{"id":441672,"date":"2025-10-05T22:53:09","date_gmt":"2025-10-05T22:53:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/441672\/"},"modified":"2025-10-05T22:53:09","modified_gmt":"2025-10-05T22:53:09","slug":"ukraine-lopera-de-kharkiv-celebre-ses-100-ans-malgre-la-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/441672\/","title":{"rendered":"Ukraine: l\u2019op\u00e9ra de Kharkiv c\u00e9l\u00e8bre ses 100 ans malgr\u00e9 la guerre"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                \u00c0 Kharkiv, en Ukraine, l\u2019op\u00e9ra vient de f\u00eater ses cent ans. La ville a beau \u00eatre situ\u00e9e \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres du front, l\u2019institution continue ses spectacles, au sous-sol de cet immense b\u00e2timent. Et si la sc\u00e8ne est trois fois plus petite, si plus de la moiti\u00e9 des danseurs et chanteurs sont partis, les repr\u00e9sentations font salle comble et pas question pour la troupe d&rsquo;arr\u00eater.                    <\/p>\n<p>Des port\u00e9s majestueux, des danseurs qui virevoltent. En cette fin d\u2019apr\u00e8s-midi, le ballet de Kharkiv donne une repr\u00e9sentation de Corsaire, inspir\u00e9e d\u2019un po\u00e8me de Lord Byron. On est bien dans l\u2019op\u00e9ra de la ville, mais au sous-sol. Plus exactement, dans un abri anti-bombes, transform\u00e9 depuis un an en salle de spectacle. Ici, l\u2019orchestre joue \u00e0 quelques centim\u00e8tres des spectateurs. Les quatre cents si\u00e8ges de la salle ont davantage l\u2019air de chaises de bureau que de confortables si\u00e8ges de velours, mais tous les regards sont riv\u00e9s sur les danseurs qui multiplient les figures a\u00e9riennes.<\/p>\n<p>Olha Charikova, 35 ans, incarne ce soir Gulnare, l\u2019un des r\u00f4les principaux. Pour elle, danser \u00e0 Kharkiv \u00e9tait une \u00e9vidence :\u00a0\u00ab C\u2019est ma ville natale, mes parents sont ici. Ils ne sont jamais partis. Je veux rester avec eux et faire mon travail. Nous avons l\u2019opportunit\u00e9 de montrer notre art \u00e0 notre peuple, la guerre est dehors, mais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, nous essayons de leur donner du bonheur et un peu d\u2019espoir pour un futur meilleur. \u00bb<\/p>\n<p>Il a fallu s\u2019adapter : la sc\u00e8ne, trois fois plus petite, ne permet pas d&rsquo;ex\u00e9cuter toutes les figures, les d\u00e9cors sont simplifi\u00e9s et certains morceaux ont m\u00eame d\u00fb \u00eatre retravaill\u00e9s pour correspondre aux dimensions de la salle.\u00a0\u00ab \u00ab\u00a0Corsaire\u00a0\u00bb se joue maintenant en deux actes au lieu de trois. Par exemple, dans la derni\u00e8re sc\u00e8ne, il y a un grand navire qui vogue sur la sc\u00e8ne et coule. \u00c7a ne peut vraiment \u00eatre montr\u00e9 que sur une grande sc\u00e8ne. Aujourd\u2019hui, le ballet se termine avec des jeunes filles en tutu, des fleurs, et une happy end, parce que nous avons d\u00e9j\u00e0 assez de trag\u00e9dies dans nos vies ! \u00bb, explique\u00a0Olha Charikova.<\/p>\n<p> Maintenir l&rsquo;op\u00e9ra \u00e0 Kharkiv, co\u00fbte que co\u00fbte\u00a0 <\/p>\n<p>Apr\u00e8s le 24 f\u00e9vrier 2022, la troupe est partie deux ans en Europe, accueillie en <a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/lituanie\/\" rel=\"noopener\"><strong>Lituanie<\/strong><\/a> et en <a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/slovaquie\/\" rel=\"noopener\"><strong>Slovaquie<\/strong><\/a>. Mais d\u00e8s que cela fut possible, ceux qui ont pu le faire sont revenus \u00e0 Kharkiv. Le directeur de l\u2019op\u00e9ra, Ihor Tuluzov, a tout tent\u00e9 pour maintenir l\u2019institution\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Durant les premi\u00e8res semaines, c\u2019\u00e9tait vraiment tr\u00e8s difficile, parce qu\u2019il y avait des bombardements constants. Notre b\u00e2timent aussi a \u00e9t\u00e9 touch\u00e9. \u00bb\u00a0<\/p>\n<p class=\"a-read-more\">\u00c0 lire aussi<a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/europe\/20250330-ukraine-pluie-de-drones-russes-sur-la-ville-de-kharkiv-deux-morts-et-trente-bless\u00e9s\" class=\"a-read-more__link\" rel=\"noopener\">Ukraine: \u00abpluie\u00bb de drones russes sur la ville de Kharkiv, deux morts et trente bless\u00e9s<\/a><\/p>\n<p>De nombreuses fen\u00eatres de cette immense dalle de b\u00e9ton ont par exemple explos\u00e9. Dans la ville d\u2019ailleurs, m\u00eame si les ouvriers travaillent vite pour effacer les stigmates de la guerre, on croise encore des fa\u00e7ades \u00e9ventr\u00e9es, des trottoirs marqu\u00e9s par des \u00e9clats d\u2019obus, ou des fen\u00eatres recouvertes par d\u2019immenses palissades.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s deux ans de fermeture, l\u2019op\u00e9ra a d\u00e9sormais presque repris une activit\u00e9 normale et propose des spectacles plusieurs fois par semaine\u00a0: \u00ab Pour nous, il est tr\u00e8s important de montrer, psychologiquement, que Kharkiv bouillonne \u00bb, souligne\u00a0Ihor Tuluzov.\u00a0\u00ab Et puis, nous voulons pr\u00e9senter les exemples les plus \u00e9clatants de la culture ukrainienne : l\u2019op\u00e9ra, le ballet, etc. Ce qui compte aussi, c\u2019est que nous, en tant que troupe professionnelle, nous nous produisions ici, \u00e0 Kharkiv. La ville avait besoin de notre activit\u00e9, de notre travail, de nos repr\u00e9sentations, de notre soutien\u00a0\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> \u00ab Je suis vraiment heureuse de voir qu\u2019\u00e0 Kharkiv, notre ville vit sa vie\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Plus de la moiti\u00e9 des danseurs et des musiciens sont partis, certains en <a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/union-europ\u00e9enne\/\" rel=\"noopener\"><strong>Europe<\/strong><\/a>, d\u2019autres ailleurs en <a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/ukraine\/\" rel=\"noopener\"><strong>Ukraine<\/strong><\/a>. Et d\u2019autres sont partis sur le front. L\u2019un d\u2019entre eux est mort au combat dans les environs de la ville. Chaque repr\u00e9sentation est d&rsquo;ailleurs pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de l\u2019hymne ukrainien pour leur rendre hommage.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces conditions, le directeur de l&rsquo;op\u00e9ra se veut optimiste\u00a0: \u00ab Bien s\u00fbr, maintenant, nous n\u2019avons plus la possibilit\u00e9 d\u2019accueillir autant de spectateurs. Mais je pense que nous avons aussi gagn\u00e9 un nouveau public : des gens qui n\u2019\u00e9taient jamais venus \u00e0 l\u2019op\u00e9ra ou au ballet avant la guerre. \u00bb<\/p>\n<p>Dans cette ville o\u00f9 beaucoup de bars, de mus\u00e9es et de salles de concert ont d\u00fb fermer, venir \u00e0 l\u2019op\u00e9ra est un luxe rare. \u00c0 l\u2019entracte, Yulia, 27 ans, invit\u00e9e par son amie Khrystyna, d\u00e9couvre les lieux et a encore les yeux qui brillent\u00a0: \u00ab Je suis tr\u00e8s heureuse d\u2019avoir la possibilit\u00e9 de voir l\u2019op\u00e9ra et le ballet \u00e0 Kharkiv. \u00bb \u00c0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle, son amie rench\u00e9rit\u00a0: \u00ab Je suis vraiment heureuse de voir qu\u2019\u00e0 Kharkiv, notre ville vit sa vie. \u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur, une alerte a\u00e9rienne retentit : des drones survolent la r\u00e9gion. Mais dans la salle, o\u00f9 la s\u00e9curit\u00e9 est maximale, personne ne bouge : le public n\u2019entend que la <a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/musiques\/\" rel=\"noopener\"><strong>musique<\/strong><\/a>. Et dans cet abri, chaque spectacle devient bien plus qu\u2019un simple divertissement : une parenth\u00e8se dans un quotidien d\u2019angoisse.<\/p>\n<p class=\"a-read-more\">\u00c0 lire aussi<a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/podcasts\/reportage-international\/20250908-ukraine-rester-\u00e0-kramatorsk-malgr\u00e9-le-danger-quotidien-des-bombes-russes\" class=\"a-read-more__link\" rel=\"noopener\">Ukraine: rester \u00e0 Kramatorsk, malgr\u00e9 le danger quotidien des bombes russes<\/a><\/p>\n<p>                Par :<\/p>\n<p>                        Cerise Sudry-Le D\u00fb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00c0 Kharkiv, en Ukraine, l\u2019op\u00e9ra vient de f\u00eater ses cent ans. 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