieu lors des derni\u00e8res ann\u00e9es pour d\u00e9boucher, \u00e0 l\u2019or\u00e9e de la saison 2024-2025, sur la constitution d\u2019une poule unique, r\u00e9unissant les dix meilleures factions au sein de l\u2019Elite 1, le championnat domestique.<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Les salaires des internationales tricolores sont d\u00e9sormais assur\u00e9s par la FFR pour une dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e, un ou deux ans renouvelables en fonction des performances, quoique encore \u00e0 temps partiel (75 %). \u00abLe contrat nous ouvre une nouvelle vie sur le monde professionnel et les entra\u00eenements quand on veut, quand on nous le demande\u00bb, s\u2019enthousiasme Charlotte Escudero, troisi\u00e8me ligne des Bleues et du Stade toulousain. \u00abOn s\u2019entra\u00eene beaucoup plus, on est beaucoup plus tourn\u00e9es vers la performance\u00bb, poursuit-elle. Les contrats convoit\u00e9s par les joueuses sont cependant encore minoritaires, et la plupart d\u2019entre elles doivent jongler avec leurs vies sportive et professionnelle pour gagner leur vie. <\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Cette Coupe du monde pourrait en outre marquer un tournant pour certaines f\u00e9d\u00e9rations. Les Espagnoles ont par exemple paraph\u00e9 des contrats de six mois pour se pr\u00e9parer au tournoi, cens\u00e9s arriver \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance en septembre. Leur f\u00e9d\u00e9ration a d\u00e9clar\u00e9 vouloir profiter de l\u2019aubaine et les transformer en temps plein, dans le cadre du plan strat\u00e9gique \u00abMujeres en rugby 2024-2027\u00bb, destin\u00e9 \u00e0 faire cro\u00eetre le nombre de joueuses et d\u00e9ployer des acad\u00e9mies. \u00abSi les \u00e9quipes du bas de tableau souhaitent concurrencer, ou poser probl\u00e8me aux meilleures \u00e9quipes, elles n\u2019auront \u201cpas le choix\u201d de devoir elles aussi changer de statut\u00bb, anticipe S\u00e9bastien Imbert. Ce qui fait dire au rugbyman-chercheur qu\u2019\u00e0 l\u2019avenir, le niveau global \u00abva encore augmenter, m\u00eame si c\u2019est un processus qui prend du temps\u00bb. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Ce sera sans doute l\u2019un des quarts de finale les plus accroch\u00e9s du week-end. 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