{"id":408883,"date":"2025-09-22T06:46:11","date_gmt":"2025-09-22T06:46:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/408883\/"},"modified":"2025-09-22T06:46:11","modified_gmt":"2025-09-22T06:46:11","slug":"enquete-sur-le-runnotaf-cette-pratique-qui-envahit-leurope","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/408883\/","title":{"rendered":"enqu\u00eate sur le runnotaf, cette pratique qui envahit l&rsquo;Europe"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">8h15. Une nouvelle journ\u00e9e commence sous le soleil parisien pour Fr\u00e9d\u00e9ric Millien. Et comme souvent pour lui, elle d\u00e9marre baskets aux pieds, pr\u00eat \u00e0 se lancer dans un footing de 7 km entre la gare Saint-Lazare, o\u00f9 il descend du train, et Saint-Denis, o\u00f9 se trouve le si\u00e8ge de son entreprise. Comme d&rsquo;autres coureurs, Fr\u00e9d\u00e9ric est un adepte du runnotaf, ou runcommute dans sa version originale anglosaxonne plus r\u00e9pandue. Une pratique qui consiste \u00e0 rallier ou quitter son boulot en courant et qui pr\u00e9sente, si on en croit les \u00ab\u00a0runtafeurs\u00a0\u00bb, un large faisceau d&rsquo;avantages : \u00ab D\u00e9j\u00e0, je ne me pose pas de questions quant aux horaires ou retards du m\u00e9tro \u00bb, confie ainsi le cadre parisien de 43 ans, responsable qualit\u00e9 au service client de la SCNF voyageurs. \u00ab Je sais que quand je pars, j&rsquo;en ai pour une quarantaine de minutes et j&rsquo;arrive sur mon lieu de travail \u00bb. Il faut dire que le runnotaf est particuli\u00e8rement bien adapt\u00e9 aux agglom\u00e9rations, o\u00f9 les distances domicile-travail sont souvent plus courtes qu&rsquo;en banlieue ou \u00e0 la campagne. Le runcommute conna\u00eet par exemple un gros succ\u00e8s \u00e0 Londres, o\u00f9 nombre de travailleurs-runners vivent en dehors de la ville et choisissent de finir le trajet vers leur lieu de travail en trottinant \u00e0 travers les nombreux espaces verts de la capitale anglaise.<\/p>\n<p>                       S&rsquo;organiser pour profiter <\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Pour sa part, Fr\u00e9d\u00e9ric conc\u00e8de que son itin\u00e9raire vers Saint-Denis n&rsquo;est pas des plus sexy mais les b\u00e9n\u00e9fices se trouvent ailleurs : \u00ab J&rsquo;ai besoin de faire mes dix bornes quotidiennes \u00bb, avoue-t-il, conscient d&rsquo;\u00eatre identifi\u00e9 au travail comme \u00ab le mec qui vient en courant. Mais \u00e7a me va, parce que pendant que tous mes coll\u00e8gues se sont endormis dans les transports, moi j&rsquo;ai fait mon sport et j&rsquo;arrive en plein forme ! C&rsquo;est ma ligne de m\u00e9tro \u00e0 moi ! \u00bb. Papa de deux enfants, il a int\u00e9gr\u00e9 le runnotaf \u00e0 son emploi du temps depuis sept ans, \u00e0 raison de deux \u00e0 trois fois par semaine. Convaincu par les bienfaits, il n&rsquo;a pourtant pas encore r\u00e9ussi \u00e0 convertir ses coll\u00e8gues.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Il reste d&rsquo;ailleurs peu \u00e9vident de mettre des chiffres sur cette pratique plus exigeante que le v\u00e9lotaf. Les derni\u00e8res donn\u00e9es publi\u00e9es en 2025 par l&rsquo;Observatoire du running (\u00e9tude disponible ici) d\u00e9voilent quelques pistes : parmi les 12,4 millions de Fran\u00e7ais \u00e0 courir r\u00e9guli\u00e8rement, 66 % d&rsquo;entre eux courent au moins trois fois par semaine ! Alors, pour ceux qui ont d\u00fb mal \u00e0 caler une s\u00e9ance de plus dans leur emploi du temps, il est l&rsquo;heure de penser au runnotaf.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Autre indicateur parlant : sur Google Trends, on constate un pic des recherches sur les mots-cl\u00e9s li\u00e9s au runnotaf \u00e0 chaque rentr\u00e9e de septembre, histoire de repartir du bon pied. Quant \u00e0 la popularit\u00e9 des hashtags #runnotaf et #runcommute sur les r\u00e9seaux sociaux, elle t\u00e9moigne d&rsquo;une dynamique r\u00e9elle et de fervents ambassadeurs. Bien s\u00fbr, courir pour aller travailler n\u00e9cessite une organisation bien r\u00f4d\u00e9e : transporter ses affaires et son mat\u00e9riel, se doucher en arrivant, anticiper le trajet du retour, s&rsquo;alimenter, pr\u00e9parer son emploi du temps&#8230;<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">\u00ab Le matin, il faut partir un peu plus t\u00f4t, d\u00e8s le saut du lit \u00bb, t\u00e9moigne de son c\u00f4t\u00e9 Vincent Guardia, 38 ans, triathl\u00e8te passionn\u00e9 aux belles r\u00e9f\u00e9rences (9h22 sur l&rsquo;IM Barcelone) et ing\u00e9nieur dans l&rsquo;a\u00e9ronautique. \u00ab Ce n&rsquo;est pas \u00e9vident de se lever et de commencer \u00e0 courir directement \u00bb. Son domicile et son bureau, les deux en banlieue toulousaine, sont s\u00e9par\u00e9es d&rsquo;une quinzaine de kilom\u00e8tres : \u00ab Je commence tout doucement avant de trouver un rythme de croisi\u00e8re. \u00bb La bonne technique pour profiter pleinement de sa sortie matinale, comme le d\u00e9crypte Guillaume Tiph\u00e8ne, 30 ans, traileur de haut niveau membre du team Brooks Running (2e Ultra du Saint-Jacques by UTMB, record \u00e0 2h20 sur marathon) et \u00e9galement m\u00e9decin du sport : \u00ab Il ne faut pas se programmer une s\u00e9ance de fractionn\u00e9 ou partir pour trop longtemps. Une sortie de moins d&rsquo;une heure est l&rsquo;id\u00e9al. Plus long ou trop intense, la fatigue peut \u00eatre lourde \u00e0 porter pendant la journ\u00e9e de travail qui suit \u00bb. Vincent le confirme, reconnaissant parfois subir \u00ab un coup de barre apr\u00e8s le d\u00e9jeuner \u00bb.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Autre point de vigilance : \u00e0 cette gestion de l&rsquo;effort et de la fatigue s&rsquo;ajoute une attention toute particuli\u00e8re port\u00e9e \u00e0 l&rsquo;alimentation : \u00abEn partant \u00e0 5h30, je n&rsquo;ai pas du tout envie de manger avant de courir, je pars donc \u00e0 jeun \u00bb, raconte Constance Lestrelin, 33 ans, habitu\u00e9e du runnotaf, et qui embauche \u00e0 8h pour commencer sa journ\u00e9e de service dans la restauration. \u00abPour courir \u00e0 jeun, il faut habituer son organisme, y aller petit \u00e0 petit. Au d\u00e9but, c&rsquo;est tr\u00e8s difficile puis on prend le pli. Et m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de r\u00e9el int\u00e9r\u00eat physique en termes de progression et de performance, rien n&#8217;emp\u00eache de le faire pour autant \u00bb, explique Guillaume avec sa casquette de m\u00e9decin. \u00ab En partant t\u00f4t, on n&rsquo;a pas forc\u00e9ment le temps de manger ou de dig\u00e9rer. Si on veut s&rsquo;alimenter, on peut opter pour des glucides rapides, similaires \u00e0 ce qu&rsquo;on prend pendant l&rsquo;effort (gel, barre, boisson). Et, surtout, il faut se pr\u00e9voir un bon petit-d\u00e9jeuner en arrivant ! \u00bb<\/p>\n<p>                       Optimiser le temps <\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Alors, pour \u00e9viter de partir \u00e0 jeun ou tout simplement pour les moins matinaux, certains runners pr\u00e9f\u00e8reront faire le trajet travail &#8211; domicile de fin de journ\u00e9e en courant. Guillaume : \u00ab Pour autant, il ne faut pas h\u00e9siter, en cas de fatigue, \u00e0 modifier son entra\u00eenement. Savoir s&rsquo;\u00e9couter, c&rsquo;est faire preuve d&rsquo;intelligence \u00bb. Vincent souligne, lui, le temps gagn\u00e9 : \u00ab Je me suis mis au runnotaf quand je suis devenu papa et que j&rsquo;avais moins de cr\u00e9neaux. Je partais un peu plus t\u00f4t ou rentrais un peu plus tard mais au moins j&rsquo;avais mon sport, je n&rsquo;avais plus besoin de ressortir. \u00bb<\/p>\n<p class=\"Quote__content\" data-v-6808232a=\"\">\u00ab J&rsquo;habite \u00e0 Lille et, en courant, je mets environ 40 minutes pour aller au travail alors que les transports en commun me prennent une heure. C&rsquo;est rentable niveau temps, \u00e9conomie d&rsquo;essence et empreinte carbone. Et \u00e7a me met dans une bonne \u00e9nergie pour la journ\u00e9e ! \u00bb. <\/p>\n<p class=\"Quote__caption\" data-v-6808232a=\"\">Constance Lestrelin, runnotafeuse confirm\u00e9e et convaincue<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Certains runtafeurs optent carr\u00e9ment pour l&rsquo;aller-retour en courant : \u00ab Le biquotidien, ce n&rsquo;est pas pour tout le monde \u00bb, avertit Guillaume. \u00ab On dit qu&rsquo;il faut laisser environ huit heures entre deux s\u00e9ances, donc \u00e7a passe mais attention \u00e0 la fatigue et au risque de blessure \u00bb. Constance n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 le faire pour engranger du volume en p\u00e9riode de pr\u00e9paration et s&rsquo;attaquer \u00e0 ses RP. La barre des 37&prime; sur 10 km vient de tomber pour elle. Gr\u00e2ce au runnotaf ?<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Quelle que soit la formule, le succ\u00e8s de cette pratique repose sur une bonne organisation : \u00ab La veille de mon runnotaf, explique Vincent, je laisse un change et de quoi manger sur place au travail, comme \u00e7a je ne transporte qu&rsquo;un peu d&rsquo;eau et mon t\u00e9l\u00e9phone avec moi. \u00bb Fr\u00e9d\u00e9ric se charge pour sa part d&rsquo;un petit sac \u00e0 dos dans lequel il met ses v\u00eatements de rechange, des lingettes, et avoue passer sa journ\u00e9e dans ses chaussures de course \u00e0 pied. \u00c9videmment, les infrastructures doivent suivre et permettre de prendre une bonne douche en arrivant, histoire de ne pas tra\u00eener toute la journ\u00e9e dans sa transpiration&#8230; Il existe des sacs \u00e0 dos con\u00e7us sp\u00e9cialement pour ce genre d&rsquo;activit\u00e9s afin de pouvoir transporter ordinateur portable et autres objets de fa\u00e7on ergonomique.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Organisation, exp\u00e9rience, gestion de l&rsquo;effort et du corps : en creux se dessine le profil du runtafeur, un athl\u00e8te passionn\u00e9 au rythme d&rsquo;entrainement \u00e9lev\u00e9 qui cherche \u00e0 injecter un peu de nouveaut\u00e9 dans ses s\u00e9ances habituelles. Car au-del\u00e0 de ces aspects pratiques, le runnotaf reste une fa\u00e7on maligne d&rsquo;optimiser son emploi du temps en transformant les temps de trajets en temps utile. Constance : \u00ab J&rsquo;habite \u00e0 Lille et, en courant, je mets environ 40 minutes pour aller au travail alors que les transports en commun me prennent une heure. C&rsquo;est rentable niveau temps, \u00e9conomie d&rsquo;essence et empreinte carbone. Et \u00e7a me met dans une bonne \u00e9nergie pour la journ\u00e9e ! \u00bb. <\/p>\n<p>                       Rester libre <\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Cette soupape entre lieu de vie et lieu de travail offre, de l&rsquo;avis de tous, une r\u00e9elle fra\u00eecheur mentale au moment d&#8217;embaucher, et un espace \u00e0 soi au cours duquel on tente de laisser la journ\u00e9e de travail qui s&rsquo;annonce ou se termine de c\u00f4t\u00e9. Constance : \u00ab Je suis dans mon truc et c&rsquo;est hyper agr\u00e9able de trouver cet \u00e9tat de flow en d\u00e9but de journ\u00e9e, c&rsquo;est m\u00eame dur de s&rsquo;arr\u00eater quand, comme moi, tu adores courir, faire du volume ! \u00bb. Bien s\u00fbr, pas toujours facile d&#8217;emp\u00eacher ses pens\u00e9es de d\u00e9river vers le professionnel&#8230; L&rsquo;occasion de faire le tri pour faire \u00e9merger de nouvelles id\u00e9es, de se recentrer sur des donn\u00e9es essentielles ou d&rsquo;\u00e9vacuer le stress. Le runnotaf, tout b\u00e9n\u00e9f&rsquo; aussi pour sa vie pro &#8230; \u00ab J&rsquo;arrive au boulot avec la p\u00eache, explique Fr\u00e9d\u00e9ric,  fort d&rsquo;un sentiment de libert\u00e9 \u00e9norme \u00bb. Et Vincent de souligner cette agr\u00e9able sensation \u00ab d&rsquo;arriver au boulot bien r\u00e9veill\u00e9, en ayant d\u00e9j\u00e0 rentabilis\u00e9 sa journ\u00e9e \u00bb. Sur le chemin du retour, on appr\u00e9ciera d&rsquo;avoir un moment pour d\u00e9connecter et se d\u00e9fouler si la journ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 rude avant d&rsquo;encha\u00eener sur sa vie personnelle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"8h15. Une nouvelle journ\u00e9e commence sous le soleil parisien pour Fr\u00e9d\u00e9ric Millien. 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