{"id":387765,"date":"2025-09-13T11:47:10","date_gmt":"2025-09-13T11:47:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/387765\/"},"modified":"2025-09-13T11:47:10","modified_gmt":"2025-09-13T11:47:10","slug":"on-a-lu-kolhoze-demmanuel-carrere-puissante-et-touchante-evocation-de-sa-mere-et-de-son-pere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/387765\/","title":{"rendered":"On a lu \u00ab\u00a0Kolhoze\u00a0\u00bb, d\u2019Emmanuel Carr\u00e8re, puissante et touchante \u00e9vocation de sa m\u00e8re et de son p\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p>Ils sont l\u00e0 tous les trois dans cette chambre d\u2019un service de soins palliatifs. Emmanuel et ses deux s\u0153urs, Nathalie et Marina. Ils sont l\u00e0, tous les trois, comme lorsqu\u2019ils \u00e9taient enfants, qu\u2019ils tiraient deux matelas sur lesquels les deux premiers dormaient, au pied du lit conjugal o\u00f9 la plus jeune, Marina, prenait place aupr\u00e8s de leur m\u00e8re. Ils appelaient \u00e7a \u00ab\u00a0faire kolkhoze\u00a0\u00bb, autrement dit \u00ab\u00a0faire famille\u00a0\u00bb. C\u2019est la derni\u00e8re nuit de leur m\u00e8re, ils s\u2019en doutent mais ne le savent pas encore. Dans quelques heures, le 5\u00a0ao\u00fbt 2023, H\u00e9l\u00e8ne Carr\u00e8re\u00a0d\u2019Encausse, la grande H\u00e9l\u00e8ne Carr\u00e8re\u00a0d\u2019Encausse, l\u2019historienne, l\u2019\u00e9crivaine, l\u2019Acad\u00e9micienne, arrivera \u00ab\u00a0au bout du couloir\u00a0\u00bb et s\u2019\u00e9teindra paisiblement, entour\u00e9e des siens, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 94\u00a0ans. \u00ab\u00a0Je suis pr\u00eate\u00a0\u00bb, leur avait-elle dit quelques jours auparavant.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mon petit gar\u00e7on\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019Emmanuel Carr\u00e8re pr\u00e9pare un livre, il t\u00e2tonne, prend des notes, fait des reportages. Il cherche une \u00ab\u00a0une porte d\u2019entr\u00e9e\u00a0\u00bb. Cette fois-ci, la porte d\u2019entr\u00e9e sera la mort de sa m\u00e8re. Comme une \u00e9vidence. Ses voyages en Russie, en G\u00e9orgie, ont d\u00e9sormais un sens. Il \u00e9crira donc ce grand r\u00e9cit familial sur les traces des familles Zourabichvili et von Pelken, celles et son grand-p\u00e8re et de sa grand-m\u00e8re maternels. Il \u00e9crira l\u2019histoire de sa m\u00e8re, de tout ce qui l\u2019a construite, de ces \u00e9v\u00e9nements, petits et grands, qui fa\u00e7onnent un destin. Et quel destin\u00a0! Il \u00e9crira aussi sur la relation qu\u2019il entretenait avec celle qui l\u2019appela jusqu\u2019\u00e0 la fin \u00ab\u00a0mon petit gar\u00e7on\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est un portrait, pas une hagiographie. Emmanuel Carr\u00e8re ne fait pas l\u2019impasse sur les zones d\u2019ombre. Sur les qualit\u00e9s et les d\u00e9fauts de son h\u00e9ro\u00efne\u00a0: orgueil, mauvaise foi, duret\u00e9, jalousie\u2026 La sortie d\u2019 \u00ab\u00a0Un roman russe\u00a0\u00bb en 2007, o\u00f9 il \u00e9voquait l\u2019histoire de Georges Zourabichvili, son grand-p\u00e8re maternel probablement fusill\u00e9 \u00e0 la Lib\u00e9ration \u00e0 Bordeaux, avait suscit\u00e9 la col\u00e8re de sa m\u00e8re. Ils ne s\u2019\u00e9taient pas vus pendant pr\u00e8s de deux ans. Cette fois-ci, tout est diff\u00e9rent. La m\u00e8re et le fils sont \u00e0 nouveau tr\u00e8s proches. Emmanuel Carr\u00e8re a depuis longtemps \u00ab\u00a0vid\u00e9 son sac\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Il ne reste plus rien au fond qu\u2019admiration et amour, et si j\u2019\u00e9cris un livre sur ta vie \u2013 ce qui arrivera forc\u00e9ment, puisque tu auras \u00e9t\u00e9 la personne la plus importante de la mienne \u2013, il n\u2019exprimera que ces sentiments-l\u00e0.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Il ne reste plus rien au fond qu\u2019admiration et amour\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Un amour \u00e9perdu<\/p>\n<p>Alors oui, il y a sa m\u00e8re, partout pr\u00e9sente, et si elle ne l\u2019est pas directement, on la sent, on la devine, dans chacune des pages de ce r\u00e9cit fleuve. Mais il y a aussi son p\u00e8re, Louis, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 quelques mois apr\u00e8s son \u00e9pouse. Emmanuel Carr\u00e8re ne l\u2019oublie pas, surtout pas. Cet homme qui aima sa femme \u00e9perdument, de tout son \u00eatre, tout au long des soixante-et-onze\u00a0ans que dura leur union. Et qui fut si peu aim\u00e9 en retour. Il en a tellement souffert, et pourtant, pour rien au monde, il n\u2019aurait chang\u00e9 de vie. Une existence qu\u2019il consacra, en partie, \u00e0 un incroyable travail g\u00e9n\u00e9alogique sur la famille d\u2019H\u00e9l\u00e8ne. Ce fut, pour son fils, la seconde entr\u00e9e de ce merveilleux livre d\u2019amour.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.pol-editeur.com\/index.php?spec=livre&amp;ISBN=978-2-8180-6198-5\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">\u00ab\u00a0Kolkhoze\u00a0\u00bb d\u2019Emmanuel Carr\u00e8re<\/a>, \u00e9d. P.O.L, 560 p., 24\u00a0\u20ac, ebook, 16,99 \u20ac.<\/p>\n<p>Emmanuel Carr\u00e8re sera pr\u00e9sent au salon Lire en poche de Gradignan (33) les 11 et 12\u00a0octobre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Ils sont l\u00e0 tous les trois dans cette chambre d\u2019un service de soins palliatifs. 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