{"id":390514,"date":"2025-09-14T15:30:17","date_gmt":"2025-09-14T15:30:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/390514\/"},"modified":"2025-09-14T15:30:17","modified_gmt":"2025-09-14T15:30:17","slug":"arabesques-a-montpellier-une-double-rasade-de-ya-rayah-pour-saluer-dahmane-el-harrachi-et-rachid-taha","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/390514\/","title":{"rendered":"Arabesques, \u00e0 Montpellier\u00a0: une double rasade de \u00ab\u00a0Ya Rayah\u00a0\u00bb pour saluer Dahmane El Harrachi et Rachid Taha\u00a0!"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                                Samedi soir, le festival Arabesques accueillait au Domaine d\u2019O, l\u2019Orchestre de la Casbah et Kamel El Harrachi, pour saluer le p\u00e8re de ce dernier, Dahmane El Harrachi, figure l\u00e9gendaire du cha\u00e2bi alg\u00e9rien, ainsi que le Couscous Clan conduit par Rodolphe Burger pour un hommage \u00e0 Rachid Taha.\n                            <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ya rayah win m\u2019safar trouh taaya wa twali\u00a0\u00bb. On a entendu deux fois Ya Rayah s<a href=\"https:\/\/www.festivalarabesques.fr\/\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\">amedi soir au Domaine d\u2019O<\/a>. Par deux fois, le public a frapp\u00e9 des mains \u00e0 tout rompre sur cette pure merveille de tube cha\u00e2bi, et chant\u00e9 de tout c\u0153ur pour ceux qui savaient. Qui savaient la langue, et surtout ce qu\u2019elle charriait de l\u2019exil et de l\u2019espoir au d\u00e9part, et du d\u00e9racinement et de la m\u00e9lancolie\u00a0\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0\u00d4 toi qui t\u2019en vas, ou\u0300 que tu ailles, tu finiras par revenir\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un remarquable concert de cha\u00e2bi<\/p>\n<p>La premi\u00e8re interpr\u00e9tation est arriv\u00e9e au bout de pr\u00e8s d\u2019une heure quarante\u00a0de concert de l\u2019Orchestre de la Casbah au th\u00e9\u00e2tre Jean-Claude Carri\u00e8re. Ce dernier est\u00a0annonc\u00e9 avec Kamel El Harrachi en vedette, rien de moins que le fils de Dahmane El Harrachi, l\u2019auteur de ladite chanson culte (\u00e9crite en 1973, alors qu\u2019il vivait \u00e0 Paris) et l\u00e9gende du cha\u00e2bi (disparue en 1980). Sauf que pendant une heure, dans le th\u00e9\u00e2tre affichant \u00ab\u00a0complet\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0combl\u00e9\u00a0\u00bb, c\u2019est l\u2019orchestre seul, brillante \u00e9manation du Cabaret Sauvage, \u00e0 Paris, qui a jou\u00e9 les grands airs de\u00a0la musique populaire alg\u00e9rienne.<\/p>\n<p>Impeccablement interpr\u00e9t\u00e9s, avec leurs jeux de questions-r\u00e9ponses entre les chanteurs et les musiciens, leurs m\u00e9lodies boucl\u00e9es et r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, leurs rythmiques obs\u00e9dantes, ces morceaux ont fait oublier le temps ou, selon la proximit\u00e9 de chacun avec l\u2019exil, l\u2019ont raviv\u00e9 bellement\u2026<\/p>\n<p>        <img decoding=\"async\" class=\"std-img__img responsive-img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/1757863816_353_image.jpg\" alt=\"Kamel El Harrachi s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un remarquable interpr\u00e8te des chansons de son p\u00e8re Dahmane.\"\/><\/p>\n<p>                Kamel El Harrachi s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un remarquable interpr\u00e8te des chansons de son p\u00e8re Dahmane.<br \/>\n                                    Luc Jennepin &#8211; LUC JENNEPIN<\/p>\n<p>Dans tous les cas, on en a oubli\u00e9 le prestigieux \u2013 et remarquable\u00a0! \u2013 soliste qui est arriv\u00e9 donc un peu tardivement (selon nous), pour une deuxi\u00e8me partie de set consacr\u00e9e \u00e0 \u00ab\u00a0essayer d\u2019interpr\u00e9ter les grandes chansons de [son] papa\u00a0\u00bb, comme a dit joliment Kamel El Harrachi.\u00a0Et au final de chanter, magnifiquement, Ya Rayah pour une assistance debout, en transe et en redemande\u00a0!<\/p>\n<p>Il faut aussi\u00a0patienter pour profiter de la seconde interpr\u00e9tation, mais avant, ses presser un peu plus pour ne pas louper le d\u00e9but du concert du groupe, qui allait l\u2019offrir. Sauf qu\u2019un festival Arabesques sans un msemmen bien chaud, \u00e7a ne se fait, voyez-vous\u00a0! Moralit\u00e9\u00a0: le groupe a presque fini sa (tr\u00e8s belle) reprise de Walk on the wild side du Velvet Underground qui ouvre sa performance dans un amphith\u00e9\u00e2tre d\u2019O, bien rempli. On se rattrape en pensant en revue les effectifs\u00a0: derri\u00e8re, la base du Couscous Clan, le groupe informel que Rachid Taha avait form\u00e9 avec son copain Rodolphe Burger.<\/p>\n<p>Un joyeux\u00a0bordel plus ou moins organis\u00e9<\/p>\n<p>Si on n\u2019y reconna\u00eet pas le clavi\u00e9riste qui assure le remplacement au pied lev\u00e9 (et super bien d\u2019ailleurs), on remet\u00a0Maxime Delpierre \u00e0 la guitare rythmique, Idris Badarou \u00e0 la basse, Franck Mantegari \u00e0 la\u00a0batterie, et Hakim Hamadouche \u00e0 la\u00a0mandole et au chant, qui tient (beaucoup) la baraque Couscous Clan. Devant eux, outre le g\u00e9ant alsacien \u00e0 la guitare et au chant baryton, on trouve Justin Adams, remarquable autant \u00e0 la guitare rythmique que soliste, Yousra Mansour, chanteuse et instrumentiste (son guembri double manche se pose l\u00e0\u00a0!) et enfin Sofiane Sa\u00efdi, la star du ra\u00ef nouvelle g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019exception de ce dernier qui a sembl\u00e9 chercher\u00a0sa place une bonne partie du\u00a0set, et ne plus s\u2019en soucier du tout le reste du temps, tous ces musiciens sont \u00e0 fond pour l\u2019hommage au regrett\u00e9 Rachid Taha. Si \u00e0 fond que, on ne va pas se mentir, c\u2019est un peu le bordel\u00a0! En m\u00eame temps on avait esp\u00e9r\u00e9 du<a href=\"https:\/\/www.midilibre.fr\/2025\/09\/08\/pour-sa-20e-edition-le-festival-arabesques-va-rendre-un-hommage-exceptionnel-a-rachid-taha-12918249.php\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\"> dawa pour Taha<\/a>, alors on n\u2019est pas d\u00e9\u00e7u. Heureux, m\u00eame, car l\u2019ancien chanteur de Carte de s\u00e9jour \u00e9tait punk dans l\u2019\u00e2me, le tapage, le tumulte, le\u00a0barouf, c\u2019\u00e9tait sa came, il aurait appr\u00e9ci\u00e9.<\/p>\n<p>        <img decoding=\"async\" class=\"std-img__img responsive-img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/1757863817_703_image.jpg\" alt=\"Seule femme du Couscous Clan, Nousra Mansour a assur\u00e9 au micro et au guembri mutant\u00a0!\"\/><\/p>\n<p>                Seule femme du Couscous Clan, Nousra Mansour a assur\u00e9 au micro et au guembri mutant\u00a0!<br \/>\n                                    Luc Jennepin &#8211; LUC JENNEPIN<\/p>\n<p>Certaines interpr\u00e9tations se distinguent. Zoom sur Oum permet \u00e0 Justin Adams de briller comme il semble tout faire, sans exc\u00e8s mais avec \u00e9l\u00e9gance et intensit\u00e9. La reprise Now or never d\u2019Elvis en arabe et anglais par Nousra Mansour et Rodolphe Burger est chahut\u00e9e mais savoureuse. Voil\u00e0 que \u00e7a recommence est \u00e9norme, dans sa forme (hercul\u00e9enne) et son fond (elle recule la haine\u00a0? Si seulement\u2026). Rock el Casbah, la version arabis\u00e9e du tube des Clash, est carr\u00e9ment insurrectionnelle\u00a0: galvanis\u00e9, le public est debout\u00a0; pour gueuler, c\u2019est mieux\u00a0; pour danser, c\u2019est plus facile.<\/p>\n<p>Et vient enfin le moment de Ya Rayah, la chanson donc de Dahmane El Harrachi que Rachid Taha reprit une premi\u00e8re fois en 1993 et une seconde fois en 1997, et qui devint un hymne plan\u00e9taire \u00e0 la faveur d\u2019une tornade de joie collective (la coupe du monde de foot de 1998) et d\u2019une douce illusion (la France Black, Blanc, Beur). Avec la b\u00e9n\u00e9diction du groupe, le public, ou disons une portion de celui-ci, envahit la sc\u00e8ne, on y reconna\u00eet le directeur du festival Habib Dechraoui. La joie est indescriptible\u00a0! Dans la foul\u00e9e, tandis que les spectateurs retrouvent \u00e0 regret leurs esprits, la\u00a0version de Barra barra prend la forme d\u2019une courbe exponentielle\u00a0: lente \u00e0 monter mais irr\u00e9pressible, qui enfle, qui enfle, et qui explose sur une rythmique perce-blindage<\/p>\n<p>En rappel, Sofiane Sa\u00effi se d\u00e9carcasse enfin un peu, et offre une version g\u00e9niale, euphorisante, d\u2019Abdelkader que Rodolphe Burger assortit de deux couplets chant\u00e9s en alsacien, du plus bel effet. Apr\u00e8s une derni\u00e8re chanson, collective et joyeuse, le Couscous Clan dispara\u00eet en coulisse, et le public s\u2019\u00e9gaille, qui dans la medina, qui dans la nature. Et l\u2019on se surprend alors en faire autant, en fredonnant Ya Rayah. Parce que jamais deux sans trois. Parce qu\u2019\u00e0 partir, on finira toujours par revenir. <a href=\"https:\/\/www.festivalarabesques.fr\/programmation2025\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\">\u00c0 Arabesques, bien s\u00fbr.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Samedi soir, le festival Arabesques accueillait au Domaine d\u2019O, l\u2019Orchestre de la Casbah et Kamel El Harrachi, pour&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":390515,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9599],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,2208,12,2680,25],"class_list":{"0":"post-390514","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-montpellier","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-montpellier","15":"tag-news","16":"tag-occitanie","17":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115203370692565504","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/390514","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=390514"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/390514\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/390515"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=390514"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=390514"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=390514"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}