{"id":434254,"date":"2025-10-02T18:06:14","date_gmt":"2025-10-02T18:06:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/434254\/"},"modified":"2025-10-02T18:06:14","modified_gmt":"2025-10-02T18:06:14","slug":"la-traviata-ouvre-la-saison-a-rouen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/434254\/","title":{"rendered":"La Traviata ouvre la saison \u00e0 Rouen"},"content":{"rendered":"<p>\t\t\t\t\t\t<img width=\"400\" height=\"267\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/25CD0917ORN_0240-400x267.jpg\" class=\"attachment-article size-article wp-post-image\" alt=\"\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"high\"  \/>\t\t\t\t  \t\t<\/p>\n<p>L\u2019Op\u00e9ra de Rouen-Normandie a choisi La Traviata de Verdi pour inaugurer sa saison. La production, cr\u00e9\u00e9e au Festival d\u2019Aix-en-Provence en 2011 sous la direction de Jean-Fran\u00e7ois Sivadier, a d\u00e9j\u00e0 largement circul\u00e9 et s\u2019est impos\u00e9e comme une mise en sc\u00e8ne de r\u00e9f\u00e9rence. Les lyricomanes la connaissent bien, mais cette reprise recelait une nouveaut\u00e9\u00a0: les d\u00e9buts europ\u00e9ens de Chelsea Lehnea dans le r\u00f4le de Violetta.<\/p>\n<p>La soprano am\u00e9ricaine, jusqu\u2019ici entendue essentiellement aux \u00c9tats-Unis, choisit donc l\u2019Europe et Verdi pour marquer une \u00e9tape d\u00e9cisive de sa carri\u00e8re. \u00c0 en croire son propre parcours, visible sur son site, il s\u2019agit \u00e0 la fois d\u2019un premier engagement sur le Vieux Continent et d\u2019une prise de r\u00f4le. L\u2019enjeu \u00e9tait consid\u00e9rable et cela s\u2019est ressenti d\u00e8s le premier acte. L\u00e0 o\u00f9 la partition demande une virtuosit\u00e9 d\u2019embl\u00e9e, avec des aigus constants et une \u00e9criture presque acrobatique, Lehnea peine \u00e0 trouver une stabilit\u00e9. La voix, souvent plac\u00e9e un rien au-dessus de la note, semble trahir une tension int\u00e9rieure. Mais la chanteuse ne se laisse pas intimider : elle cherche au contraire \u00e0 marquer son originalit\u00e9, prolongeant la derni\u00e8re note de \u00ab\u00a0Sempre libera\u00a0\u00bb pour affirmer sa pr\u00e9sence, quitte \u00e0 fr\u00f4ler l\u2019instabilit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de l\u2019acte II, l\u2019\u00e9quilibre change. La soprano semble mieux trouver ses appuis dans le personnage, plus incarn\u00e9. Le dilemme impos\u00e9 par Germont entre son amour pour Alfredo et le sacrifice de son bonheur s\u2019incarne avec intensit\u00e9\u00a0: l\u2019auditoire ressent le poids de la contrainte autant que la sinc\u00e9rit\u00e9 du d\u00e9sir. Lehnea attire le spectateur dans l\u2019histoire, et l\u2019\u00e9motion gagne en justesse. L\u2019acte III, celui de la fin tragique, s\u2019av\u00e8re le plus abouti. Ici, la tension vocale du d\u00e9but a disparu. Dans \u00ab\u00a0Addio del passato\u00a0\u00bb puis dans \u00ab\u00a0Parigi, o cara\u00a0\u00bb, elle propose une ligne claire et apais\u00e9e, le timbre s\u2019all\u00e8ge, la projection se stabilise. Sa Violetta prend alors des accents touchants. Sa pr\u00e9sence sc\u00e9nique, renforc\u00e9e par une chevelure blond platine qu\u2019elle utilise comme un v\u00e9ritable accessoire dramatique, ach\u00e8ve de convaincre le public de son potentiel.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/25CD0917ORN_0358-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-77294\"  \/><\/p>\n<p>Face \u00e0 elle, le jeune t\u00e9nor mexicain Leonardo S\u00e1nchez, dipl\u00f4m\u00e9 en 2022 de la Haute \u00c9cole de musique de Lausanne et d\u00e9j\u00e0 distingu\u00e9 dans plusieurs concours, pr\u00eate son timbre lumineux au r\u00f4le d\u2019Alfredo. Son entr\u00e9e en sc\u00e8ne r\u00e9v\u00e8le une certaine prudence, comme si, lui aussi, devait apprivoiser la salle et l\u2019orchestre. Mais peu \u00e0 peu, la voix gagne en assurance. La gestion du souffle permet d\u2019affiner les nuances, et sa projection solaire emplit l\u2019espace avec une facilit\u00e9 croissante. Un l\u00e9ger passage \u00e0 vide ne ternit pas une prestation qui, au fil des actes, affirme l\u2019\u00e9vidence d\u2019un talent en devenir, puissant et sensible.<\/p>\n<p>Anthony Clark Evans, quant \u00e0 lui, incarne un Germont d\u2019une remarquable solidit\u00e9. Rompu \u00e0 ce r\u00f4le, le baryton am\u00e9ricain y d\u00e9ploie une intelligence dramatique rare. Il incarne un p\u00e8re attach\u00e9 \u00e0 ses valeurs mais boulevers\u00e9 par le prix de ses choix. \u00c0 l\u2019acte II, sa col\u00e8re prend des accents d\u2019autorit\u00e9 in\u00e9branlable, tandis qu\u2019au troisi\u00e8me acte, sa tendresse s\u2019exprime avec une sinc\u00e9rit\u00e9 d\u00e9sarmante. Sa ma\u00eetrise du souffle, sa palette expressive et une musicalit\u00e9 constante apportent \u00e0 la production une assise dramatique dont tout le reste d\u00e9pend. Dans le trio central, Evans donne une densit\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble.<\/p>\n<p>Les seconds r\u00f4les ne d\u00e9m\u00e9ritent pas. La mezzo-soprano Ali\u00e9nor Feix, malgr\u00e9 un temps de pr\u00e9sence vocal limit\u00e9, imprime un relief \u00e0 son personnage de Annina, contribuant \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ral. La basse Fran\u00e7ois Lis, en docteur Grenvil, \u00e9meut par sa sobri\u00e9t\u00e9 : sa pr\u00e9sence discr\u00e8te mais digne conf\u00e8re \u00e0 l\u2019ultime acte une humanit\u00e9, presque aussi poignante que celle de Violetta.<\/p>\n<p>La r\u00e9ussite musicale doit beaucoup \u00e0 la direction du chef p\u00e9ruvien Dayner Tafur-Diaz. \u00c0 la t\u00eate de l\u2019Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Rouen Normandie, il mod\u00e8le la partition avec pr\u00e9cision, attentif \u00e0 varier les couleurs selon les situations. Sa battue souple accompagne les chanteurs tout en laissant \u00e9clore une p\u00e2te orchestrale dense et expressive. Le ch\u0153ur Accentus, homog\u00e8ne et engag\u00e9, joue pleinement son r\u00f4le dramatique de collectif, apportant puissance et coh\u00e9sion aux grands ensembles.<\/p>\n<p>En somme, cette Traviata rouennaise conjugue la solidit\u00e9 d\u2019une production d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouv\u00e9e et l\u2019excitation de d\u00e9couvertes vocales. Cette ouverture de saison t\u00e9moigne d\u2019une vitalit\u00e9 de la maison, qui va d\u2019ailleurs proposer une diffusion directe sur un grand \u00e9cran le 4 octobre \u00e0 18 heure.<\/p>\n<p>Repr\u00e9sentation du 26 septembre, Th\u00e9\u00e2tre des Arts de Rouen<\/p>\n<p>Victoria Okada<\/p>\n<p>Cr\u00e9dit photographique\u00a0: Caroline Doutre<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L\u2019Op\u00e9ra de Rouen-Normandie a choisi La Traviata de Verdi pour inaugurer sa saison. 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