{"id":435411,"date":"2025-10-03T05:33:19","date_gmt":"2025-10-03T05:33:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/435411\/"},"modified":"2025-10-03T05:33:19","modified_gmt":"2025-10-03T05:33:19","slug":"fatima-ezzahra-khilad-tima-fait-voyager-le-vase-de-safi-a-travers-le-monde-portrait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/435411\/","title":{"rendered":"Fatima Ezzahra Khilad (Tima) fait voyager le vase de Safi \u00e0 travers le monde [Portrait]"},"content":{"rendered":"<p>De Rabat, Sa\u00efdia et Azemmour (Maroc) \u00e0 Chicago (Etats-Unis), en passant par Montr\u00e9al (Qu\u00e9bec), Vienne (Autriche), Londres (Royaume-Unis) ou Valence (France), le vase de Safi s\u2019invite au street art dans sa dimension mondiale. Cet h\u00e9ritage, qui raconte l\u2019histoire d\u2019une pratique ancestrale de la c\u00e9ramique et qui est devenu une ic\u00f4ne des artisans de toute une r\u00e9gion, fait doucement mais s\u00fbrement le tour des \u00e9v\u00e9nements internationaux de peinture murale, gr\u00e2ce \u00e0 la peintre et plasticienne Fatima Ezzahra Khilad (Tima).<\/p>\n<p>De cet objet d\u2019art, la jeune artiste fait sa signature et revisite l\u2019enfance qui l\u2019a tant marqu\u00e9e. De cette mani\u00e8re, elle c\u00e9l\u00e8bre notamment le souvenir de ses deux grands-parents, qui ont collectionn\u00e9 les mod\u00e8les les plus improbables de ce vase. Plus qu\u2019un simple \u00e9l\u00e9ment d\u00e9coratif puis\u00e9 dans le terroir ou une marque de fabrique inscrite dans le folklore, c\u2019est en effet un symbole personnel que Tima emploie, pour \u00abquestionner les fragments du pass\u00e9\u00bb, ce qu\u2019il en reste dans le pr\u00e9sent et ce qui s\u2019en projette dans le futur.<\/p>\n<p>Fatima Ezzahra Khilad n\u2019est pas originaire de Safi. Mais cet \u00e9l\u00e9ment artisanal est devenu son h\u00e9ritage familial. \u00abMes grands-parents sont de Beja\u00e2d, mais ils sont de grands f\u00e9rus du vase de Safi. Ils en ont toujours achet\u00e9 en ont eu partout, dans leur maison\u00a0!\u00bb, nous confie Tima, avec une fascination intacte, au fil de toutes ces ann\u00e9es.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Tima1759331036065.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" height=\"auto\" \/><\/p>\n<p><strong>Le dessin, \u00e9l\u00e9ment intemporel de r\u00e9flexion<\/strong><\/p>\n<p>Une autre fascination qui a dessin\u00e9 les contours de l\u2019orientation artistique de Fatima Ezzahra est la passion de sa tante pour la couture et les croquis. \u00abDurant mon enfance aussi, j\u2019ai toujours aim\u00e9 l\u2019univers de ma tante. J\u2019ai ador\u00e9 les silhouettes f\u00e9minines qu\u2019elle dessinait et depuis, je consacrais mon temps libre au dessin. Toute ma chambre \u00e9tait envahie\u00a0! J\u2019accrochais mes dessins sur tous les murs de ma pi\u00e8ce\u00bb, d\u00e9clare-t-elle \u00e0 Yabiladi.<\/p>\n<p>N\u00e9e \u00e0 Khouribga, Tima n\u2019a par ailleurs pas imagin\u00e9 que son parcours professionnel se r\u00e9orienterait vers ses passions d\u2019enfance\u00a0que sont le dessin et la peinture, qui la replongeraient \u00e9galement dans ses questionnements sur le temps et les souvenirs, \u00abentre r\u00eaverie et introspection, innocence \u00e9vanescente et puret\u00e9 oubli\u00e9e\u00bb. C\u2019est ce qui s\u2019est finalement confirm\u00e9, apr\u00e8s son baccalaur\u00e9at.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019art a toujours \u00e9t\u00e9 mon champ de pr\u00e9dilection. Mais \u00e0 partir d\u2019un certain \u00e2ge, on nous transmet davantage cette id\u00e9e selon laquelle nos passions rel\u00e8vent du loisir, qu\u2019une orientation de carri\u00e8re r\u00e9ussie devrait forc\u00e9ment \u00eatre diff\u00e9rente. Au lyc\u00e9e, j\u2019ai donc fait sciences maths A. Mais en r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 la suite, j\u2019ai voulu m\u2019investir dans quelque chose qui me permettrait de joindre l\u2019utile \u00e0 l\u2019agr\u00e9able.\u00bb<\/p>\n<p>Fatima Ezzahra Khilad (Tima)<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Tima1759331381999.jpg\" alt=\"Cr&#xE9;ation : Tima\" width=\"100%\" height=\"auto\" \/>Cr\u00e9ation : Tima<\/p>\n<p>Tima\u00a0opte ainsi pour l\u2019Ecole sup\u00e9rieure des Beaux-Arts de Casablanca, dont elle est dipl\u00f4m\u00e9e en 2019. Moins d\u2019un an plus tard, elle est rattrap\u00e9e par la crise sanitaire. Durant la p\u00e9riode confinement en 2020, elle ressent le besoin de se trouver une \u00e9chappatoire. En plus de faire de la toile et de la peinture son refuge, elle songe \u00e0 appliquer son processus cr\u00e9atif aux murs qui l\u2019entourent. Pourquoi ne deviendraient-ils pas eux-m\u00eames des supports de dessin, apr\u00e8s avoir longtemps servi \u00e0 accrocher ses dessins d\u2019enfance\u00a0?<\/p>\n<p>\u00abJe r\u00e9fl\u00e9chissais beaucoup \u00e0 cela, en contemplant les murs du toit de la maison. C\u2019est sur cette terrasse que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 m\u2019exercer, d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 faire du street art\u00bb, nous confie-t-elle. D\u2019abord f\u00e9rue d\u2019art figuratif et de surr\u00e9alisme, Tima s\u2019appuie principalement sur sa formation classique qui destine aux galeries. Mais \u00e0 partir de l\u00e0, elle a pens\u00e9 \u00e0 \u00e9largir la vision, tout en continuant \u00e0 faire de l\u2019art plastique \u00e0 travers le muralisme et le street art.<\/p>\n<p>\u00abOn est \u00e0 la fois peintre et plasticien. Ma technique sur toile est pratiquement la m\u00eame que sur le mur. C\u2019est \u00e0 chaque fois aussi une r\u00e9flexion sur la mani\u00e8re d\u2019adapter l\u2019utilisation de la peinture et des mati\u00e8res. Le format est diff\u00e9rent, mais l\u2019essence est la m\u00eame\u00bb, explique Tima.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/img_4_1759317918379.jpg\" alt=\"Fresque &#xE0; Rabat \/ Cr&#xE9;ation : Tima - Photo : Lionel Belluteau\" width=\"100%\" height=\"auto\" \/>Fresque \u00e0 Rabat \/ Cr\u00e9ation : Tima &#8211; Photo : Lionel Belluteau<\/p>\n<p>\u00abMon approche est\u00a0pratiquement\u00a0la m\u00eame. C\u2019est juste que quant je peins un tableau, j\u2019utilise une palette, je suis dans ma pi\u00e8ce ou dans mon atelier alors qu\u2019au street art, j\u2019utiliserai des seaux de peinture, je redescendrai \u00e0 plusieurs reprises pour v\u00e9rifier l\u2019avancement de ma cr\u00e9ation, depuis une bonne distance, j\u2019envisagerai la finition diff\u00e9remment. J\u2019\u00e9change aussi avec les passants ou les curieux qui discutent avec moi de ce que je fais.\u00bb<\/p>\n<p>Tima<\/p>\n<p><strong>Oser le street art<\/strong><\/p>\n<p>En peu de temps, la discipline a pay\u00e9. Fatima Ezzahra Khilad n\u2019est pas impressionn\u00e9e par la dimension murale d\u2019un projet artistique. D\u00e8s la lev\u00e9e progressive des mesures sanitaires, elle prend part \u00e0 l\u2019\u00e9dition 2022 du Festival international de street art Jidar \u00e0 Rabat. \u00abMa contribution a attir\u00e9 l\u2019attention de nombreux non-initi\u00e9s et connaisseurs. Cette participation m\u2019a permis de gagner en visibilit\u00e9. C\u2019est \u00e0 partir de l\u00e0 que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre invit\u00e9e \u00e0 des performances murales\u00bb, reconna\u00eet l\u2019artiste, qui participe \u00e0 la deuxi\u00e8me \u00e9dition de Street Art Inside au HIBA_Lab, la m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Tima est aussi marqu\u00e9e par sa premi\u00e8re participation en dehors des fronti\u00e8res, o\u00f9 elle a pu faire voyager son vase de l\u2019enfance jusqu\u2019\u00e0 Chicago. Elle y r\u00e9alise la fresque \u00abSelf Reflection\u00bb en 2022 pour le Columbia College Chicago, avec la collaboration de Chicago Sister Cities pour la promotion des arts et du tourisme interculturels, l\u2019\u00e9ducation mondiale, les \u00e9changes commerciaux internationaux et gouvernementaux. Elle donne \u00e9galement des interventions, dans le cadre d\u2019un club \u00e0 Fransis Parker School avec des \u00e9l\u00e8ves, qui ont r\u00e9alis\u00e9 leur fresque \u00e0 partir de ces interactions.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Tima in Chicago.jpg\" alt=\"Tima et sa fresque r&#xE9;alis&#xE9;e &#xE0; Chicago\" width=\"80%\" height=\"auto\" \/>Tima et sa fresque r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 Chicago<\/p>\n<p>Avec elle, le vase de Safi a ensuite fait escale au Mural Festival de Montr\u00e9al, \u00e0 Calle Libre \u00e0 Vienne, au London Mural Festival, ou plus r\u00e9cemment au Festival Walls &amp; Love \u00e0 Valence. \u00abJe suis contente que l\u2019on me dise qu\u2019on reconna\u00eet d\u00e9sormais mes \u0153uvres, tant par le style \u00e9nigmatique des personnages f\u00e9minins que par cet objet devenu une signature. Les potiers de la ville de Safi me font r\u00e9guli\u00e8rement des retours, appr\u00e9cient mes peintures et m\u2019invitent m\u00eame \u00e0 leurs ateliers\u00bb, nous confie Tima, qui trouve ces rencontres formatrices.<\/p>\n<p>\u00abJ\u2019appr\u00e9cie beaucoup ces moments-l\u00e0 : les \u00e9changes pendant les rencontres de street art \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, dans les villes du Maroc ou avec les connaisseurs de la c\u00e9ramique de Safi. Je suis ravie que mes \u0153uvres puissent rendre hommage \u00e0 nos artisans. Ce vase est un d\u00e9tail qui suscite toujours l\u2019int\u00e9r\u00eat et j\u2019aime raconter dans diff\u00e9rents pays que cet objet et ses artisans ont une longue histoire.\u00bb<\/p>\n<p>Tima<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui encore, Tima se sert de cet \u00e9l\u00e9ment qui l\u2019a accompagn\u00e9e \u00e0 tous les \u00e2ges. \u00abSans \u00eatre un positionnement artistique, c\u2019est devenu un fil rouge dans mes cr\u00e9ations\u00bb, commente-t-elle. En filigrane, elle d\u00e9cide de laisser la pr\u00e9sence des figures f\u00e9minines dans ses cr\u00e9ations. \u00abC\u2019est notamment une mani\u00e8re d\u2019encourager d\u2019autres jeunes filles et femmes talentueuses \u00e0 oser le street art. Il y en a peu dans le monde et encore moins au Maroc\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/tima montreal.jpg\" alt=\"Fresque &#xE0; Montr&#xE9;al \/ Cr&#xE9;ation : Tima\" width=\"100%\" height=\"auto\" \/>Fresque \u00e0 Montr\u00e9al \/ Cr\u00e9ation : Tima<\/p>\n<p>Tima esp\u00e8re surtout que sa contribution \u00abpourra en inspirer quelques-unes \u00e0 s\u2019orienter vers le muralisme si elles le souhaitent\u00bb. Osant pour sa part d\u00e9cloisonner les approches artistiques, encore et toujours, elle travaille \u00e0 d\u00e9cliner ses personnages f\u00e9minins, \u00e9g\u00e9ries du vase de Safi, en figurines.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"De Rabat, Sa\u00efdia et Azemmour (Maroc) \u00e0 Chicago (Etats-Unis), en passant par Montr\u00e9al (Qu\u00e9bec), Vienne (Autriche), Londres (Royaume-Unis)&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":435412,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1358],"tags":[1348,1384,1385,1386,58,59,1011,27],"class_list":{"0":"post-435411","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-arts","9":"tag-arts-and-design","10":"tag-arts-et-design","11":"tag-design","12":"tag-divertissement","13":"tag-entertainment","14":"tag-fr","15":"tag-france"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115308607174382918","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/435411","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=435411"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/435411\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/435412"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=435411"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=435411"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=435411"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}