{"id":42466,"date":"2025-04-21T21:49:13","date_gmt":"2025-04-21T21:49:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/42466\/"},"modified":"2025-04-21T21:49:13","modified_gmt":"2025-04-21T21:49:13","slug":"douce-et-belle-la-ville-selon-francois-de-mazieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/42466\/","title":{"rendered":"Douce et belle : la ville selon Fran\u00e7ois de Mazi\u00e8res"},"content":{"rendered":"<p>\u201cUne ville belle ne ressemble \u00e0 aucune autre\u201d, affirme <a href=\"https:\/\/mesinfos.fr\/78000-versailles\/francois-de-mazieres-versailles-allie-la-modernite-a-l-histoire-152353.html\" rel=\"noopener nofollow\" target=\"_blank\">Fran\u00e7ois de Mazi\u00e8res<\/a> dans son ouvrage aux allures de manifeste urbain. \u00c0 travers dix propositions claires, le maire de <a href=\"https:\/\/mesinfos.fr\/78000-versailles\/versailles-reouverture-du-potager-du-roi-le-5-avril-219596.html\" rel=\"noopener nofollow\" target=\"_blank\">Versailles<\/a> et ancien pr\u00e9sident de la Cit\u00e9 de l\u2019architecture et du patrimoine esquisse une vision exigeante, presque militante, de la <strong>ville de demain<\/strong>. Il plaide pour un urbanisme enracin\u00e9 dans l\u2019histoire, attentif \u00e0 l\u2019environnement, et surtout, habit\u00e9 par une obsession trop souvent rel\u00e9gu\u00e9e : la beaut\u00e9. <\/p>\n<p>Dans un contexte de <strong>transition \u00e9cologique<\/strong>, de tension fonci\u00e8re, de frictions sociales autour du logement et de l\u2019espace public, ce manifeste tombe \u00e0 pic. Il remet sur la table un enjeu fondamental : celui du plaisir d\u2019habiter. En <strong>dix propositions<\/strong> claires, nourries par des ann\u00e9es de pratique et une vision humaniste de l\u2019urbanisme, Fran\u00e7ois de Mazi\u00e8res redonne \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique urbaine sa dimension politique. Loin des effets de mode, son livre trace un chemin exigeant, mais r\u00e9aliste, vers une ville plus douce, plus juste, plus belle. <\/p>\n<p>Rendre \u00e0 la beaut\u00e9 son r\u00f4le politique <\/p>\n<p>Le constat de d\u00e9part est sans ambigu\u00eft\u00e9 : \u201cQuand on parle d\u2019une ville ou d\u2019un village, le mot beau ou laid est g\u00e9n\u00e9ralement le premier qualificatif qui vient \u00e0 l\u2019esprit\u201d, rappelle l\u2019auteur d\u00e8s l\u2019introduction. Or, trop souvent, ce mot dispara\u00eet dans le langage des professionnels. Les architectes parlent de norme, les promoteurs de rentabilit\u00e9, les urbanistes de densit\u00e9, et les \u00e9lus de concertation. Mais qui parle encore de beaut\u00e9 ? <strong>Fran\u00e7ois de Mazi\u00e8res <\/strong>ose le faire, avec une conviction in\u00e9branlable : la beaut\u00e9 est un acte d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p> <img decoding=\"async\" alt=\"\" data-zoomable=\"\" height=\"533\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/mairie-versailles.jpg\" width=\"800\"\/> \u00a9 Shutterstock &#8211; La mairie de Versailles fait partie des \u00e9difices incontournables de la Ville. <\/p>\n<p>\u00c0 ses yeux, elle est bien plus qu\u2019une question de go\u00fbt. Elle participe \u00e0 l\u2019apaisement social, \u00e0 l\u2019estime de soi, \u00e0 l\u2019harmonie entre les g\u00e9n\u00e9rations. Elle est un bien commun, une forme de justice urbaine. \u201cLa beaut\u00e9 du cadre de vie est le patrimoine de ceux qui n\u2019en ont pas\u201d, \u00e9crit-il. Refuser la laideur, c\u2019est refuser le m\u00e9pris. C\u2019est pourquoi il assume l\u2019id\u00e9e que la beaut\u00e9 est une guerre. Une guerre contre la banalit\u00e9, les automatismes, l\u2019avidit\u00e9, la pr\u00e9cipitation. Et dans cette guerre, le maire est en premi\u00e8re ligne. <\/p>\n<p> Un urbanisme de la r\u00e9paration <\/p>\n<p>L\u2019une des propositions les plus fortes de Fran\u00e7ois de Mazi\u00e8res est de privil\u00e9gier la transformation \u00e0 la destruction. Il s\u2019inscrit ainsi dans un <a href=\"https:\/\/mesinfos.fr\/78000-versailles\/francois-de-mazieres-versailles-allie-la-modernite-a-l-histoire-152353.html\" rel=\"noopener nofollow\" target=\"_blank\">mouvement contemporain<\/a> qui valorise la r\u00e9habilitation du b\u00e2ti, la reconversion des friches, la <strong>revalorisation du patrimoine<\/strong>, petit ou grand. Le paradigme a chang\u00e9 : \u201cLe temps n\u2019est plus de fonder les villes mais de les transformer et de les corriger\u201d, affirme-t-il. Ce refus de la table rase est aussi un choix \u00e9cologique et \u00e9conomique, mais avant tout une posture culturelle.<\/p>\n<p>Loin d\u2019\u00eatre une nostalgie, c\u2019est une mani\u00e8re d\u2019agir en conscience du lieu, du climat, de l\u2019histoire. Il d\u00e9fend une <strong>vision holistique<\/strong>, inspir\u00e9e des pays nordiques, o\u00f9 l\u2019architecture est sobre sans \u00eatre triste, moderne sans \u00eatre violente. \u201cLa ville belle, ce n\u2019est pas la ville fig\u00e9e, c\u2019est la ville qui \u00e9volue sans trahir son \u00e2me.\u201d \u00c0 Versailles, il a appliqu\u00e9 cette philosophie en revalorisant les quartiers populaires, en requalifiant les espaces publics, en \u00e9coutant les habitants. Pour lui, chaque modification urbaine doit raconter une histoire, s\u2019inscrire dans un r\u00e9cit de ville.<\/p>\n<p> Un maire est un chef d\u2019orchestre du beau <\/p>\n<p>Plus qu\u2019un gestionnaire, l\u2019\u00e9lu local doit \u00eatre <strong>un passeur de sens<\/strong>. Fran\u00e7ois de Mazi\u00e8res le dit sans d\u00e9tour : \u201cLe maire doit afficher clairement ses convictions esth\u00e9tiques.\u201d Trop souvent, il est rel\u00e9gu\u00e9 au r\u00f4le de guichet administratif du permis de construire. Il peut pourtant \u2014 il doit \u2014 devenir le chef d\u2019orchestre du projet urbain. \u00c0 condition d\u2019avoir une vision. \u00c0 la Cit\u00e9 de l\u2019architecture, il avait organis\u00e9 des \u201cD\u00e9fis de ville\u201d r\u00e9unissant un maire et un architecte autour d\u2019un grand projet urbain. Tous t\u00e9moignaient du pouvoir transformateur de l\u2019architecture. Et tous parlaient de beaut\u00e9. Du Havre \u00e0 Lille, de Bordeaux \u00e0 Valenciennes, ces projets ont chang\u00e9 le destin de villes enti\u00e8res, souvent en crise.<\/p>\n<p>Ce qu\u2019il d\u00e9fend, c\u2019est une esth\u00e9tique du r\u00e9el. Pas celle des maquettes lisses ou des rendus 3D spectaculaires, mais celle du quotidien, du d\u00e9tail, de l\u2019usage. Une fa\u00e7ade bien proportionn\u00e9e, une cour v\u00e9g\u00e9talis\u00e9e, une place qui donne envie de s\u2019y asseoir\u2026 Ce sont ces \u00e9l\u00e9ments-l\u00e0 qui construisent une ville d\u00e9sirable. Il \u00e9crit : \u201cLa beaut\u00e9 d\u2019une ville est semblable \u00e0 celle d\u2019un \u00eatre humain. [&#8230;] En approfondissant sa connaissance, d\u2019autres crit\u00e8res s\u2019imposent \u00e0 la pens\u00e9e.\u201d Et comme pour les personnes, une ville peut \u00eatre belle parce qu\u2019elle est attentionn\u00e9e, plurielle, habit\u00e9e. <\/p>\n<p> Dix leviers pour b\u00e2tir une ville qui soigne <\/p>\n<p>Le c\u0153ur du livre se structure autour de dix propositions, \u00e0 la fois concr\u00e8tes et strat\u00e9giques. Parmi elles : refuser la destruction syst\u00e9matique du b\u00e2ti, ma\u00eetriser le foncier pour \u00e9viter les logiques sp\u00e9culatives, choisir la densit\u00e9 juste, pr\u00e9server la nature en ville, int\u00e9grer les temporalit\u00e9s du vivant, ou encore fuir les mat\u00e9riaux ennuyeux sans sacrifier la sobri\u00e9t\u00e9. Autant de principes qui dessinent une ville plus r\u00e9siliente, mais aussi plus joyeuse.<\/p>\n<p> <img decoding=\"async\" alt=\"\" data-zoomable=\"\" height=\"642\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/une-livre-francois-de-mazieres.JPG\" width=\"450\"\/> \u00a9 DR &#8211; Le c\u0153ur du livre \u00e9nonce dix principes qui dessinent une ville plus r\u00e9siliente, mais aussi plus joyeuse. <\/p>\n<p>Chaque proposition est illustr\u00e9e par des exemples de terrain, des <strong>retours d\u2019exp\u00e9rience d\u2019\u00e9lus<\/strong> et de professionnels engag\u00e9s. Le lecteur y d\u00e9couvre <strong>une autre France<\/strong> : celle de Grasse, de Saint-Dizier, de Metz, de Neuilly ou de Lens, o\u00f9 des maires b\u00e2tissent, dans l\u2019ombre, une ville du quotidien, inventive, humaine. Une ville belle.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 certains ne r\u00eavent que de fuir les m\u00e9tropoles, o\u00f9 les nouvelles constructions peinent \u00e0 susciter l\u2019adh\u00e9sion, o\u00f9 l\u2019\u00e9talement urbain menace les paysages, Pour une ville belle r\u00e9sonne comme un antidote \u00e0 la r\u00e9signation. Ce n\u2019est pas un livre pour initi\u00e9s, ni un manifeste th\u00e9orique. C\u2019est un appel \u00e0 l\u2019action, un hommage au terrain, un plaidoyer pour une ville du soin et du sens. \u201cRien n\u2019est jamais \u00e9crit d\u2019avance\u201d, conclut Fran\u00e7ois de Mazi\u00e8res. il en profite formuler un souhait : \u201cL\u2019espoir que l\u2019on peut avoir aujourd\u2019hui est que, quel que soit le go\u00fbt des \u00e9diles locaux, l\u2019emploi de mat\u00e9riaux naturels, la v\u00e9g\u00e9talisation des villes, des circulations apais\u00e9es, la pr\u00e9servation des sp\u00e9cificit\u00e9s locales du b\u00e2ti contribuent \u00e0 \u00e9viter la g\u00e9n\u00e9ralisation de la France moche\u201d. <\/p>\n<p>Pour une ville belle, 10 propositions pour une ville o\u00f9 il fait bon vivre (208 pages), Editions Eyrolles, en librairie le 8 mai, 17 euros. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u201cUne ville belle ne ressemble \u00e0 aucune autre\u201d, affirme Fran\u00e7ois de Mazi\u00e8res dans son ouvrage aux allures de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":42467,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1592],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,662,2624,12,626,25,1352],"class_list":{"0":"post-42466","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-ile-de-france","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-ile-de-france","15":"tag-littu00e9rature","16":"tag-news","17":"tag-paris","18":"tag-republique-francaise","19":"tag-urbanisme"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114378163140236454","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42466","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=42466"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42466\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/42467"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=42466"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=42466"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=42466"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}