{"id":449277,"date":"2025-10-09T05:38:19","date_gmt":"2025-10-09T05:38:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/449277\/"},"modified":"2025-10-09T05:38:19","modified_gmt":"2025-10-09T05:38:19","slug":"one-to-one-est-une-plongee-inedite-dans-lintimite-et-lengagement-du-couple-a-laube-des-annees-1970","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/449277\/","title":{"rendered":"One to One\u00a0\u00bb est une plong\u00e9e in\u00e9dite dans l&rsquo;intimit\u00e9 et l&rsquo;engagement du couple \u00e0 l&rsquo;aube des ann\u00e9es\u00a01970"},"content":{"rendered":"<p>On sait ce que vous vous dites\u00a0: John et Yoko, on conna\u00eet, c&rsquo;est le militantisme \u00e0 l&rsquo;horizontale de Give Peace a Chance, les \u00ab\u00a0bed in\u00a0\u00bb hippies, ces appels \u00e0 la paix du c\u00e9l\u00e8bre couple depuis leurs lits de chambres d&rsquo;h\u00f4tel, \u00e0 Amsterdam et Montr\u00e9al. Eh bien non, pas seulement. John et Yoko ne sont pas uniquement tels que l&rsquo;\u00e9cume de la m\u00e9moire les a statufi\u00e9s. \u00c0 cet \u00e9gard, le documentaire One to One: John &amp;\u00a0Yoko r\u00e9alis\u00e9 par Kevin MacDonald, en salles uniquement les 11 et 12\u00a0octobre dans 200\u00a0salles en France, va vous surprendre.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre pench\u00e9 sur Bob Marley et Whitney Houston, le r\u00e9alisateur \u00e9cossais creuse la complicit\u00e9 et l&rsquo;engagement de ce couple dont on croit tout savoir et qui reste pourtant myst\u00e9rieux. Beaucoup plus intime et politique que pr\u00e9vu, cette plong\u00e9e dans le quotidien de John et Yoko, sur 18\u00a0mois de leur vie, r\u00e9v\u00e8le un engagement debout, radical, mais toujours lucide, doubl\u00e9 d&rsquo;une opposition farouche \u00e0 toute forme de violence, d&rsquo;o\u00f9 qu&rsquo;elle vienne, et une intelligence du c\u0153ur fa\u00e7onn\u00e9e par les \u00e9preuves personnelles.<\/p>\n<\/p>\n<p>Nous sommes fin 1971. D\u00e9barqu\u00e9s de Londres, John Lennon et sa nouvelle \u00e9pouse, l&rsquo;artiste Yoko Ono, viennent d&#8217;emm\u00e9nager dans un petit appartement de Greenwich Village \u00e0 New\u00a0York, \u00e9picentre du bouillonnement artistique et militant de l&rsquo;\u00e9poque. Ce modeste deux-pi\u00e8ces, au centre duquel tr\u00f4ne une t\u00e9l\u00e9vision au pied du vaste lit, a \u00e9t\u00e9 fid\u00e8lement reconstitu\u00e9 pour le documentaire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J&rsquo;aime la t\u00e9l\u00e9. Enfant, elle rempla\u00e7ait pour moi le feu de chemin\u00e9e\u00a0\u00bb, d\u00e9clare l&rsquo;ancien Beatles, qui y voit alors un moyen de mieux comprendre les Am\u00e9ricains et leurs discussions. Chez John et Yoko, elle est allum\u00e9e 24\u00a0heures sur\u00a024.<\/p>\n<p>Kevin Macdonald s&#8217;empare de ce fait pour construire son documentaire comme un zapping audiovisuel. Il y a d&rsquo;une part les images d&rsquo;archives rarissimes du couple\u00a0: vid\u00e9os tourn\u00e9es dans l&rsquo;intimit\u00e9, interviews t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es et autres meetings, voisinent avec des entretiens t\u00e9l\u00e9phoniques r\u00e9v\u00e9lateurs et totalement in\u00e9dits que John et Yoko enregistraient, car ils se savaient sur \u00e9coute. D&rsquo;autre part, le r\u00e9alisateur intercale des images du contexte culturel, m\u00e9diatique et sociopolitique du moment, c&rsquo;est-\u00e0-dire des publicit\u00e9s, des actualit\u00e9s, des s\u00e9ries-t\u00e9l\u00e9, des talk-shows, mont\u00e9es en cut-up.<\/p>\n<p>Ce travail de recherche d&rsquo;une grande pertinence, absolument captivant, finit par donner le sentiment d&rsquo;\u00eatre t\u00e9l\u00e9port\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9poque en train de se produire. Celle de la guerre du Vi\u00eat\u00a0Nam, du pr\u00e9sident Nixon, mais aussi de Bob Dylan, v\u00e9ritable \u00ab\u00a0conscience\u00a0\u00bb de la jeunesse d&rsquo;alors, d&rsquo;Allen Ginsberg et des activistes Jerry Rubin et John Sinclair, tr\u00e8s proches de John &amp;\u00a0Yoko, avant que le couple ne prenne finalement ses distances avec ces deux t\u00eates br\u00fbl\u00e9es (antimilitariste et libertaire forcen\u00e9, l&rsquo;influent Jerry Rubin, cofondateur du mouvement Yippie, devint par la suite un businessman pro-Reagan, ce qui ne manque pas de sel).<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" class=\"cms-media-image lazyload\" alt=\"John Lennon et Yoko Ono, sur leur lit face \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision allum\u00e9e en continu, dans leur appartement new-yorkais, au d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a01970. (BEN ROSS\u00a0\/\u00a0COURTESY OF PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE)\" width=\"720\" height=\"879.61584633854\" data- src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/credit-ben-ross-bank-st-apt-hires-68e37c1e4e6a6738413842.jpg\"\/><\/p>\n<p>      John Lennon et Yoko Ono, sur leur lit face \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision allum\u00e9e en continu, dans leur appartement new-yorkais, au d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a01970. (BEN ROSS\u00a0\/\u00a0COURTESY OF PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE)<\/p>\n<p>\u00c0 cette p\u00e9riode, John Lennon et Yoko Ono esp\u00e8rent se servir de leur statut pour changer les choses. Ils veulent monter une tourn\u00e9e m\u00ealant musique et politique pour \u00ab\u00a0secouer l&rsquo;apathie de la jeunesse\u00a0\u00bb, et faire lib\u00e9rer des centaines de prisonniers afro-am\u00e9ricains en r\u00e9glant les cautions qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas les moyens de payer.<\/p>\n<p>Forc\u00e9ment, les autorit\u00e9s \u00e9tats-uniennes ont \u00e0 l&rsquo;\u0153il ce dangereux couple subversif et Nixon veut faire expulser Lennon des \u00c9tats-Unis manu\u00a0militari. Cependant, au fil du documentaire, on voit John et Yoko r\u00e9aliser que la premi\u00e8re chose \u00e0 changer, c&rsquo;est soi-m\u00eame, et qu&rsquo;on peut commencer par aider autour de soi, \u00e0 petite \u00e9chelle.<\/p>\n<p>Le film n&rsquo;oublie cependant pas l&rsquo;humour, avec notamment un running\u00a0gag concernant des mouches que doit acqu\u00e9rir Yoko en nombre pour une performance.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0One to One\u00a0\u00bb du titre correspond au nom du double concert de charit\u00e9 que John Lennon, Yoko Ono et le Elephant Memory Band donn\u00e8rent au Madison Square Garden (un concert l&rsquo;apr\u00e8s-midi, un autre le soir), le 30\u00a0ao\u00fbt 1972. Il rapporta 1,5\u00a0million de dollars pour un centre d&rsquo;enfants d\u00e9ficients, dont le d\u00e9nuement et l&rsquo;abandon, d\u00e9couverts dans un reportage, avaient boulevers\u00e9 John et Yoko.<\/p>\n<p>Instant Karma!, Imagine, Give Peace a Chance, Power to the People, Come Together\u00a0: les s\u00e9quences live de ce concert, qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;un toilettage sonore supervis\u00e9 par Sean Lennon, rythment le film.<\/p>\n<p>L&rsquo;unique concert entier que donna John Lennon apr\u00e8s la s\u00e9paration des Beatles est spontan\u00e9 et rock&rsquo;n&rsquo;roll\u00a0\u2013 le groupe n&rsquo;a pas l&rsquo;air d&rsquo;avoir beaucoup r\u00e9p\u00e9t\u00e9, mais les interpr\u00e9tations, en particulier celle de Mother, sont parfois bouleversantes. Dans le film, John rappelle qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 par une tante de 4 \u00e0 16\u00a0ans avant de renouer avec sa m\u00e8re qui lui a appris \u00e0 jouer du banjo. Puis, elle est morte \u00e9cras\u00e9e par un policier ivre.<\/p>\n<p>Ce film, qui est produit par Sean Lennon, accorde une part non n\u00e9gligeable \u00e0 Yoko et met en lumi\u00e8re sa cr\u00e9ativit\u00e9 artistique avant-gardiste et son r\u00f4le au sein du couple, John lui rendant hommage pour l&rsquo;avoir \u00ab\u00a0\u00e9veill\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0conscientis\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;entendre raconter alors ce qu&rsquo;elle a endur\u00e9 en Grande-Bretagne en tant que suppos\u00e9e \u00ab\u00a0briseuse de Beatles\u00a0\u00bb, est terrible. \u00ab\u00a0Lorsque j&rsquo;\u00e9tais enceinte (Yoko Ono a fait trois fausses couches avant de donner naissance \u00e0 Sean en 1975), les gens me lan\u00e7aient\u00a0: &lsquo;J&rsquo;esp\u00e8re que vous et votre b\u00e9b\u00e9 mourrez.'\u00a0\u00bb Dans la rue, ils la traitaient d'\u00a0\u00bbaffreuse Jap\u00a0\u00bb et lui tiraient les cheveux, relate-t-elle.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" class=\"cms-media-image lazyload\" alt=\"Yoko Ono, sa fille Kioko et John Lennon en 1970. Une image extraite du film \" bed=\"\" peace=\"\" dir:=\"\" john=\"\" lennon=\"\" yoko=\"\" ono=\"\" cameraman:=\"\" nick=\"\" knowland.=\"\" knowland=\"\" of=\"\" magic=\"\" entertainment=\"\" france=\"\" width=\"720\" height=\"542.4\" data- src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/onetoone-still-c-1970-yoko-ono-lennon-68e390b9b7db5125813790.jpg\"\/><\/p>\n<p>      Yoko Ono, sa fille Kioko et John Lennon en 1970. Une image extraite du film \u00ab\u00a0Bed Peace, 1970\u00a0\u00bb dir: John Lennon &amp; Yoko Ono, cameraman: Nick Knowland. (NICK KNOWLAND\u00a0\/\u00a0YOKO ONO LENNON\u00a0\/\u00a0PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE)<\/p>\n<p>Le documentaire raconte aussi un \u00e9pisode poignant et m\u00e9connu de l&rsquo;histoire du couple, qui chercha vainement et par tous les moyens \u00e0 retrouver la fille de Yoko, Kioko, enlev\u00e9e en bas \u00e2ge par son p\u00e8re Anthony Cox et maintenue cach\u00e9e aux \u00c9tats-Unis durant de longues ann\u00e9es. \u00c9prouv\u00e9e, Yoko interpr\u00e8te en concert une chanson baptis\u00e9e Don&rsquo;t Worry Kyoko, comme un d\u00e9chirant cri de douleur.<\/p>\n<p>Ces deux-l\u00e0 r\u00e9fl\u00e9chissaient constamment \u00e0 la mani\u00e8re de b\u00e2tir un monde meilleur. \u00ab\u00a0Je suis un artiste r\u00e9volutionnaire. Je n&rsquo;ai pas l&rsquo;intention de me faire tirer dessus\u00a0\u00bb, r\u00e9pondait John Lennon lorsque des proches s&rsquo;inqui\u00e9taient de sa s\u00e9curit\u00e9. Le r\u00e9alisateur remue ici le couteau dans la plaie. Car c&rsquo;est un cr\u00e8ve-c\u0153ur de r\u00e9aliser qu&rsquo;il ne s&rsquo;est fait tuer (en d\u00e9cembre\u00a01980) ni pour ses actes ni pour ses id\u00e9es, mais par un d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 en qu\u00eate de notori\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" class=\"cms-media-image lazyload\" alt=\"L'affiche du documentaire &quot;John &amp;\u00a0Yoko: One to One&quot; de Kevin MacDonald. (PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE)\" width=\"720\" height=\"1066.6666666667\" data- src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/onetoone-68e3dd654d3a1320877740.jpeg\"\/><\/p>\n<p>      L&rsquo;affiche du documentaire \u00ab\u00a0John &amp;\u00a0Yoko: One to One\u00a0\u00bb de Kevin MacDonald. (PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE)<\/p>\n<p><strong>Genre <\/strong>: Documentaire<br \/><strong>R\u00e9alisation<\/strong> : Kevin MacDonald<br \/><strong>Avec<\/strong> : Yoko Ono, John Lennon, Allen Ginsberg, Jerry Rubin<br \/><strong>Pays<\/strong> : Grande-Bretagne<br \/><strong>Dur\u00e9e<\/strong> : 1h41<br \/><strong>Sortie<\/strong> : 11 et 12\u00a0octobre\u00a02025 dans 200\u00a0salles en France<br \/><strong>Distributeur<\/strong> : Piece of Magic Entertainment France<br \/><strong>Synopsis<\/strong> : Une plong\u00e9e in\u00e9dite et \u00e9mouvante dans l&rsquo;univers de John Lennon et Yoko Ono au c\u0153ur de Greenwich Village, au d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a01970.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"On sait ce que vous vous dites\u00a0: John et Yoko, on conna\u00eet, c&rsquo;est le militantisme \u00e0 l&rsquo;horizontale de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":449278,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1354],"tags":[58,59,1346,1011,27,1360],"class_list":{"0":"post-449277","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-films","8":"tag-divertissement","9":"tag-entertainment","10":"tag-films","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-movies"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115342600373608929","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/449277","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=449277"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/449277\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/449278"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=449277"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=449277"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=449277"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}