{"id":402111,"date":"2025-09-19T10:11:11","date_gmt":"2025-09-19T10:11:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/402111\/"},"modified":"2025-09-19T10:11:11","modified_gmt":"2025-09-19T10:11:11","slug":"les-souris-font-exactement-la-meme-chose-que-vous-en-cas-durgence-et-les-chercheurs-nen-reviennent-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/402111\/","title":{"rendered":"Les souris font exactement la m\u00eame chose que vous en cas d&rsquo;urgence (et les chercheurs n&rsquo;en reviennent pas)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Lorsqu\u2019une personne perd connaissance, les t\u00e9moins<br \/>\n<a href=\"https:\/\/sciencepost.fr\/poids-apparences-personnes-seffondrent-rue-laquelle-les-passants-vont-aider\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">se pr\u00e9cipitent g\u00e9n\u00e9ralement pour lui<br \/>\nvenir en aide<\/a>. Toutefois, il semblerait que nous ne soyons pas<br \/>\nles seuls \u00e0 agir ainsi. Une \u00e9tude r\u00e9volutionnaire vient en effet de<br \/>\nr\u00e9v\u00e9ler que les souris tentent elles aussi de ranimer leurs<br \/>\ncong\u00e9n\u00e8res inconscients en employant une technique de r\u00e9animation<br \/>\ninattendue qui rappelle \u00e9tonnamment nos premiers secours. <a href=\"https:\/\/sciencepost.fr\/rats-lentraide-passe\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Tout comme les rats, un autre rongeur tr\u00e8s sociable<\/a>,<br \/>\nles souris pourraient ainsi \u00eatre bien plus compatissantes que nous<br \/>\nne l\u2019imaginions. Les r\u00e9sultats, publi\u00e9s dans la revue <a href=\"https:\/\/www.science.org\/doi\/10.1126\/science.adq2677\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Science Advances<\/a> le 21 f\u00e9vrier 2025,<br \/>\nsugg\u00e8rent en outre que l\u2019instinct d\u2019aider d\u2019autres membres de notre<br \/>\nesp\u00e8ce en d\u00e9tresse pourrait \u00eatre profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans notre<br \/>\nh\u00e9ritage mammalien, ce qui remet profond\u00e9ment en question nos id\u00e9es<br \/>\nre\u00e7ues sur l\u2019altruisme dans le r\u00e8gne animal.<\/strong><\/p>\n<p>Ce comportement n\u2019est pas inconnu dans le monde animal. Des<br \/>\nobservations de mammif\u00e8res sociaux au cerveau d\u00e9velopp\u00e9 portant<br \/>\nsecours \u00e0 des cong\u00e9n\u00e8res en difficult\u00e9 ont d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9<br \/>\nrapport\u00e9es. Par exemple, les chimpanz\u00e9s sauvages touchent et<br \/>\nl\u00e8chent leurs pairs bless\u00e9s, les dauphins peuvent tenter de pousser<br \/>\nun compagnon en d\u00e9tresse vers la surface pour lui permettre de<br \/>\nrespirer et des \u00e9l\u00e9phants apportent leur aide \u00e0 des proches<br \/>\nmalades. Cependant, les comportements assimilables aux premiers<br \/>\nsecours n\u2019avaient jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s en d\u00e9tail chez de plus petits<br \/>\nmammif\u00e8res, ce qui rend cette \u00e9tude particuli\u00e8rement<br \/>\nfascinante.<\/p>\n<p>Des souris qui portent secours \u00e0 leurs compagnons inanim\u00e9s<\/p>\n<p>Une \u00e9quipe dirig\u00e9e par Wenjian Sun, de l\u2019Universit\u00e9 de<br \/>\nCalifornie du Sud \u00e0 Los Angeles (\u00c9tats-Unis), a men\u00e9 une s\u00e9rie<br \/>\nd\u2019exp\u00e9riences pour observer comment les souris r\u00e9agissent face \u00e0<br \/>\ndes cong\u00e9n\u00e8res inertes dans des conditions de laboratoire<br \/>\ncontr\u00f4l\u00e9es. Les chercheurs ont plac\u00e9 des souris dans des cages avec<br \/>\ndes compagnons inconscients, immobiles ou d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, et ont analys\u00e9<br \/>\nleur comportement. Sur une p\u00e9riode de treize minutes d\u2019observation,<br \/>\nles rongeurs ont consacr\u00e9 en moyenne 47 % de leur temps \u00e0 interagir<br \/>\navec leur compagnon inconscient en trois types de comportements<br \/>\ndistincts.<\/p>\n<p>Si elles reconnaissaient leur cong\u00e9n\u00e8re, les souris prenaient<br \/>\nparticuli\u00e8rement soin de lui : elles s\u2019approchaient, le reniflaient<br \/>\net lui l\u00e9chaient le pelage. Un comportement frappant a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9<br \/>\n: elles se concentraient particuli\u00e8rement sur le visage et la gorge<br \/>\nde l\u2019animal en lui l\u00e9chant les yeux ou mordillant sa bouche. En<br \/>\nvoyant ce compagnon rester de plus en plus inerte, la souris<br \/>\nsecouriste adoptait ensuite des gestes plus \u00e9nergiques. Dans plus<br \/>\nde la moiti\u00e9 des exp\u00e9riences, elle allait jusqu\u2019\u00e0 tirer la langue<br \/>\nde l\u2019animal inconscient hors de sa bouche afin de d\u00e9gager ses voies<br \/>\nrespiratoires. Lorsqu\u2019un corps \u00e9tranger (comme une petite bille en<br \/>\nplastique) \u00e9tait plac\u00e9 dans la bouche de la souris inconsciente, la<br \/>\nsouris aidante le retirait dans 80 % des cas avant de s\u2019attaquer \u00e0<br \/>\nla langue. Ces tentatives de r\u00e9animation ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9<br \/>\nobserv\u00e9es sur des souris mortes, mais pas sur celles qui dormaient<br \/>\nsimplement.<\/p>\n<p>Autre fait marquant : les souris anesth\u00e9si\u00e9es ou s\u00e9dat\u00e9es qui<br \/>\nont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cette assistance se r\u00e9veillaient plus rapidement<br \/>\nque celles non secourues. Et d\u00e8s qu\u2019elles retrouvaient conscience,<br \/>\nles souris aidantes cessaient imm\u00e9diatement leur intervention, ce<br \/>\nqui montre clairement qu\u2019elles ne portaient secours que lorsque<br \/>\ncela \u00e9tait n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" data-lazyloaded=\"1\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-305784\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/souris-premiers-secours-aide.jpg\" alt=\"souris premiers secours aide\" width=\"642\" height=\"631\"  data-\/><br \/>\nCr\u00e9dits : Sun et coll. Science, 2025.Pourquoi un tel comportement chez les souris ?<\/p>\n<p>L\u2019une des grandes questions soulev\u00e9es par cette \u00e9tude \u00e9tait de<br \/>\nsavoir si ces actions relevaient d\u2019un simple r\u00e9flexe ou si elles<br \/>\nt\u00e9moignaient d\u2019une v\u00e9ritable compr\u00e9hension de la d\u00e9tresse. Pour y<br \/>\nr\u00e9pondre, les chercheurs ont r\u00e9p\u00e9t\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience sur cinq jours et<br \/>\nont constat\u00e9 que les souris continuaient invariablement leurs<br \/>\ntentatives de r\u00e9animation. De plus, elles \u00e9taient bien plus<br \/>\nenclines \u00e0 aider un compagnon familier plut\u00f4t qu\u2019un \u00e9tranger, un<br \/>\nr\u00e9sultat coh\u00e9rent avec les recherches ant\u00e9rieures sur les liens<br \/>\nsociaux et l\u2019empathie chez les animaux.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il soit difficile de d\u00e9terminer avec certitude si les<br \/>\nsouris comprennent r\u00e9ellement les cons\u00e9quences de leurs actions,<br \/>\nleur pr\u00e9f\u00e9rence pour les individus connus et la r\u00e9p\u00e9tition des<br \/>\ngestes de secours sur plusieurs jours sugg\u00e8rent qu\u2019il s\u2019agit de<br \/>\nbien plus qu\u2019un simple comportement automatique, de curiosit\u00e9 ou<br \/>\nd\u2019une simple volont\u00e9 d\u2019interaction sociale r\u00e9ciproque. Par<br \/>\nailleurs, le sexe des souris ne semblait pas influencer ce<br \/>\ncomportement.<\/p>\n<p>Dans un commentaire publi\u00e9 dans la revue Science, William<br \/>\nSheeran et Zoe Donaldson, de l\u2019Universit\u00e9 du Colorado \u00e0 Boulder<br \/>\naffirment d\u2019ailleurs que ces comportements rappellent la mani\u00e8re<br \/>\ndont les humains sont form\u00e9s \u00e0 d\u00e9gager les voies respiratoires lors<br \/>\nd\u2019une r\u00e9animation cardio-pulmonaire. Selon eux, il s\u2019agit<br \/>\nvraisemblablement d\u2019un comportement social inn\u00e9 partag\u00e9 par de<br \/>\nnombreuses esp\u00e8ces.<\/p>\n<p>Que se passe-t-il dans leur cerveau ?<\/p>\n<p>Ces recherches se sont \u00e9galement pench\u00e9es sur la base<br \/>\nneurologique de ce comportement de secours. Des scanners c\u00e9r\u00e9braux<br \/>\nont montr\u00e9 qu\u2019en pr\u00e9sence d\u2019un cong\u00e9n\u00e8re inconscient, l\u2019amygdale<br \/>\nm\u00e9diane (une r\u00e9gion du cerveau impliqu\u00e9e dans le traitement social)<br \/>\ns\u2019activait fortement. Les chercheurs ont \u00e9galement d\u00e9tect\u00e9 une<br \/>\nforte augmentation du taux d\u2019ocytocine, souvent surnomm\u00e9e l\u2019hormone<br \/>\nde l\u2019amour, dans le cerveau des souris secouristes. Or, l\u2019ocytocine<br \/>\njoue un r\u00f4le crucial dans les liens sociaux, le soin maternel et<br \/>\nl\u2019empathie, ce qui renforce l\u2019id\u00e9e que ces comportements de<br \/>\nsauvetage pourraient effectivement \u00eatre motiv\u00e9s par des liens<br \/>\n\u00e9motionnels et sociaux plut\u00f4t que par un simple instinct.<\/p>\n<p>Fait int\u00e9ressant : une r\u00e9gion c\u00e9r\u00e9brale diff\u00e9rente \u00e9tait activ\u00e9e<br \/>\nlorsque les souris interagissaient avec un compagnon stress\u00e9, mais<br \/>\ntoujours conscient. Cette distinction sugg\u00e8re que les souris<br \/>\npourraient poss\u00e9der des circuits neuronaux sp\u00e9cialis\u00e9s pour<br \/>\nr\u00e9pondre \u00e0 diff\u00e9rents types de d\u00e9tresse, qu\u2019elle soit \u00e9motionnelle<br \/>\nou physique. Les comportements observ\u00e9s et donn\u00e9es r\u00e9colt\u00e9es<br \/>\nlaissent en tout cas penser que ces rongeurs poss\u00e8dent une forme<br \/>\nprimitive de compassion, autrefois pourtant consid\u00e9r\u00e9e comme<br \/>\nl\u2019apanage des humains et des mammif\u00e8res les plus intelligents.<\/p>\n<p>Vous pouvez d\u00e9couvrir l\u2019\u00e9tude en d\u00e9tail en suivant <a href=\"https:\/\/www.science.org\/doi\/10.1126\/science.adq2677\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">ce lien<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Lorsqu\u2019une personne perd connaissance, les t\u00e9moins se pr\u00e9cipitent g\u00e9n\u00e9ralement pour lui venir en aide. 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