{"id":387670,"date":"2025-09-13T10:52:10","date_gmt":"2025-09-13T10:52:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/387670\/"},"modified":"2025-09-13T10:52:10","modified_gmt":"2025-09-13T10:52:10","slug":"sur-une-plage-de-six-fours-le-face-a-face-tenace-entre-erosion-et-pression-immobiliere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/387670\/","title":{"rendered":"Sur une plage de Six-Fours, le face \u00e0 face tenace entre \u00e9rosion et pression immobili\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p>Lorsque la mer d\u00e9ferle, les vagues s\u2019\u00e9crasent contre les murs. Paysage de carte postale, la M\u00e9diterran\u00e9e peut aussi l\u00e2cher des vagues furieuses. Ici, quand le mistral temp\u00eate, la c\u00f4te est submerg\u00e9e.<\/p>\n<p>Sur la plage du Rayolet \u00e0 Six-Fours, le littoral tient tant bien que mal. Et \u00e0 certains endroits, plut\u00f4t mal. Des murs se fissurent, des terrains se creusent. \u00ab\u00a0En raison des affouillements exerc\u00e9s par le ressac de la mer, certains murs riverains de la Plage du Rayolet sont effectivement touch\u00e9s par l\u2019\u00e9rosion\u00a0\u00bb, constate la mairie. Plus encore, c\u2019est tout un bord de mer qui se transforme.<\/p>\n<p>Le littoral s\u2019est h\u00e9riss\u00e9 de murs. Plus le niveau de l\u2019eau monte, plus le b\u00e9ton et la pierre se dressent en barricade. Logiquement, chacun d\u00e9limite son terrain et tente de le garder entier. Mais pour tenir la place, certains s\u2019en remettent \u00e0 des solutions aberrantes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La mer casse les pierres et ils mettent de la mousse?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Regardez, ils ont inject\u00e9 de la mousse, il y a quelques semaines\u00a0\u00bb, soufflent deux riverains \u00e9bahis. Mireille passe en marchant dans l\u2019eau, \u00ab\u00a0je suis randonneuse\u00a0\u00bb, et s\u2019exclame: \u00ab\u00a0C\u2019est de la pollution ce polystyr\u00e8ne, une honte!\u00a0\u00bb Virant \u00e0 l\u2019orange, la mousse expans\u00e9e coul\u00e9e \u00e0 la verticale n\u2019a pas tenu longtemps.<\/p>\n<p>Une retrait\u00e9e sous un grand chapeau mauve en t\u00e9moigne. \u00ab\u00a0Ils \u00e9taient six ouvriers, je les ai compt\u00e9s. La mer casse les pierres et eux, ils mettent de la mousse?\u00a0\u00bb Elle a vu quand la mer s\u2019est couverte des morceaux disloqu\u00e9s. \u00ab\u00a0\u00c7a flottait partout, comme si plein de bouts de glaci\u00e8re flottaient. \u00c7a me choque.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La mairie admet \u00ab\u00a0avoir envoy\u00e9 des agents municipaux pour ramasser les morceaux dans l\u2019eau et sur la gr\u00e8ve\u00a0\u00bb. Sur le poste de secours, il est encore griffonn\u00e9 au Stabilo bleu: \u00ab\u00a0Merbelle. Baignade interdite!! Pollution polystyr\u00e8ne.\u00a0\u00bb En fait, il s\u2019agit probablement de polyur\u00e9thane. Un d\u00e9riv\u00e9 p\u00e9trochimique, qui n\u2019a rien \u00e0 faire dans l\u2019eau de mer.<\/p>\n<p>Pour le maire de Six-Fours, \u00ab\u00a0ces billes de polystyr\u00e8ne ont \u00e9t\u00e9 retir\u00e9es. En termes de bact\u00e9riologie, l\u2019eau \u00e9tait parfaitement conforme. Donc il y a pas lieu d\u2019\u00e9piloguer\u00a0\u00bb. Jean-S\u00e9bastien Vialatte assure que \u00ab\u00a0les travaux qui ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s sont l\u00e9gaux. Le propri\u00e9taire peut reconstruire son mur \u00e0 l\u2019identique dans la mesure o\u00f9 celui-ci avait une existence l\u00e9gale. Donc il n\u2019y a rien \u00e0 dire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>M\u00eame sur le choix des mat\u00e9riaux? L\u00e0, le maire s\u2019agace. \u00ab\u00a0Un permis de reb\u00e2tir a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9, la construction s\u2019est faite dans les normes de l\u2019art. Il n\u2019y aurait pas d\u00fb y avoir de billes en mer, elles ont \u00e9t\u00e9 ramass\u00e9es. Voil\u00e0, point barre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Parce qu\u2019elle fut ponctuelle, la pollution serait un non-\u00e9v\u00e9nement. Elle r\u00e9v\u00e8le surtout la course au mur le plus gros qui se joue ici.<\/p>\n<p>Un patrimoine commun<\/p>\n<p>Moins connue que Bonnegr\u00e2ce ou la Coudouli\u00e8re, cette anse six-fournaise ne compte plus que deux minces bandes de sable, l\u00e0 o\u00f9 il y avait jadis restaurant de plage, chaises longues et p\u00e9dalos. D\u00e9sormais, seuls les habitu\u00e9s viennent. Il faut conna\u00eetre l\u2019endroit, savoir traverser l\u2019un des deux lotissements qui permet (encore) d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la mer (1).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce qui me tient \u00e0 c\u0153ur est que les Six-Fournais puissent toujours acc\u00e9der \u00e0 la plage, au littoral, d\u00e9fend Georges, un riverain. C\u2019est un patrimoine public et commun.\u00a0\u00bb Cette simple chose consensuelle, que de marcher le long de la mer, est totalement boulevers\u00e9e. Plus personne ne passe au sec. Et m\u00eame les pieds dans l\u2019eau, il est interdit par arr\u00eat\u00e9 municipal de se situer \u00e0 l\u2019aplomb d\u2019un mur dont les failles grandissent \u00e0 vue d\u2019\u0153il (voir photos ci-contre).<\/p>\n<p>Pourtant, toutes celles et ceux que nous avons rencontr\u00e9s t\u00e9moignent de leur attachement \u00e0 cette c\u00f4te intimiste. Touriste de fin de saison, Pascal vient chaque ann\u00e9e depuis 23 ans. \u00ab\u00a0J\u2019ai l\u2019impression que l\u2019acc\u00e8s est de plus en plus ferm\u00e9, servi par l\u2019argument de la dangerosit\u00e9,\u00a0\u00bb d\u00e9crit le St\u00e9phanois.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi la conviction d\u2019une Six-Fournaise, Val\u00e9rie, qui \u00e9num\u00e8re \u00ab\u00a0les entraves au cheminement des pi\u00e9tons\u00a0\u00bb, tandis que le trait de c\u00f4te \u00ab\u00a0se bunkerise\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0se privatise \u00e0 bas bruit\u00a0\u00bb. La baie serait-elle destin\u00e9e aux seules villas priv\u00e9es? Avec une \u00e9blouissante vue sur mer, Christophe, un riverain, regrette qu\u2019on \u00ab\u00a0ne [puisse] plus passer, c\u2019est dangereux et acrobatique\u00a0\u00bb. Sa maison \u00e0 lui a la chance d\u2019\u00eatre construite \u00ab\u00a0sur le rocher\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les posidonies, maltrait\u00e9es<\/p>\n<p>Beno\u00eet Massin, par contre, lutte pied \u00e0 pied avec les \u00e9l\u00e9ments. En d\u00e9cembre 2024, un coup de mer a emport\u00e9 une partie de son mur et un portail. De lui-m\u00eame, il a d\u00e9cid\u00e9 de les reconstruire un m\u00e8tre en arri\u00e8re, vers l\u2019int\u00e9rieur. Lui estime qu\u2019on pourrait encore prot\u00e9ger l\u2019ensemble du site (2).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pendant des d\u00e9cennies, par le pass\u00e9, on a retir\u00e9 les posidonies des plages, alors que ce sont elles qui les stabilisent\u00a0\u00bb, retrace le riverain. Tandis que d\u2019autres plages six-fournaises ont \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0engraiss\u00e9es\u00a0\u00bb par des tonnes de graviers ou de sable, \u00ab\u00a0il n\u2019y a jamais eu d\u2019ajout sur la plage du Rayolet, ni d\u2019enrochement\u00a0\u00bb, plaide-t-il.<\/p>\n<p>Plus loin, une villa avec \u00e9tage est en chantier. Continue-t-on d\u2019urbaniser? Non, r\u00e9pond le maire. \u00ab\u00a0On est dans une zone avec une emprise tr\u00e8s faible (sic). Parfois, il y a des maisons qui sont reconstruites sur l\u2019emplacement qu\u2019elles occupaient avant, sans emprise suppl\u00e9mentaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sur les cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, un tiers des villas qui donnent sur la mer ont chang\u00e9 de main. L\u2019une a \u00e9t\u00e9 vendue 21.913 euros le m\u00e8tre carr\u00e9, les pieds dangereusement dans l\u2019eau. Malgr\u00e9 des risques grandissants, le march\u00e9 immobilier local reste aimant\u00e9 par le front de mer. Co\u00fbte que co\u00fbte. 1. Une co-propri\u00e9t\u00e9 avait mur\u00e9 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la mer. \u00e9rig\u00e9s sans autorisation, deux murs avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9molis, apr\u00e8s le lancement d\u2019une p\u00e9tition en ligne. (Nos \u00e9ditions des 5 et 18 juillet 2024)<\/p>\n<p>2. www.sauver-la-plage-du-rayolet.fr<\/p>\n<p>            \u00ab\u00a0Oui, il faudra reculer les murs\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00catre consid\u00e9r\u00e9e comme une ville \u00e0 risque en ce qui concerne \u00ab\u00a0la mont\u00e9e des eaux, l\u2019\u00e9rosion et la submersion\u00a0\u00bb, ce sera fait dans un avenir proche. Six-Fours va rejoindre le dispositif \u00e9tatique nomm\u00e9 \u00ab\u00a0d\u00e9cret trait de c\u00f4te\u00a0\u00bb, ce qui permettra de retranscrire, dans les documents d\u2019urbanisme, les points vuln\u00e9rables du littoral.<\/p>\n<p>Ce que cela changera? \u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui, compte tenu des textes, je n\u2019ai pas la possibilit\u00e9 d\u2019imposer aux propri\u00e9taires de reculer, justifie le maire. Or, reculer les murs sera la seule solution. Tant que les murs sont sur la plage du Rayolet, il y a un ph\u00e9nom\u00e8ne de retour de la vague, qui aggrave la situation.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Lorsque la mer d\u00e9ferle, les vagues s\u2019\u00e9crasent contre les murs. 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