{"id":388374,"date":"2025-09-13T17:40:33","date_gmt":"2025-09-13T17:40:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/388374\/"},"modified":"2025-09-13T17:40:33","modified_gmt":"2025-09-13T17:40:33","slug":"a-la-galerie-perrotin-la-peinture-douce-amere-de-nina-chanel-abney","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/388374\/","title":{"rendered":"\u00c0 la galerie Perrotin, la peinture douce-am\u00e8re de Nina Chanel Abney"},"content":{"rendered":"<p class=\"editor-content__paragraph\">Pourquoi faire du yoga dans un monde min\u00e9 par la guerre et l\u2019effondrement \u00e9cologique\u00a0? Lorsqu\u2019on lui demande ce qui a inspir\u00e9 le corpus d\u2019\u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la<strong> galerie Perrotin<\/strong>, l\u2019Am\u00e9ricaine <strong>Nina Chanel Abney<\/strong> (n\u00e9e en 1982) explique s\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0int\u00e9ress\u00e9e aux rituels quotidiens que les gens utilisent pour faire face, ou du moins pour donner l\u2019impression qu\u2019ils s\u2019en sortent\u00a0: faire du sport, faire du shopping, fumer, lire le journal, \u00e9treindre un proche. Ces gestes sont <strong>ordinaires, banals<\/strong> m\u00eame, mais dans le contexte d\u2019un monde qui se d\u00e9fait, ils acqui\u00e8rent une <strong>\u00e9trange intensit\u00e9<\/strong>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Expos\u00e9e en 2018 <a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/videos\/rencontre-avec-nina-chanel-abney-au-palais-de-tokyo\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">au <strong>Palais de Tokyo<\/strong><\/a>, l\u2019artiste ouvre<strong> ce nouvel accrochage parisien<\/strong> avec un couple dans un lit, qui interpelle le visiteur d\u00e8s son entr\u00e9e dans la galerie (Toss and Turn, 2025). Le corps nu mais<strong> les yeux grands ouverts<\/strong>, les deux femmes de cette grande composition ne sont pas saisies dans un moment de tendresse, mais <strong>assaillies de motifs g\u00e9om\u00e9triques<\/strong>, comme autant de pens\u00e9es harcelantes. Comment, de fait, peut-on dormir tranquille et profiter d\u2019une vie amoureuse \u00e0 l\u2019abri du monde, si l\u2019on songe \u00e0 ce qui s\u2019y passe\u00a0?<\/p>\n<p>        \u00c0 lire aussi :<br \/>\n        <a class=\"renvoi-explicite__link\" href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/videos\/rencontre-avec-nina-chanel-abney-au-palais-de-tokyo\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Rencontre avec Nina Chanel Abney au Palais de Tokyo<\/a><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Facile \u00e0 avaler, difficile \u00e0 dig\u00e9rer\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Les formes, chez Nina Chanel Abney, sont toujours<strong> sch\u00e9matiques<\/strong>, peintes par <strong>aplats de couleurs<\/strong>. Elle les d\u00e9coupe dans du carton, puis les utilise comme des pochoirs, <strong> jouant de r\u00e9p\u00e9tition<\/strong>. Les couleurs, intenses, h\u00e9riti\u00e8res du <strong><a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/grand-format\/le-pop-art-en-3-minutes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">pop art<\/a><\/strong>, sont appliqu\u00e9s<strong> \u00e0 la bombe a\u00e9rosol<\/strong>, et le r\u00e9sultat, qui d\u2019abord para\u00eet impeccable, s\u2019av\u00e8re en r\u00e9alit\u00e9 parsem\u00e9 de gouttelettes de peinture, signes d\u2019un <strong>geste anim\u00e9 de vie<\/strong>. \u00ab\u00a0Je commence toujours par une image, une conversation, un article, une chanson, quelque chose dont je ne parviens pas \u00e0 me d\u00e9faire. \u00c0 partir de l\u00e0, cela devient une sorte d\u2019<strong>improvisation<\/strong>, un peu comme le jazz. Je <strong>r\u00e9agence les forme<\/strong>s, j\u2019emprunte \u00e0 des fragments visuels et je laisse la couleur dicter l\u2019ambiance.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"image__img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/find-me-in-the-fine-print-2025-964x1864.jpg\" alt=\"Nina Chanel Abney, Find me in the fine print\" width=\"964\" height=\"1864\"\/><\/p>\n<p>Nina Chanel Abney, Find me in the fine print<\/p>\n<p>    i<\/p>\n<p class=\"legende__cartel\">Courtesy de l\u2019artiste et Perrotin<\/p>\n<blockquote class=\"editor-content__blockquote editor-content__blockquote--align-left\">\n<p>\u00ab\u00a0En tant que femme noire queer, le jour o\u00f9 je pourrai peindre quelque chose d\u2019aussi simple que des p\u00e2tisseries ou des fleurs sans que cela soit <strong>politis\u00e9<\/strong> signifierait que de r\u00e9els progr\u00e8s auront \u00e9t\u00e9 accomplis dans le monde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">L\u2019artiste le dit volontiers\u00a0: son art est \u00ab\u00a0facile \u00e0 avaler, mais difficile \u00e0 dig\u00e9rer\u00a0\u00bb. Avec ses <strong>formes simples et sautillantes<\/strong>, ses personnages aux yeux ronds et aux joues rouges, ses fonds jaune vif, sa peinture joue en effet d\u2019un <strong>double jeu entre la forme et le fond<\/strong>, entre sa joie apparente et sa gravit\u00e9 bien r\u00e9elle. Elle explique que la lisibilit\u00e9 de ses \u0153uvres s\u2019est inscrite dans<strong> une \u00e9volution<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0Mes premi\u00e8res \u0153uvres \u00e9taient denses, presque \u00e9nigmatiques, avec des compositions exigeant un d\u00e9cryptage. Au fil du temps, je me suis <strong>d\u00e9pouill\u00e9e<\/strong>, laissant place \u00e0 la figure et au silence. Le langage visuel est toujours <strong>audacieux et color\u00e9<\/strong>, mais <strong>plus \u00e9pur\u00e9<\/strong>.\u00a0\u00bb Un certain <strong>d\u00e9codage<\/strong> reste de mise\u00a0: dans <strong>les lettres r\u00e9parties<\/strong> dans la composition de Find Me In The Fine Print (2025), l\u2019\u0153il averti t\u00e2chera de retrouver le nom de l\u2019une des plus importantes compagnies p\u00e9troli\u00e8res au monde\u2026<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">\u00a0<\/p>\n<p>Siestes et incendies<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Dans la deuxi\u00e8me salle, la plus grande, l\u2019artiste expose en ligne une s\u00e9rie de peintures qui<strong> illustrent les diff\u00e9rentes activit\u00e9s quotidiennes<\/strong> dont elle parlait plus haut\u00a0: le sport (Feel The Burn, 2025), la lecture d\u2019un journal (Read It and Weep, 2025), une sieste au beau milieu d\u2019une for\u00eat (Laying Low, 2025)\u2026 Mais aucune composition n\u2019est \u00e0 l\u2019abri du doute. Le personnage qui lit semble <strong>sto\u00efque face aux mauvaises nouvelles<\/strong> figur\u00e9es par des croix, mais son chien a <strong>l\u2019air horrifi\u00e9<\/strong>, comme si lui comprenait r\u00e9ellement le d\u00e9sastre en cours. Entre les arbres, le personnage allong\u00e9 de Laying Low <strong>sourit joyeusement<\/strong>, mais une autre silhouette sans bras ni regard appara\u00eet sous lui, <strong>comme un cadavre<\/strong> sous la terre\u2026<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Quant aux \u0153uvres sur papier, elles sont claires\u00a0: <strong>le monde br\u00fble<\/strong> (The Sky Turned Orange, 2025), il est<strong> assailli d\u2019incendies<\/strong>, et ce n\u2019est sans doute pas un hasard si l\u2019artiste a choisi pour cette s\u00e9rie de travailler <strong>sur papier<\/strong>, mat\u00e9riau fragile et <strong>particuli\u00e8rement inflammable<\/strong>. \u00ab\u00a0En tant que femme noire queer, le jour o\u00f9 je pourrai peindre quelque chose d\u2019aussi simple que des p\u00e2tisseries ou des fleurs sans que cela soit <strong>politis\u00e9<\/strong> signifierait que de r\u00e9els progr\u00e8s auront \u00e9t\u00e9 accomplis dans le monde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ne pas \u00ab\u00a0surd\u00e9terminer\u00a0\u00bb les peintures<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Face \u00e0 un paysage de mer (Tag Yourself, 2025), <strong> l\u2019angoisse<\/strong> monte encore. Difficile, en tant qu\u2019Europ\u00e9ens, de ne pas voir derri\u00e8re les silhouettes aux bras lev\u00e9s dans l\u2019eau le<strong> fant\u00f4me de migrants disparus en mer<\/strong>\u2026 Est-ce l\u00e0 ce que l\u2019artiste, am\u00e9ricaine et \u00e0 l\u2019imaginaire impr\u00e9gn\u00e9 diff\u00e9remment, a voulu dire\u00a0? Peut-\u00eatre, peut-\u00eatre pas\u00a0; celle-ci nous pr\u00e9cise ne pas vouloir \u00ab\u00a0surd\u00e9terminer\u00a0\u00bb ses peintures, et souhaiter qu\u2019elles restent <strong>ouvertes \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation<\/strong>. Que ses compositions de bords de mer \u00e9voquent les <strong>dangers du surtourisme, la mont\u00e9e des eaux<\/strong>, la crise migratoire ou l\u2019urgence de la pollution plastique, elles demeurent en tout cas <strong>hant\u00e9es<\/strong>, et ne laissent pas indiff\u00e9rents\u2026<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"image__img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/tag-yourself-2025-964x731.jpg\" alt=\"Nina Chanel Abney, Tag yourself\" width=\"964\" height=\"731\"\/><\/p>\n<p>Nina Chanel Abney, Tag yourself, 2025<\/p>\n<p>    i<\/p>\n<p class=\"legende__cartel\">Courtesy de l\u2019artiste et Perrotin<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Dans la derni\u00e8re salle, les \u0153uvres oscillent <strong>entre le d\u00e9pit et l\u2019espoir<\/strong>. Le d\u00e9pit, c\u2019est celui d\u2019American Dreamin\u2019 (2025), une maison orn\u00e9e d\u2019un drapeau queer et d\u2019une date, \u00ab\u00a063\u00a0\u00bb, celle du discours historique de <strong>Martin Luther King<\/strong> \u00ab\u00a0I have a dream\u00a0\u00bb\u00a0; mais devant la porte, <strong>des flammes<\/strong> s\u2019appr\u00eatent \u00e0 d\u00e9vorer ce doux foyer par\u00e9 d\u2019esp\u00e9rances\u2026 Face \u00e0 cette toile, la toute derni\u00e8re \u0153uvre du parcours offre une <strong>\u00e9chapp\u00e9e douce<\/strong>\u00a0: Plant Parenthood (2025) donne \u00e0 voir une douzaine de plantes en pot diff\u00e9rentes, qui forment ensemble <strong>un jardin chatoyant<\/strong>. Ici, pas de croix, pas de lettres au message cach\u00e9\u2026 On y verra la beaut\u00e9 d\u2019une <strong>communaut\u00e9 aux individualit\u00e9s vari\u00e9es<\/strong>, un clin d\u2019\u0153il queer aux diff\u00e9rentes fa\u00e7ons de faire famille. Cultiver son jardin, la meilleure r\u00e9sistance face \u00e0 un monde en ruines\u00a0?<\/p>\n<p>        \u00c0 lire aussi :<br \/>\n        <a class=\"renvoi-explicite__link\" href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/expos\/5-expositions-gratuites-a-voir-en-septembre-a-paris-nantes-saint-paul-de-vence\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">5 expositions gratuites \u00e0 voir en septembre \u00e0 Paris, Nantes, Saint-Paul-de-Vence\u2026<\/a><\/p>\n<p>  Arrow<\/p>\n<p>Now What? Or What Else?<\/p>\n<p>Du 6 septembre 2025 au 11 octobre 2025<\/p>\n<p class=\"url-expo\"><a href=\"https:\/\/www.perrotin.com\/fr\/artists\/Nina_Chanel_Abney\/877#news\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.perrotin.com<\/a><\/p>\n<p class=\"annexe-content__infos\">Perrotin  \u2022 76 Rue de Turenne \u2022 75003 Paris<br \/><a href=\"https:\/\/www.perrotin.com\/fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.perrotin.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Pourquoi faire du yoga dans un monde min\u00e9 par la guerre et l\u2019effondrement \u00e9cologique\u00a0? 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