{"id":387834,"date":"2025-09-13T12:25:13","date_gmt":"2025-09-13T12:25:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/387834\/"},"modified":"2025-09-13T12:25:13","modified_gmt":"2025-09-13T12:25:13","slug":"les-feux-frequents-bloquent-la-regeneration-naturelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/387834\/","title":{"rendered":"\u00ab Les feux fr\u00e9quents bloquent la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><b>La Marseillaise<\/b><b>\u00a0<\/b><b>:<\/b><b> Nous avons vu plusieurs feux de grande ampleur cet \u00e9t\u00e9, comme \u00e0 Martigues et au nord de Marseille. Comment la nature reprend-elle ses droits apr\u00e8s son passage<\/b><b>\u00a0<\/b><b>?<\/b><\/p>\n<p><b>Laurent V\u00e9lasco<\/b><b>\u00a0<\/b><b>:<\/b> Le feu fait partie de la vie des milieux naturels m\u00e9diterran\u00e9ens. La s\u00e9cheresse et la m\u00e9t\u00e9o ont conditionn\u00e9 les esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales avant et apr\u00e8s le feu. Certaines ont des m\u00e9canismes de r\u00e9sistance au feu, comme le ch\u00eane vert qui repart \u00e0 la base car ces racines sont prot\u00e9g\u00e9es. Un rejet de souche qu\u2019on aide en coupant le tronc br\u00fbl\u00e9. D\u2019autres esp\u00e8ces sont r\u00e9silientes, comme le pin d\u2019Alep qui a une \u00e9corce fine, qui r\u00e9siste moins \u00e0 la chaleur. Un coup de chaud et la plante s\u2019ass\u00e8che et d\u00e9p\u00e9rit m\u00eame s\u2019il reste du vert. En revanche son c\u00f4ne est s\u00e9rotineux, il p\u00e8gue en raison de la r\u00e9sine collante qui l\u2019entoure, le prot\u00e8ge du feu et les graines \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur restent vivantes. Le feu fait fondre la r\u00e9sine et fait du semis. Si les conditions sont favorables on obtient un arbre, comme on voit \u00e0 Martigues et sur l\u2019Arbois. Des esp\u00e8ces d\u2019herbac\u00e9es \u00e9mergent rapidement apr\u00e8s l\u2019incendie, d\u00e8s le printemps suivant on a des fleurs gr\u00e2ce aux graines ou aux parties souterraines, et des bourgeons sortent des rhizomes souterrains 8 \u00e0 10 jours apr\u00e8s un incendie.<\/p>\n<p><b>On ne voit pourtant pas beaucoup d\u2019arbres l\u00e0 o\u00f9 a s\u00e9vi le feu par le pass\u00e9.<\/b><\/p>\n<p><b>L.V.<\/b><b>\u00a0<\/b><b>: <\/b>Tout simplement car les feux r\u00e9p\u00e9t\u00e9s font qu\u2019il n\u2019y a plus assez d\u2019arbres pour permettre cette r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration. Il faudra attendre beaucoup plus longtemps pour que les adultes au loin dispersent leurs graines et recolonisent les espaces vides. Mais si le feu passe plus d\u2019une fois tous les 20 \u00e0 25\u00a0ans, la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration est impossible, \u00e7a vaut pour toutes les esp\u00e8ces. Car le feu \u00e9puise les ressources naturelles et appauvrit le sol et la biodiversit\u00e9. Sur le massif de la Nerthe, des zones ont br\u00fbl\u00e9 plus de 5\u00a0fois en 60\u00a0ans. On observe beaucoup de roches affleurantes, la liti\u00e8re organique n\u00e9cessaire aux plantes est tr\u00e8s faible et la v\u00e9g\u00e9tation est bloqu\u00e9e durablement au stade de garrigue, le cycle de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration aussi, faute d\u2019un r\u00e9servoir de vie suffisant. C\u2019est un cercle vicieux.<\/p>\n<p><b>Ne peut-on pas replanter en masse pour casser cette dynamique<\/b><b>\u00a0<\/b><b>?<\/b><\/p>\n<p><b>L.V.<\/b><b>\u00a0<\/b><b>: <\/b>Cela arrive ponctuellement sur un parc p\u00e9riurbain en interface avec les habitations, par exemple, avec les limites de co\u00fbt et d\u2019entretien induits. Car quand on plante il faut assurer l\u2019arrosage derri\u00e8re. Le dynamisme naturel est plus efficace que la main de l\u2019homme, tant en nombre qu\u2019en termes de survie bien meilleur au naturel tout en \u00e9tant moins cher. Les plantations artificielles sont vou\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chec pour contrer ce cercle vicieux \u00e0 plus grande \u00e9chelle. La seule solution est le temps long par la reconstitution de l\u2019humus, Ce qui prend plusieurs dizaines \u00e0 milliers d\u2019ann\u00e9es. On ne sait pas le faire \u00e0 \u00e9chelle humaine, peu importent les perturbations, m\u00e9canique ou chimique. Le seul levier d\u2019action est d\u2019emp\u00eacher les feux, particuli\u00e8rement dans le contexte de changement climatique o\u00f9 l\u2019on s\u2019attend \u00e0 des saisons s\u00e8ches et caniculaires \u00e0 la fois plus fr\u00e9quentes et longues. Dans cette perspective, on imagine bien que la sensibilit\u00e9 de la v\u00e9g\u00e9tation au feu va \u00e9galement s\u2019amplifier avec la s\u00e9cheresse.<\/p>\n<p><b>Alors que peut-on faire pour lutter contre les incendies<\/b><b>\u00a0<\/b><b>?<\/b><\/p>\n<p><b>L.V.<\/b><b>\u00a0<\/b><b>: <\/b>\u00c0 probl\u00e8me complexe r\u00e9ponse complexe.<b> <\/b>90% des feux sont d\u2019origine humaine, dont 60 \u00e0 70% sont involontaires, sachant que la pyromanie a r\u00e9gress\u00e9 par rapport aux ann\u00e9es 1980-1990. Du reste, cela signifie ne plus jeter son m\u00e9got et ne plus faire de disqueuse ou de barbecue quand on est proche du milieu naturel. C\u2019est tr\u00e8s simple, mais trop souvent la cause. Cela pose aussi la question de l\u2019am\u00e9nagement du territoire pour faciliter la circonscription d\u2019un feu. Mieux vaut des lignes franches que des serpentins entre nature et habitations. L\u2019accessibilit\u00e9 aussi, pour permettre aux pompiers d\u2019avoir de l\u2019eau et d\u2019\u00e9touffer au plus vite le feu, car pass\u00e9 une certaine ampleur la lutte est beaucoup plus difficile. Le d\u00e9broussaillement est primordial pour retarder la progression du feu et garantir la s\u00e9curit\u00e9 des pompiers. Les politiques publiques doivent communiquer sur la pr\u00e9vention et accompagner les populations, qui doivent aussi y mettre du leur. C\u2019est une approche globale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La Marseillaise\u00a0: Nous avons vu plusieurs feux de grande ampleur cet \u00e9t\u00e9, comme \u00e0 Martigues et au nord&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":387835,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2814],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,884,12,882,25,23952],"class_list":{"0":"post-387834","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-marseille","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-marseille","15":"tag-news","16":"tag-provence-alpes-cote-dazur","17":"tag-republique-francaise","18":"tag-ressources"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115196980474706693","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/387834","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=387834"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/387834\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/387835"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=387834"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=387834"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=387834"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}