{"id":40577,"date":"2025-04-21T04:11:08","date_gmt":"2025-04-21T04:11:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/40577\/"},"modified":"2025-04-21T04:11:08","modified_gmt":"2025-04-21T04:11:08","slug":"qui-etait-manon-roland-la-revolutionnaire-ecoeuree-par-les-massacres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/40577\/","title":{"rendered":"Qui \u00e9tait Manon Roland, la r\u00e9volutionnaire \u00e9coeur\u00e9e par les massacres ?"},"content":{"rendered":"<p>Marie-Jeanne Roland, appel\u00e9e famili\u00e8rement Manon, na\u00eet \u00e0 Paris le 17 mars 1754. Ses parents sont des commer\u00e7ants assez ais\u00e9s. Le p\u00e8re, Pierre Gatien Philipon (ou Phlipon), \u00e9tait graveur, miniaturiste et bijoutier. Et la m\u00e8re, Marguerite Bimont, \u00e9tait fille de bijoutiers. Le couple habite dans l&rsquo;\u00eele de la Cit\u00e9, quai de l&rsquo;Horloge \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Manon est fille unique car les six autres enfants des Philipon sont morts. C&rsquo;est une enfant g\u00e2t\u00e9e, assez coquine et tr\u00e8s dou\u00e9e. D\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de quatre ans, elle apprend \u00e0 lire toute seule. De quoi provoquer l&rsquo;admiration de ses parents.<\/p>\n<p>Elle ne va pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole mais des pr\u00e9cepteurs font son \u00e9ducation. Elle a un ma\u00eetre d&rsquo;\u00e9criture et de grammaire, d&rsquo;histoire-g\u00e9ographie, de danse, de musique\u2026 Tandis que son p\u00e8re lui apprend \u00e0 dessiner. Mais sa grande passion, c&rsquo;est la lecture.<\/p>\n<p>Elle d\u00e9vore tout ce qui lui tombe sous la main. Elle lit ainsi des vies de saints, des r\u00e9cits de voyage, le T\u00e9l\u00e9maque de F\u00e9nelon, Candide de Voltaire, elle adore Montaigne et Rousseau. Et surtout Les vies parall\u00e8les de Plutarque qu&rsquo;elle d\u00e9couvre \u00e0 seulement 10 ans. Fascin\u00e9e par ces h\u00e9ros antiques, elle veut imiter leurs vertus r\u00e9publicaines.<\/p>\n<p>Manon s&rsquo;indigne du luxe dans lequel vivent des aristocrates de l&rsquo;Ile Saint-Louis \u00e0 qui elle rend visite. La servilit\u00e9 des courtisans, la fa\u00e7on dont les domestiques sont trait\u00e9s\u2026 Elle se confie \u00e0 sa m\u00e8re sur le sentiment de r\u00e9volte que lui procurent ces in\u00e9galit\u00e9s sociales.<\/p>\n<p>M\u00e8re et fille sont tr\u00e8s complices. Manon n&rsquo;a pas cette relation avec son p\u00e8re, un homme un peu l\u00e9ger qui passe son temps \u00e0 faire la f\u00eate. D&rsquo;ailleurs, lorsque sa femme d\u00e9c\u00e8de en juin 1775, il n\u00e9glige son travail et dilapide l&rsquo;argent de la maison avec ses ma\u00eetresses.<\/p>\n<p>A 19 ans, Manon doit donc s&rsquo;occuper toute seule de son p\u00e8re ing\u00e9rable. Ce dernier fait tout pour s&rsquo;en d\u00e9barrasser et essaie de la convaincre de se marier. Mais les nombreux pr\u00e9tendants que Manon rencontre sont trop communs et vulgaires pour elle.<\/p>\n<p>La jeune femme a eu une s\u00e9rie d&rsquo;exp\u00e9riences traumatisantes avec les hommes, ce qui ne l&rsquo;aide pas \u00e0 leur faire confiance. A 11 ans, elle a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 une tentative de viol. Et \u00e0 17 ans, elle est tomb\u00e9e amoureuse d&rsquo;un m\u00e9decin brillant et spirituel. Mais le trentenaire a refus\u00e9 de l&rsquo;\u00e9pouser car sa dot \u00e9tait insuffisante. Ce qui l&rsquo;a profond\u00e9ment humili\u00e9e.<\/p>\n<p>Elle continue toutefois d&rsquo;appr\u00e9cier la compagnie des hommes m\u00fbrs et cultiv\u00e9s. Avec certains, elle entretient une correspondance mi-litt\u00e9raire o\u00f9 elle joue la coquette et la frivole.<\/p>\n<p><strong>Son vicomte caladois<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle rencontre Jean-Marie Roland, avec qui elle se marie le 4 f\u00e9vrier 1780 dans l&rsquo;\u00e9glise Saint-Barth\u00e9l\u00e9my de Paris. Elle va avoir 26 ans, lui en a 46.<\/p>\n<p>Son mari est un inspecteur des manufactures qui vient d&rsquo;une famille bourgeoise de la r\u00e9gion lyonnaise. Ses parents poss\u00e8dent une grande maison rue Nationale \u00e0 Villefranche-sur-Sa\u00f4ne, ainsi que le Clos de la Plati\u00e8re, un domaine \u00e0 Theiz\u00e9 dans le Beaujolais.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re de Jean-Marie Roland est conseiller du roi et \u00e9chevin caladois. Et sa m\u00e8re est fille d&rsquo;un avocat au parlement, \u00e9galement conseiller du roi.<\/p>\n<p>Comme l&rsquo;\u00e9crit Manon Roland dans ses M\u00e9moires, son mari \u00e9tait un homme \u00ab\u00a0assez gringalet, le teint bilieux, le front d\u00e9garni\u2026 Il n&rsquo;avait rien pour s\u00e9duire. Mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas n&rsquo;importe qui. Il \u00e9tait ce qu&rsquo;on appelait un homme d&rsquo;\u00e9tude, autrement dit un chercheur, et, par ses travaux, il \u00e9tait aur\u00e9ol\u00e9 d&rsquo;un certain prestige\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Install\u00e9s \u00e0 Paris, les Roland travaillent \u00e9norm\u00e9ment. Jean-Marie r\u00e9dige plusieurs m\u00e9moires sur le traitement des \u00e9toffes, ce qui le fait bien voir de Turgot, le Premier ministre de Louis XVI. Et Manon est une excellente secr\u00e9taire pour son mari, r\u00e9digeant tous ses courriers et communications aux acad\u00e9mies, en particulier celle de Lyon dont Jean-Marie devient un membre assidu en 1785.<\/p>\n<p>Manon Roland d\u00e9couvre Lyon pour la premi\u00e8re fois en septembre 1782, un an apr\u00e8s la naissance de sa fille Eudora. Elle est enthousiasm\u00e9 par la beaut\u00e9 de cette ville o\u00f9 son mari \u00e0 un pied-\u00e0-terre place Bellecour. \u00ab\u00a0Son site, ses quais magnifiques, le superbe Rh\u00f4ne, la richesse et le mouvement de la population sont pour moi un enchantement\u00a0\u00bb, \u00e9crit-elle, s&rsquo;extasiant \u00e9galement sur les riches coteaux du Beaujolais, n&rsquo;ayant jamais vu \u00ab\u00a0nature plus riante, plus belle, plus fertile (\u2026) l&rsquo;air est sain, les soir\u00e9es d\u00e9licieuses. Nous courons les champs, pr\u00e9parons les vendanges\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le couple envisage de s&rsquo;installer \u00e0 Lyon mais Jean-Marie est nomm\u00e9 inspecteur g\u00e9n\u00e9ral des manufactures pour la Picardie. Ils d\u00e9m\u00e9nagent donc \u00e0 Amiens fin 1782.<\/p>\n<p>Deux ans plus tard, en mai 1784, il est enfin mut\u00e9 dans sa ville d&rsquo;origine gr\u00e2ce \u00e0 Manon qui, apprenant que la place d&rsquo;inspecteur des manufactures de Lyon est vacante, postule pour son mari. Et les Roland deviennent lyonnais.<\/p>\n<p>Ils passent l&rsquo;hiver quai Monsieur, entre l&rsquo;H\u00f4tel Dieu et la Charit\u00e9, l&rsquo;automne \u00e0 Theiz\u00e9 et le reste de l&rsquo;ann\u00e9e \u00e0 Villefranche.<\/p>\n<p>A Lyon, ils c\u00f4toient Antoine Fran\u00e7ois Delandine et Emmanuel Gilibert.<\/p>\n<p>Jean-Marie Roland r\u00e9dige \u00e0 Lyon le Dictionnaire des Manufactures, une partie de la nouvelle version de la fameuse Encyclop\u00e9die dirig\u00e9e par Diderot.<\/p>\n<p><strong>Les graines de la r\u00e9volte<\/strong><\/p>\n<p>Manon l&rsquo;aide \u00e0 \u00e9crire tous ses discours prononc\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie de Lyon, \u00e0 mettre en forme ses articles. Et elle se consacre \u00e0 aider les plus d\u00e9favoris\u00e9es. R\u00e9volt\u00e9e par la mis\u00e8re des paysans, elle les soigne dans la cour du Clos de la Plati\u00e8re. Dans ses correspondances, elle s&rsquo;offusque : \u00ab\u00a0Nos paysans sont plus mis\u00e9rables cent fois que les Hottentots. Ils souffrent des mois entiers sans discontinuer leur travail, s&rsquo;alitent sans rien dire, ne songent point au m\u00e9decin, craignant la d\u00e9pense, appellent le cur\u00e9 \u00e0 l&rsquo;agonie et tr\u00e9passent en remerciant Dieu de les d\u00e9livrer\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>A Lyon, la situation est difficile. Les tentions sociales sont grandes, l&rsquo;industrie de la soie qui fait vivre la moiti\u00e9 de la ville est en crise\u2026 Jean-Marie Roland se trouve \u00e0 Lyon en ao\u00fbt 1786 lorsque \u00e9clate la premi\u00e8re r\u00e9volte des Canuts, \u00ab\u00a0la r\u00e9volte \u00e0 deux sous\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les ouvriers en soie font la gr\u00e8ve et s&rsquo;insurgent contre les fabricants qui les font parfois travailler plus de 15 heures par jour. Le mouvement est vite mat\u00e9 par les troupes de l&rsquo;arm\u00e9e royale et les meneurs sont pendus place des Terreaux. Ce sont les premi\u00e8res v\u00e9ritables victimes de la R\u00e9volution !<\/p>\n<p>Choqu\u00e9e par ces \u00e9v\u00e8nements, Manon Roland \u00e9crit : \u00ab\u00a0J&rsquo;avais vu le malheur des paysans de Theiz\u00e9, je voyais que les ouvriers de Lyon \u00e9taient encore plus \u00e0 plaindre. Nous en parlions souvent avec Roland et nous nous attendrissions sur la mis\u00e8re fl\u00e9trissante de cette classe malheureuse et sur le despotisme qui favorise l&rsquo;in\u00e9gale distribution des richesses, d\u00e8s ce moment nous \u00e9tions pr\u00eats \u00e0 nous enflammer pour la R\u00e9volution\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Au printemps 1787, Manon et Jean-Marie Roland deviennent correspondants du Patriote fran\u00e7ais, un journal national cr\u00e9\u00e9 par Jacques-Pierre Brissot, journaliste engag\u00e9 qui a \u00e9crit un ouvrage sur la r\u00e9volution am\u00e9ricaine et qui a fond\u00e9 la Soci\u00e9t\u00e9 des amis des noirs.<\/p>\n<p>Au cours de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1789, Lyon s&rsquo;agite. D\u00e9but juillet, les habitants se r\u00e9voltent contre la taxe per\u00e7ue par la municipalit\u00e9 sur toutes les marchandises qui entrent dans la ville. C&rsquo;est la r\u00e9volte des octrois. La r\u00e9pression est vigoureuse, il y a plusieurs morts. Et quelques semaines plus tard, c&rsquo;est le d\u00e9but de la grande peur. Les paysans incendient plusieurs ch\u00e2teaux dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Pour Manon Roland, c&rsquo;est \u00ab\u00a0le feu de la libert\u00e9\u00a0\u00bb qu&rsquo;elle encourage : \u00ab\u00a0Nous ne pourrons \u00eatre tranquilles que lorsque toute l&rsquo;Europe sera en feu\u00a0\u00bb. Dans une lettre dat\u00e9e du 25 ao\u00fbt 1789, elle estime qu&rsquo;il faut \u00ab\u00a0une terrible fi\u00e8vre politique pour \u00e9purer nos mauvaises humeurs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Son mari parvient \u00e0 n\u00e9gocier l&rsquo;effacement d&rsquo;une partie de la dette de Lyon. Il est consid\u00e9r\u00e9 comme un personnage de premier plan dans la capitale des Gaules, et devient quelques mois plus tard conseiller municipal, puis d\u00e9put\u00e9 le 1er f\u00e9vrier 1791. Une \u00e9lection qui pousse les Roland \u00e0 se r\u00e9installer \u00e0 Paris, o\u00f9 ils jouent un r\u00f4le essentiel dans la r\u00e9volution.<\/p>\n<p>Dans la premi\u00e8re assembl\u00e9e l\u00e9gislative, les Brissotins, futurs Girondins, sont nettement majoritaires et Louis XVI doit se s\u00e9parer de ses ministres. Le 17 mars, il constitue le premier minist\u00e8re patriote o\u00f9 le poste le plus important, celui de ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur, est confi\u00e9 \u00e0 Jean-Marie Roland. Avec l&rsquo;aide de sa femme, le voil\u00e0 devenu l&rsquo;un des hommes les plus influents de France.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;occupe de la r\u00e9partition des biens du clerg\u00e9, de la chasse aux \u00e9migr\u00e9s, de l&rsquo;administration des postes, l&rsquo;instruction publique\u2026 Mais Jean-Marie Roland est surtout un d\u00e9fenseur de l&rsquo;Etat de droit et de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre les citoyens.<\/p>\n<p>Au fond, il n&rsquo;a pas vraiment l&rsquo;\u00e9toffe d&rsquo;un grand politicien. C&rsquo;est surtout Manon qui le maintient au pouvoir, l&rsquo;influence, le guide par la force de ses convictions. Pour Jean-Marie Roland comme pour tous les Brissotins, elle est l&rsquo;incarnation du g\u00e9nie de la r\u00e9volution. Et m\u00eame une \u00e9g\u00e9rie pour tous ceux qui tombent sous le charme de sa beaut\u00e9, sa culture, son intelligence et la force de ses convictions.<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, elle fait du d\u00e9put\u00e9 Fran\u00e7ois Buzot son amant.<\/p>\n<p><strong>Un couple d\u00e9vor\u00e9 par ses propres cr\u00e9atures<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque la commune de Paris prend le relais du pouvoir, Roland si\u00e8ge au comit\u00e9 ex\u00e9cutif provisoire avec un certain Danton, nomm\u00e9 \u00e0 la justice.<\/p>\n<p>Manon Roland avait \u00e9t\u00e9 proche de Danton, le recevant dans le salon de la rue Gu\u00e9n\u00e9gaud au d\u00e9but de la R\u00e9volution. Avant de couper les ponts, r\u00e9vuls\u00e9e par les atrocit\u00e9s de septembre qu&rsquo;il a inspir\u00e9es avec Marat et Robespierre : 1300 victimes dans les prisons parisiennes, les femmes sont viol\u00e9es, les hommes \u00e9ventr\u00e9s\u2026 On parle m\u00eame de cannibalisme.<\/p>\n<p>Danton lui rend bien son m\u00e9pris en lan\u00e7ant \u00e0 Buzot : \u00ab\u00a0Nous avons besoin de ministres qui voient par d\u2019autres yeux que ceux de leur femme\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Refroidis par ces d\u00e9rapages, les Roland, comme l&rsquo;assembl\u00e9e, les tribunaux et les ministres, laissent commettre de v\u00e9ritables massacres. A tel point que Manon confie par \u00e9crit \u00e0 un ami : \u00ab\u00a0Vous connaissez mon enthousiasme pour la R\u00e9volution. Eh bien j&rsquo;en ai honte. Elle est ternie par des sc\u00e9l\u00e9rats. Elle est devenue hideuse\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le 22 septembre 1792, la R\u00e9publique est proclam\u00e9e. A la convention, les \u00e9lus les plus radicaux, c&rsquo;est-\u00e0-dire les Montagnards, prennent plus d&rsquo;influence que les Brissotins. Ils font enfermer le roi dans la prison du temple et votent, contre l&rsquo;avis de Jean-Marie Roland, son ex\u00e9cution. Le lendemain de la mort de Louis XVI le 23 janvier 1793, le Caladois donne sa d\u00e9mission.<\/p>\n<p>Un v\u00e9ritable bras de fer s&rsquo;engage entre les Montagnards et les Rolandistes. Le 31 mai, le peuple exige que les 32 d\u00e9put\u00e9s Girondins qui voulaient sauver le roi soient arr\u00eat\u00e9s. Si Jean-Marie parvient \u00e0 s&rsquo;enfuir, Manon est arr\u00eat\u00e9e le 1er juin et est jet\u00e9e en prison.<\/p>\n<p>Transf\u00e9r\u00e9e de prison en prison, notamment \u00e0 la Conciergerie comme Marie-Antoinette, elle est m\u00e9lang\u00e9e avec les voleuses et les prostitu\u00e9es. Elle obtient le droit de recevoir des visites et de r\u00e9diger ses M\u00e9moires.<\/p>\n<p>Manon Roland est ex\u00e9cut\u00e9e le 8 novembre 1793. Au cours de son proc\u00e8s men\u00e9 par le Tribunal r\u00e9volutionnaire, on l&rsquo;accuse d&rsquo;avoir particip\u00e9 \u00e0 une \u00ab\u00a0conspiration horrible contre l&rsquo;unit\u00e9, l&rsquo;indivisibilit\u00e9 de la R\u00e9publique, la libert\u00e9 et la s\u00fbret\u00e9 du peuple fran\u00e7ais\u00a0\u00bb. A la fin du verdict, Manon s&rsquo;est lev\u00e9e et a dit : \u00ab\u00a0Vous me jugez digne de partager le sort des hommes que vous avez assassin\u00e9s. Je tacherai de montrer \u00e0 l&rsquo;\u00e9chafaud le courage qu&rsquo;ils ont montr\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 le couperet de la guillotine allait tomber, Manon aurait regard\u00e9 la statue de la Libert\u00e9 \u00e9lev\u00e9e sur la place de la R\u00e9volution pour la f\u00eate du 10 ao\u00fbt et se serait \u00e9cri\u00e9 \u00ab\u00a0\u00d4 libert\u00e9, que de crimes on commet en ton nom !\u00a0\u00bb. Une invention du po\u00e8te Alphonse de Lamartine.<\/p>\n<p>Manon Roland avait 39 ans.<\/p>\n<p>R\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Rouen, Jean-Marie Roland d\u00e9couvre que sa femme doit \u00eatre jug\u00e9e et repart \u00e0 Paris. Mais sur le chemin, il apprend la nouvelle de son ex\u00e9cution et se suicide en se transper\u00e7ant avec sa canne-\u00e9p\u00e9e.<\/p>\n<p>Buzot lui n&rsquo;aura vent de son ex\u00e9cution qu&rsquo;en juin 1794, et se donnera \u00e0 son tour la mort.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s peu de gens connaissent aujourd&rsquo;hui le v\u00e9ritable r\u00f4le jou\u00e9 par Manon Roland pendant la R\u00e9volution et notamment aupr\u00e8s du mouvement girondin. Certains historiens sont m\u00eame all\u00e9s \u00e0 la qualifier de simple peste ayant sem\u00e9 la zizanie entre Montagnards et Girondins. Apr\u00e8s sa mort, elle est devenue une \u00e9g\u00e9rie romantique pour Stendhal ou encore Lamartine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Marie-Jeanne Roland, appel\u00e9e famili\u00e8rement Manon, na\u00eet \u00e0 Paris le 17 mars 1754. 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